‹ Livres qui s'imposentChapitre 107 sur 124 · L'ACTION PUBLIQUE DES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

L'ACTION PUBLIQUE DES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE

Il convient maintenant de consacrer quelques lignes aux f mêlions de ceux à qui la Nation a confié le soin de gérer les affaires publiques.

C'est un devoir pour les catholiques, qui désirent manifester les vertus civiques du christianisme, de briguer les suffrages du peuple ; car, jamais, le peuple ne pourra trouver de représentants plus intègres, de conseillers plus désintéressés, de serviteurs plus dévoués, d'amis plus éclairés comme il n'en trouvera pas non plus qui ne sachent rehausser davantage, par la dignité de la vie privée, l'éclat des fonctions publiques.

Mais on n'oubliera pas que le meilleur moyen de servir le peuple, c'est de servir l'Eglise, qui lui fut toujours secourable et bonne. Malheureusement, dans la situation actuelle des affaires publiques, dit Léon XIII, il y a « une tendance des idées et des volontés à éconduire tout à fait l'Eglise ou à la tenir en servitude. La plupart des mesures prises par les gouvernements s'inspirent de ce dessein. Confection des lois, administration des villes, éducation de la jeunesse entièrement séparée de la religion, spoliation et destruction des ordres religieux, suppression du pouvoir temporel du Pape, tout tend à ce but : frapper au cœur les institutions chrétiennes, réduire à rien la liberté de l'Eglise catholique et la dépouiller de ses autres droits ». C'est pourquoi Léon XIII déclare qu'il est nécessaire que les catholiques prennent part à la gestion des affaires publiques pour réaliser le bien du peuple et pour infuser l'esprit chrétien dans toutes les œuvres de l'Etat. En ce faisant, nous resterons fidèles à la tradition chrétienne, car « en vérité, les institutions les plus capables de contribuer au bien général dans l'Etat, toutes celles qui ont pour but de protéger les peuples contre les caprices tyranniques des princes, ou d'empêcher le pouvoir central d'intervenir d'une façon importune dans les affaires municipales ou domestiques, toutes celles qui relèvent la dignité de la personnehumaine ou qui sontde nature

l'action civique 617

à garantir à chaque citoyen l'égalité des droits, l'Eglise catholique les a, ou bien établies, ou bien prises sous sa protection, ou bien conservées. »

De Faction des représentants du peuple: 1° dans la Cité.

On a vu plus haut que le grand Pape qui, dans son encyclique Immortelle Dei, avait posé les bases du droit public chrétien, conseillait vivement aux catholiques de prêter largement leurs concours à la gestion des affaires publiques et particulièrement à l'administration des affaires communales.

C'est dans la cité, en effet, qu'il importe d'abord de faire régner l'ordre, la justice et la prospérité.

Les catholiques commettraient donc une faute grave s'ils se tenaient volontairement éloignés des fonctions municipales pour « s'éviter des ennuis » ou pour « finir leurs jours dans la tranquillité ». Nous nous devons au bien public.

De l'esprit chrétien dans la gestion delà Cité. — C'est pourquoi nous aurions voulu pouvoir recommander un livre qui nous aurait renseigné sur l'attitude que devaient prendre les catholiques sociaux dans les affaires municipales, mais nous ne connaissons rien de définitif sur ce sujet. Il y aurait pourtant des pages fort intéressantes à écrire sur ces questions, trop négligées par nos sociologues, mais si dignes de leurs études. Le socialisme municipal a déjà suscité une littérature assez considérable. Ne conviendrait-il pas de montrer, à notre tour, comment nos doctrines peuvent trouver, dans la cité, une application excellente ? Ne serait il pas très opportun de faire mieux connaître ce que les chrétiens sociaux, sous l'impulsion de Lueger, ont su réaliser à Vienne ? Ne serait-il pas nécessaire d'opposer à la tyrannie du collectivisme communal et au laisser-aller du libéralisme économique, les bienfaits du municipalisme chrétien ? N'y aurait-il pas intérêt, enfin, à indiquer brièvement la solution chrétienne qu'il importe de donner aux questions dans lesquelles la doctrine peut se trouver engagée et qui se posent chaque jour dans nos villes : enseignement,

6l8 LA VIE CIVIQUE

culte, fêtes publiques, liberté des cortèges, assistance, travaux communaux, salaires, etc..

11 y a là matière à un beau livre, susceptible de réveiller l'esprit municipal qui se meurt et d'apporter, en même temps, de précieux éclaircissements aux catholiques qui siègent dans nos assemblées communales et qui, si souvent, hésitent sur la route à suivre... De là, leur faiblesse, même en face d'une minorité sectaire, unie et disciplinée.

Puisque nous n'avons là-dessus aucun travail d'ensemble, on consultera les livres cités plus haut et on essayera de trouver les éléments decette étude dansles Guides sociaux, dansles comptes rendus des Semaines sociales, et dans les études qui suivent:

Duthoit (Eug.) : L'Action sociale dans la cité, dans Pages catholiques sociales (235-324), cité plus haut, p. 289. — Bœglin (Mgr) : Une capitale chrétienne sociale : Vienne (déjà cité p. 429). — Coullet (P.) : Karl Lueger. Reims, Action Populaire, et Paris, Lecoffre, in-16 de 32 p. Prix: 0 fr. 25. — Sylvestre (P.) : Le catholicisme social à Bergame (Italie). Reims, Ibid.

De l'administration communale. — Enfin, comme les catholiques d'action peuvent d'abord prétendre exercer une influence dans la commune, soit par l'exercice des fonctions municipales, soit par la surveillance de l'administration communale, nous croyons devoir recommander les livres suivants qui nous fourniront, sur tous ces points, de remarquables précisions :

Morgand (Léon). — La loi municipale, commentaire de la Loi du 5 avril 1884 sur l'organisation et les attributions des conseils municipaux, 7e éd. Paris, Berger-Levrault, 1906, 2 vol. in-8 de vni-786 et xni-705 p. Prix : 21 fr. — Ouvrage classique et œuvre consciencieuse, guide pratique et sûr. La dernière édition est absolument à jour et contient une bonne table des matières.

-vw On pourrait prendre l'ouvrage suivant, d'un prix plus abordable, mais qui n'est qu'un résumé de Morgand :

Legrand (Max) : Gode municipal. Loi du 5 avril i884- Texte et commentaire. Paris, Larousse, s. d. [1907], in-8 de i83 p. Prix : 2 fr. — Se procurer aussi le bon livre suivant : Finan-

l'action civique 619

ces et comptabilité communales, guide pratique par un percepteur. Paris, Larousse, s. d., in-8 de vm-3o2 p. Prix : 4 fr. 5o. — Sont également utiles : Dubarry (J.) : Formulaire des maires et des conseils municipaux, revue et augmentée par Burin du Buisson. Paris, Fontemoing-, 1906, in-8 de 968 p. Prix : 10 fr. — Du même auteur : Le secrétaire de Mairie. Ouvrage pratique à U usage des maires, adjoints, conseillers municipaux, secrétaires et employés de mairie, des membres des commissions scolaires et administratives, 16e édit. Paris, Fontemoing-, 1906, in-8 de 10 12 p. Prix: broché. 10 fr. — Ou encore: Bonneau (Georges): Manuel pratique des maires et des conseillers municipaux. Paris, Rivière, 1910, in-i6de xx-520 p. Prix : 6 fr. — A l'occasion on se reportera, à titre consultatif, aux répertoires déjà cités de Dalloz, de Sirey, de Fuzier-Herman, de Laferrière continué par Béquet, de Block, Dictionnaire de V Administration française, répertoires qui contiennent de long-ues pag-es sur la Commune.

Citons, en terminant, plusieurs revues de prix différents susceptibles d'éclairer les membres des assemblées municipales :

Le Dalloz des communes, recueil mensuel de droit administratif. Prix de l'abonnement : 7 fr. — La Vie municipale. Journal hebdomadaire. Paris, Larose. Un an : 10 fr. — La Revue communale. Fondateur, Jean Cruveilher. Paris, Larose. Un an : 20 fr. — Journal d'administration... des communes rurales. Poitiers, 53, rue Gambetta, un an : 5 fr. —

De l'action des représentants du peuple : 2° dans le Département.

On sait que les départements ont été créés par la Révolution pour faire disparaître notre vieille organisation provinciale et pour mieux assurer, croyait-on, l'unité et l'indivisibilité de la République. On sait aussi quelles justes critiques cette mesure a soulevées en ces dernières années et ses conséquences déplorables.

Mais en attendant la décentralisation administrative et la réorganisation provinciale, il est de notre devoir de tirer le meilleur parti possible d'un état de choses que nous n'avons

pas fait et de défendre les lambeaux de région qui nous restent en nous intéressant pratiquement à la prospérité de nos cantons, de nos arrondissements, de nos départements et en sollicitant les fonctions électives qui leur correspondent.

Nous étudierons donc notre organisation départementale et la nature des fonctions de ses représentants en consultant :

Bouffet (Gab.) et Périer (Léon) : Traité du département, historique du département, préfet, auxiliaire du préfet, conseil de préfecture, conseil général, commission départementale, arrondissement, département de la Seine. Paris, Dupont, 1895, 2 vol. in-8° de 687 et 844 p. Prix : 3o fr. — Ce livre est épuisé, mais on peut se procurer, à la même librairie, les fascicules du Répertoire du Droit administratif de Laferrière et Déquet, qui le contiennent (t. IX, fasc. 6, et t. X, fasc. 1 à 6). Prix : les 7 fasc. in-4°, brochés, 35 fr.

Ajoutons-y les livres suivants :

Dubois (Paul) : Le budget départemental. Paris, Gazette du Palais (3, Boulevard du Palais), 1906, in-8° de 243 p. épuisé. — Les conseils généraux, interprétation de la loi organique du 10 août i8ji. Paris, Berger-Levrault, 1878- 1890, 2 vol. in-16 de 11-1012, xlvii-ii53 p. Prix : 3o fr. — Dehan (G.) : De l'organisation des conseils généraux. Paris, Giard, 1889, in-8° de 53i p. Prix : 7 fr. —Poudra (P.) et Pierre (Eug.) : Code manuel du conseiller général et du conseiller d'arrondissement. Paris, Dupont, 1880. in-12, de xxxi-320 ^.Prix : 3 fr. 5o (déjà ancien). — Nectoux (A.) : Des attributions individuelles des conseillers généraux. Paris, Berger-Levrault, 1895, in-12 de 2i3 p. Prix: 2 fr. 5o. — Consulter également le répertoire de jurisprudence et de droit administratif, déjà cité. Dalloz, Fuzier-Herman, Sirey, Laferrière et Béquet, Block, etc.

De l'action des représentants du peuple: 3° dans la Région.

Malheureusement, il n'y a plus de vie régionale. Nos vieilles provinces, qui n'avaient point démérité, ont été, nous venons de le dire, supprimées par la Révolution et remplacées par le damier départemental qui ne répond en aucune façon aux exi-

l'action civique 621

gences naturelles, pas plus que le suffrage universel, organisé comme il Test, ne peut s'adapter aux réalités sociales.

S'il est sage et habile de ne pas « bouder » dans la pratique l'organisation départementale et d'y remplir avec zèle les fonctions publiques que nous tiendrons du peuple, nous devons aussi chercher à développer, par tous les moyens, la vie régionale.

La loi, d'ailleurs, reconnaît aux départements le droit de s'unir, en certains cas, pour des œuvres communes. Profitons-en et ne manquons aucune occasion de déborder le département et de travailler avec ténacité à la renaissance provinciale.

C'est pourquoi nous sommes heureux de pouvoir recommander un livre traitant des moyens pratiques de développer, dans les circonstances présentes, la vie régionale et nous montrant comment nous pouvons, en nous conformant à la loi, créer, soutenir et développer toutes les institutions qui tendent à rapprocher les tronçons épars de nos vieilles races pour leur rendre la féconde unité et en reconstituer le vivant patrimoine, c'est-à-dire les traditions et les coutumes, les légendes et les chansons, les poèmes et les épopées, les gloires et les tristesses, le culte de ses saints, le souvenir de ses preux et de ses humbles, les intérêts du présent et les espérances de l'avenir.

En effet, le livre, déjà cité, de Ch. Brun sur le Régionalisme répond parfaitement à notre désir. On voudra bien se reporter au sommaire de cet ouvrage, que nous avons transcrit plus haut, et l'on verra que l'auteur, après avoir fait la critique des excès de la centralisation française, et a près avoir étudié la législation décentralisatrice, ainsi que les caractères propres du régionalisme, nous montre fort bien tout ce qui reste à faire au point de vue administratif, intellectuel, économique et social.

C'est une étude dont nos représentants et nous-mêmes ne saurions trop nous inspirer.

<vw On consultera également les livres que nous avons mentionnés quand nous avons traité des réformes administratives et on relira, dans Bouffet et Perier : Traité du département, les pages que ces auteurs ont consacrées aux cas où la loi autorise

ces derniers à se concerter et à s'unir pour défendre des intérêts communs (i).

De l'action. des représentants du peuple: 4° dans la Nation.

Les fonctions législatives, les plus nobles et les plus délicates qui soient, sont remplies trop souvent par les premiers venus qui ne sont aucunement préparés à la lourde tâche qu'ils ont assumée d'un cœur léger. C'est la conséquence du régime.

Il faudrait que la nation, qui n'accepte pas qu'un cantonnier casse des cailloux sur ses jolies routes s'il n'a auparavant fourni la preuve de ses capacités, se montre tout aussi prudente à l'égard de ses représentants et exige d'eux des gages d'expérience, de culture et de talent. Les assemblées provinciales, que nous établirons, seront la pépinière de nos législateurs.

S'il ne nous est pas possible d'indiquer aujourd'hui une étude sur les qualités et sur les garanties que le Peuple devra bientôt requérir des membres de ses assemblées nationales, nous devons, tout au moins, posséder, dès maintenant, un aperçu critique, non seulement de leurs attributions délicates et multiples, mais encore de la valeur de leur œuvre législative depuis trente ans... Alors, devant l'étrange universalité des compétences et devant la caducité prématurée de nos lois, devant tant d'efforts gâchés et devant tant de ruines définitives, nous comprendrons peut-être mieux l'urgente nécessité des réformes et l'impérieuse nécessité qui s'impose à nous de bien choisir nos députés.

Et il importe aussi que les hommes que nous aurons choisis aient non seulement assez d'expérience pour assurer la prospérité de la nation, mais qu'ils possèdent encore, dit en substance Léon XIII, assez de doctrine pour patronner, en se servant des institutions publiques autant qu'ils le pourront faire en conscience, les droits de la vérité et de la justice, pour tra- 1 lier à ce que l'usage de la liberté ne franchisse pas les limites posées par la loi naturelle et par la loi de Dieu, pour rapprocher, enfin, du type chrétien, la constitution du pays.

(i) Boltfet et Pjeiuer, Traité du département, pp. 3()8-4io (cité plus haut).

l'action CIVIQUE 623

Malheureusement, nous ne connaissons aucune étude d'ensemble sur ce sujet dont on trouvera les éléments disséminés un peu partout dans la troisième partie de ce présent travail.

Le travail parlementaire. — Nous connaissons suffisamment nos institutions parlementaires pour qu'il soit inutile de parler davantage d'un sujet sur lequel les auteurs déjà cités se sont longuement étendus. Le lecteur voudra donc bien se reporter aux études de Duguit, de Hauriou et autres jurisconsultes mentionnés plus haut.

Ce qu'il importe maintenant, c'est de suivre de près, dans toute son aridité et dans toute son étendue, le travail législatif proprement dit. Pour ce faire, il faut consulter le :

Bulletin mensuel du Travail législatif et parlementaire,

organe officiel de V Office du travail législatif et parlementaire publié sous la direction de Léon Thirault. — Paris, 36, rue Vaneau. — Un an: 10 fr.

On trouvera dans ce bulletin : une chronique parlementaire, puis les lois, décrets, circulaires, classés par ordre alphabétique ; les projets et propositions de lois, rapports, amendements, discussions, interpellations, questions législatives étrangères, classés par ordre alphabétique ; les discussions relatives au Budget et aux lois les plus importantes ; les séances du Sénat et de la Chambre des Députés avec la table des matières et l'ordre chronologique ; le travail de la commission de la Chambre et du Sénat et, classé par ordre alphabétique, le travail des commissions extra-parlementaires ; tous les actes et interventions des ministres, des sénateurs et des députés par ordre alphabétique ; la liste et la composition des groupes.

Ce bulletin enfin présente cette particularité que le numéro du mois en cours remplace et annule les numéros des mois précédents de la même année. Chaque fascicule mensuel peut donc être détruit et il n'y a d'intérêt à conserver que le dernier fascicule qui réunit tous les autres et qui forme la table législative et parlementaire de l'année.

Ce bulletin, très complet et très facile à consulter, remplace très avantageusement les publications officielles similaires, très imparfaites et peu claires (1). Enfin, ceux qui voudraient se reporter aux documents, sans s'astreindre à dépouiller les col-

(1) Etat des Travaux législatifs de la Chambre des Députés, 2 volumes par an de 600 p. environ, session ordinaire janvier à juillet et session extraordinaire (octobre à déc). Paris, Imprimerie de la Chambre des députés, Martinet, 7, rue Saint- Benoit. — Table analytique des travaux du Sénat, 1906-1908. Paris, Imp. du Sénat, 1909, in-8° de 6?9 p.

6a4 LA- VIE civique

lections du Journal officiel, pourront s'adresser soit à l'Office du Travail législatif et parlementaire, soit surtout au Comité d'Etudes sociales de U Action libérale, qui posssède des dossiers très complets sur toutes les questions qui ont fait l'objet d'un débat à la Chambre et au Sénat. On a joint à ces dossiers des articles de journaux et de revues y relatifs. Ce Comité d'Etudes sociales mériterait d'être plus connu. Un catalogue de ses dossiers a été publié sous le titre : Répertoire des Archives parlementaires, sociales et philosophiques. Paris, ibid. : 2 vol. in-8° de l\oo et 3oo p. environ. Prix des 2 vol. : 3 fr.

U œuvre législative. — Les bulletins, les études et les répertoires mentionnés ci-dessus ne sont que des instruments de travail.Nous aurions voulupouvoir recommander une étude d'ensemble analytique et critique sur l'œuvre législative de nos parlements. C'est un travail énorme dont la synthèse n'a pas encore été faite et qu'un homme seul mènerait difficilement à bonne fin, tant à cause de la complexité de la matière que des retouches perpétuelles qu'il faudrait y faire. Ce n'est pas d'ailleurs le lieu de juger ici l'œuvre législative du siècle passé, où le bien et le mal cheminent de concert. On trouvera les éléments de cette vaste synthèse dans les livres que nous avons cités au cours de notre travail et on se reportera également aux pages où nous traitons de la corruption de nos institutions.

Ce que nous voulons indiquer maintenant, ce sont les ouvrages ou les collections que nous devrons consulter pour avoir sous la main la totalité des lois et décrets promulgués depuis la Révolution.

Quelques auteurs se sont attachés à étudier la législation sur telle ou telle matière et quelques-uns ont réussi à nous donner des ouvrages de premier ordre, comme le traité de Paul Pic, déjà cité, sur la législation ouvrière. — D'autres se sont plus particulièrement attachés à étudier la législation civile proprement dite. Il convient, en effet, de connaître aussi quelques ouvrages relatifs à nos Codes, c'est-à-dire à l'ensemble des lois qui régissent une certaine matière (Code civil, Code forestier, Code pénal, etc.).

Pour le Gode civil (personnes, biens, mode d'acquisition

de la propriété), il serait bon de se reporter soit à Larcher (i) soit à Bigne de Villeneuve et Jac (Ern.) : Eléments de Droit civil, Paris, Marchai et Billard, 1902, in-8 de 1079 p. Prix : 12 fr. 5o. Ce dernier ouvrage, dont le tome Ier seul est paru, n'aura pas de suite, ce qui est très regrettable, car c'est un travail très chrétien et, à ce point de vue, très préférable à Planiol : Traité élémentaire de Droit civil... 6e édition. Paris, Pichoo, 1909-1910, 3 vol. in-8 de xiv-1018, vi-iio5 p.,xi-gi7 p. Prix : le vol. 12 fr. 5o. Certes, cet ouvrage est très remarquable. Ce n'est pas, comme il s'en faisait il y a vingt ans, un simple commentaire des textes législatifs. L'auteur les éclaire par l'histoire, les complète par des aperçus de droit comparé et les confronte avec l'économie politique. Malheureusement, il y a de fortes réserves à faire sur tous les points où la religion est en cause. Planiol, par exemple, admet le divorce et n'a pas l'air de se douter que le mariage civil obligatoire pour les catholiques est une atteinte à la liberté de conscience.

Mais, si intéressants que soient ces travaux, ce ne sont point des œuvres de synthèse embrassant toute notre législation. Force nous est donc de renvoyer à des répertoires déjà cités, par ex.: Dalloz,Sirey, Fuzier-Herman,Labori, etc. (2).

Enfin, on fera bien de consulter la Revue Catholique des Institutions et du Droit, qui gagnerait peut-être à accentuer, sous l'habile direction de M. Lucien Brun, son caractère scientifique. Paris, Lecoffre, mensuel, un an : 12 fr.

(1) Larcher (Oct.), le Droit français, ses origines, ses règles fondamentales [Droit privé, droit pénal, droit administratif]. Paris, Bloud, 1897, 4 vol. in-8 de 5oo p. environ. Prix : 16 fr. (presque épuisé).

(2) Dalloz, Répertoire méthodique et alphabétique de législation, de doctrine et de jurisprudence en matière de droit civil, commercial, administratif , de droit des gens et de droit public (00 vol. in-4°) — continué par le Supplément du Répertoire (19 vol. in-4°), tenu à jour parle Recueil périodique et civique. (Paris, Dalloz. Répertoire et supplément, 730 fr.) Si, au lieu des 70 volumes de la collection Dalloz, on voulait un répertoire moins considérable, il faudrait prendre le Répertoire pratique Dalloz, 12 vol. in-4* à 5o fr. l'ex.

Enfin, citons encore les Codes annotés Dalloz (de ao fr. à 3ofr. selon le code), les Petits Codes Dalloz (de 3 à 6 fr.), le Dictionnaire pratique de Droit Dalloz (3 vol., 47 fr.) et le Petit Dictionnaire Dalloz (18 i'r.). D'autres répertoires du même genre existent encore qui sont extrêmement recommandabîes, c'est le Recueil général des lois et arrêts fondés par Sirey : collection complète de ijgi à igoG, 107 vol. in-4° — ou plutôt la Refonte du recueil général, etc. (1791-1000), 20 vol. in-4°, tenu à jour depuis 1901 par des volumes annuels du prix de 3o fr. l'ex. Pour

G2t) LA VIE CIVIQUE

LA PROSPÉRITÉ PURLIQUE

Nous avons déjà insisté plus haut (i) sur la nécessité d'accorder une attention particulière à l'étude des problèmes économiques, car, pour permettre à l'homme de mieux tendre à sa fin, la société civile, « doit favoriser la prospérité publique (2) ».

Pour que les ouvriers « ne se trouvent pas continuellement aux prises avec la misère »,il est nécessaire qu'il y ait assez de richesse dans la nation pour les y soustraire.

Malheureusement la richesse, livrée à elle-même, est loin d'engendrer la justice, puisque LéonXIÎI n'a pas craint de déclarer qu'il était du devoir de l'autorité publique « d'arracher les malheureux ouvriers aux mains de ces spéculateurs qui ne font point de différence entre un homme et une machine et qui abusent sans mesure de leurs personnes pour satisfaire d'insatiables cupidités ».

Cependant, sous l'influence de l'esprit chrétien, la richesse peut, même sans l'intervention de l'Etat, se plier aux exigences de la justice et répartir, par d'équitables salaires, entre les membres de la Cité, « la somme suffisante des choses nécessaires pour bien vivre ».

Or, comme la prospérité de la Cité se confond le plus souvent avec son activité industrielle et commerciale et comme, d'autre part, les organes chargés de défendre les intérêts professionnels exerceront, dans un avenir prochain, une action

le sujet qui nous occupe, on pourrait se procurer la partie publiée sous ce titre : Lois annotées, i3 vol. (275 fr ). — Enfin, on trouvera une documentation intéressante dans Fuzier-Herman, Répertoire alphabétique général du droit Français [déjà cité). Paris, Larose ,et dans Lxbori, Répertoire encyclopédique du Droit Jrançais, Paris, Gazette du Palais (3, boulevard du Palais). — Malheureusement, tous ces recueils sont plus ou moins imprégnés des idées philosophiques qui nous viennent de la Révolution et il convient de n'accepter leur commentaire que sous réserves. — On pourra encore consulter soit le Bulletin des Lois, d'un maniement difficile, soit le Bulletin mensuel de la Société de législation comparée, d'un assez bon esprit (Paris, 16, rue Leclerc, Prix : un an, 20 fr. et, à titre rigoureusement documentaire : Les lois nouvelles : Paris, Larose, bi-mensuel, un an : 16 fr. et surtout le Bulletin commentaire des lois nouvelles et décrets : dirigé par L. G. Belzacq. Mensuel, un an 10 fr. (Paris, 147. boulevard Saint-Michel).

(i) Voir page 559, le paragraphe intitulé. Nos institutions économiques.

(2) Laos XIII, Encyclique Immortale Dei.

l'action civique 627'

profonde sur la marche des affaires publiques, nous croyons pouvoir, après avoir étudié la question dans ses grandes lignes doctrinales, nous attacher maintenant à découvrir les sources de la richesse nationale et les meilleurs moyens de développer la prospérité économique de la nation.

Des institutions vieillies, des dissensions intestines, Faction brouillonne des politiciens, la place qu'occupent dans la direction des affaires les idées et les systèmes au détriment des intérêts et des forces vives de la nation, enfin, la décadence des mœurs, ont momentanément affaibli la patrie. Elle semble reculer dans sa gloire, dans sa race, dans son industrie, et la mer lui échappe...

Il convient pourtant de ne pas désespérer, car, malgré tant de causes de décadence, la France se défend pied à pied et le spectacle de ses efforts et quelquefois de ses conquêtes nous sera d'une grande consolation. Il ne faut pas désespérer d'un pays qui tient en réserve tant de bon sens, tant d'énergie et aussi, ne l'oublions pas, tant de territoires à travers le monde.

« La France vivra, dit Hanotaux dans l'Energie Française, parce qu'elle veut vivre. Tout respire en elle la foi, la vitalité, l'énergie... Répandez sur le monde les forces que vous avez si longtemps repliées sur vous-même; décidez cet essor qui n'attend qu'un signal. Faites appel à la nation hésitante. Remuez-la, passionnez-la... »

Et, de fait, il paraît bien que les Français ont conscience de leur faiblesse, et qu'ils sont prêts à secouer leur torpeur. Nous nous précipitons sur les livres qui traitent de la volonté, et de l'art de réussir...

Nous aimons Roosevelt, qui a magnifié, en des pages vivantes, la Vie intense (i), et nous savons un gré infini à Carnegie de nous avoir enseigné la science des affaires (2).

Il y a donc chez nous un immense désir d'activité, mais il semble que nous ne pouvons passer à Faction. La France est comme énervée...

(1) Th. Roosevelt, la Vie intense, traduit par la princesse Ferd. de Faucigny- Lucinge et Jean Izoulet. — Paris, Flammarion, s. d. (1908), in-12 de xlvii et 275 p. — Prix : 3 fr. 5o.

(2) Carnegie (And'), l'Empire des affaires, cité plus loin.

Des temps meilleurs viendront quand la nation, qui a soif d'ordre et de clarté, aura retrouvé ses assises naturelles et quand des institutions meilleures, animées de l'esprit chrétien, donneront la paix à son intelligence et de plus une tâche à son activité et à son énergie.

L'esprit chrétien et la prospérité économique des nations.

Et d'abord, il convient que nous répondions, dès maintenant, à une accusation courante colportée avec un malin plaisir par les libres penseurs et par les socialistes, à savoir que la religion exerce sur les nations une influence funeste en détournant les hommes de la recherche des biens de ce inonde et en entravant, par conséquent, la prospérité publique...

Il y a, il faut l'avouer, chez les catholiques, toute une éducation à faire. On a trop négligé, dans nos maisons d'éducation, ce côté pratique de la vie. On a fait, de nous, trop souvent, des vaincus sur le terrain industriel et commercial et des victimes sur le terrain financier. 11 est grand temps de réagir.

Il y aurait, d'ailleurs, un livre intéressant à écrire sur les rapports de la religion avec U activité économique des peuples. En attendant cette œuvre de synthèse, qui devrait tenter l'un des nôtres, nous renverrons d'abord à un léger opuscule qu'on lira et qu'on fera lire :

Azambuja (G. d'). L'Esprit chrétien dans les affaires. 4eédit. Paris, Bloud, 1904, in- 16 de 63 p. Prix ; o fr. 60.

La légitimité des affaires. La nécessité des affaires, le haut du pavé des affaires. Quelques faits actuels qui poussent aux affaires, Chevaliers d'autrefois et hommes d'affaires d'aujourd'hui. Les bonnes œuvres et les affaires. L'éducation et les affaires. Le mariage et les affaires. Le personnel politique et les affaires. L'expansion religieuse et les affaires. Conclusion.

« Apprenons donc à nos fils à s'orienter de bonne heure vers les « professions productives et lucratives, au lieu de s'orienter vers « celles où l'on vit aux dépens des contribuables ou vers celles qui

l'action civique 629

« confèrent plus de gloriole mondaine que de vrai profit. Lamoralp « chrétienne, qui condamne l'avarice, approuve le travail, la préce voyance, l'exercice harmonieux des facultés créatrices données « par Dieu au roi de la création.

[Et plus loin]... « C'est dire qu'il nous faut des chrétiens hommes a d'affaires, qu'il nous en faut beaucoup, et comme, grâce à Dieu, « nous en avons déjà un certain nombre, une des plus belles œuvres « auxquelles puissent se consacrer ces hommes d'élite consiste à en « former d'autres, à répandre autour d'eux leur flair, leur ing-énio- « site, leur expérience, à nous donner, enfin, dans la personne de « leurs enfants ou de leurs élèves, de la graine de chrétiens solides, « pas naïfs, ferrés sur l'escrime du doit et de l'avoir, g-énéreux avec « méthode, soutiens éclairés de l'Eglise... » (pp. 57 et suiv.).

~v Compléter par la brochure suivante :

Mativet: Rapport sur l'utilité au point de vue national et la nécessité au point de vue catholique de développer l'organisation de notre enseignement technique chrétien et surtout l'enseignement commercial. Paris, in-8 de 16 p. A Paris chez l'auteur, 18, rue Lhomond (pas de prix marqué). Si cette brochure était épuisée on la trouvera dans le compte rendu du Congrès diocésain de Paris, 1909 (cité p. 212).

-v^v A ces opuscules très sommaires, il faut ajouter des pages d'une portée plus doctrinale et plus élevée qu'on trouvera dans les comptes rendus des Semaines sociales, dans le Cours d'Economie sociale du P. Antoine, dans le livre de l'abbé F. Martin. : De l'avenir du protestantisme et du catholicisme, le chapitre intitulé : Que penser de la décadence des nations et des gouvernements catholiques et de la marche ascendante des nations et des gouvernements protestants?

-ww Si nous voulons maintenant envisager dans ses grandes lignes le côté pratique de la question, on se reportera à :

MiLLOT(Abbé): Que faut-il faire pour le peuple ? (déjà cité).— Valran (Gaston) : Préjugés d'autrefois et carrières d'aujourd'hui, avec une préface de M. Eug. Etienne. Paris, Didier, 1908, in-16 de xxxn-462 p. Prix : 3 fr. 5o. — Schwob : La guerre commerciale; avant la bataille. Paris, Flammarion, 1904, in-8° de v-458 p. Prix : 3 fr. 5o, — On pourra consulter aussi l'étude facile à lire, mais trop neutre en morale, de Raviart :

Comment on devient un homme d'action. Paris, Jouve, 1910, in-8 de 39 1 p. Prix : 6 fr.

•vw Enfin, il faut aussi lire les livres cités dans la première parue de ce travail quand nous avons parlé des diverses vocations de la jeunesse, particulièrement :

Bitot (abbé) : Que faire de la vie?— Bettencourt : Du choix d'une carrière indépendante. — Et aussi Hanotaux : Du choix d'une carrière (voir pages 325 et suiv.).

Les Affaires.

Nous indiquerons maintenant un ouvrage qui nous dira, en quelques pages précises, tout ce que nous devons savoir sur le commerce. « Cet excellent livre, dit M. G. Blondel, peut utilement contribuer à nous faire sentir le devoir qui s'impose à nous de nous adapter avec plus de méthode aux transformations économiques contemporaines... Il sera lu, ajoute-t-il, avec profit par tous ceux qui s'intéressent à révolution actuelle de l'humanité et veulent se rendre compte de l'importance que les relations commerciales ont prise dans les rapports entre les peuples (1).» On lira donc, de préférence au livre de M.Yves Guyot, qui a traité le même sujet avec beaucoup de compétence, mais avec un libéralisme outré et un anticléricalisme déplacé,le livre suivant :

Glerget (R.). — Manuel d'économie commerciale ; la technique de l'exportation. — Paris, Colin, 1909, in-12 de vn-45i p. — Prix : 4 fr- 5o.

Le commerce et ses entreprises. L'organisation de la maison de commerce. — La Monnaie, les Poids et Mesures. Le Prix. La modalité de l'achat-vente. — Les Transports : transport urbain, transport sur route, par chemin de fer, navigation fluviale, navigation maritime. L'Economie des transports. — La Technique douanière. — Assurance des risques commerciaux. — Les modes de règlement et de crédit. — L'Etude des marchés. — La Publicité. — L'adaptation des produits à la consommation. — Les méthodes de vente. — Les crises commerciales.

a Nous manquons de commerçants. Le mot de l'ancien ministre (1) Réforme sociale, iqio, t. I, p. 284.

« Tirard est encore vrai. Producteurs de premier ordre, nous ne « sommes pas, à beaucoup près, d'aussi habiles commerçants. C'est « également ce que répétait un négociant étranger à notre attaché a commercial à Londres, M. Jean Périer : « Oh, vous Français, vous ce êtes des tâcherons, mais non des commerçants, vous savez fabri- « quer, mais vous ne savez pas vendre. » Notre abstention à l'exté- « rieur a laissé le champ libre à d'autres, il nous faut aujourd'hui « regagner le temps perdu. Cet état de choses est dû notamment au « fait que le préjugé de l'infériorité des carrières commerciales n'est « pas aussi déraciné dans notre pays. Les carrières libérales jouissent « encore d'un prestige exagéré. L'instruction économique de nos « commerçants est imparfaite, ils manquent souvent d'initiative et « ont peur des voyages, notre représentation à l'étranger est insuf- « fisante, nous oublions que, pour exporter des marchandises, il faut « d'abord exporter des hommes » (p. 3).

Et plus loin, à propos des écoles de commerce, qui ont si bien favorisé le développement économique de l'Allemagne, l'auteur cite ces paroles de Georges Biondel :

« Ces écoles ont aidé un grand nombre de jeunes gens à s'inté- « resser davantage aux questions de banque et de change, à l'étude « rationnelle des moyens de transports par terre et par mer, à l'étude « des assurances et des risques, à la recherche des marchés avantage geux, à tout ce qui comporte, en un mot, l'étude économique de <( l'univers. Elles ont contribué à relever les carrières commerciales, « reléguées, par certains aristocrates de la pensée, parmi les besognes <( grossières. On estime aujourd'hui que le commerce est un facteur k efficace de progrès moral et intellectuel en même temps que de « progrès matériel, on comprend mieux que ce ne sont pas seulece ment des marchandises que les commerçants font circuler, mais que « ce sont aussi des idées et qu'ils travaillent très utilement à dévelop- « per le prestige en même temps que la richesse du pays. »

-wv II serait bon de compléter le livre de Glerget par quelques ouvrages susceptibles de fournir des renseignements utiles et des conseils éclairés :

Carnegie : L'Empire des affaires, traduit de V anglais par Arthur Maillet. Préface de Gabriel Bonvalot. Paris, Flammarion, [s. d.], in-18 de 255p. Prix: 3 fr. 5o. — Avenel (Vte d'): Le Mécanisme de la vie moderne. Paris, Colin, 1908, 5 vol. in-12 de 35o p. environ. : Prix : le vol. 4 fr. ; chaque volume se vend séparément. — Leroy-Beaulieu (Paul) :

L'art de placeret gérer sa fortune, 6e édit. Paris, Delagrave, in-8° de xn-33i p. Prix : 3 fr. 5o (excellent livre). — Soreph (Gustave) : Défends ton argent. Paris, Larousse, in-8° de 1 12 p. Prix : o fr. 90. — Jannet (Claudio) : Le capital, la spéculation, les finances au XXe siècle. Paris, Pion, 1892, in-8° devn- 607 p. (épuisé). — Roué (P.). Le livre du commerçant. Paris, Bibliothèque des ouvrages pratiques, s. d. [1909], in-16 de 1180 p. Prix : 4 fr.— Sur la question de comptabilité on pourrait lire, Soreph (Gust.) : La comptabilité commerciale, industrielle et domestique, Paris, Larousse, s. d., in-8° de 272 p. Prix : 3 fr., ainsi que les ouvrages de Leautey et les publications de la Librairie Pigier (53, rue de Rivoli).

vw Après avoir étudié la technique commerciale proprement dite et les questions diverses qui se rattachent à l'acquisition, à l'emploi et à la sauvegarde de la fortune privée, il est maintenant utile que nous connaissions mieux l'activité économique de la nation, ses richesses présentes et ses ressources cachées, son travail et son énergie, la perfection de ses produits et l'expansion de sa race, tout ce qui peut, en un mot, éveiller en nous, malgré la tristesse des temps présents, de légitimes et de vastes espérances Nous relirons donc le livre si réconfortant de Reclus: Le plus beau royaume sous le ciel, et l'étude si substantielle de Vidal de la Rlache : La France, déjà cités, ainsi que les ouvrages que nous avons mentionnés lorsque nous avons traité de notre sol et de notre race. En outre, nous nous procurerons le petit volume de Fallex et Mairey : La France et ses colonies, cité page suivante.

Nous consulterons encore les ouvrages suivants :

Les Forces productives de la France [agriculture, industrie, marine, commerce, colonies africaines], introduction par Paul Leroy-Beaulieu [et études de Zolla, Allix, de Rousiers, Charpentier, Peyerimhoff, etc. J.Paris, Alcan, 1909, in- 12 de 2Ô2 p. Prix: 3 fr. 5o. On lira avec prudence les pages qui traitent des questions sociales. — Consulter également, à titre documentaire, le sérieux travail de Cambon (V.) : La France au Travail. Paris, Roger (1911), in-8° de 256 p. Prix : 4 fr. ; monographie de notre pays au point de vue de son activité écomique, industrielle et commerciale. Cet ouvrage comprendra

l'action civique 633

sept volumes, dont le premier seulement vient de paraître (19 n) et s'attache à décrire le Sud-Est, comprenant comme métropole Lyon et la région s'étendant le long" du Rhône et de la Saône, au nord de la Provence, entre les Gévennes et les Alpes.

wNous pourrons consulter aussi les travaux suivants, déjà un peu vieillis, mais qui contiennent des pages intéressantes et des renseignements précieux :

Hanotaux : L'énergie française. Paris, Flammarion, 1908, in-12 de 369 p. Prix : 3 fr.5o. — Léon (P.): Fleuves, canaux, chemins de fer, avec une introduction de Pierre Baudiny Paris, Colin, 1903, in-12 de xxiv-260 p. Prix : 4 fr- — Vilain (G.) : Le Fer, la Houille et la métallurgie à la fin du XIXe siècle. Paris, Colin, 1901, in-12 de xvi-342 p. Prix: 3 fr. 5o. — Duplessis de Grenédan : Géographie agricole de la France et du monde, avec une préface de M. le marquis de Vogué. Paris, Masson, 1903, in-8° de xx-424 p« (épuisé).

Nous mentionnons plus loin quelques revues qu'il est indispensable de connaître pour se tenir au courant du mouvement économique et commercial.

L'expansion économique de la France.

Enfin, pour mieux comprendre la part qui doit revenir dans le monde au travail de la France, nous consulterons :

Fallex et Mairey : La France et ses colonies... Paris, Delagrave, 19 10, in-8 de vm-660 p. Prix: 4 fr. 5o. — Dubois (Marcel) et Kergomard (G.) : Précis de géographie économique. Deuxième édition, revue et corrigée, avec la collaboration de M. Louis Laffitte, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Nantes. 1 vol. in-8 de xvi-864 pages. Paris, Masson, 1909. Prix : 8 fr.

C'est, a-t-on pu dire justement, « un exposé géographique rationnel de la répartition et du partage des richesses entre ces grands peuples commerçants et colonisateurs. Les auteurs n'ont pas cru devoir rendre hommage à l'un ou l'autre des dogmes économiques qui ont pu survivre et garder quelques

fidèles en notre siècle de critique et de libre discussion. Une seule préoccupation domine leurs recherches, celle de dégager, en tous pays et en toute question, l'intérêt français, de montrer les moyens propres à le bien servir ».

Ajoutons-y encore quelques ouvrages qui, en nous mettant sous les yeux le spectacle de l'activité mondiale et des débouchés qui s'offrent au travail de la patrie, nous inciteront à multiplier nos efforts et à leur donner une direction plus rationnelle :

Nous lirons d'abord les livres si documentés et si précis, si riches d'aperçus et d'idées, de M. Georges Blondel :

Blondel (Georges): La France et le marché du monde, Paris, Larose, 1901, in-18 de xi-164 \>.Prix: 2 fr. 5o. — L'Education économique du peuple allemand. Paris, Larose, 1908, in-18 de xxiv-i36 p. Prix: 5 fr. — L'essor industriel et commercial du peuple allemand, 3e édition. Paris, Larose, 1900, in-18 de vm-4o4 p. Prix : 5 fr. — Voir aussi Lichtenberger : l'Allemagae moderne, son évolution. Paris, Flammarion, 1907 , in-18 de 399 p. Prix : 3 fr. 5o. — Driault (Ed.). Le monde actuel; tableau politique et économique, Paris, Alcan (déjà cité p. 564). — Compléter par l'étude déjà citée de Diouritch sur l'Expansion des banques allemandes à l'étranger.

~~ Il faut ajouter à ces excellents ouvrages, qui ont trait surtout au développement économique de l'Allemagne, d'autres travaux également intéressants à consulter, particulièrement les ouvrages de Pierre Leroy-Beaulieu

Leroy-Beaulieu (Pierre) : Les nouvelles sociétés anglosaxonnes : A ustralie, Nouvelle-Zélande, Afrique australe, 38 édition, Paris, Colin, 1907, in-8 de xx-487 p. Prix : 4 fr. — Les Etats-Unis au XXe siècle. Paris, Colin, 1904, in-16 de xxni-460 p. Prix: 4 fr. — La Rénovation de l'Asie. Chine, Japon, Sibérie. Paris, Colin, 1900, in-16 de xu-482 p. Prix : 4 fr. (épuisé).

On pourrait consulter aussi (car la thèse de l'auteur a été très discutée), à titre documentaire, les ouvrages d'On. Reclus :

~~ Reclus (Onésime) : Lâchons l'Asie, prenons V Afrique ou

comment renaître et comment durer. Paris, Librairie Universelle, 1904, in-18 de 3o3 p. Prix : 3 fr. 5o. — Le partage du monde, Paris (ibid.), 1906, in-16 de 307 p. Prix;Z fr. 5o.

~vll serait bon d'avoir également sous la main un bon atlas signé Vidal de la Blache, ou Schrader, ou Vivien de Saint- Martin (1) et il est indispensable de se tenir au courant par quelques revues d' économie commerciale qui nous fourniront d'excellents renseignements, mais qui sont (nous tenons à le faire remarquer) plus ou moins nuancées de libéralisme économique. Le Bulletin de la Fédération des industriels et des commerçants français, Paris, y4, boulevard Haussmann (mensuel),un an, 26 fr. — Le Monde économique et financier publié sous la direction de M. Paul Beaur égard (hebd.), Paris, 62, rue de Provence, un an : 36 fr. — L'Economiste français, publié sous la direction de Paul Leroy -Beaulieu (hebd,). Varis, 35, rue Bergère, un an : 4o fr. — La Réforme économique (Directeur Jules Domergue). Paris, 42, rue du Louvre, un an: 35 francs.

Notre empire.

Sur notre expansion coloniale, sut les ressources que nous pouvons tirer de nos possessions, sur leur avenir, on lira, en plus du manuel de Fallex et Maurey, cité ci-dessus, et de préférence aux ouvrages de Dubois (1) et de Lêroy-Beaulieu(i), qui sont surtout des ouvrages historiques, les livres suivants :

Les colonies françaises, petite encyclopédie coloniale publiée sous la direction de Maxime Petit, par M. Alix Baudrillart, Cordier, Delavaud, Deniker, Diehl, Froideveaux, Gerville-

(1) Vidal de la Blache. Atlas classique historique et géographique ; France et Europe principalement, Zl\z cartes et cartons, nouvelle édit. Paris, Colin, in-folio. Prix : i5 fr. — ou du même auteur, l'Atlas général. Paris, Colin, 420 cartes. Prix: 3o fr. — Schrader, Atlas de Poche (5i cartes). Paris, Hachette. Prix : 3 fr. 5o — et Vivien de Saint-Martin et Schrader, Atlas universel de Géographie . Paris, Hachette, go cartes (67 X 55) chaque carte accompagnée d'une notice, 2 fr.

(2) M. Dubo's. Systèmes coloniaux et peuples colonisateurs ; dogmes et faits. Paris, Masson, 1895, in-12 de xv-288 p. Prix : 3 fr. 5o,

(3) Leroy-Beaulieu, De la colonisation chez les peuples modernes {2e édit.). Paris, Guillaumin, 1902, 2 vol. in-8 de 725 p. et 538 p. Prix ; 20 fr.

Réache. Paris, Larousse [s. d.], 2 volumes de 800 pages, illustrations. Chaque volume broché, 10 fr. Avec un supplément de 120 pages. Prix : 12 fr. — et l'ouvrage suivant, plus accessible: Busson (H.), Fevre (S.) et Hauser (H.) : Notre empire colonial. Paris, Alcan, 1910, in-8 de 11-272 p. et 108 grav. en cov\. Prix : 5 fr. Nous ne saurions également trop recommander à ceux qui s'intéressent plus particulièrement à l'expansion française l'atlas suivant,qui est certainement l'atlas le plus exact, le mieux fait, le plus complètement à jour. Il est, en outre, complété par des notices très intéressantes qui sont elles-mêmes enrichies d'une bibliographie précieuse : Pelet : Atlas des colonies françaises. Paris, Colin, in-folio. iqo3. Prix : 3o fr.

<v~ Enfin, citons encore ces revues qui servent d'organe aux Comités de l'Afrique française (Paris, 21, rue Cassette, cotisation annuelle 25 fr.) et zuComité de l'Asie Française (Paris, ibid.: cotisation annuelle 20 fr.) — Ainsi que les publications officielles du Ministère des Colonies et de l'Office colonial (Paris, Palais Royal).

L'avenir de la France est sur mer.

Si maintenant nous élevons nos vues et si nous essayons de pénétrer le secret de notre avenir économique, nous sommes obligés de tourner nos regards vers la mer.

C'est la mer qui a fait notre fortune.

C'est elle qui, de sa chaude haleine, a donné à nos côtes leur splendeur et leur fertilité; c'est d'elle que sont venues les races qui ont uni la puissance de leur sang à la vigueur du nôtre, c'est elle qui oblige les peuples à passer par notre sol en y laissant de l'or, c'est elle enfin qui nous a ouvert tous les marchés du monde...

Et pourtant, la France, aujourd'hui, semble oublier la mer.

Pourquoi ? Parce que son ciel est trop clément et sa terre trop féconde.

Mais défions-nous de la richesse de notre terre; car, si nous n'y prenons garde, les marines étrangères seront bientôt maîtresses de nos ports, et la France, imprévoyante, au lieu de

l'action civique 637

voguer à pleines voiles vers les terres lointaines qu'elle a fécondées de son sang- et qui l'attendent, deviendra la colonie universelle...

La mer est jalouse et vindicative. Aux nations qui refusent de recourir à elle pour s'élancer à la conquête du monde, elle apporte la décadence et la servitude.

Faisons donc fructifier notre merveilleux patrimoine, et partageons-nous les richesses du pays. Que les uns prennent la terre et les autres, la mer...

Précisément, c'est à l'Etat qu'il appartient d'arracher les Français à l'emprise de la terre. L'histoire, en effet, nous enseigne que l'essor maritime de la France a toujours coïncidé avec l'action de l'Etat. Chaque fois qu'un homme s'est levé pour montrer à la France la route des océans et pour l'y pousser, la France, avec enthousiasme, s'est lancée sur les mers. L'homme parti, la France est revenue à sa terre.

Il faudrait donc créer un organisme nouveau toujours jeune, toujours enthousiaste, toujours hardi, toujours tenace.

Ce ne sont pas les bureaux du ministère de la marine qui peuvent assumer cette lourde tâche. Les bureaux administrent, mais ne créent pas. Ce ne sont pas non plus nos mi-^ nistres d'un jour, plus préoccupés, d'ailleurs, de notre marine de guerre que de notre marine marchande. C'est une œuvre d'une trop longue haleine. C'est bien plutôt, aujourd'hui, le rôle d'une Ligue maritime puissante, subventionnée largement par la Nation, secondée par les hommes de son gouvernement, soutenue par la renaissance provinciale, capable, enfin, de survivre aux vicissitudes delà politique et aux à-coups de son histoire ; c'est à cette Ligue qu'il appartient de rendre aux Français l'amour de la mer jusqu'au jour où un Pouvoir plus stable et persévérant comprendra mieux les intérêts de la nation, et lui assurera, dans la paix, la maîtrise des océans...

Nous lirons, sur cet important sujet, le livre suivant:

Rondet-Saint (Maurice): L'avenir de la France est sur mer. Paris, Plon-Nourrit, 191 1 in-16 de iv-35o p. Prix : 3 fr. 5o.

M. Paul Doumer écrit dans la préface :

« Et pointant notre race possède un des plus beaux domaines ma- « ritimes du globe. Le territoire de la France est baigné par quatre « mers, où la civilisation est née et s'est épanouie et où se trouvent « les grandes routes du vieux monde, comme celles ouvertes vers le « monde nouveau. Tout devrait, aujourd'hui autant qu'hier, attirer a le Français vers les flots qui ont porté l'humanité à la découverte « et à la conquête de la terre. Là est, pour lui, le devoir en même « temps que l'intérêt. Les négliger, c'est laisser sans utilisation et « sans profit une part importante du riche patrimoine que lui ont « légué ses aïeux.

« 11 n'est pas douteux qu'il ne les néglige. Il n'a plus d'amour « que pour sa terre, douce et fertile à souhait, il est vrai, pour son « ciel si beau, si clément, si attirant qu'il n'a eu de cesse qu'il n'en « ait pris possession en maître et en dominateur. Terrien toujours, « aérien maintenant, le Français l'est dans l'âme ; il le montre, il le « crie. Marin, il ne Test plus. Flotte de guerre, flotte de commerce, « flottille innombrable de la pêche n'ont que son indifférence, sa « malveillance même. Et de ces sentiments hostiles, elles meurent, (( lentement, jour à jour...

« Allons avec ferveur vers les choses de la mer. Le bien de la « patrie, sa sécurité même ne permettent pas qu'on néglige aucun « élément de sa puissance. »

<ww On pourra compléter, non par le livre de Michelet sur la Mer, livre qui ne nous apprend pas grand'chose, mais par les ouvrages suivants, susceptibles de donner à ceux qui les liront le « goût de la mer » et d'éveiller des vocations :

Vallaux (Camille): Géographie sociale : la mer [populations maritimes, migrations, pêches, commerce, domination de la mer], Paris, Douin, 1908, in-18 de 377 p. Prix : 5 fr. — Lecaupentier (G.) : Commerce maritime et marine marchande. Paris, Berger-Lcvrault, 191 1, in-8° de 178 p. Prix: 2 fr. — Dubois (Marcel) : La crise maritime. Paris, Guilmoto, in-8 de 388 p. Prix : 6 fr. •— Fraissaingea : Le problème de la marine marchande. Paris, Larose, 1909, in-12 de 121 y.Prix: 2 fr.5o — Hérubel: Pêches maritimes d'autrefois et d'aujourd'hui. Paris, Guilmoto, 191 1, in-8 de vm-342 p. Prix : 5 fr. 5o. — Rousiers (Paul de) : Les grands ports de France, leur rôle économique. Paris, Colin, 1909, in- 12 de XLvn-260 p. Prix : 3 fr. 5o. — Pawloski (A.) : Le Port de Paris. Paris, Berger-Levrault, 1910, in-i2de i5i p.

i/action civique 63g

Prix : 2 fr. 5o. — Bertin : La marine moderne. Paris, Flammarion, 1910, in-8 de 328 p. Prix : 3 fr, 5o.

w Sur la marine de guerre, « nécessaire à la France pour conserver son indépendance politique, pour garder son influence extérieure, sa dignité, faire respecter partout sur la terre ses nationaux et ses protégés, pour assurer la sécurité et le développement de son empire colonial, pour garantir l'avenir de sa puissance économique », on lira d'abord l'opuscule suivant, duquel les lignes ci-dessus sont extraites :

Ollivier (Elysée) : La France a-t-elle besoin d'une marine militaire? Pourquoi faire? Paris, Ligue maritime française, 1911, in-8 de 91 p. Prix: 1 fr. (Excellent travail qu'on ne saurait trop répandre.) — Rollin (H.) : Marine de guerre et défense nationale, Pré/ace du vice-amiral B esson. Paris, Guilmoto, 191 1, in-12 de xxiv-362 p. Prix : 4 fr. 5o. — Sauvaike-Jourdan : La Marine de guerre. Paris, Vuibert, 19 10, in-4 de xi-376 p. Prix : 12 fr. (Livre d'initiation maritime.)

~~ Enfin, ajoutons-y les livres suivants, que leur caractère historique, littéraire ou anecdotique rend particulièrement intéressants pour ceux qui ne sont point familiarisés avec les questions maritimes, mais qui sont portés vers la mer.

La Roncière (G. de) : Histoire de la marine française. Paris, Pion, 4 vol. in-8° de 55o p. environ. En cours. Prix du vol. 8 fr. (Remarquable travail). — Loir (Maurice) : Gloires et souvenirs maritimes. Paris, Hachette, 1895, in-4 de 33 1 p. gravures. Prix ; 4 fr- 5o. — Contesse (G.) : Les Héros de la Marine Française. Paris, Didot, 1897, in-4 de 391 p., gravures. Prix : i5 fr. — Sémenoff (Ce.) : Le carnet de notes du commandant Sémenoff, de l'état-major de l'amiral Rojestvensky présenté par le commandant de Balincourt.T. I. L'escadre de Port-Arthur. T. II. Sur le chemin du sacrifice. T. III. L'agonie d'un cuirassé. T. IV. Le prix du sang. Paris, Ghallamel, 1908, 4 vol. in-16 de 200 à 4oo p. environ. Prix du vol. : 4 fr. 5o.

~~ Enfin, il faut lire et répandre le Bulletin de la Ligue Maritime française : Revue mensuelle illustrée, un an: 3 fr., avec son supplément 10 fr. (Paris, 8, rue de la Boétie). — Nous ne

saurions trop engager nos lecteurs à entrer en relations avec cette ligue pour travailler avec elle à la grandeur de la Patrie.

ici se terminent les pages qui traitent de la vie civique dans la nation. Les rapports du citoyen avec l'Eglise et avec l'Etat, la puissance des liens qui rattachent l'homme à la patrie, l'histoire de nos institutions et les réformes qu'il convient d'y apporter pour réaliser les harmonies providentielles, enfin,, la prospérité et l'avenir de la France ont, entre autres choses, attiré particulièrement notre attention.

Nous aurions pu achever ici notre tâche, mais nous avons pensé qu'il convenait maintenant de montrer comment notre vie religieuse, notre vie sociale et notre vie civique devaient s'épanouir sur le monde. Nous avons cru qu'il était nécessaire de jeter les yeux sur les peuples qui nous environnent et d'étudier, en finissant, les lois qui doivent régir les relations des peuples entre eux, car la société internationale, comme la cité et comme la nation, est tenue de se conformer à la justice.

Il est donc de notre devoir de chercher à réaliser dans le monde l'ordre voulu par Dieu.

Cette étude fera l'objet de notre dernier chapitre.

Page 1