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A TRAVERS LES SIÈCLES

La Pensée chrétienne a suscité, au cours des siècles, des œuvres remarquables qu'un catholique doit connaître.

En effet, il est souverainement réconfortant de voir comment les plus célèbres croyants ont compris, expliqué et aimé nos dogmes. Leurs livres sont des œuvres vivantes, imprégnées de la pensée puissante et des nobles passions de ceux qui les ont écrits ; ils sont un reflet d'époque, un cri d'espérance, le fruit d'une vie, la tente où vient se reposer la vérité en marche, un écho précieux de la parole du Christ dans l'âme humaine...

La Pensée chrétienne chez les Pères de 1 Eglise : saint Augustin.

Et d'abord, nous étudierons les Pères de l'Eglise dans l'ouvrage suivant :

Bardenhewer (0.). — Les Pères de l'Eglise, leur vie et leurs œuvres (du IQT au VIIIe siècle). Traduction française par P. Godet et C. Verschaffel, de l'Oratoire. Nouvelle édition, refondue d'après la nouvelle édition allemande. — Paris, Bloud, ioo5, 3 vol. de 46o, 507 et 307 p. — Prix : 12 fr.

Il est très difficile de faire un choix dans la littérature patristique, c'est-à-dire parmi les œuvres des grands écrivains désignés sous le nom de Pères de l Eglise. Pourtant, c'est dans leurs écrits qu'il faut aller chercher la véritable « pensée chrétienne », celle qui fixa, d'une façon à peu près définitive, mais lentement et progressivement, la doctrine de l'Eglise. Si un catholique ne peut, généralement, posséder toutes les œuvres importantes des Pères de l'Eglise, il doit, au moins, avoir un ouvrage résumant cette littérature et constituant un bon instrument de travail; il se procurera donc l'œuvre ci-dessus citée de Bardenhewer, d'une science très érudite, d'une grande richesse d'informations et d'un jugement très sûr.

« Les saints Pères [lisons-nous dans la préface] n'ont besoin d'au- « cune recommandation auprès des lecteurs catholiques ; il est « de « l'essence même de notre église », disait Moehler, de les aimer et « de les vénérer. Témoins sincères de l'antique tradition apostolique, « il n'est point de pontife qui ne les ait appelés à ses conseils; il « n'est point de synode qui n'ait reçu leur vote, il n'est point de « vrai théologien qui n'ait médité leurs pages presque divines... « Les écrits des Pères, dit Bossuet, produisent un fruit infini dans « ceux qui les étudient, parce que ces grands hommes sont nourris « de ce froment des élus, de cette pure substance de la religion, et « que, pleins de cet esprit primitif qu'ils ont reçu de plus près et avec « plus d'abondance de la source même, souvent ce qui leur échappe « et qui sort de leur plénitude est plus nourrissant que ce qui a été & médité depuis » (pp. vi et vu).

-vw A ceux qui voudraient un travail moins considérable, nous recommandons un petit livre « léger et de vulgarisation», ce qui n'exclut, dit justement l'auteur, « ni l'exactitude rigoureuse ni la bonne documentation ».

Rauschen (Dr)- — Eléments de patrologie et d'histoire des dogmes, traduits de l'allemand, annotés par Ricard. Pré-

l'ace de M. Tixeronl. Paris, Roger cl Chernoviz, 20 édition, revue et augm. 1906, in-12 de vm-409 p. — Prix : 3 fr. 5o.

-vw Compléter par :

Nourrisson (J.-F.). — Les Pères de l'Eglise latine, leur vie, leurs écrits, leur temps. — Paris, Hachette, i856,2 vol. in-8 de 5g4 et 468 p. — Prix : 7 fr.

On trouvera, dans ces volumes déjà anciens, les meilleures pages des Pères de l'Eglise sur des questions qui intéressent particulièrement un chrétien : les vices et les vertus; la philosophie,l'Eglise et l'Etat, la sainteté, le Christ, la résurrection, la Providence, etc., etc.

-vw A côté de ces études générales, nous devons placer les œuvres principales de saint Augustin (354-43o), le plus célèbre, avec saint Thomas d'Aquin, des Pères de l'Eglise latine :

Saint Augustin. — La Cité de Dieu. — Paris, Garnier, 1899, 3 vol. in-12 de xv-528, 56o et 080 p. — Prix : le vol. 3 fr. 5o.

Les Confessions de saint Augustin. Traduction française et commentaires d'après Mgr Péronne, par le chanoine Pikan. — Paris, Bonne Presse, 1900, 4 vol. in-12 de35op. environ. — Prix : le vol. 1 fr.

Extraits des ouvrages de saint Augustin, distribués selon V ordre des jours et des fêtes de Vannée, pour la formation du chrétien, par le P. Félix Mayr et traduits du latin par le P. Ch. Laurent. — Paris, Bonne Presse, 1898, 4 vol. de 4i2, 280, 272 et 3oo p. — Prix : le vol. 1 fr.

La Cité de Dieu est assez connue pour qu'il soit inutile de la commenter ici. C'est le plus magnifique tableau qui ait été fait de la société chrétienne, bâtie sur les ruines de la société païenne. Si quelques pages se ressentent de l'époque où écrivait l'auteur et des controverses qui agitaient alors les esprits, le fond n'en reste pas moins éternellement vrai. On trouvera dans le livre de Bardenhewer tous les commentaires nécessaires sur cette œuvre et sur les célèbres Confessions.

La pensée chrétienne au moyen âge :

saint Thomas d'Aquin.

Saint Thomas d'Aquin (1 227-1 274) symbolise la pensée

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE 3o,

chrétienne par la profondeur de sa science et par le caractère merveilleusement synthétique de son intelligence, On consultera, sur ses œuvres, le livre du P. Sertillanges : Saint Thomas d'Aquin, cité plus loin, et aussi l'Histoire de la philosophie, de Maurice de Wulf, de Mgr E. Blanc ou du card. Gonzalez. Nous en parlons longuement dans notre chapitre la Philosophie chrétienne ; on voudra bien s'y reporter.

La pensée chrétienne au XVIIe siècle :

Bossuet.

Bossuet domine son siècle comme saint Augustin et saint Thomas d'Aquin dominent leur temps, mais il est assez difficile de faire un choix dans ses œuvres qui, toutes, doivent être lues.

Gomme il existe des éditions bon marché de ses ouvrages, on pourra se les procurer facilement : soit à la Bonne Presse (i3 vol. à i fr. le volume); soit chez Roger et Chernoviz : Bibliothèque des Bons livres, 10 vol. à i fr. le volume, dont voici la liste :

Œuvres philosophiques, i vol.; Œuvres historiques, i vol.; Oraisons funèbres, i vol.; Sermons, 3 vol.; Elévations sur les mystères, i vol.; Méditations sur l'Évangile, 2 vol.; Mélanges : Discours sur runité de l'Église. Exposition de la doctrine catholique. Histoire des variations. Lettres de piété et de direction. Pensées, 1 vol. — Soit 10 vol. in-16 de 38o pages environ, texte serré, pour 10 fr.

On peut acheter ces volumes séparément; en ce cas, en plus des Méditations sur l'Evangile et des Elévations sur les mystères, qu'il ne faut pas manquer de se procurer, on lira, dans ses œuvres philosophiques, le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même et, dans le dernier volume, le Discours sur l'Unité de l'Église et l'Exposition du dogme catholique.

Enfin on aura un bon commentaire de cette dernière œuvre en lisant :

Bossuet: Exposé de la doctrine catholique, par l'abbé Albert Vogt. — Paris, Bloud, 191 1, in-16 de 35o p. environ. — Prix : 3fr.

iV.ee de M. Tixeront. Paris, Roger et Chernoviz, 2« édition, revue et augm. 1906, in-12 de vm-409 p. — Prix : 3 fr. 5o.

+** Compléter par :

Nourrisson (J.-F.). — Les Pères de l'Eglise latine, leur vie, leurs écrits, leur temps. — Paris, Hachette, 1 856, 2 vol. in-8 de 5q4 et 468 p. — Prix : 7 fr.

On trouvera, dans ces volumes déjà anciens, les meilleures pages des Pères de l'Eglise sur des questions qui intéressent particulièrement un chrétien : les vices et les vertus; la philosophie,l'Eglise et l'Etat, la sainteté, le Christ, la résurrection, la Providence, etc., etc.

«vw A côté de ces études générales, nous devons placer les œuvres principales de saint Augustin (354-43o), le plus célèbre, avec saint Thomas d'Aquin, des Pères de l'Eglise latine :

Saint Augustin. — La Cité de Dieu. — Paris, Garnier, 1899, 3 vol. in-12 de xv-528, 56o et 58o p. — Prix ; le vol. 3 fr. 5o.

Les Confessions de saint Augustin. Traduction française et commentaires d'après Mgr Péronne, par le chanoine Pihan. — Paris, Bonne Presse, 1900, 4 vol. in-12 de35op. environ. — Prix : le vol. 1 fr.

Extraits des ouvrages de saint Augustin, distribués selon l'ordre des jours et des fêtes de l'année, pour la formation du chrétien, par le P. Félix Mayr et traduits du latin par le P. Ch. Laurent. — Paris, Bonne Presse, 1898, 4 vol. de 4i2, 280, 272 et 3oo p. — Prix : le vol. 1 fr.

La Cité de Dieu est assez connue pour qu'il soit inutile de la commenter ici. C'est le plus magnifique tableau qui ait été fait de la société chrétienne, bâtie sur les ruines de la société païenne. Si quelques pages se ressentent de l'époque où écrivait l'auteur et des controverses qui agitaient alors les esprits, le fond n'en reste pas moins éternellement vrai. On trouvera dans le livre de Bardenhewer tous les commentaires nécessaires sur cette œuvre et sur les célèbres Confessions.

La pensée chrétienne au moyen âge :

saint Thomas d'Aquin.

Saint Thomas d'Aquin (1 227-1 274) symbolise la pensée

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE 3o,

chrétienne par la profondeur de sa science et par le caractère merveilleusement synthétique de son intelligence, On consultera, sur ses œuvres, le livre du P. Sertillanges : Saint Thomas d'Aquin, cité plus loin, et aussi l'Histoire de la philosophie, de Maurice de Wulf, de Mgr E. Blanc ou du card. Gonzalez Nous en parlons longuement dans notre chapitre la Philosophie chrétienne ; on voudra bien s'y reporter.

La pensée chrétienne au XVIIe siècle :

Bossuet.

Bossuet domine son siècle comme saint Augustin et saint Thomas d'Aquin dominent leur temps, mais il est assez difficile de faire un choix dans ses œuvres qui, toutes, doivent être lues.

Gomme il existe des éditions bon marché de ses ouvrages, on pourra se les procurer facilement : soit à la Bonne Presse (i3 vol. à i fr. le volume); soit chez Roger et Ghernoviz : Bibliothèque des Bons livres, 10 vol. à i fr. le volume, dont voici la liste :

Œuvres philosophiques, i vol.; Œuvres historiques, i vol.; Oraisons funêhres, i vol.; Sermons, 3 vol.; Elévations sur les mystères, i vol.; Méditations sur l'Évangile, 2 vol.; Mélanges : Discours sur l'unité de l'Église. Exposition de la doctrine catholique. Histoire des variations. Lettres de piété et de direction. Pensées, 1 vol. — Soit 10 vol. in-16 de 38o pages environ, texte serré, pour 10 fr.

On peut acheter ces volumes séparément; en ce cas, en plus des Méditations sur l'Evangile et des Elévations sur les mystères, qu'il ne faut pas manquer de se procurer, on lira, dans ses œuvres philosophiques, le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même et, dans le dernier volume, le Discours sur l'Unité de l'Église et l'Exposition du dogme catholique.

Enfin on aura un bon commentaire de cette dernière œuvre en lisant :

Bossuet: Exposé de la doctrine catholique, par l'abbé Albert Vogt. — Paris, Bloud, 191 1, in-16 de 35o p. environ. — Prix : 3fr.

Nous recommandons plus loin, d'une façon toute spéciale, son Discours sur l'histoire universelle ainsi que Y Histoire des variations, dont nous citons une édition critique.

La Pensée chrétienne au XIX6 siècle.

Nous devons mettre au nombre des grands penseurs chrétiens du xixe siècle le grand apologiste que fut Newman. Ses œuvres, malheureusement, n'étaient guère accessibles. C'est pourquoi M. Brèmond a eu la bonne pensée de nous donner, après M. Saleilles, une édition courante de ses meilleurs sermons, dont nous conseillons la lecture :

Newman. — La Vie chrétienne, édité et traduit par H. Brèmond. — Paris, Bloud, 1907, in-16 de 428 p. — Prix .*3.5o.

Ces sermons, dit M. Brémond, « ne sont pas une matière prédicale pas plus que les Pensées de Pascal. On ne se les assimile pas sans un long effort de toute l'âme et le prêtre pressé qui s'imaginerait pouvoir les resservir tout de go à son auditoire ne les aurait pas compris. L'unique façon de les bien entendre est de les lire comme une lecture spirituelle, et le temps n'est plus où les conteurs spirituels n'avaientà compter ni avec le loisir ni avec la patience du lecteur. Aussi nous avons été obligé de faire un choix...»

Nous laisserons donc à d'autres la tâche quelquefois délicate de discuter ou d'apprécier la. philosophie et le système apologétique de Newman (1). Bornons-nous à nevoirenlui que le pasteur d'âmes qui contribua si puissamment à la renaissance catholique de l'Angleterre et dont l'éloquence, jointe à une dialectique originale et forte, ramenèrent au Christ tant d'égarés.

Voici le sommaire des sujets traités dans la Vie chrétienne :

Les Réalités invisibles : De la difficulté de réaliser nos privilèges sacrés. Paroles irréelles. Le Monde invisible. L'individualité de l'àme.

(1) Lebreton : Autour de Newman, dans Revu» pratique d'apologétique, t. III, 190O 1907, p. 488 — Mgr Mignot : Newman et le principe du développement, dans Revue du clergé français, t. XL VI, p. 98. — L. de Grandmaison : John Henry Newman considéré comme maître, dans les Etudes, t. GIX, p. 720. — Fauges : la Gri$e de la certitude, cité plus loin.

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE [±l

Mystère de notre existence présente. Grandeur et petitesse de la vie humaine. La pensée de Dieu, soutien de l'âme. Appels divins. Providence particulière qui nous est révélée par l'Evangile. La puissance de la nature. Conséquence morale de chaque péché.

V Incarnat; on et V Eglise: Les larmes du Christ au tombeau de Lazare. Jésus-Christ caché au monde. Jésus-Christ manifesté dans le souvenir. Le crucifiement. L'Eglise demande des âmes qui se sentent seules.

L'Esprit chrétien : La nature humaine trouve la religion ennuyeuse. Le danger des talents. L'esprit des petits enfants. La souffrance corporelle. L'obéissance sans amour. Les risques de l'acte de foi. La sympathie chrétienne. Vigilance. L'attente du Christ. L'usage religieux des émotions vives. La prière intérieure. L'observation des jeûnes et des fêtes.

« Le danger d'une éducation libérale et cultivée consiste en ce « qu'elle sépare le sentiment de l'action, elle nous enseigne à penser « et sentir comme il faut, sans nous forcera pratiquer ce qui est bien « (p. 264)- Le souffle du monde a un pouvoir spécial, on pourrait « dire qu'il rouille l'âme (p. 36o). En vérité, nous ne sommes pas « appelés une fois seulement, mais beaucoup de fois; tout le long de « la vie, le Christ nous appelle... » (p. 11 5).

Lacordaire a exercé une trop grande influence sur sa génération pour ne pas mériter de figurer à côté des grands chrétiens dont nous avons déjà cité les œuvres. « Lacordaire, dit le P. Chocarne dans l'opuscule cité ci-dessous, était de cette grande et noble famille des Ozanam, des Gratry, des Cochin, des Montalembert, qui eussent repoussé comme une trahison d'amoindrir l'homme, leur temps et leur pays, sous prétexte de rehausser Dieu, le Christ et son Église. »

« Au fond, que voulaient ces esprits d'élite et le Père Lacordaire à leur tête? Qu'enseignaient-ils? Ils disaient que la société civile moderne subit une crise d'évolution vers une plus large émancipation politique ; que les gouvernements d'ancien régime font place surtout à des institutions de forme variée, mais ayant toutes pour base une participation plus générale de la communauté aux libertés et aux fonctions publiques; que ce mouvement n'a rien de contraire, en lui-même, à l'esprit ni à la lettre de l'Evangile ; que les catholiques doivent s'y mêler, non pour legêner et le combattre, mais pour l'éclairer et le diriger; qu'une attitude d'antagonisme et d'hostilité serait une faute et une trahison. »

« Une faute, parce qu'elle irait à fausser ce mouvement et à le faire dévier de la voie droite en la privant du seul contrepoids capable de modérer ses ardeurs et de prévenir ses écarts; une trahison, parce que ce mauvais vouloir justifierait ses défiances et les résistances de la Société civile et le placerait elle-même en lutte ouverte avec la société religieuse, regardée désormais comme l'obstacle au progrès, mise hors la loi et traitée en paria. »

Les Conférences du P. Lacordaire, prononcées à Paris et è Toulouse, ont été publiées chez Poussielgue et comptent 6 volumes in-8. Prix : 20 fr. — Elles doivent prendre place dans notre bibliothèque et nous lirons avec un plaisir tout particulier ses conférences de Toulouse qui traitent de la Vie: Vie des passions. Vie morale. Vie surnaturelle. Vie privée. Vie sociale. Vie publique.

<vw A signaler également du P. Lacordaire :

Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, citées plus loin — et les Lectures choisies du P. Lacordaire : l'Eglise. Jésus-Christ. Les vertus. — Paris, Poussielgue, 1908, 3 volumes in- 16 sur papier indien, de 3o8, 254 et 3oo p. — Prix : le vol. 2 fr.

-w* Citons encore deux petits livres qui contiennent la substance de la doctrine du P. Lacordaire et qui ont été publiés sous ce titre :

Pensées choisies [du P. Lacordaire], extraites de ses œuvres et publiées sous la direction du P. Chocarne, 4oe mille. — Paris, Poussielgue, 1909, 2 vol. in-32 de xvi-3C8 et 444 p- — Prix : 3 fr. les deux.

On trouvera, dans ces deux opuscules, les meilleures et les plus remarquables pensées de Lacordaire, toute la substance de sa doctrine sur Dieu, sur la Foi, la Religion, l'Evangile, la Vérité, la Volonté, l'Amour, la Licence, la Vie, la Société, la Guerre, le Travail, le Despotisme, la Liberté, la Vertu, la Chasteté, etc.

« Je veux : c'est le mot le plus rare qui soit au monde, bien qu'il « soit le plus fréquemment usurpé, et quand un homme en a le

« secret terrible, qu'il soit pauvre et le dernier de tous, soyez sûr « qu'un jour vous le trouverez plus haut que vous : ainsi fut César « {tome /, p. 245). — Le caractère est ce qu'il faut toujours sauver « avant tout, car c'est le caractère qui fait la puissance morale de « l'homme (p. 261). — Qui dit passion dit faiblesse; qui dit vertu dit « force (p. 335). — La religion est le principe en nous d'une jeunesse « éternelle et elle communique à tous nos sentiments la durée, l'éclat « et la sécurité (p. 42)- — On ne fait rien sans l'Eglise et sans le « temps (p. 127). — La vérité ne gouverne ici-bas les esprits qu'à la « condition de les conquérir sans cesse (p. 174). — C'est le christia- « nisme qui a définitivement élevé le droit au-dessus de la force, en « donnant à la conscience une lumière et une énergie qu'elle n'avait « pas avant Jésus-Christ (p. 264)- — Un enfant ne doit ni commander « ni être obéi à tout propos, comme le sont les enfants gâtés ; mais il « ne faut pas non plus qu'il soit asservi comme un esclave et qu'il « ait peur d'avoir une pensée {tome II, p. 3 1 3). — La liberté n'est « possible que dans un pays où le droit l'emporte sur les passions « (p. 368). — Les révolutions modernes, étant doctrinales, ne finiront « pas, comme celles de l'antiquité, par un homme ou par un acci- « dent : elles ne finiront que par une doctrine (p. 335). — Ce sont les « principes qui fortifient parce qu'ils éclairent (p. 387).— La pater- « nité couronne la vie (p. 3o2). — Le repos du vieillard est un droit « et une majesté (p. 267), etc. »

Gratry (le P. G.) — La Morale et la loi de l'histoire, 4e édit. — Paris, Téqui, 1909, in-8 de 33 1 et 38 1 p. — Prix : 7 fr. 5o.

Pour juger ce livre de Gratry, ayons encore recours à Ollé- Laprune : « Il s'applique, dit ce dernier, à déterminer, dans la lumière des principes de la raison et du christianisme, les conditions de l'existence normale des sociétés; partant, les conditions de leur guérison et de leur salut. Il suit de là que ses vues, très hautes, sont très hardies : il a une manière droite, résolue, de suivre une vérité jusqu'au bout, d'en faire pénétrer la clarté inexorable jusque dans le vif, puis d'enlever l'obstacle en esprit et de commander qu'en fait il disparaisse. C'est îe procédé révolutionnaire, dira-t-on. Oui; mais la révolution qu'il rêve est commencée, elle est dans les intelligences, dans les consciences, dans les mœurs.... Il veut refaire les esprits, lésâmes, selon la raison et selon l'Evangile » (1).

(1) Ollé-Lapruke, la Vitalité chrétienne, pp, 104 et 106.

Gratry avait écrit ce livre pour répondre à Vico, qui avait placé le terme du progrès dans la monarchie absolue ; Gratry le place dans la morale. Ajoutons, pour être juste, que ces œuvres de Gratry sont généralement empreintes d'une « sentimentalité » qui n'est pas toujours exempte d'illusions.

La Loi morale : La loi morale et la loi de l'histoire. Le travail et la cause de l'histoire. Le point d'appui de l'espérance. Divine préparation de justice dans le monde. L'obstacle. La spoliation. L'esclavage. L'homicide. Le spectacle du moment présent. La crise du genre humain. Le moindre des trois devoirs. Le vice. La force qui peu dompter le vice. La métaphysique du progrès. Les racines de la liberté. La justice. La sanction de la loi.

Aujourd'hui et demain : Le sens des faits contemporains. La révolution. Les violents. Les deux sens du mot « révolution ». L'issue. Le progrès politique. Le progrès social. Devoirs envers le genre humain.

« La loi morale, loi du progrès, loi de l'histoire, la loi de relation (.- de tous les hommes entre eux et de tous les groupes d'hommes est « celle dont l'Evangile a dit : « Voici la loi, hœc est enim lex. Tout « ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour « eux. » -Tout ce qui est humain, individus, familles, cité, sociétés « libres, patrie, humanité, tout cela doit s'aimer, se soutenir, vivre c« ensemble et travailler ensemble, comme organes d'un même corps.

Hello (Ern.) — L'Homme : la vie, la science, l'art, précédé d'une introduction par Henri Lasser re, 8e édit. Paris, Perrin, 1906, in-16 de xxxn-£3o pages. — Prix; 3 fr. 5o.

Livre étrange. Notre génération a su rendre un hommage mérité à l'auteur qui mourut méconnu et ignoré du plus grand nombre. Pourtant, quelques esprits d'élite le g-oûtèrent beaucoup : tel Barbey d'Aurevilly, qui le considérait « comme un des rares esprits supérieurs de ce temps, qui en a si peu ». Le style de Hello, très particulier, est apparenté avec les Paroles d'un Croyant, mais plus heurté. Les idées, nombreuses et vigoureuses, semblent s'entremêler et s'entrechoquer dans leur course effrénée vers la Vérité. Hello est un philosophe qui juge le siècle en mystique, le morigène et le cingle à coups de lanières. Henri Lasserre,dans une préface dont les termes extraordinairement laudatifs faisaient sourire Barbey d'Aurevilly lui-même, dit fort justement : « Le monde contemporain

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE /j5

avec ses hontes et ses grandeurs, avec sa philosophie, sa littérature, sa politique, avec ses découvertes prodigieuses et ses ignorances plus prodigieuses encore, a passé sous son puissant regard, et sur tout ce qu'il a vu, Hello a dit sa parole. »

La Vie : Le veau d'or. Les associations d'idées. Le respect humain. L'indifférence. Le rire et les larmes. Le travail et le repos. L'honneur. L'homme médiéval. La passion du malheur. La charité. Le mystère et le xvme siècle. La crainte et la peur. Le monde. Le sphinx. Le voyage.

La Science: Babel. L'état de la question. La goutte d'eau. La science. L'ignorance religieuse. Les attirances spirituelles. L'eau bénite. Le signe de la croix. Saint Denis TAéropagite. L'unité. Le siècle et les siècles.

V Art : L'art. La critique. La convention. La fantaisie et le chic. L'Asie la Grèce et Rome. L'art antique et la littérature ancienne. La catastrophe dramatique. Le mépris de l'art. Le roman. Le style.

Hello dit, en parlant des diverses études qui composent ce livre :

« Inspirés par un souffle unique, ils n'ont qu'à suivre ce souffle « pour aller en leur lieu et c'est à ce souffle-là que je les abandonne. « Ce lieu, c'est l'Unité : l'Unité, qui est le cachet du Vrai, du Beau « et du Bien posé sur chaque brin d'herbe et sur chaque sphère « céleste... » (Introd., p. xxx.)

D'Hulst (Mgr). — Les Conférences de Notre-Dame 1891- 1896 : Les fondements de la moralité. Les devoirs envers Dieu. La morale de la famille. La morale du citoyen. La morale sociale. — Paris, Poussielgue, 1891-1896, 6 vol. in-8 de 45o pages environ. — Prix: le vol. 5 fr.

Il faut connaître, après le vibrant Lacordaire et le fougueux Hello, le Docteur éminent, d'une science si vaste et si sûre, qui dirigea avec tant d'éclat l'Institut catholique de Paris et dont les Conférences de Notre-Dame seront, avec le temps, de plus en plus goûtées. La mort, malheureusement, a interrompu cette œuvre qui convenait si bien à notre époque éprise de science et de précision.

« Non, la société chrétienne n'est pas un rêve ; c'est un idéal dont « il faut se. rapprocher. Commencez donc par en présenter à vos « contemporains la vivante image. La vie publique n'accepte pas « votre direction ? Montrez dans votre vie privée la divine vertu du

« christianisme, montrez-la dans vos œuvres. Cessez de gémir,agis- « sez. Le malheur des temps a été la plainte de tous les temps. Le « présent est ce que vous le faites ou ce que vous le laissez devenir... (T. Ier : les Fondements de la moralité, p. 234.)

Ollé-Laprune (Léon). — Le Prix de la vie, 20e édit. — Paris, Belin, 1907, in-12 de xiv-4o,3 p. — Prix : 4 fr.

Etude impressionnante d'une âme inquiète de l'avenir de ce monde et doucement effrayée de l'au-delà. C'est l'œuvre d'un çrand philosophe et d'un chrétien parfait, modeste et bon, qui fut tourmenté de sa tâche humaine, mais que le Christ éclaira...

« Je suis convaincu, dit-il, et je voudrais convaincre les autres que la vie est singulièrement précieuse, si l'on sait voir pourquoi elle nous est donnée et ce que nous pouvons et devons en faire. »

La question de la vie. Les données et la méthode. Les opinions contemporaines. Le seVieux de la vie. Les lois de toute vie. L'œuvre de vie. L'Idée de l'homme. La science et la vie. L'obligation morale. La conscience morale et la science positive. Un essai de fonder une morale sans obligation. Le monde mcral.

Les misères delà vie. Mystères et autres lueurs. Optimisme et pessimisme. Le bien et le bonheur. Difficultés nouvelles. Le sens de la vie présente. Le prix de la personne morale. Le prix de la vie présente. Le renoncement et la mort. La raison de vivre. La faiblesse humaine. L'amour. La religion. Le christianisme. La forme ôr, la vie. Notre tâche aujourd'hui et demain. La philosophie delà vie.

« La vie est précieuse. Elle est précieuse parce qu'on y a à être « homme, c'est-à-dire un être raisonnable, moral, membre de la « cité des esprits. Elle est précieuse parce qu'elle prépare une autre « vie. Elle est précieuse parce que, dans ce monde même, il y a à « coopérer avec Dieu. Au fondj tout revient à aimer Dieu et le reste « pour Dieu et à vouloir ce que Dieu veut. Là est le prix delà vie... « La vie, à vrai dire, ne trompe que ceux qui n'attendent pas assez

« d'elle » (p. 4O9).

« Le temps est passé où le christianisme ne comptait plus... On a « vu que le christianisme... aune puissance étrang-e et singulièrement « bienfaisante : celle de convenir, en quelque sorte, aux époques les « plus diverses et de devenir, pour les sociétés qu'il pénètre, un « principe de vie nouvelle parce qu'il refait les esprits et les âmes.

« C'est ainsi que, dans le xixe siècle finissant, qui a eu de si vastes a ambitions, qui a fait de si diverses expériences, qui a vu et opéré « tant de choses, qui en a espéré et rêvé tant d'autres, le christia-

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE l\l

« nisme renouvelé, sans cesser d'être le même, et renouvelant tout, « sans se commettre avec rien, se montre comme ce qu'il j a de pins « propre à soulager nos maux, à diriger nos aspirations, à assurer « les réformes indispensables, à procurer la paix intellectuelle et la « paix sociale. On le croyait condamné à conserver péniblement un « passé sans avenir et voilà que, gardant du passé ce qui, étant éteT- « nel, est de tous les temps, il s'applique au présent avec une merce veilleuse intelligence de tous les besoins et de tous les maux et « prépare l'avenir avec une audace sereine: il a, pour aujourd'hui, « des baumes réparateurs qui ne sont qu'à lui, il a pour demain le « secret de la vie. Il le sait et il a l'ambition de conquérir, pour le « faire vivre d'une vie plus paisible et plus haute, le monde moderne « comme il a conquis, pour leur souffler une âme nouvelle, le monde « romain d'abord, et bientôt après le monde barbare » (p. 43o).

Perreyve (Abbé H.). — Entretisns sur l'Eglise catholique. 4e édit. — Paris, Téqui, 1901, 2 vol. in-12 de 467 et 5S7 p. — 8fr.

Il nous plaît tout particulièrement de faire figurer au nombre des meilleurs maîtres de la pensée chrétienne le doux prêtre'dont les idées généreuses et hardies nous semblent aujourd'hui si évangéliques et si justes. Une grande paix et une grande espérance berceront l'âme du lecteur charmé.

L'Unité chrétienne : Du Maître de la Vérité. Raisonnement sur les attributs nécessaires de la vraie doctrine et de la vraie société religieuse. De l'unité doctrinale dans l'Eglise catholique. De l'unité sociale dans l'Eglise catholique. De l'infaillibilité doctrinale dans l'Eglise catholique.

Vers le salut : De la Sainteté morale dans l'Eglise catholique. Du Gouvernement spirituel dans l'Eglise catholique. L'Eglise catholique et le salut des âmes.

cr Les publicistes les plus éclairés [écrivait l'abbé Perreyve vers « 1860], sur les tendances de l'esprit moderne ont démontré que, « malgré toutes les apparences contraires, les instincts majeurs de la « démocratie la conduisent au catholicisme et que des affinités pro- « fondes, victorieuses des obscurités et des malentendus des pre- « miers jours, uniront tôt ou tard les deux causes... « Si le catho- « licisme, a écrit M. de Tocqueville, parvenait enfin à se soustraire « aux haines politiques qu'il a fait naître, je ne doute presque point « que ce même esprit du siècle, qui lui semble si contraire, ne lui « devînt très favorable et qu'il fît tout à coup de grandes conquê- « tes »... Au fond des âmes, tous les grands instincts lâchés récla-

« ment Jésus-Christ, sa parole, sa vérité, sa grâce et son Eglise » (p. 57o).

Coghin (Aug\). — Les Espérances chrétiennes, avec une préface et des notes par Henri Cochin, 2e édit. — Paris, Pion, 1884, in- 18 de xxxvi-44o p. — Prix : 4 fr.

Livre peu connu et pourtant fort remarquable, très original et fortement pensé. C'est de cette œuvre que Mgr d'Hulst disait : « C'est le livre de chevet de celui qui croit et de celui qui veut croire (1). »

Dieu : Existence de Dieu. Nature de Dieu. Rapports de la philosophie avec la religion. Dissemblance des méthodes scientifique et philosophique.

La Vie humaine : Idée générale de la vie. Décadence de la nature humaine. Nécessité de la vie future prouvée par les maux de la vie présente^ La Foi et la vie.

Le Rédempteur : Dogme de la Rédemption. Place que tient la religion catholique dans la vie. — Le Temps présent.

^ Où donc trouver une vérité qui suffit et qui demeure ?

« Eh bien, pendant que tout est incomplet et mobile, trois faits « ne changent point et sont communs à tous : la naissance, la vie, la « mort

« La religion répond par trois dogmes immenses: la création, qui « explique la naissance ; a Xrédemption, qui explique la vie, la « résurrection, qui explique la mort...

Monsabré (le P.). — Introduction au dogme catholique. 8e édit. Paris. Lethielleux, 1901, 4 vol. in-12 de 36o p. environ. 12 fr.

Du même auteur: Exposition du dogme catholique (Conférences de Notre-Dame. Carêmes i8y3-i8go.) Paris, ibid., 18 vol. de 36o pages environ, in-12. — Prix : 54 fr. : le vol. 3 fr.

Les œuvres du P. Monsabré, qui sait unir la noblesse de l'expression à la sûreté de la doctrine,, sont très appréciées de nos meilleurs théologiens. Son Exposition du dogme catholique fait autorité. C'est pourquoi nous en recommandons la lecture. Voilà la liste de ses conférences :

Introduction au dogme catholique : T. I : Rapport de la Foi et de la Raison ; les principes et les erreurs. — T. II : De la préparation

(1) GmoDON, Exposé de la doctrine catholique, déjà cité ; introduction de Mgr d'Hulst, p. xi.

rationnelle de l'acte de Foi : par l'examen des prophéties. — T. III : par l'examen des miracles. — T. IV: par Tc^-nen des témoignages. Exposition du dogme catholique: T. I : Existence ù" Dieu. — T. II : Etre, perfection, vie de Dieu. — T. III; Œuvre de Dv»u. — T. IV: Gouvernement de Dieu. — T. V: Préparation de l'Incarnation. — T. VI : Existence et personne de Jésus-Chist. — T. "VI II: Perfection de Jésus-Christ.— T. VIII: Vie de Jésus-Christ. — T. IX: Œuvre de Jésus-Christ. — T. X: Gouvernement de Jésus-Christ. — T. XI : Grâce de Jésus-Christ. — T. XII : L'Eucharistie. — T. XIII : La Pénitence. — T. XIV: L'Ordre. — T. XV : Le Mariage. — T. XVI : La Vie future. — T. XVII : L'Autre monde. — T. XVIII : Amen. Synthèse et conclusions.

« J'ai mis le dogme catholique en rapport avec l'intelligence « humaine qu'il prévient dans ses recherches, affermit et grandit; « avec le sens religieux dont il satisfait pleinement les aspirations « et les exigences ; avec le sens esthétique qu'il exalte par ses révé- « lations et qu'il provoque aux plus sublimes créations de l'art reli- « gieux ; avec la vie morale dont il établit les solides fondements « et qu'il pousse à une perfection transcendante ; avec la vie sociale « dans laquelle il fait circuler le respect et l'amour, principes d'u- « nitéet de perfection ; et, de tous les côtés, il a reçu la même réponse: « — « Cela doit être 1 Qu'il en soit ainsi! C'est bien. » Il ne me reste « plus qu'à mettre notre divine doctrine en rapport avec toute l'his- « toire humaine » (p. 23).

« Pour moi, l'histoire humaine me paraît plus digne du Dieu « Très-Haut et plus glorieuse à sa chétive créature lorsque je l'étudié « à la lumière du dogme qui nous révèle le pian divin dans lequel « tout se rattache au Verbe rédempteur, principe et fin de toutes « choses » (p. 279).

** Il nous faut aussi mentionner, parmi les maîtres de la pensée chrétienne au xixe siècle, quelques auteurs dont les œuvres considérables et puissantes doivent être connues des catholiques cultivés. Comme il est difficile de choisir dans leurs ouvrages un livre qui soit en quelque sorte la synthèse de leur pensée, nous serons obligé de renvoyer à leurs œuvres complètes. On y trouvera, à l'aide des tables qui les terminent généralement, les orientations les plus heureuses et les précisions les plus utiles, sur tous les points de la doctrine chrétienne.

C'est Mgr de Ségur qui a écrit sur tout ce qui touche à la vie chrétienne des pages merveilleuses d'onction et de clarté.

5o LA VIE CHRÉTIENNE

Il sait être familier en restant digne, et profond en restant simple. Le cœur, la raison et la foi ne sauraient trouver un compagnon de route plus agréable et plus sûr (i).

C'est Mgr Pie qui a victorieusement combattu toutes les erreurs de son temps : rationalisme, libéralisme, naturalisme. a C'est, disait-il, à la vérité totale, à la vérité sereine exposée sans passion, présentée sans prévention, définie sans confusion que nous demanderons l'union des esprits et des cœurs ». Et, dit Mgr Baunard, « son jugement demeure » parce qu'il est baigné de la lumière surnaturelle qui doit éclairer toutes choses (2).

C'est Mgr Freppel, qui défendit les droits de l'Eglise avec une ardeur toujours jeune, une pensée toujours forte, un langage toujours magnifique, une orthodoxie toujours rigoureuse (3).

C'est Dom Guéranger, « dont le coup d'œil était si sûr et l'esprit si vaste », disait de lui Mgr Pie, son ami. Non seulement, par la rénovation de la liturgie^ il a fait vibrer davantage le peuple chrétien pour le rapprocher de Dieu, mais il a encore

(1) Ségur (Mgr de) : Œuvres complètes. Paris, Tolra et Simonet (reédifions diverses), 16 vol. in-8 de 5oo à 600 p. environ : Prix: go fr. Ces œuvres sont divisées en quatre séries qui se vendent séparément : ire série, t. I à IX, soit 4 vol. :22 fr. ; 2e série, t. V et VI,soit 2 vol. : iifr.;Je série, t. VII à IX, soit 4 vol.: 22 fr." ;' 4e série, t. XI à XVI, soit 6 vol. : 35 fr. Aucun ordre n'a présidé à la confection de ces séries. « Je les ai classées comme j'ai pu »,ditMgr de Ségur. Demander à l'éditeur le détail de ces séries. — Il convient d'ajouter aux œuvres complètes de Mgr de Ségur, ses Instructions familières. Paris, ibid., 2 vol. in-13 de 433 et 471 p. Prix : 6 fr.La librairie Tolra, en outre, à tiré à part et mis en vente à des prix variant de o fr. 10 à 3 fr. toutes ses œuvres, même les plus courtes. Si on avait à faire un choix, on pourrait se procurer : La Piété et le vie inférieure 8 vol. in-16. Prix :6 fr. Enfin ses meilleures pages apologétiques ont été, pour là propagande, tirées sous forme de tracts : Les cent questions brûlantes :

4 fr.

(2) Pie (Mgr) : Œuvres complètes : Paris, Oudin, 12 vol. in-8 (rééditions diverses). Prix .-82 fr. On peut acheter séparément ses Œuvres êpiscopales. (Discours, homélies, éloges funèbres, lettres, etc.), 10 vol. Prix: 70 fr. (Quelques volumes sont épuisés) — ses Œuvres sacerdotales (sermons et instructions), 2 vol. in-8./J/v., : T2 fr. et surtout ses Instructions synodales: 1 vol. in-8. Prix : 6 fr. (épuisé) — A défaut de ses œuvres complètes, lire: Le cardinal Pie : Discours choisis avec une introduction, des notices et des notes par l'abbé Paul Hai.flants : Bruxelles, 1912, Keller, etc., 4s, rue Léopold-Courouble, in- 12 de 179 p. Prix : 1 fr. 5o.

(6) Freppel (Mgr) : Œuvres oratoires et pastorales, Paris, Roger et Chernovitz, 12 vol. in-8. Prix : 66 fr. — Sermons inédits suivis d'une table générale analytique des œuvres oratoires. 2 vol. Prix : 12 fr. Consulter aussi ses Œuvres polémiques (discours, lettres, articles concernant la doctrine, l'histoire, les lois). Paris, Palmé (auj. Téqui), 10 vol. in-12. Prix : 3o fr. — Enfin il faut connaître aussi ses Etudes sur les Pères des trois premiers siècles ou Cours d'éloquence sacrée fait • à la Sorbonne. 11 vol. in-8 de 5oo p. environ. Pria?: 66 fr.; ainsi que Bossuet et Vcloquence sacrée au XYIP siècle. Paris, ibid., 2 vol. in-8. Prix : \i fr. — A

CE OUE NOUS CROYONS OU L.V FOI CATHOLIQUE i) I

mené un rude combat contre les erreurs de son temps, particulièrement contre le naturalisme (i).

C'est Louis Veuillot, le bon bretteur de l'Eglise, qui écrivit, pour sa défense, tant de pages vigoureuses et vengeresses, frappées au coin de la plus pure pensée romaine et du meilleur esprit français (2).

C'est aussi Frédéric Ozanam, dont l'apostolat fut si fécond et qui sut, en un langage d'une tenue impeccable et d'un charme si prenant, montrer l'heureuse influence de l'Eglise et deviner ses triomphes futurs (3).

C'est, enfin, Mgr Gay, « une des gloires les plus pures de l'Eglise de notre temps », dit le P. de Pascal. Son œuvre harmonieuse, d'une si haute tenue, est une de celles qui peuvent satisfaire le mieux les âmes pieuses. C'est pourquoi sa mémoire se survivra et — selon Mgr d'Hulst — « prendra place parmi ceux dont la parole ne meurt pas » (4).

Il nous faut arrêter ici les pages que nous avons consacrées à la Pensée chrétienne. Bien d'autres noms auraient mérité

défaut de ces ouvrages, on pourrait tout au moins se procurer : Les origines du christianisme ; pages choisies du cours d'éloquence sacrée mises en ordre par l'abbé Em. Barbier. Paris, Retaux (auj. Téqui), 1903, in-8 de vn-476 et o5o pp. Prix : 12 fr.

(1) Gueranger (Dom) : A ses Institutions liturgiques et à Y Année liturgique. citées plus loin (pp. 164 et 166) il faut ajouter un autre ouvrage malheureusement épuisé: Essais sur le Naturalisme contemporain [ou Répoose à M. le Prince de Broglie, historien de l'Eglise], Paris, Julien, Lanier, Gosnard, i858, in-8 de lxvii- 5o5 p.

(2) Veuillot (Louis) : Ses Œuvres complètes (en vente à Paris chez Lethielleux) comptent une cinquantaine de volumes parmi lesquels — à cause de leur nombre, il convient de faire un choix ; par ex. : Ç à et là, 2 vol. in-i« ; 2 fr. — Le purf uni de Rome, 2 vol. in-18; 7 fr. — Les Libres Penseurs, in 8 ; 3 fr. 5o. — Les odeurs de Paris, in-18; 4 fr. et sa Correspondance, 8 vol. à 6 fr. le vol., etc..

(3) Ozanam (Frédéric) : En plus de La Civilisation au V6 siècle et des Etudes germaniques citées plus loin (p. 98). il faut lire : ses Lettres, si intéressantes, 2 vol. in-12; 7 fr. — Les poètes franciscains, in-12; 3 fr. 5o. — Ou encore : Mélanges, a vol. in-12; 7 fr., et Œuvres chastes, in-12; 1 fr. 25 (Paris, de Gigord).

(4) Gay (Mgr): mort en 1892. Consulter sa Correspondance (2 vol., 12 fr.). Lettres de direction spirituelle (4 vol., 24 fr. ). De la vie et des vertus chrétiennes considérées dans letat religieux (2 vol., 12 fr.). — Conférences aux mères chrétiennes (2 vol., 12 fr.). — Elévations sur la vie et la Doctrine de N.S. Jésus- Christ (2 vol., 12 fr.). — Entretiens sur les mystères du Saint-Rosaire (2 vol. 7 fr. 5oi. Sermons, Instructions, etc... — A défaut de ces œuvres, il faut se procurer des extraits, soit, par ex. : Fleurs de doctrine et de piété (in-18, Paris, 2 fr. 5o). — ou encore des opuscules, contenant ses meilleures pages {Prix: l'opusc.o fr.8o). Toutes ces œuvres se trouvent à Paris chez Oudin. — Voir aussi Mgr Gay d'après ta correspondance par le P. G. de Pascal. Paris.. Lib. des Saint-Pères, 1912. Prix : » fr. a5.

sans doute d'y prendre place, mais le lecteur cultive saura compléter, au besoin, ces indications essentielles.

De ïutihté de la philosophie.

« A quoi bon la philosophie? » diront ceux qui, satisfaits de leurs œuvres, sont conduits à considérer comme vaines et sans portée les spéculations de l'esprit.

Nous répondrons avec Qllé-Laprune :

« De la philosophie sérieuse, il faut dire qu'elle vaut la peine, toute la peine qu'elle donne, car elle est la poursuite, souvent même la conquête de la vérité..., et elle procure, à qui sait en soutenir les rudes labeurs, l'honneur insigne et l'insigne joie de connaître par raison, d'une manière vraie, encore que très incomplète, ce qui est et Celui qui est... »

« Le sens, l'origine, la valeur de l'univers, par suite le sens, l'origine, la valeur de la vie, de la pensée, de l'homme même, voilà ce qui est en question... »

C'est pourquoi on a pu dire que c'était l'idée qui menait le monde et cela est surtout vrai de la philosophie, dont les systèmes ont une répercussion étonnante sur la vie des hommes et sur l'histoire des peuples. Il importe donc aux catholiques, non seulement de mieux apprécier la beauté de la philosophie et d'en connaître toute la portée, mais aussi de la cultiver avec soin afin de pouvoir donner, même à ceux dont les yeux ne sont pas encore ouverts aux clartés de la Révélation, une explication rationnelle des choses et des êtres.

Nous ne saurions donc trop recommander la lecture du livre suivant, qui manque peut-être de clarté en certaines pages, mais qui est très apte cependant à faire aimer et comprendre la philosophie.

Ollé-Laprune (Léon). — La Philosophie et le temps présent, 5e édit. — Paris, Belin, 1890, in-12 de 379 p. — Prix : 2 fp.

Ce livre nous a rappelé qu'il y a plusieurs systèmes philosophiques entre lesquels il faut choisir.

Nous choisirons en nous inspirant des conseils de l'Eglise.

La philosophie thomiste.

Sous l'avisée et énergique impulsion de Léon XIII, la philosophie thomiste, délaissée depuis plusieurs siècles, est aujourd'hui mieux appréciée et davantage enseignée, particulièrement dans les Ecoles de Théologie. D'autre part,, nos meilleurs penseurs se préoccupent vivement de l'adapter aux justes exigences de la science moderne pour élever, à la place des philosophies kantiste et rationaliste, une philosophie éminemment chrétienne, susceptible de satisfaire les exigences et les aspirations des esprits curieux qui voudraient aller au fond des choses et les embrasser, s'il se peut, dans leur ensemble.

En effet, ce qu'écrivait en 1890 l'abbé Ackermann est toujours vrai (1).

« L'on ne peut pas dire que la pensée philosophique moderne, après les ruines qu'elle a répandues autour d'elle, après le désarroi jeté dans les esprits, soit à cette heure dans une période de confiance. La science n'a pas tenu toutes ses promesses; le monde est plus mystérieux que jamais, nos synthèses explicatives ne survivent plus au jour qui les voit naître, le mécanisme n'est pour personne une explication, l'évolutionisrne paraît à tous trop simple pour être satisfaisant. Mécontent et déçu, on prend en dégoût une existence qui n'a plus de sens intelligible, plus de but. »

C'est pourquoi il appartient surtout aux fils de l'Eglise de chercher, sans avoir peur de la vérité, la solution des problèmes angoissants qui agitent l'âme humaine, et d'apporter dans ces recherches, en même temps que la clarté qui suppose la logique, un profond esprit d'observation dont il convient de ne jamais se départir si on veut faire œuvre positive.

C'est, en effet, pour avoir méconnu l'excellence de la philoso-

(1) Annales de Philosophie chrétienne. 1890.

phie thomiste et c'est pour avoir voulu suivre, les yeux fermés, la philosophie moderne sur son propre terrain, que la pensée catholique s'est trouvée tant désorientée. Il a fallu le génie de Léon XIII pour deviner le danger et pour donner le coup de barre qui ramènera dans les parages d'une doctrine unique et sûre les esprits bientôt rassérénés.

Cette restauration du thomisme a paru à quelques-uns une entreprise irréalisable. M. Bergson, au Collège de France, M. Georges Sorel, par ailleurs, et d'autres ont cru qu'il y avait là une tentative vaine. « La papauté, disait M . Sorel, sur un ton quelque peu persifleur, prétend restaurer le thomisme... »

Même, parmi nous, la tentative de Léon XIII n'a pas toujours été parfaitement comprise. C'est ce qui faisait écrire à Ollé-Laprune, dont la philosophie, comme le prétendent quelques pragmatistes, n'est point du tout inconciliable avec la philosophie thomiste :

« Le pape s'est plaint que la philosophie chrétienne fût appauvrie, et il a rappelé ce qu'il y a de substantiel et de fécond dans la philosophie de saint Thomas d'Aquin. On n'a lu qu'à moitié. L'Encyclique était libératrice. On a craint qu'elle ne préparât un nouvel asservissement. Qu'on la lise tout entière. Elle veut qu'on refasse en ce siècle ce qu'a fait saint Thomas dans le sien; non pas qu'on répète saint Thomas purement et simplement, qu'on le copie, qu'on l'abrège ou le surcharge, enfin qu'on le réduise en formules aisées à retenir..., mais bien qu'on l'étudié à fond, qu'on se nourrisse de sa moelle et se pénètre de ses principes, et qu'alors on essaye, avec l'aide de nos sciences qui n'existaient pas de son temps, une encyclopédie nouvelle, une philosophie chrétienne où se trouvent conciliées la raison et la foi dans une lumineuse et puissante synthèse. Le Pape délie; ne le comprenant pas, on croit qu'il lie. Le Pape imprime un élan ; on croit qu'il comprime tout essor. Le Pape, dans le passé même, regarde l'avenir ; on croit que, dans l'avenir, il veut prolonger ce passé. On ne l'a pas compris parce qu'on ne l'a pas écouté; et alors on ne fait rien ou l'on t'ait des riens. On demeure inerte quand il dit de marcher, ou,

croyant marcher, mais marchant mal, on lui rend le mauvais service de se donner pour interprètes et ministres de sa pensée que Ton rétrécit, que l'on fausse, que l'on dénature... (i). »

Nous savons bien que, de nos jours, certains esprits très distingués, par réaction contre les abus du rationalisme et même en manière de protestation contre l'importance accordée par la philosophie thomiste à l'intelligence et à la raison, se déclarent avec fierté anti-intellectualistes et professent une doctrine nouvelle, appelée pragmatisme, à laquelle nous faisions tout à l'heure allusion. Ces philosophes prétendent que « la vérité peut être atteinte, moins par la raison que par un élan de l'âme, et qu'elle est reconnaissable au secours qu'elle nous apporte. Il faut soumettre ses idées à l'expérience personnelle, les agir pour les connaître, les vérifier par des résultats pratiques. »

Quel que soit l'avenir de cette philosophie, qui pourrait bien sombrer dans l'éparpillement de la pensée ou dans l'utilitarisme, car chaque individu élèvera la Vérité jusqu'aux sommets les plus sublimes ou la ravalera au niveau de ses passions, quel que soit son avenir et quel que soit aussi l'avenir du rationalisme scientifique, nous croyons que, seule, la philosophie thomiste est appelée à rallier les intelligences chrétiennes.

C'est qu'en effet cette philosophie est « une source de rajeunissement ouverte à la pensée contemporaine, sa méthode rigoureuse est vraiment scientifique, sa vaste synthèse, ses détails d'analyse, la corrélation parfaite de sa métaphysique avec les sciences de la nature, la pureté et l'élévation de sa morale, son scrupuleux respect pour le « sens commun » autorisent les plus vastes espoirs (2) ».

Enfin la philosophie thomiste, qui prétend connaître réellement et objectivement l'homme, le monde et Dieu, nous délivrera de la philosophie kantiste,quifut le « triomphe de l'abstraction » (3) et qui, en affirmant qu'il n'y a pas de lien possible

(1) Ollé Laprunk : la Vitalité chrétienne, p. 276.

(2) Lenoble -.Chronique philosophique, dans Revue du Cierge français, i5 oct.

IQOC), p. 225.

(3; Farges etBARBEDETTE : Cours de Philosophie scolastique : cité plus loin en note, av. -propos, p. xvn.

entre nos idées et la réalité, détruit la certitude, enfante le scepticisme, sape la morale et suscite de nouvelles hérésies.

11 ne peut y avoir qu'une Vérité, qu'une Morale, qu'une Philosophie de la Vie. Sans doute, la Vérité prendra bien des aspects: sans doute, la Morale sera susceptible d'applications diverses ; sans doute, la Philosophie connaîtra de nombreux tâtonnements, mais elles doivent, toutes trois, tendre à l'Unité en s'élevant jusqu'à Dieu.

Quelques-uns, parmi les anciens, à la lumière de la saine raison, avaient pressenti la vraie Voie; et le Christ est venu qui l'a révélée au monde étonné. Les Pères de l'Eglise, et saint Thomas en particulier, guidés par la divine lumière, s'y sont engagés et ils ont offert à la curiosité et à l'inquiétude humaines la plus complète des satisfactions, le plus merveilleux des apaisements. C'est à nous de suivre la route tracée et d'apporter de nouveau aux esprits tourmentés la paix sereine et féconde, en rajeunissant le passé par une assimilation sage et lente du présent.

Et, de fait, la restauration de la philosophie thomiste paraît aujourd'hui possible; mais ce n'est pas du jour au lendemain qu'une réforme aussi considérable peut porter ses fruits. Elle aura, certes, de terribles luttes à soutenir, car, déclare M. Picavet, un de ses plus clairvoyants adversaires, « Thomisme et philosophie scientifique, voilà les deux facteurs principaux de \à spéculation future (i) ».

Déjà, après Zigliara et Liberatore, après Gonzalès et San Severino, de bons ouvriers, qui sont aussi, n'en déplaise à M. Picavet, de vrais savants et qui n'ont jamais considéré la philosophie de saint Thomas « comme un idéal intangible, imperfectible et immuable », se sont mis à l'ouvrage: Ollé- Laprune, Mgr d'Hulst, le cardinal Mercier, Gardair, Mgr Farges, le P. de Régnon, le Cte Domet de Vorges, Mgr Blanc, l'abbé Piat, les RR. PP. Gardeil, Sertillanges, Pcillaube, Maumus, Coconnier, de Martigue, Lahr, Montagne, etc.. Citons encore le P. de Pascal et le P. Antoine,dont les travaux

(j) Le Mouvement néo-thomiste, dans la fievue philosophique, 1892, p. 3o8.

de philosophie et d'économie sociale sont si remarquables, le P. Gastclein et tant d'autres.

N'oublions pas que nous ne sommes qu'à l'aurore du mouvement. L'avenir, sans doute, quand les sciences auront progressé, produira le génie qui sera le saint Thomas des temps nouveaux et apaisera nos intelligences avides de lumière.

-vw On pourra trouver le texte de Y Encyclique de Léon XIII dans l'opuscule suivant qui, bien qu'un peu ancien', contient cependant un assez bon commentaire qu'on relira avec plaisir.

Chocarne (L. P.). — Saint Thomas d'Aquin et l'encyclique itérai Patris de S. S. le Pape Léon XIÏÏ. — Paris, Poussielgue, 1884, in-8 de 112 p. — Prix : 1 fr. 25,

-v^v II nous faut maintenant indiquer une bonne synthèse de la philosophie thomiste. Jusqu'à ces derniers temps, il n'existait, sur la philosophie de saint Thomas, aucun livre courant, vraiment composé, écrit en français et exposant les grandes lignes de sa doctrine et son accord avec les sciences modernes. L'ouvrage du P. Sertillanges sur Saint Thomas d'Aquin, dans la collection des « Grands Philosophes », a comblé cette regrettable lacune.

« Cette étude, dit l'abbé Piat, contient tout un monde d'idées subtiles et profondes. »

Et le même critique rend ensuite hommage à la liberté d'esprit, au sens historique, à l'ampleur et à la profondeur de vues dont le P. Sertillanges a fait preuve (1).

Sertillanges (le P.).— Saint Thomas d'Aquin.— Paris, Alcan, 1910, 2 vol. in-8 de 334 et 348 pages. — Prix : 12 fr.

L'Etre : La métaphysique, science de l'Etre. Les divisions de l'Etre. Les Prédicaments

La Source de l'Etre : Prolégomènes de la preuve de Dieu. La preuve de Dieu. Les cinq voies. La nature de Dieu.

L'émanation de l'Etre ; Le « Commencement ».La multitude et a distinction des choses.

La Nature : Les principes de la nature. L'infini dans la nature. La contingence de la nature.

(1) Abbé Glodius Piat, dans Revue pratique d' apologétique, i5 oct.1910, pp. i34 et suiv.

La Vie et la Pensée : L'idée générale de la vie. L'idée générale de la connaissance. La connaissance sensible. L'intelligence.

Le Vouloir et V Action : De i 'appétit en général. La volonté. Le libre arbitre. L'action humaine.

L'Avenir du thomiste.

« Un ferment organisateur, sous la forme de principe restauré, en « vue de reconstituer à l'usage du temps, la perennis philosopliia « dont nous avons oublié le langage : tel est l'urgent besoin de m l'heure. Nos pontifes nous disent que le secours cherché est tout « trouvé; que la synthèse thomiste, par le pouvoir d'assimilation qui « est en elle, par la solidité de ses bases et les nombreuses amorces « qu'elle dirige en tous sens, peut recueillir les esprits et, en récom- (( pense du don royal que les catholiques auraient fait par elle aux « générations futures, leur concilier aussi les intelligences sur ce ter- (f rain delà foi que les fausses phiiosophies ont détruite. Parler ainsi « est d'une belle audace! Seule une maternité séculaire, s eulun regard « supérieur au temps pouvait s'aventurer de la sorte. Mais nous savons « la condition : viventibus vivere est, dit sans cesse saint Thomas. « Il faudra que sa doctrine bénéficie par nous de cet axiome.

« On a pu entrevoir, de ci de là, sur quels points particulièrement « l'effort de régénération devra se produire... La vie nouvelle saura « se frayer elle-même son chemin. Qu'un souffle passe et que Dieu « nous donne quelque humble génie conscient de tout autant qu'oua blieux de soi-même, universellement initié et donné au seul vrai, (( qui sait si la puissance intellectuelle énorme dispersée à tout « vent ne va s'organiser, se concentrer, se magnifier en nouvelles a gloires? »

<vw L'ouvrage du P. Sertillanges, dont les conclusions sont si réconfortantes, remplacera avantageusement, pour le plus irrand nombre, la lecture de saint Thomas dans le texte même, dont un commentaire français littéral est d'ailleurs en cours de publication (i).

Quels sont les traités qui ont le mieux adapté la philosophie de saint Thomas à la pensée contemporaine?

La Somme de saint Thomas ne se trouve guère que dans les

(i) Commentaire français littéral de la Somme théologique de saint Thomas U'Aqain, par le P. thom. Pègues (0. P.). Toulouse, Ed. Privât, 1907-1908, 4 vol. parus de Ooo p. environ. — Prix : de 7 fr. 5o et 12 fr. le vol. Il y en aura une quinzaine environ.

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE 5g

bibliothèques des théologiens et sa lecture ne peut être utile qu'à ceux qui peuvent adapter la pensée de saint Thomas aux exigences de la pensée contemporaine.

Il nous faut donc trouver un traité de philosophie thomiste, assez traditionnel pour nous tranquilliser, assez moderne pour nous satisfaire, assez original et assez puissant pour faire autorité.

Un traité de philosophie qui s'impose. — Nous avons précisément la bonne fortune de posséder un Maître : le Cardinal Mercier, archevêque de Malines, directeur de l'Université de Louvain, dont la science et le talent ont su rajeunir la philosophie thomiste et l'imposer à l'attention du monde.

Mercier (Gard.)- — Cours de philosophie : Logique. Notions

d'ontologie Psychologie. Critériologie. De 5e à 7e édit.

Louvain. Institut supérieur de philosophie, et Paris, Alcan, inob- 19 10, 5 vol. in-8 de 4°o à 600 p. environ. — Prix ; de 5 à 10 fr., selon les volumes.

Le cardinal Mercier, a-t-on pu dire, est un semeur d'idées, et peu d'hommes peuvent se flatter d'avoir eu sur leurs contemporains une influence égaie à la sienne. Ses ouvrages, écrits en français, sont répandus dans les deux mondes et traduits en anglais, en allemand, en italien, en espagnol, en portugais, en russe.

Ajoutons — fait remarquable — qu'en 1910 un jury, composé de professeurs de toutes les Universités belges, y compris VUniversité (maçonnique) de Bruxelles, a décerné à {'unanimité le prix décennal des œuvres philosophiques au cardinal Mercier.

Le rapport loue hautement les œuvres du cardinal et particulièrement sa Critériologie, qui, affirme le jury, est « tout à fait originale et remarquable ».

« L'œuvre du cardinal, dit le rapport, est marquée au coin de l'unité. C'est un système d'idées dont toutes les pièces se commandent et s'harmonisent. Le cardinal a un tour personnel de penser qui a frappé les critiques de tout pays et de toute école. Le raisonnement se déploie avec vigueur et trouve à son . service une langue précise et imagée, de belle expression fran-

çaise. Partout se manifeste une profonde connaissance de l'histoire de la philosophie, et notamment de la philosophie contemporaine...

« La philosophie aristotélicienne et thomiste fait le fond de la conception du cardinal... 11 est juste de constater que son aristotélisme thomiste n'est pas un simple décalque du passé, un caput mortuum, mais une œuvre de vie originale et personnelle. La doctrine qu'il expose est une scolastique élargie et revêtue d'une livrée moderne. La scolastique rajeunie aborde une foule de problèmes inconnus d'Aristote et du moyen âge, et les traite suivant une mentalité moderne. Elle prend contact avec les résultats des sciences contemporaines, non point par la simple juxtaposition d'éléments scientifiques et de théories philosophiques, mais grâce à une intime pénétration qui fait de celle-ci le couronnement obligé de celle-là. »

Le cardinal Mercier est vraiment un disciple d'Aristote et de saint Thomas, qu'il se fait « gloire de prendre pour guide ». Lisons, par exemple, ce que l'auteur écrit en tête de sa Psychologie, et nous aurons bien une idée de sa manière et de sa doctrine.

« Quant au fond, notre psychologie est celle d'Aristote et de saint Thomas d'Aquin. La philosophie empirique d'un bon nombre de psychologues modernes se borne trop souvent à accumuler des faits particuliers sans idée directrice, ni conception d'ensemble.

« La psychologie spiritualiste de Maine de Biran, de Cousin, de Jouffroy et de ceux qui se sont attachés à perpétuer leur tradition en France, est devenue étrangère aux problèmes que soulèvent journellement les progrès de la biologie et de la psycho-physiologie.

« Seule la psychologie scolastique possède à la fois un corps de doctrines systématisé et des cadres assez larges pour accueillir et synthétiser les résultats croissants des sciences d'observation.

« Est-ce à dire que nous regarderons la psychologie de l'Ecole comme le monument achevé de la science, devant lequel l'esprit devrait s'arrêter dans une contemplation stérile?

CE QUE NOUS CROYONS OU LA FOI CATHOLIQUE 6l

« Evidemment non... »

Un manuel courant de philosophie thomiste, — Les études du P. Sertillanges et du cardinal Mercier sont toutes deux destinées à l'élite. Leurs travaux ne sont pas des manuels courants susceptibles d'être lus avec fruit par des esprits peu préparés.

Nous croyons donc utile de recommander un manuel qui, tout en étant entièrement mais discrètement pénétré de la doctrine de saint Thomas, c'est-à-dire de la philosophie spiritualiste traditionnelle, a su pourtant s'inspirer profondément des résultats acquis :

Lahr (le P. Ch.). — Cours de philosophie, ioe édit. — Paris, Beauchesne, 1910, 2 vol. in-8 de vii-607 et 563 p. — Prix : les 2 vol. i3 fr.

Le P. Lahr se défend d'avoir fait œuvre personnelle. Ce n'était point nécessaire ; mieux vaut un sage exposé de la philosophie traditionnelle qu'une originalité suspecte. L'auteur a su pourtant composer un bon livre, d'une lecture facile, très pondéré, respectueux de la tradition, très ouvert aussi à la pensée moderne, livre destiné, dit l'auteur, à « développer, dans l'adolescence, le goût et l'habitude de la réflexion personnelle, à inculquer des convictions solides et raisonnées sur les grandes vérités qui doivent servir de base à sa foi et de direction à sa vie. »

Le P. Lahr s'est donné pour tâche « d'exposer clairement et méthodiquement les conclusions les plus certaines de la philosophie moderne sans jamais perdre de vue cette grande tradition de philosophie chrétienne, dont saint Thomas est le chef incontesté ».

Nous nous permettrons seulement de regretter que l'auteur, par déférence sans doute pour les programmes universitaires, n'ait pas, dans l'histoire de la philosophie qui termine son ouvrage, consacré quelques pages substantielles au thomisme, à son histoire, à sa doctrine, à sa supériorité et à sa renaissance, aux meilleurset aux plus notoires artisans de cette restauration, à son avenir enfin. C'eût été, en même temps

qu'un excellent résumé de ses deux volumes, une synthèse lumineuse permettant de mieux comprendre l'utilité et l'originalité de son excellent ouvrage, de mieux saisir, dans leur ensemble, les efforts de nos philosophes et d'envisager avec plus de tranquillité l'avenir de la pensée chrétienne (i).

L'Histoire de la philosophie racontée par des thomistes.

On ne comprendra bien toute la portée, et surtout l'excellence de la philosophie thomiste, qu'en étudiant l'histoire générale de la philosophie.

Cette étude d'ailleurs est indispensable pour compléter notre éducation philosophique.

L'histoire de la philosophie est utile, en effet, à bien des titres: elle complète la philosophie, dit en substance M. Sortais, elle résume l'acquis du passé, elle suggère les problèmes qui restent encore à poser, elle développe l'esprit philosophique en lui apprenant la manière des maîtres de la pensée, surtout en lui montrant en quelles illusions décevantes peuvent s'engager les intelligences les plus puissantes, elle explique au fondl'his-toire générale des peuples, car ce sont les penseurs philosophes qui dirigent la civilisation. Mais « l'histoire des doctrines ne contient pas toute vérité, car la connaissance de la vérité progresse, et le progrès consiste précisément à trouver du nouveau (2) ».

C'est pourquoi il importe d'étudier cette histoire sous la conduite d'un guide sûr, qui trouvera sa direction dans la pensée de saint Thomas.

On lira donc l'étude suivante de Maurice de Wulf, qui fait corps avec l'œuvre du cardinal Mercier :

(1) Si l'on désire un bon manuel de philosophie scolastique, se procurer : Farges et Barbedbttk: Cours de philosophie scolastique d'après la pensée d'Aristote et de saint Thomas mise au courant de la science moderne. — Paris, Berche et Tralin, ioo5, in-iade xxiv-5a6 et 54a p. — Prix : 8 fr.

(2) Ces lignes sont extraites du Manuel de philosophie de l'abbé Sortais. — Paris, Lelhielleux, 1907, in-8 de 984 p. — Prix : 9 fr. — L'histoire de la philosophie a élé tirée à part et se vend 4 fr.

Wulf (Maur. de). — Histoire de la philosophie, 2e édit. — Paris, Alcan, 1905, in-8 de vi-568 p. — Prix : 10 fr.

*** Ou encore :

Blanc (Mgr Elie). — Histoire de la philosophie, et particulièrement de la philosophie contemporaine. — Lyon, Vitte, 1896, 3 vol. in-16 de 660 p. environ. — Prix ;iofr. 5o.

On pourra reprendre un livre ancien, « de bon aloi, clair, bien ordonné », qui a gardé tout son mérite :

Gonzalès (le Gard.). — Histoire de la philosophie, traduite de l'espagnol et accompagnée de notes par G. de Pascal. — Paris, Lethielleux, 1 890-1 891 , 4 vol. in-8 de 5oo pages environ. — Prix : 24 fr.

Le P. de Pascal fait assez autorité pour qu'il soit inutile d'attirer, après lui, l'attention sur cet ouvrage.

Quelques œuvres importantes sur de graves problèmes.

Veut-on posséder quelques livres de philosophie qui, sans avoir la prétention d'être des études de synthèse, exposent cependant avec lucidité les plus graves problèmes ? Nous recommanderons d'abord cet ouvrage d'Ollé-Laprune, qu'un incroyant, naguère, déclarait « un beau livre » (1) :

Ollé-Laprune. — La Certitude morale, 69 édit. — Paris, Belin, 1908, in-8° de xiv-423 p. — Prix : 6 fr.

*v~ Nous ne saurions également trop appeler l'intention sur un autre livre, très concis, très clair, très réconfortant, le couronnement de trente années de labeur assidu :

Farges (Abbé). — La Crise de la certitude. Etude des bases de la connaissance et de la croyance avec la critique du néo-Kantisme, du Pragmatisme, du Newmanisme, etc. — Paris, Berche et Tralin, 1907, in-8 de 3g6 p. — Prix : 5 fr. 5o.

« Nous demeurons convaincu qu'une étude superficielle éloigne

(1) Ch. Bos, dans Revue de philosophie, 1906, p. 36o.

« de la perception immédiate du réel, pâle reflet de l'absolu, tandis « qu'une étude plus profonde nous y ramène. Le Kantisme, se trouci vant complètement dépassé et démodé, quoique son esprit demeure <c avec les tendances subjectivistes, de tous côtés, les penseurs cher- « chent des orientations nouvelles... Nous voudrions pouvoir les « aiguiller loin d'un subjectivisme artificiel et contre nature sur <(. la vie naturelle de l'objectif et du réel, où l'esprit humain doit « enfin retrouver son équilibre et son repos... » (p. 3o,6).

Le volume ci-dessus est le tome IX et dernier d'une série d'études destinées à vulgariser les théories d'Aristote et de saint Thomas et leur accord avec les sciences. Ces études forment un cours complet de philosophie traitant du Monde (t. I : le Mouvement; t. II : la Matière; t. III : la Vie; de l'Homme (t. IV : rame; t. V : la Sensation; t. VI: ridée ; de Dieu (t. VII); de la Morale (t. VIII). Le traité ci-dessus : la Grise de la certitude, termine l'œuvre. Ces ouvrages ont été couronnés successivement par l'Académie française et traduits en italien, en espagnol, en allemand. Tous ces livres, dont le prix varie entre 2 fr. 5o et 7 fr. 5o, ont été édités à Paris par Berche et Tralin.

~~ Lire également l'ouvrage suivant, très apprécié :

Domet de Vorges (Comte). — Abrégé de Métaphysique : Etude historique et critique des doctrines de la métaphysique scolastique d'après les enseignements des principaux docteurs. — Paris, Lethielleux, 1906, 2 vol. in-8 de tx-3oi et 253 p. — Prix ; 10 fr.

« La métaphysique [dit le C^ Domet de Vorges] touche à la base et « au sommet des autres sciences. Elle assure le regard de l'esprit. Elle « rend impitoyable pour tout ce qui est vague et confus. A qui donc « n'est-elle pas utile? Au savant, dont elle éclaire le point de départ « et le point d'arrivée, au théologien, à qui elle fournit presque toutes a ses démonstrations, au jurisconsulte, qui y trouve les racines du « droit, au politique même, qui y apprend l'exacte valeur des mots a sonores qui entraînent les masses vers l'inconnu et souvent aux '.< abîmes. A tous, il est utile d'avoir porté la lumière dans les fonde- « ments de son intelligence et de s'être exercé à n'admettre aucun « terme, sans savoir exactement ce qu'il cache » (p. i4).

[Et plus loin] : « On ne connaît pas assez cette grande métaphy- « sique scolastique: on la confond souvent avec ces systèmes ris- « qués sur l'ensemble du monde où s'égare volontiers la philoso- « phie moderne. La métaphysique scolastique est surtout, comme on

« le verra, une étude des données les plus générales que possède « l'esprit humain. Les docteurs ne se sont point hasardés, sans doute, K à discuter la valeur même de l'intelligence humaine; ils l'ont « acceptée de confiance, telle que la nature nous l'offre. Pouvaient-ils « faire autrement sans tomber dans un cercle vicieux puisque la valeur « de l'intelligence ne saurait être prouvée que par l'intelligence « même. Mais ce serait une erreur de croire qu'ils ont accepté naï- « vement les affirmations et les principes formulés par l'opinion « vulgaire. Au contraire, ils les ont éprouvés, précises, retournés « sous toutes leurs faces. Si les modernes avaient continué cette œu- « vre, un peu ingrate, mais très nécessaire, ils se seraient sans doute « épargné ces contradictions et ces antinomies apparentes qui ont « porté plusieurs à désespérer de la valeur objective de la connais- « sance » (p. vm).

' Piat (Abbé Cl.). — La Destinée de l'homme. Paris, Alcan, 1898, in-8 de 244 p- — Prix: 5 fr.

Certitudes : Les faits psychologiques. L'esprit. La vie de l'esprit.

Mécomptes ; Lame et ses passions. L'âme et l'idée. L'âme et la liberté. L'âme et la matière.

Croyances : La loi de finalité. La pensée. L'amour. L'action. Conclusion.

« Plus l'homme se développera, plus il aura de puissance de « réflexion : or, la réflexion est précisément ce qui rompt le charme « des plaisirs de la vie: ils ne sont plus rien, dès qu'elle y touche. « Aux enthousiasmes de l'avenir, s'il s'en produit, succéderont des « déceptions de plus en plus amères, des désenchantements de plus « en plus profonds. Et il faudra bien alors que ceux qui se trouvées ront « embarqués » se retournent du côté du ciel ; ce sera la seule « issue possible. La dernière crise de l'humanité sera une crise reli- « gieuse... » (p. a4o).

Pour se tenir au courant de la pensée philosophique.

Pour se tenir au courant, on lira la Revue des Sciences philosophiques et théologiques, dirigée par les Dominicains du Saulchar, à Kain (Belgique), dont la documentation est de premier ordre. Paris, Lecoffre : Un an, 12 fr. trimestriel ; — la Revue de philosophie, dirigée par P. Peillaube, mensuel, 112 p. Prix de l'abonnement : un an, 20 fr. Paris, Rivière.

— On pourrait consulter aussi la Revue néo-scolastique (école du cardinal Mercier) et la Revue thomiste, dirigée par le P. Montagne.

Quant aux Annales de philosophie chrétienne, dirigées par le P. Laberthonnière, en raison même de la nature des questions traitées et de la hardiesse de ses rédacteurs, elles ne peuvent être abordées sans danger que par ceux qui possèdent parfaitement la science théologique.

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