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CHAPITRE IV

La Défense de la Foi

Le chrétien, qui connaît maintenant la doctrine, l'histoire,' la constitution et l'organisation de l'Eglise, pourrait, en toute sécurité, rendre à son Dieu le culte qui Lui est dû et se conformer aux justes et salutaires exigences de l'Eglise, si des doutes ne naissaient inévitablement à son esprit.

Les présomptions de la philosophie, l'arrogance de la science, l'impertinence de la critique, le positivisme de la sociologie, les prétentions de la démocratie, la malveillance des sectes, la vigueur de la tradition révolutionnaire, toutes les exagérations des tendances modernes, en un mot, soutenues avec passion par les ennemis du Christ, colportées par la presse et par le livre, ont vulgarisé des objections que le chrétien doit résoudre s'il veut que son acte de foi procède non seulement de son cœur et de sa volonté, mais encore de son intelligence.

Si nous ne pouvons tous prétendre à la sérénité des croyants privilégiés qui trouvent l'apaisement de leur conscience dans l'étendue de leur savoir et dans les ressources d'une pensée puissante, il faut, tout au moins, connaître les réponses qu'il convient de faire aux objections qui peuvent se présenter à notre esprit et qui nous seront soumises par des hommes de bonne foi ou par des adversaires déclarés.

On peut défendre l'Eglise par deux sortes d'arguments : les preuves intrinsèques, qui établissent par son caractère trans-

cendant l'origine divine de la Religion, et les preuves extrinsèques, ou miracles opérés par Dieu pour manifester la divinité de son Eglise.

Au sujet des premières, l'abbé Farges, dans son beau livre: la Crise de la certitude, s'exprime ainsi :

« Ce genre de preuves [les preuves intrinsèques], quoique fort délicat à manier, est tellement éclatant, appliqué à la doctrine chrétienne, qu'il a toujours vivement frappé les esprits, provoqué les plus éclatantes conversions et souvent occupé une place importante soit dans l'apologétique des anciens Pères, soit surtout dans celle des modernes. »

«Ceci explique, dit le P. Bachelet (i),legrand nombre d'essais tentés au siècle qui vient définir et les formes si diverses qu'on a données à la défense de la religion. Avec Chateaubriand, apologétique plutôt par le dehors du christianisme?par son côté poétique et artistique. Avec Lacordaire, apologétique chaude et concrète, par le fait de l'Eglise qui s'impose et des « vertus réservées » dont elle est le principe. Avec l'abbé Bougaud, apologétique plus effective et mystique, par la réponse que donne le christianisme aux besoins intimes de l'âme, à la nécessité d'une vie religieuse ou par la transcendance du Christ. Avec Auguste Nicolas et Frantz Hettinger, apologétique plus intégrale et plus scientifique. Avec l'abbé de Broglie, apologétique plus historique, partant de la transcendance du christianisme en face des autres religions. Avec Ollé-Laprune et Yves le Ouerdec, apologétique psychologico-morale fondée sur la convenance intellectuelle et morale du christianisme ou son identité avec les lois de la vie; avec Brunetière ou des hommes d'Etat comme M. Balfour, dans ses célèbres Fondements de la croyance, apologétique sociale, fondée sur ce que la religion chrétienne peut seule pourvoir aux nécessités de la vie sociale de l'homme. »

Mais on n'oubliera pas que les preuves « tirées du caractère intrinsèque d'une doctrine révélée sont moins décisives que les preuves extrinsèques, tirées des faits miraculeux que Dieu lui-même a donnés comme signes de l'autorité de sa parole ou

(i) Etudes du 5 août 1897, p. 378

de celle de ses prophètes. Les prophéties, les miracles de Notre Seigneur, des apôtres et des fondateurs de la religion chrétienne ainsi que le miracle perpétuel de l'existence, de la diffusion, de la fécondité et de la sainteté de son Eglise, sont les preuves décisives, sans réplique et à la portée de tous. Tel est bien renseignement positif des Conciles (i) ».

Enfin, nous devons nous souvenir que notre vie même doit témoigner la parolo du Christ.

« Pour défendre la religion, a dit M. Guibert (2), il importe de beaucoup étudier, il est plus indispensable encore de bien vivre. »

Le chrétien qui veut défendre publiquement sa foi doit mener une vie honnête et droite. S'il a péché., Dieu, au Tribunal de la Pénitence, lui pardonnera et c'est alors qu'il trouvera vraiment les accents qui sauront convaincre, car sa vie, déjà, parle pour lui...

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