COMMENT SE TENIR AU COURANT
L'homme d'action doit se tenir au courant du mouvement social. Le Guide social de l'Action Populaire peut suffire, au besoin, puisqu'il lui apporte chaque année des renseignements
et des documents nouveaux, mais il nous semble que ce n'est pas assez pour tenir son esprit en éveil, pour satisfaire sa curiosité et pour stimuler son zèle.
Il faut lire des journaux sociaux et des revues sociales.
Les Journaux sociaux.
Comme tous les journaux que nous pourrions citer ont une nuance politique, nous n'en désignerons aucun, nous contentant de recommander, à ceux qui nous liront, de s'inspirer, dans le choix de leur journal, des sages réflexions qu'un de nos quotidiens émettait naguère dans l'énoncé de son programme. « Ce n'est pas assez, pour les catholiques, de se défendre contre la persécution et de réclamer un minimum de liberté; ils ont autre chose et mieux à faire : ils doivent faire éclater à tous les yeux le grand bienfait social du catholicisme, se constituer les champions inlassables de la cause populaire, réclamer toutes les réformes, travailler à rétablissement de toutes les institutions postulées par la justice sociale et la charité fraternelle... (i). »
Les Revues sociales.
Aux quotidiens, qu'on ne conserve pas et qui traitent toujours les questions un peu superficiellement, il faut encore préférer les revues, qui apportent, sous un format commode, des études sérieusement faites et des chroniques documentées.
Les catholiques sociaux sur ce point sont bien partagés. Mentionnons d'abord le Mouvement social, revue catholique internationale, dirigée par G. Desbuquois et J. Zamanski,
(i) Ces lignes sont extraites du Peuple Français du 3 janv. 1909. Depuis lors, ce journal s est fusionné avec la Libre Parole (ier octobre 1910). — A ceux qui voudraient faire lire el répandre un journal hebdomadaire écrit, il est vrai.pour des jeunes gens, nais d'une doctrine sociale très sûre, nous recommandons d'une façon toute particu-
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liere « la Vie Nouvelle, journal social « qui entend défendre hardiment les droits « du travail et faire de notre société, par de profondes réformes organiques, une « société plus chrétienne parce que plus juste et plus fraternelle ». La Vie Nouvelle, (comme les Annales de la Jeunesse' catholique), est l'organe officiel de /'.-1ssociation catholique de la Jeunesse Française qui, sur le terrain social, marche d'accord avec les catholiques sociaux (i4, rue d'Assas; abon. 4 fr. par an).
LA DOCTRINE SOCIALE DE l'ÉGLISE 3oi
mensuel : un an : 18 fr. (Reims, Act. Populaire). Nous n'avons pas de revue sociale plus savante, plus orthodoxe, et plus documentée. Voici comment elle expose son programme.
« Depuis le mois de janvier 1909, l'Association Catholique, « fondée par l'Œuvre des Cercles catholiques, et longtemps dirigée k par elle, est publiée avec le concours de l'Action Populaire et à sous le nom de Mouvement Social. Ce changement de titre « n'implique nullement un changement de doctrine. Au contraire, « l'une des ambitions de la Revue nouvelle est de ressembler à Tance cienne, en égalant, s'il se pouvait, ses mérites, ou du moins sa « passion dans le service de la même cause. Toutefois, cette modi- « fication indique comme une évolution de la même idée. Suivant « l'exigence et le progrès du temps, la Revue a besoin d'être avertie, « très au courant des faits économiques qui, en France et à l'étran- « ger, manifestent le mieux la marche de l'esprit public. Moins de « thèses, dirions-nous volontiers, moins de discussions d'école (ce « travail a été fait), une constatation plus immédiate, plus émue, « du fait social, actuel, présent en quelque manière. Non pas un « simple enregistrement et comme une feuille d'état-civil, mais avec « la déclaration de ce fait, les enseignements qu'il comporte, la « doctrine qu'il rappelle et précise. Mais nous voulons une doctrine « exacte, actuelle, déterminée en quelque façon par les événements « et les éclairant de sa lumière.
« Telle est, dans ses grandes lignes, la Revue que nous voulons « rédiger; elle sera vraiment sociale, vraiment catholique, très « ouverte au mouvement des idées et des peuples, s'enquérant, en « quelque manière, de l'évolution contemporaine, de ses modifica- « tions profondes au sein des peuples pour les conduire à la vérité.
« Aucune revue de ce genre n'existe. »
~* Ceux qui ne pourraient, à cause de son prix un peu élevé, lire régulièrement cette importante revue, pourront s'abonner à la Chronique sociale de France (mensuel ; un an, 4 fr. Lyon, 16, rue du Plat).
Cette intéressante revue mensuelle est l'organe officiel des Semaines sociales. Plus concrète et plus variée que le Mouvement social, moins théorique et plus pratique, elle est aussi d'une doctrine très sûre. Sa lecture aisée et son prix très abordable en font certainement l'organe le plus accessible du catholicisme social et nous la recommandons également sans réserves.
~~ Enfin, il faut connaître aussi les brochures jaunes de l'Action Populaire et la petite Revue de l'Action Populaire, qui, animées du même esprit que le Mouvement social, mais plus lisibles, sont très aptes à éveiller le sens social, à éclairer et à diriger les bonnes volontés (Reims, Action Populaire, et Paris, Lecoffre. Prix de l'abonnement annuel aux brochures et à la revue : 7 fr. 5o. — Avec le Courrier des Cercles d'études :
Telles sont les revues sociales dans lesquelles les hommes d'action et les membres des groupes et associations catholiques trouveront, en sus des org-anes auxquels ils sont particulièrement et justement attachés, des documents de première main et, nous osons le dire, une doctrine éclairée, hardie et rigoureusement orthodoxe.
~~ Les esprits cultivés, qui savent s'orienter au milieu des écoles sociales, pourront consulter, à titre documentaire, des revues qui, bien qu'animées au point de vue religieux d'un excellent esprit, s'écartent sensiblement, au point de vue social, des doctrines catholiques sociales : c'est La Réforme sociale, organe de l'Ecole (libérale) de Le Play (Paris, 53, rue de Seine) et la Science sociale, organe de l'Ecole de Demolins (56, rue Jacob), qui prétend arriver, par Y étude exclusive des faits, à la découverte des lois sociales.
Maintenant que nous connaissons parfaitement les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise, nous allons étudier, sans nous ég-arer dans les détails, les organismes dont nous comprenons enfin la nécessitera famille et la corporation, nous réservant de traiter dans la 3e partie de ce livre, toutes les questions qui se rattachent à la cité et à la cité agrandie, c: està-dire à la nation et à la société internationale.
Mais la famille, d'abord, fera l'objet de nos préoccupations; c'est pourquoi nous lirons avec soin les ouvrages recommandés dans les pages qui suivent.