‹ Livres et questions d'aujourd'huiChapitre 16 sur 44 · Histoire de la langue, etc., t. V, p. 3i · texte numérisé non relu

Histoire de la langue, etc., t. V, p. 3i

3. Cnr, en dépit de la déclaration qu'on va lire, Bossuet en a parlé à plusieurs reprises dans la prcntière partie de son Discours {Onzième époque, éd. Jacquinet, p. 157, 158, 159, etc.).

ans avant Charlemagne, pouvait trouver sa place dans ce Discours [celui que nous avons]; mais j*ai cru qu'îY valait mieux faire voir dans une même suite ses commencements et sa décadence. » Ce sont là presque les dernières lignes de V Histoire universelle : évidemment, M. Bébelliau ne les avait plus présentes à la mémoire, quand il a écrit son livre *. Le célèbre ouvrage de Bossuet n'est assurément pas sans défauts; mais il ne faut pas lui en prêter d'imaginaires *. Et, pour ma part, je suis bien convaincu que si quelqu'un voulait en faire une étude aussi approfondie que celle de M. Uébelliau a jadis consacrée aux Variations, il n'aurait pas de peine à montrer que le Discours^ même aujourd'hui, n'a pas beaucoup perdu de sa valeur, et qu'il est au total l'une des grandes œuvres de la littérature historique. Telle était, à n'en pas douter, l'opinion de Michelet lui-même, du premier Michelet, tout au moins : « Michelet, écrivait il y a quelques années M. Gabriel Monod, Michelet avait profondément étudié le Discours sur l'histoire universelle,.. ^ et il a certainement eu l'idée qu'il écrivait lui aussi [en

1. Dans la nouvelle édition de son Bossuet, M. Rébelliau a du reste modifié son texte. « On comprend beaucoup plus mal, écrit-il, Toubli des Phéniciens, l'oubli des arts de la Grèce, Vajournement de Mnhomet et des Arabes à un autre Discours ». Même sous cette forme atténuée, la critique me paraît encore imméritée.

2. Je ne sais pourquoi, le Discours sur V histoire universelle est de tous les ouvrages de Bossuet celui qui a provoqué les méprises les plus singulières. C'est ainsi que, dans son Romantisme des classiques (t. m, p. 279), M. Emile Deschanel lui reproche de n'avoir pas « soufflé mot »... de l'Amérique. Pour un Discours qui s'arrête, — le titre même en témoigne, — à la mort de Charlemagne, la critique est au moins bizarre.

composant son Précis d'histoire moderne] son DiS" cours sur l'histoire moderne : il est plus d'un passage où il rappelle Bossuet par la grandeur, la force et l'autorité de son langage comme par la vigueur concentrée de ses jugements*. » On voudra rapprocher ces lignes de. celles-ci où le même écrivain, notant dans la thèse de M. Kébelliau un point que celui-ci avait négligé de développer, s'exprimait ainsi ^ : « M. Rébelliau aurait pu ajouter que nulle part les qualités d'historien de Bossuet, son goût pour la vérité exacte puisée aux bonnes sources, son aptitude à voir la réalité, don distinctif du génie, n'apparaissent aussi complètement que dans les oraisons funèbres, c'est-à-dire dans les œuvres où il semble permis,. sinon nécessaire, dévoiler ou de farder la vérité ». On ne saurait mieux dire, ni, je crois, plus juste. Et j'ai été étonné, je l'avoue, qu'aujourd'hui encore, dans sa nouvelle étude, M. Rébelliau, à qui nous devons une si bonne édition des Oraisons funèbres, n'ait pas cru devoir indiquer rapidement tout ce que, dans ces discours d'apparat, il y a de réalité historique directement observée et longtemps insoupçonnée des regards modernes sous la discrétion voulue des allusions que sans aucun doute les contemporains avaient vite fait de percer à jour ^

1. Préface du Précis de Vhistoire moderne de Michelet" (édition C. Lévy, 1898, p. xxxiii).

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