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UN EXPOSÉ DOCTRINAL ET PRATIQUE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE SOCIALE

Quelques-uns seront peut-être étonnés de nous voir laisser de côté les manuels si répandus de Leroy-Beaulieu, de Gide, de Beauregard. C'est que nous voulons maintenir l'unité de doctrine dans notre bibliothèque. Les manuels ci-dessus présentent, nous le savons, de grandes qualités de précision, de clarté et de science, mais leurs auteurs appartiennent plus ou moins à l'Ecole libérale qui, en somme, marche à grands pas vers la faillite, puisque c'est la liberté sans frein et l'individualisme sans borne qui nous ont valu la crise actuelle. Si le progrès industriel est indiscutable, la société ne souffre pas moins d'un mal profond et les travailleurs, pour la plupart, supportent des misères généralement imméritées.

Soyons logiques et, puisque nous prétendons trouver dans notre foi et dans l'enseignement de l'Eglise les solutions vraies, pénétrons-nous bien des œuvres de ceux qui se sont résolument placés sur le terrain que nous avons choisi.

(1) De Gailhard-Bancel, Les Retraites ouvrières, p. v-xxn (cité plus loin).

Laissons donc de côté les livres des économistes qui craignent de subordonner l'économie politique à la morale et consultons plutôt les traités pénétrés de la doctrine chrétienne. Plusieurs noms se présentent à nous : Ch. Périn, Rambaud, Le P. Liberatore,\e P. Antoine, et d'autres encore.

Que choisirons-nous?

Nous répondons sans hésiter : le P. Antoine.

Le Manuel du P. Antoine.

Nous le préférons à Ch. Périn, qui appartient à la vieille Ecole libérale, à Rambaud, dont la doctrine se rapproche trop de celle des conservateurs sociaux, à Liber atore, sévère et très sûr, mais un peu vieilli. Moins exclusivement doctrinal et moins tranchant que Liberatore, le P. Antoine est, en beaucoup d'endroits, plus pratique et plus complet; de plus, son manuel est tout à fait au point. Enfin, l'auteur a su, avec un sens parfait de la mesure et de la doctrine, donner à tous les problèmes sociaux qu'il aborde la vraie solution chrétienne :

« Ce livre, lisons-nous dans le Guide social de l'Action Populaire, dont la doctrine est si sûre, ce livre a le singulier mérite d'être écrit par un jurisconsulte, par un théologien, par un économiste. Ces trois docteurs ne sont pas trois querelleurs, enflés d'une science jalouse et méprisante ; non, ils vivent le plus pacifiquement du monde... »Et l'Action Populaire ajoute que le P. Antoine, « les consulte, les complète et fait régner parmi eux le plus complet accord (i) ».

A qui s'adresse le livre du P. Antoine? Lui-même nous répond :

« Nous nous adressons à tous ceux qu'inquiète le devoir social, moins pour leur éviter le labeur toujours pénible d'une science à acquérir que pour diriger leurs recherches... En un temps, en une matière, où plusieurs estiment plus difficile de connaître leur devoir que de le suivre, nous désirerions aider les chercheurs sincères, contribuer à leur frayer le chemin,

(1) Guide social de igoô, p. 85.

mettre en lumière des points trop oubliés, éclaircir peut-être quelques équivoques, par suite, affermir les convictions et donner au dévouement une impulsion plus droite, plus consciente de sa droiture, partant plus puissante. »

Le P. Antoine se rattache certainement au groupe de ceux qu'il appelle les Réformistes catholiques ou Catholiques sociaux. « Ses six premiers chapitres, lisons -nous dans la Revue de Philosophie, contiennent une exposition claire et solide des principes qui dominent et règlent l'ordre social. Le P. Antoine appartient nettement à Y Ecole des catholiques sociaux. De sa préférence, il donne de bonnes et valables raisons... des raisons puisées dans les principes du droit naturel, dans la tradition chrétienne, dans les documents pontificaux et dans l'expérience du inonde économique (1). »

Nous ne manquerons donc pas de nous procurer cet excellent manuel, dont nous ferons notre livre de chevet :

Antoine (le P.). — Cours d'Economie sociale, 4eédition. — Paris, Alcan. 1908, in-8 de xvi-772 p. — Prix ; 9 fr.

Nous n'hésitons pas à donner le sommaire détaillé de son livre pour mieux montrer toute la complexité de la « question sociale » à ceux qui croient qu'au tournant d'une époque les bonnes intentions suffisent pour faire œuvre féconde :

Avant-propos. — Définition de la science sociale : objet et définition de l'économie sociale ou politique. L'économie politique est une science pratique. Rapports de l'économie politique avec la morale et la politique. De la méthode qui convient à l'économie politique. Méthodes défectueuses.

Après avoir défini la science sociale, le P. Antoine expose avec pénétration et clarté les principes de Tordre social tels que l'Eglise les enseigne, puis il étudie et critique les solutions proposées par les plus importantes écoles.

Cette première partie de son livre est intitulée l'Ordre social. En voici les principales divisions :

La Doctrine. — La Société politique : La société en général. Origine naturelle de la société civile. La société civile a une fin naturelle. Détermination plus précise de la fin de la société.

(1) Revue de Philosophie, t. VI, p. 59a.

L'Etat; L'Etat-société et l' Etat-pouvoir. Nécessité du pouvoir suprême. Rôle général du pouvoir dans la société. Différentes théories de l'Etat.

Les Fonctions de l'Etat : Protéger les droits. Aider les intérêts. Limites du pouvoir de l'Etat.

L'Organisme social •' La famille. La commune. Les classes sociales. La structure organique de la société.

Justice et charité : La justice. Différentes espèces de justice. La justice légale : lien de la société. La charité. Justice et charité.

L'Eglise : L'Eglise a-t-elle ledroit d'intervenir dans la société ? L'Eglise et le grand mal social, l'athéisme. L'Eglise et la morale. L'Eglise et l'ordre économique. L'action de l'Eglise suffit-elle à la réforme sociale ? Le Prêtre et la réforme sociale.

Les Controverses. — La question sociale : Existence de la question sociale. Description du mal social. Causes et remèdes.

VEcole libérale : Exposé des doctrines. Examen du principe économique. Examen du principe de liberté. Examen du principe des lois naturelles.

VEcole socialiste : Définition du socialisme. Doctrines collectivistes. Libéralisme et socialisme. Le parti collectiviste. Le socialisme mitigé. Progrès du socialisme. L'attaque et la défense de l'ordre social.

L' Ecole catholique : L'Ecole et ses groupes. Groupe des conservateurs catholiques. Groupe des réformateurs catholiques. Groupe de la démocratie chrétienne.

Puis, dans une deuxième partie, le P. Antoine expose à la lumière des principes posés, les conditions dans lesquelles l'Ordre économique doit se développer sans porter atteinte à la justice sociale :

Production de la richesse. — Analyse de la production : Définition. Biens économiques. Richesse; services. Théorie de la valeur De la manière. Le prix. Agents et facteurs de la production. Les lois de la production.

Le travail, principal agent de la production : Généralités. La fin du travail. Travail et Travailleurs. Travail et patrons. Aides du travail. Division du travail : machine, grandes industries et grands magasins. Le travail et les classes moyennes.

Le capital, principal fadeur de la production : Notions et définition. Utilité du capital. Le capital et le crédit, Le capital et le crédit public. Le capital et les bourses. Commerce, spéculation, agiotage. Capital et capitalisme.

L'association: Ledroit d'association. Différentes formes de l'association. Les sociétés commerciales. Les anciennes corporations. Les associations ouvrières. Les nouvelles corporations. La coopération.

La liberté économique : Notions générales. La liberté des échanges La liberté du travail. L'Etat et la liberté du travail. Législation du travail. La liberté du travail et les grèves.

Répartition des richesses. — La propriété: Nature du droit de propriété. Existence du droit de propriété privée. Réponse à quelques

'Jjk LA VIE SOCIALE

objections. Le socialisme agraire. Réfutation du collectivisme. Limites du droit de propriété.

Principales formes de la répartition : Eléments généraux de la répartition. La rente foncière. Le profit de l'entrepreneur. Le revenu du capital engagé. Intérêt du capital emprunté. De l'usure.

Du salaire : Théorie rationnelle du salaire. Exposé de quelques théories défectueuses. Défense du salariat. Les formes du salaire. Variation des salaires. Salaire et population.

Du juste salaii%e : Notions et définitions. Réfutation de quelques théo ries du salaire. Le salaire et l'Encyclique. Détermination du salaire minimum au point de vue de la justice. Le salaire et la famille. Le salaire et la condition des ouvriers. Le relèvement des salaires.

Misère et bienfaisance : Le paupérisme. Concentration des fortunes. Charité et assistance. Les assurances ouvrières. La Mutualité.

Consommation des richesses. — Notions et lois de la consommation : Alcoolisme. Causes et effets. Le luxe, l'épargne.

[La plupart des notions relatives à la Circulation des richesses : Echange, monnaie, valeurs, prix, crédit public, crise, pour lesquels certains économistes ouvrent une rubrique spéciale, se trouvent disséminées dans le corps du traité.]

« Si ce livre avait une prétention, bien loin d'innover ou de boule- « verser à l'aveugle l'ordre de choses existant, ce serait de ramener « notre société à son type normal et d'y raviver les traits qu'elle garde « encore d'un passé moins avancé dans l'industrie, les sciences et le « commerce mais plus éclairé sur les vrais droits et les vrais devoirs. « Certes, nous entendons tenir compte de progrès légitimes et des « changements nécessaires, mais nous croyons, avec Léon XIII, que la « réforme sociale consiste «à rendre à la société sa forme naturelle en « la ramenant aux principes qui lui ont donné la vie » (préface, p. vin et suiv.).

Ailleurs, l'auteur s'exprime ainsi à propos des réformateurs catholiques, auxquels il rattache les catholiques sociaux :

« Les réformateurs catholiques estiment que l'ordre économique « actuel basé sur la concurrence illimitée et l'individualisme, que l'or- « dre social établi sur l'égalité des droits et des conditions, sur l'inté- « rêt personnel et l'absence de biens professionnels, ils estiment, dis- « je, que cetorclre est foncièrement vicieux.... Le parti social chrétien « veut une réforme qui ramène la société à son état naturel, je veux « dire à sa constitution organique...

« Aux deux maux dont est atteint Tordre économique et social : la « liberté exagérée et l'individualisme, ils veulent appliquer les deux « remèdes vraiment efficaces : une législation protectrice, l'associait tion professionnelle... Ainsi, la restauration sociale que proposent

LA DOCTRINE SOCIALE DE i/ÉGLISE 2j5

« les réformateurs catholiques comprend trois facteurs absolument a nécessaires : l'action et l'influence de l'Eglise et de la charité chré- « tienne, une législation de l'Etat, sage, modérée, progressive, l'ini- « tiative des individus et des corporations. » (Ëdit. io,o5, p. 266.)

Quelques brefs exposés de la doctrine sociale de 1 Eglise.

•~v L'ouvrage du P. Antoine n'est pas évidemment un manuel à l'usage des débutants ; il suppose, pour être lu avec fruit, de la culture et du talent. Quelques-uns pourront lui préférer,pour faciliter la diffusion des principes, un léger ouvrage dont nous avons déjà parlé, l'ouvrage très doctrinal, il est vrai, mais très vivant, de l'abbé Six : Pages de sociologie chrétienne. — Liile,Giard, 1909,^-8 de34op. — Prix : 3 fr. 5o. L'auteur, dans un langage qui se ressent parfois des luttes passées, expose, dans son intégrité, le programme de la « démocratie chrétienne », expression quirevient extrêmement fréquemment sous sa plume; mais la démocratie chrétienne de l'abbé Six n'est pas la démocratie que le Pape a condamnée avec le Sillon, pas plus qu'elle n'est celle de M.G.Fonsegrive et de l'abbé Naudet. Sa doctrine, comme celle deGoyau et de Max Turmann, est aujourd'hui celle des catholiques sociaux et son livre ne saurait rompre, en aucune façon, l'unité doctrinale de notre bibliothèque; c'est, au contraire, une étude très précieuse pour une direction intellectuelle.

~~ Si l'on voulait maintenant une étude plus courte que celle du P. Antoine, iplus pratique que celle de l'abbé Six, on pourrait se procurer le Manuel social chrétien de DEHON(i),qui ne nous dispensera pas de lire et de répandre un petit livre, résumant, en quelques pages remarquables de concision et de clarté, les grandes lignes de la politique sociale :

La Tour du Pin (Marq. de). — Aphorisraes de politique sociale. — Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1909, in-16 de to4 p. — Prix : 1 fr.

(1) Dehon Manuel social chrétien 12e mille. Paris, Bonne Presse, in-12 de 320 p. Prix : 1 fr. 5o. (En réimpression.) — (2) Ajoutons que des Extraits de l'ouvrage du même auteur : Vers un ordre social chréthien ont été publiés par l'Action populaire. Reims, 191 1, in-16 de 32 p. Prix : o,25.

L'auteur, en terminant, déclare que la « réfection sociale et politique ne peut être l'œuvre d'un peuple en dissolution, mais « celle d'un prince assez libre lui-même pour pouvoir restaurer les libertés publiques ». Cette conclusion, que nous devons signaler, car elle ne découle pas rigoureusement des pages qui la précèdent, pourra peut-être nuire à la diffusion de cet opuscule, car nombreux sont ceux qui pensent que l'œuvre de rénovation sera l'œuvre d'une élite chrétienne qui pratiquera le loyalisme pour travailler, immédiatement et plus efficacement, à la prospérité de la cité.

Quoi qu'il en soit, et sous réserves, la petite brochure du marquis de La Tour du Pin est une excellente synthèse de Droit naturel et social dont on ne saurait trop se pénétrer.

w* Enfin, citons encore un manuel populaire, peu connu mais d'une doctrine très sûre, écrit par l'abbé Prunier: Leçons élémentaires de sociologie; chez l'auteur, Grand séminaire de Séez, i3o pages, Prix : o,3o. Très bonne brochure, résumant parfaitement sous la forme catéchistique,les principaux points de la doctrine catholique sociale.

«w* Enfin, on devra répandre et distribuer les opuscules de propagande de Duthoit, de Zamanski et de l'abbé Six (1).

A TRAVERS LE CATHOLICISxME SOCIAL

On trouvera, mentionnées et commentées dans des livres remarquables que nous citerons tout à l'heure, les principales manifestations doctrinales et pratiques du catholicisme social, en ces dernières années.

Beaucoup, parmi les auteurs de ces études, auraient pu figurer au nombre des Maîtres dont nous venons de parler, car leur science et leur pensée s'imposent à plus d'un titre.

(i) Duthojt (E.), Un Programme de vie; le programme catholique social . Lille, Croix du Nord, iQii,in-i6 de 23 p. Prix : o,i5 — et Zamanski, l'Action sociale dans l'assoc. cath. de la Jeunesse française . Paris, A. G. J. F., in-16 de 29 p. Prix:o,i5. — Abbé Six : Catholicisme et collectivisme devant la question ouvrière. Hellemmes-Lille, Institut populaire. Prix : o fr. 1 5, les ciaq cents : 25 fr. On pourrait aussi se procurer et étudier, dans les cercles d'études, pour faciliter la clarté des controverses, le Vocabulaire économique et social. Reims, Action Populaire et Paris, Lecoffre, un in-iG de 180 pages. — Prix : 2 fr.

Depuis longtemps, la notoriété de leurs œuvres a dépassé nos frontières. Ne sont-ils pas vraiment des maîtres ceux qui, dans nos universités officielles ou libres, dans nos semaines sociales, dans nos congrès, apportent la doctrine féconde à des centaines d'auditeurs attentifs et charmés?

Or, les études des catholiques sociaux ne portent pas seulement sur l'organisation du Travail, mais aussi sur la Famille, sur la Cité, sur l'Etat.

C'est pourquoi, pour rester dans les généralités doctrinales, nous ne citerons maintenant que les livres où toutes ces questions ont à la fois trouvé place, nous réservant de mentionner plus loin les ouvrages traitant exclusivement du Travail ou de la Profession, ou de la Famille ou de Y Etat. Signalons pourtant, dès maintenant, le livre, sur lequel nous reviendrons, d'EuG. Duthoit : Vers l'organisation professionnelle, dont quelques parties ont une portée tout à fait supérieure. C'est ainsi que l'auteur montre, dans son introduction : i° pourquoi Y Economie politique ne peut ni ne doit être indépendante de la morale ; 20 pourquoi notamment elle n'est pas confinée dans le domaine d'un déterminisme de matière ni dans celui d'un déterminisme historique ; 3° que la vraie méthode d'une discipline économique est toute morale; 4° comment l'école des catholiques sociaux pratique cette méthode. Enfin, M. Duthoit termine son ouvrage par des vues très pénétrantes sur l'organisation future de la société.

~~ Nous trouverons, en outre, dans les Guides sociaux cités plus bas, des considérations générales qu'on ne saurait trop méditer et dans les comptes rendus des Semaines sociales les études des sociologues catholiques les plus qualifiés pour enseigner la doctrine. Nous y lirons, avec une attention toute particulière, les déclarations de M. Henri Lorin, un des conférenciers les plus écoutés des Semaines sociales.

Les Guides sociaux.

Au nombre des livres les plus riches en considérations générales et en renseignements sociaux de tous genres, citons en première ligne les :

Guides sociaux : Reims, Action Populaire et Paris, Lecoffre, 1904-1911, 8 vol. (an par année) de 35o à 4oo p. environ. — Prix : 2 francs 5o à 3 fr. (les 8 volumes, 17 francs franco).

Ce sont des livres à la fois théoriques et pratiques; d'où leur charme et leur utilité. A côté des éternels « discoureurs » et aussi à côté de ceux qui enseignent l'art d'agir, les yeux fermés sur l'idée et sur l'avenir, ce livre est apparu comme une révélation synthétique et harmonieuse, non seulement de l'activité catholique, de sa variété, de sa puissance, de sa valeur doctrinale, de son avenir, mais aussi de la nécessité et de la puissance de l'association.

Ces Guides, très supérieurs à l'Année sociale de M. Fesch, pourtant si intéressante et si documentée, sont indispensables aux cercles d'études, aux prêtres, aux hommes d'action et à tous les esprits d'élite. L'information est parfaite, la discussion serrée, les doctrines prudentes et sûres, la bibliographie abondante, qu'elle soit documentaire ou critique. Enfin, les Guides sociaux ignorent la politique ; c'est un avantage appréciable, car nous y trouvons la sérénité qui convient aux œuvres positives.

Nous croyons bien refléter l'esprit qui anime ces Guides, en citant ce que M. Etienne Lamy écrivait dans l'un d'eux :

« L'association est une force de tous les jours, de toutes les heures, elle peut servir les intérêts publics et les intérêts privés. Elle unit les hommes au moment, dans la mesure et pour la durée où ils ont besoin les uns des autres. Elle n'est pas réservée aux privilégiés de la fortune, elle s'offre aux plus inconnus et aux plus pauvres. A eux surtout, elle est nécessaire, car elle met en œuvre leur puissance : le nombre. Elle est, pourrait-on dire, la revanche des silencieux et des humbles, car elle seule sait le prix des mérites obscurs, leur fait place, les récompense, et élève ses durables succès sur des qualités simples, modestes, accessibles à tous : le bon sens, le travail, la persévérance. Elle opposerait un obstacle à l'envahissement par l'Etat des services que les Français se rendraient mieux à eux-mêmes, une digue à l'augmentation des

impôts, une doctrine au socialisme qui est le terme dernier et logique de l'omnipotence exercée aujourd'hui par l'Etat (i). »

Le plan de ces Guides étant sensiblement modifié chaque année, il est difficile de donner ici un sommaire-type. De 1904 à 1908, les Guides sociaux s'appesantirent longuement sur tout ce qui concernait l'amélioration morale et matérielle de la. famille et de la. profession. On y trouvait, sur les institutions sociales et sur tous les groupements inspirateurs, les renseignements aussi complets que possible : raison d'être,, statuts, fonctionnements, résultats. Pratique, doctrine et faits sociaux cheminaient de concert. Le guide de 1909 et ceux qui le suivent sont plus doctrinaux et affectent un caractère plus historique. « Ce sont, lisons-nous dans la préface, les faits, les courants d'opinions d'une année, la dernière encore présente à tous les esprits, qui seront examinés, discutés... [avec le] recul nécessaire pour juger les hommes et les choses. Elles plairont par leur utilité. L'histoire n'est pas la philosophie, mais que les philosophes seraient dangereux si les historiens ne les éclairaient sur les suites et les conséquences de leurs travaux! Ainsi les faits économiques illustrent les doctrines sociales; on ne se prononce bien, sur ces dernières, qu'en les voyant aux prises avec la réalité. »

Voici les grandes lignes du Guide social de igoy qui inaugure cette méthode nouvelle et dont le plan, très organique, n'a pas subi de modifications importantes. Sa lecture est éminemment suggestive et montre bien la variété et l'intérêt des sujets qui y sont traités (2).

I. — La famille : La population. U habitation ; maison, jardin et bien familial. — U hygiène, hygiène urbaine, la lutte contre la tuberculose, hygiène de l'enfance, hygiène de l'alimentation. — \' éducation morale et sociale : alcoolisme, pornographie, enseignement ménager, colonies de vacances. — Formation intellectuelle et sociale ; étude, bibliothèque, art, littérature. — Le budget familial : coût de la vie, les moyens d'équilibrer le budget familial, crédit et épargne.

IL — Le syndicalisme : le Syndicalisme ouvrier: Tendance actuelle.

(1) Guide social de igo5, p. IV.

(2) Signalons pourtant que le paragraphe IV, l'Etat et les conditions du travail, vient, depuis ioio,après le paragraphe II, h Syndicalisme. Sont ensuite étudiées la Coopération et la Mutualité. Cet ordre nous semble, en effet, plus logique.

dissidences de la C. G. T. — Les Syndicats indépendants: congrès syndicaux, mouvement syndical devant la loi et devant la jurisprudence. Conditions actuelles du travail : le contrat de travail et le taux des salaires, les grèves. Le syndicalisme et les classes moyennes; et les fonctionnaires; et les femmes; et la coopération de production. La crise de l'apprentissage . — Le Syndicalisme patronal : Tendance d'esprit. Lock-outs. Syndicats mixtes. — Les Syndicats agricoles : esprit et statistique, œuvres et institutions annexes : coopération d'achat, de vente et de production, de crédit. Situation légale. — Conciliation et arbitrage : initiative privée. Législation.

III. — Coopération de consommation : Droits et devoirs des consommateurs : statistiques sur le mouvement coopératif. Idées et doctrines. Congrès. Coopératives militaires.

IV. — L'Etat et les conditions du travail : Le rôle de V Etat devant l'opinion. — La réglementation du travail : Code du travail. Inspection du travail. Hygiène industrielle et sécurité des travailleurs. Travaux des adultes, travail des femmes et des enfants. — V Etat. entrepreneur : Exploitations actuelles. La condition des salaires de T « Etat patron ». Les exploitations à venir. Les exploitations des municipalités. — L'Etat et V assistance.

V. — La Mutualité : La Prévoyance : Assurance facultative ou obligatoire contre les risques. Coup d'œil général sur la mutualité. Assurance contre la maladie et contre le chômage. Assurance contre les accidents. Les retraites et la mutualité. Le projet de loi des retraites ouvrières. La mutualité et la jeunesse. Mutualité scolaire. Caisses dotales. Les mutuelles et les assurances agricoles.

VI. — L'Action sociale à V étranger /Allemagne. Angleterre. Autriche. Belgique, Espagne. Hollande. Italie. Danemark. Norvège. Russie. Suède. Portugal. Luxembourg, Suisse. Etats-Unis. Canada. Uruguay. République Argentine. Japon.

«vw Enfin, nous devons signaler, en terminant, le Manuel social pratique de Y Action Populaire, dont nous parlons plus loin, et la remarquable étude du P. Vermeersch, qui porte le même titre, et que nous mentionnerons également.

L'Année sociale internationale.

Depuis 1910, Y Action Populaire publie deux éditions de ses Guides sociaux : une édition courante, qui continue à paraître sous le titre de Guide social, et une édition beaucoup plus complète intitulée : l'Année sociale internationale. Cette édition contient : i° en son entier le Guide social de Tannée cou-

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rante complété par une large documentation ; 20 des chapitres spéciaux sur des sujets non traités dans le Guide; 3° enfin une partie étrangère très développée. Ce n'est pas sans raison qu'on a pu déclarer que ce livre était le fruit « d'un immense travail ».

On ne saurait lire avec trop d'attention la préface de l'Année sociale internationale de 191 1, dont nous n'hésitons pas à donner quelques extraits :

« L'Année sociale n'est pas proprement un traité d'économie « sociale, ni une chronique des événements sociaux, ni une antholo- « gie documentaire ; elle est — elle voudrait être — une tranche de « vie. Elle voudrait reproduire l'image vivante et mouvante des réa- « lités sociales en perpétuelle mue ; et cela, non pour satisfaire une v< stérile curiosité, mais pour aider le lecteur à dégager des données, « que fournit l'histoire toute chaude d'hier et d'aujourd'hui, l'incon- « nue troublante qui sera l'histoire de demain. Car nous devons sa- « voir — nous catholiques plus que les autres — afin de prévoir, et « nous devons prévoir afin de pourvoir. L'avenir appartiendra aux « plus prévoyants. On s'agite beaucoup, on dépense des efforts et des « sommes considérables souvent en pure perte. L'essentiel n'est pas « de s'agiter, voire d'agir, mais d'exercer une action opportune, u ordonnée à un but précis. Pour avoir méconnu les réalités sociales, « c'est-à-dire les aspirations présentes et les besoins actuels des tra- « vailleurs, les pensées profondes des masses, l'évolution des idées « et des institutions, que d'œuvres généreuses végètent, périclitent, « se meurent ou sont mortes ! On ne s'éloigne pas impunément de la « vie : Omne vivum ex vivo, c'est la vie qui donne la vie.

« Or, le monde change très vite : les réalités d'hier ne sont plus « celles d'aujourd'hui. Quiconque incline à l'action politique, chari- « table, sociale, doit se mettre en contact avec ces palpitantes réalités « sous peine d'égarer son effort. La bonne volonté, dans nos temps « complexes, n'est plus un guide sûr; elle fera fausse route si elle ne « s'allie pas au sens social.

« Le sens social, voilà ce qui manque le plus; voilà pourtant ce qui « chaque jour devient plus nécessaire...

Et plus loin nous lisons encore ces lignes qui nous font pressentir de terribles mêlées, si les catholiques négligent d'intervenir au moment opportun, pour apporter à ceux qui souffrent des paroles et des œuvres de paix.

« De toutes parts, le monde s'organise en deux armées rivales :

« d'un côté, se groupent les travailleurs — les employés, — de l'au- « tre, les représentants du capital — les employeurs. Des heurts « redoutables sont prochains. La bourgeoisie radicale qui gouverne, « obstinée dans son égoïsme, s'apprête à recourir aux subtilités juri- « diques et à la force brutale pour mater le syndicalisme. Or, le syn- « dicalisme a droit à la vie. Malgré ses coups de tête de jeunesse, — « et quels sont les responsables sinon les mauvais éducateurs du peu- « pie et les politiciens radicaux — il est l'ordre et la paix. Qu'on lui « donne les moyens de s'assagir, mais qu'on ne l'opprime pas, car à « la violence, n'en .doutons pas, le prolétariat répondra par la vio- « lence, et tôt ou tard il aura le dernier mot.

« En présence de ces éventualités poignantes, devant ces organi- « sations ouvrières et patronales, formidables par le nombre et la « volonté de vaincre, déjà prêtes à engager la bataille, qui, se sentant « l'âme inquiète, n'accepterait de donner son concours à l'œuvre de « pacification et de restauration sociales?

« L'Evangile de paix et de progrès qu'ils représentent fait un de- « voir aux catholiques de se signaler parmi les meilleurs ouvriers.

« Mais l'action sociale, la bonne, la vraie, la sûre, ne s'improvise « pas. Sur ce terrain-là, mieux vaut ne rien faire que faire des riens « ou faire les choses de travers : de grands intérêts, ceux de l'Eglise « d'abord, sont enjeu, que des ignorances ou des maladresses même « bien intentionnées compromettraient gravement. Donc, il faut ap- « prendre avant d'agir : les bonnes idées engendrent seules l'action « juste et féconde... »

Les Semaines sociales.

A côté des Guides sociaux et de l'Année sociale internationale, nous devons placer la collection des Comptes-rendus des Semaines sociales, qui paraît sous le titre suivant :

Cours de doctrine et de pratique sociales: 1904-1910 ; Orléans, 1904 (épuisé) ; Dijon, 1905 (1 fr. 5o) ; Amiens, 1906 (2 fr. 5o) ; Marseille, 1907 (3 fr. 5o) ; Marseille, 1908 (4 fr.); Bordeaux, 1909 (4 fr.) ; Rouen 19 10 (4 fr.) ; — Paris, Lecoffre; Lyon, Vitte, et Chronique sociale de France, 7 vol. in-8.

Ce que nous venons de dire du Guide social et de l'Année sociale internationale peut presque s'appliquer aux comptesrendus des Semaines sociales. C'est sensiblement la même doctrine, etc'est la même méthode. La documentation pourtant

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est moins abondante et l'information moins générale, mais les éludes doctrinales y tiennent plus de place; trop de place, dit-on quelquefois. C'est la doctrine, pourtant, qui fait le puissant intérêt de ces livres.

Le mouvement des « Semaines sociales, qui a pris naissance en 1904, compte parmi les plus intéressants et les plus féconds. Plus de quinze cents auditeurs, venus de tous les points de la France, suivent, chaque année, ces magnifiques congrès doctrinaux qu'on pourrait appeler les « Assises du Catholicisme social ». Les catholiques les plus éminents y prennent la parole. Des évêques et des cardinaux président les réunions, prennent part aux discussions, et exposent la doctrine de l'Eglise en disant : « Nous, catholiques sociaux... »

« Citoyens d'un pays, dit le cardinal Andrieu, où l'on pense que les idées mènent le monde et où chacun, du fait de sa participation au suffrage, est responsable de la somme de mal et bénéficiaire de la somme de bien qui s'accomplit dans l'Etat, notre meilleure méthode à nous, catholiques sociaux, de prendre part aux affaires publiques est de coopérer au bien commun, et de propager, de faire que nul n'ignore, de promulguer en quelque sorte, dans l'esprit public, la notion chrétienne du travail. »

« L'étude pour l'action, lisons-nous dans le Guide social de 19 10, telle est la devise de la Semaine sociale de France. Quoique non explicitement formulée, c'est aussi la devise des semaines étrangères. De juillet à octobre, généralement les Semaines sociales fournissent tout un cycle d'importantes sessions. L'idée, partie de groupes d'étude de Lyon, a merveilleusement fait son chemin à travers l'Europe. Aujourd'hui l'Italie, l'Espagne, la Belgique, la Hollande, la Pologne l'ont adoptée. Si quelque diversité se manifeste dans ses applications, une parfaite unité d'esprit et de méthode la sauvegarde contre toute compromission. Les Semaines sociales possèdent actuellement des principes qui forment comme leur patrimoine commun, elles ont une inspiration chrétienne et exercent une influence féconde, influence qui grandira, au plus grand avantage du mouvement social catholique, si les

Semaines sociales unissent à l'Esprit catholique, qui fait leur honneur, une parfaite exactitude doctrinale. »

Nous croyons devoir donner, à titre d'information, le sommaire complet de ces Semaines sociales ; mais en faisant remarquer toutefois, que les comptes rendus de Lyon 1904 et d'Orléans 1905 sont des comptes rendus analytiques qui n'ont pas la valeur documentaire des comptes rendus parus depuis.

Semaine sociale de Lyon : 1904. — Abbé de Pascal : La propriété. — Abbé Antoine : Le Travail. — Comte Duport : Le Syndicat agricole.

— Glas : Les assurances agricoles. — L. Durand : Le crédit agricole.

— Max Turmann : Les œuvres post-scolaires. — Martin-Saint- Léon: Le devoir social d'aujourd'hui; les associations professionnelles. — Boissard : Les retraites ouvrières. — Abbé Cetty : L'action ouvrière en Alsace. — L. de Conienson : La ligue sociale d'acheteurs. — Mlle Rochebillard : Une organisation féminine à Lyon.

Semaine sociale d'Orléans : 1905. — Abbé de Pascal : Les deux conceptions sociale et individualiste de l'homme. — Abbé Antoine : Le contrat de travail et le salariat. — Verdin : Le syndicat des employés [de Paris]. — Le syndicat professionnel et ses institutions économiques. — G. Blondel : Les syndicats ouvriers allemands. — E . Duthoit : La protection légale des travailleurs. — A . Boissard : La question des retraites ouvrières. — /,. Milcent : L'association professionnelle agricole. — G. Baguenault de Puchesse : Les assurances mutuelles agricoles. — A. Crétinon : L'école par l'association familiale. — Max Turmann : L'éducation populaire. — Mgr Touchet : L'action de l'Eglise sur le Progrès social. — Imbart de la Tour : Démocratie et irréligion. — Abbé Lemire : Le rôle social de la terre. — Abbé Desgranges : Les Instituts, populaires. — Dedé : Sociétés de secours mutuels.

Semaine sociale de Dijon : 1906. — Abbé Antoine : Trois sociétés nécessaires, famille, profession, cité. — Abbé de Pascal : Les justes et équitables rapports des hommes entre eux, relativement à l'usage des biens temporels. — Chanoine Garrignei : Nécessité et dignité du travail. — E. Duthoit : Le travail féminin dans l'industrie. — J. Brunhes ; Désorganisation de la famille par le travail à domicile.

— M. Deslandres: Le logement de la famille. — Abbé Lemire : Les mesures de protection légale du foyer familial. — J. Brunhes : Conséquences économiques et sociales de l'exploitation de la houille. — M. Lecoq : La durée du travail des adultes et les revendications du lep mai. — R. Jay : L'œuvre de la législation du travail. — M. Savot : La crise de la famille agricole en Bourgogne. — Milcent : Derniers progrès de la mutualité agricole. — Mgr Dadolle (évèque de Dijon): Question sociale et doctrine de l'Eglise. — E. Martin Saint- Léon : Rôle social et économique des classes moyennes. — Chanoine Moissenet : La place et le rôle du chant sacré dans le culte public de l'Eulise.

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Semaine sociale d'Amiens : 1907. — H. Lorin : But, caractère et opportunité des Semaines sociales. — Abbé Antoine : Y a-t-il des principes chrétiens en économie sociale? — Abbé Calippe : Destination et usage des biens naturels. — E . Duthoit : Le contrat de salariat.

— A. Boissard : Les exigences de la justice dans le contrat de salariat. — M. Lecoq : Législation du travail en France. — Max Turmann : Les coalitions de producteurs. — E, Martin Saint-Léon : Le syndicalisme révolutionnaire et la Confédération du travail. — E. Chénon : L'action de l'Eglise. — Abbé Six : Le sens social et la formation des consciences chrétiennes. — Abbé Thellier de Poncheuille : Au retour de la Semaine sociale. Comment se fera le progrès social.

— Allocution de Mgr Dizien, évêque d'Amiens. — G. Kurth : Action de l'Eglise à travers l'histoire. — J. Brunhes : La Bible d'Amiens, enseignements catholiques et sociaux. — Abbé Serti llang es : Le progrès religieux et le progrès social.

Semaine sociale de Marseille : 1908. — Allocution du Cardinal Andrieu, évêque de Marseille. — Henri Lorin : Déclaration lue à l'ouverture de la Semaine sociale. — Rèmy : En marge de la Semaine. Notes et impressions au jour le jour. — Abbé Calippe : En quoi le catholicisme est une religion sociale. — Abbé Antoine : L'idée de justice dans l'économie sociale. — A. Boissard : Les lois de justice sociale. — M, ùeslandres : De la collaboration des particuliers aux lois d'assistance sociale. — E. Duthoit : Le chômage. — E. Martin Saint-Léon : La crise de l'apprentissage et la réforme de l'enseignement professionnel. — /. Dumas : Rôle social de la mutualité. — B. Brunhes : La lutte contre le déboisement et l'aménagement des chutes d'eau devant les récents congrès. — Quelques applications pratiques de la notion chrétienne du droit de propriété. — R. Pinon : Le rapport des questions coloniales et des questions sociales. — E. Estrangin : La situation des populations maritimes. — M. Ricard : L'œuvre syndicale des vingt-cinq dernières années dans la région des Alpes et de Provence. — Le nouveau projet de loi relatif à la constitution et au fonctionnement des Syndicats économiques agricoles. — Abbé Thellier de Poncheuille : La croyance en une destinée supra-terrestre, principe de progrès social. — J. Brunhes : Les responsabilités des acheteurs dans les conditions de travail.

Semaine sociale de Bordeaux : 1909.— Henri Lorin : Notion chrétienne du travail. — A. Crétinon : Le point de vue individualiste et le point de vue social dans le droit. Le mouvement syndical allemand. — Abbé Calippe : Le caractère social de la propriété d'après la tradition judéo-chrétienne. — A. Boissard : Le droit de grève. La régularisation de la grève par les institutions professionnelles du droit public. — E. Duthoit : Le fait et le droit syndical. Le champ d'activité syndicale. Le rôle des syndicats dans la préparation et l'application des lois relatives aux intérêts professionnels. — Marcel Lecoq : La pratique des conventions collectives du travail. — Abbé Antoine : La grève devant la conscience. Le salaire minimum. — Deslandres : Influence de l'évolution sociale sur l'organisation politique de la démocratie. La formation pratique du sens social chez la

femme. — Piot : Le repos du Dimanche et les travailleurs. — Dr Grasset : L'Hygiène et la science biologique en sociologie. — Blondel : L'Organisation des Ports de commerce. — Abbé Meny : Enquêtes sociales féminines. Le minimum de salaire dans le travail à domicile. — Abbé Thellier de Poncheville : Régénération morale et rénovation sociale. — Le rôle social de la femme. — Abbé Beanpin : Préparation à l'action. — La méthode d'action des cercles d'études féminins. — Max Turmann : Les assurances en Suisse. — Abbé Boissel : Semaines sociales, mouvement social en Espagne. — Daniel Brune : Les résiniers des Landes. La question des industries dangereuses. — Etienne Lamtj \ Socialistes et catholiques. Semaine sociale de Rouen : 4910. — Henri Lorin : L'orientation sociale de la pensée catholique au xixe siècle. — Abbé Calippe : La fonction sociale des pouvoirs publics. — Cretinon : La fonction sociale des pouvoirs publics. Quelques applications. — Abbé Antoine : L'impôt. — Moysset : L'opinion publique, étude de psychologie sociale. — Deslandres : Le problème de la population, ses rapports avec la question sociale. — Duthoit : L'injustice usuraire vis-à-vis du droit moderne. — Ph. de Las-Cases : La lutte contre le chômage. — Jean Lerolle : Le travail de l'homme et le travail de la femme. — J. Lerolle : Le travail de nuit des enfants. — Lejas : La représentation professionnelle. — R. Jay : Le minimum de salaire dans le travail à domicile. — Duthoit : Syndicats et associations en quête du statut syndical. — Martin Saint-Léon : Le nouveau régime douanier et ses conséquences sociales. — Boissard : Les retraites ouvrières et la loi du 5 avril 1910. — Gand : L'application de la loi d'assistance aux vieillards. — Brune : Le contrat maritime de travail. — L. de Gontenson : Les syndicats féminins. — L. de C 1er mont- Tonnerre : L'association agricole. — Abbé Beaupin : L'éducation sociale dans la famille : Vicomte Vieillefonds : La formation de l'élite ouvrière. — Abbé Thellier de Poncheville : Les aspirations sociales contemporaines. — Abbé Sertillanges : La violence et l'action chrétienne. — Chanoine Jouen : L'art gothique et la cathédrale de Rouen. — Conférence de M. Carton de Wiard : [La question sociale et la cité de demain] :

Quelques autres livres à consulter sur les questions sociales.

*** Il faut enfin connaître aussi les travaux de H. Savatier : La théorie moderne du capital et la justice. Paris, Rondelet (auj. Vitte), 1898, in-8 de iv et 242 p. Prix : 5 fr.; — du P. Schwalm : la Famille ouvrière, Paris, Bloud, 191 1, in- 12 de xxiv-428 p. Prix : 4 fr« ; — de Garriguet : Le Régime de la propriété. Paris, Bloud, 1907, in-12 de xx-335 p., 3e édition. Prix : 4 fr. — les travaux, cités ailleurs, du P. de Pascal ; —

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de Ch. Benoist ; — de Galippe; — de G. Blondel, dont la connaissance des choses d'Allemagne est profonde ; — de Raoul Jay, qui aime à se placer toujours à l'avant-garde de l'action sociale chrétienne; — de Duthoit, d'une doctrine si sûre; — de Martin Saint-Léon et de Boissard, si compétents sur les choses du Travail; — de Max Turmann, un des écrivains les plus féconds du catholicisme social, etc.

La Littérature catholique sociale.

Enfin, il est bon de compléter renseignement sévère que nous avons reçu des maîtres de la pensée catholique sociale et des auteurs cités ci-dessus par quelques ouvrages qui charmeront tous les esprits cultivés et qui les instruiront.

-v~ Et d'abord, nous voudrons avoir sur les questions qui touchent de près le catholicisme social L'opinion de G. Goyau qui sait unir, à la clarté et à la précision, un sens très net des nécessités sociales et une foi profonde et éclairée. Les connaissances étendues de l'auteur, son érudition, la puissance de sa pensée, sa langue souple et riche rendent ses études infiniment intéressantes et utiles. Avec lui, nous souhaitons que ces pages puissent développer chez ceux qui les liront « l'esprit de fraternité, leur faire comprendre l'austère loi du travail, leur aplanir l'épineuse étude des problèmes sociaux, les inviter à les poursuivre et les convaincre aussi qu'ils doivent, à cette fin, se donner quelque peine ». Nous mettrons donc, en bonne place, dans notre bibliothèque :

Goyau (G.). — Autour du Catholicisme social (éditions multiples), — Par s, Perrin, 1907-1909, 4 vol. in-16 de 33o pages environ. — Prix : le vol. 3 fr. 5o.

Tome I : Néo-catholiques, solidaristes, catholiques sociaux. Le cardinal Manning. Le comte de Mun. Aspects sociaux du catholicisme. Communion des saints. Apostolat. Anne de Xaintonge. Convergences vers le catholicisme social. Les Saint- Simoniens. Le radicalisme italien. Les congrès catholiques sociaux.

Tome II : La démocratie chrétienne. Le Monastère au moyen âge. Figurine franciscaine. Léon Ollé-Laprune. Charles Lecour-Grandmaison. Les congrès catholiques sociaux. Le devoir d'aujourd'hui. L'Eglise et les courants politiques du siècle.

Tome III : Solidarisme, christianisme, socialisme. Méthodes d'action. Patronages. Bibliothèques. Œuvres. La leçon des cathédrales. Le curé de l'ancien régime. Origines populaires du Concordat. La Renaissance catholique en Angleterre. Origine sociale du centre allemand. Un concile de résurrection. Léon XIII. F. Brunetière. Les Béatitudes.

Tome IV ; Jehovisme et christianisme. L'Eglise du peuple. L'Irlande. L'Eglise et l'Etat. Gladstone. L'Eglise et les nouveautés politiques. Gonzalvi. Les semaines sociales. Figures d'apôtres.

« Si l'on parle aujourd'hui [disait Brunetière] de christianisme ou « de catholicisme social, ce n'est pas du tout dire qu'ils ne l'aient « pas toujours été. L'action catholique a toujours été sociale et le ce sera toujours : elle l'est seulement avec plus d'évidence et de conti- « nuité quand elle s'exerce, comme de nos jours, en temps de révo- <( lution sociale. »

« Il n'est pas, ajoute M. Goyau, une page de ce livre qui n'essaie « de confirmer ces paroles » (tome II, p. vu).

~~ Nous devons faire figurer, à côté de G. Goyau, l'éminent académicien M. Etienne Lamy, dont la doctrine est si ferme et la langue si noble. C'est un maître qui se contente de l'admiration et de la reconnaissance discrètes des esprits d'élite, mais qu'il convient de faire davantage connaître parmi nous :

Lamy (Etienne). — Au service des idées et des lettres , introd. de Michel Salomon. — Paris, Bloud, 1910, in-16 de xliv et 363 p. — Prix : 3 fr. 5o.

Histoire et philosophie politique: Politique religieuse. Le conflit religieux en France sous la Révolution. Le Concordat. La politique religieuse de Napoléon 1er. L'ancienne alliance du trône et de l'autel. Ce que produisit l'union du trône et de l'autel sous la Restauration. Le vrai sens des conseils de Léon XIII aux catholiques de France. Importance de notre protectorat catholique. Etudes sociales : Proudhon. Les premières origines de l'internationale. Lassaile, Karl-Marx et Bakounine. De l'éducation intellectuelle nécessaire à la femme. La sociologie de Léon XIII. Sur l'avenir du patriotisme...

Divers : Critique et morale : Description et portraits. Discours.Pen§ée

« Quand dit l'auteur à propos de l'Encyclique Reram Novarum « en face des foules menaçantes, des intérêts effrayés, de la civilisa - « tion accusée, l'Eglise a exercé ce magistère, la puissance, la majesté « étaient telles que les ironies ont cessé. Les ouvriers, même les « plus prévenus, ont écouté avec respect cette voix où ils reconnaïa- « saient l'inimitable accent de la tendresse désintéressée et qui leur

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« apportait les bienfaits des espoirs raisonnables. >) « [Et l'auteur « ajoute] : « L'Eglise. ..est devenue la première des personnes publiée ques, un siècle après que la Révolution française prétendait la « murer dans les temples et la cacher, comme un ridicule secret, au « fond le plus obscur des consciences » (p. 211).

~~ Lire aussi: Duthoit: Pages catholiques sociales. Paris, Lecoffre, 1912, in-16 de ix-3g3 p. — Prix : 3 fr. 5o.

<v~ Enfin, nous croyons pouvoir recommander ici quelques œuvres littéraires faciles à lire, très propres à éveiller le sens social et à mieux faire aimer les humbles :

René Razin : De toute son àme. Paris, Calmann-Lévy, in-12. Prix : 3 fr. 5o. — Le Blé qui lève. Paris, Ibid. Prix: 3 fr. 5o. Maze-Sensier : Les Vies nécessaires, 2e édit. Paris, Rivière, 1910, in-12 de 33o p. Prix: 3 fr. 5o. — Reller: Récits. Reims, Act. populaire, et Paris, Lecoffre, in-8 de 38o p. Prix: 3 fr. — Castel (Paul) : Les vacances de Paul Duchemin. Paris, Relleville, 19 10, in-12 de 247 p. Prix : 2 fr. — Valery- Radot. Leur royaume. Paris, Pion, 1910, in-12 de 288 p. Prix : 3 fr. 5o. (Très apte à faire comprendre le sens de la vie). — Voir aussi les romans d'Henri Bordeaux : La robe de laine, Paris, Plon-Nourrit. Prix : 3 fr. 5o, etc..

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