LE MARIAGE
Le christianisme a idéalisé l'amour.
Il veut que les époux trouvent le bonheur dans des liens éternels librement consentis, dans la pureté d'un sang vigoureux et chaste, dans la discipline des désirs vaincus et maîtrisés, dans le regret profond des faiblesses commises et dans le réconfort des pardons généreux, dans l'intimité confiante des cœurs fermés aux passions vagabondes, dans l'harmonie des âmes toutes pénétrées d'affectueuse bonté, dans la présence d'enfants chéris qui prolongent notre pensée et perpétuent notre race, dans le travail qui fait mieux goûter le charme du foyer et la douceur de l'amour, dans l'allégresse et dans la sérénité d'une marche commune vers une même destinée.
3l2 LA VIE SOCIALE
Et si l'Eglise, pour nous rapprocher davantage de Dieu, n'a pas voulu que la volupté fût la fin dernière du mariage, ne lui reprochons pas de nous soustraire à l'esclavage de la chair et acceptons sa loi.
Précisément, à cause de sa nature délicate, la doctrine de l'Eglise, sur ce point, n'a peut-être pas été suffisammeut rappelée aux chrétiens et il a fallu que l'Eglise fût persécutée pour qu'elle sentît, enfin, la nécessité de forger des énergies, en exigeant que nous vivions notre foi jusque dans l'ombre discrète du logis.
Le Mariage chrétien .
Nous trouverons la doctrine de l'Eglise parfaitement exposée dans une étude du P. Monsabré, étude qui fait vraiment autorité et qui devrait être le livre de chevet de tous les chefs de famille chrétienne :
Monsabré (le P.). — Le Mariage, conférences prononcées à Notre-Dame pendant le carême de 1887. — Paris, Lethielleux, 1910. Editions multiples. — Prix : depuis 1 fr. 5o (édition de propagande) jusqu'à 120 fr. (édition de grand luxe). Edition courante : 3 fr. et 5 fr. Demander le catalogue.
La Sainteté du mariage : dans son institution primitive, comme sacrement.
Le Lien conjugal : l'indissolubilité est une loi divine; c'est aussi une loi de progrès et de perfection.
Le Divorce : principe de décadence : comment on le réfute.
Législation du mariage : droit de Dieu et de l'Eglise sur cette législation. Sagesse et force de l'Eglise dans sa législation matrimoniale.
Effets de la Grâce sur les époux.
Les Profanations du mariage : dans la génération, dans la fidélité, dans le sacrement. — La grâce rend l'amour pur et fidèle, patient et dévoué. La grâce éclaire et dirige l'amour paternel et maternel. Règne de Dieu dans la famille chrétienne. La religion du foyer...
« Ne va-t-on pas nous reprocher de nous être tenu trop loin des « réalités de la vie contemporaine? Ces perfectionnements de l'amour, « dira-t-on, s'ils sont vrais en théorie, ne le sont guère en pratique. « L'amour pur et fidèle dans l'union conjugale, l'amour patient et « dévoué dans la vie commune, l'amour des parents toujours éclairé
« et dirigé par la grâce dans le gouvernement domestique, le saint « amour établissant le règne de Dieu dans la famille et faisant res- « plendir la religion du foyer : autant de choses parfaites qui n'ap- <( partiennent qu'au mariage idéal. Nous ne nous défendrons pas « d'avoir voulu élever les époux chrétiens jusqu'à cette hauteur. »
~~ Il est nécessaire de compléter l'étude du P. BJonsabré par l'opuscule suivant, qui contient la célèbre et très remarquable pastorale du cardinal Mercier sur les devoirs de la vie conjugale :
Pour l'honnêteté conjugale. I. Les devoirs de la vie conjugale, par le cardinal Mercier. II. De la dépopulationpar l'infécondité voulue, par le Dr H. Desplats. III. La Peur de V enfant dans les classes dirigeantes et notes sur le problème en général, par le P. Vermeersch. — Bruxelles, Fonteyn, 3e édition, 191 1, in-16 de 127 p. Prix: 1 fr. (port en sus, ofr. i5). «Ilya vraiment, dit à propos de ce livre M. G. Blondel, des influences néo-païennes qui désagrègent nos sociétés trop civilisées (1). »
On lira également les études de Bayard, de Bertillon, de Ract, de des Cilleulsyde Deherme, cités plus loin (p.32i), sous la rubrique « Croissez et multipliez » (2).
~v On peut répandre également un opuscule, d'une doctrine très sûre, qui rappelle aux chrétiens, discrètement mais clairement, la doctrine de l'Eglise : Hoppenot (Abbé) : Catéchisme du mariage. 5oe mille. Paris, Bonne Presse, 1909, in-16 de 25o p. Prix : o fr. 5o. — Compléter par :
Guillermain (Abbé J.). Choix de discours et allocutions de mariage. Paris, Bloud, 1890, in-8 de 365 p. — Prix; 3,5o.
v~ Nous connaissons maintenant, dans ses grandes lignes, la doctrine de l'Eglise, mais nous ignorons encore quelles sont les conditions nouvellement requises par L'Eglise pour lavalidité du sacrement lui-même. C'est ce que l'on saura en lisant : Boudinhon (Abbé A.) : Le Mariage et les Fiançailles, nouvelle législation canonique d'après le décret du 2 août igoy. Paris, Lethielleux (en réimpression). Prix : 2 fr.
(1) G. Bi.ondel, dans la Réforme sociale (1910,11, p. 5g8).
(2) Citons aussi le livre beaucoup plus spécial du Dr Subblfd : la Vie à deux. Paris, Maloine, 1911, in-12 de 187 p. Prix : 3 fr.,et le bon travail du Dr Vincent : le Médecin, son rôle dans la famille et dans la société. Paris, Beauchesne, in-12 de iv-422 p. Prix : 3,5o.
L'Indissolubilité du mariage est un progrès social.
Voyons, maintenant, comment d'excellents auteurs, (Tailleurs chrétiens, combattent, avec le seul secours de la raison et de l'expérience, les erreurs et les préjugés depuis longtemps dénoncés par l'Eglise. Et d'abord :
Fonsegrive (G.). — Mariage et union libre. 4e édit. — Paris, Pion, igo4, in-12 de 3q4 p- — Prix : 3 fr. 5o.
C'est un livre à lire, car on y trouve de bons et solides arguments à opposer à l'union libre dont quelques écrivains, comme Paul et Victor Margueritte, Octave Uzanne, Rosny, Marcelle Tinayre, Georges de Porto-Riche et nombre d'autres n'hésitent pas à se déclarer partisans. — Ajoutons que ce livre a été couronné par l'Académie Française.
Les institutions matrimoniales : Les origines. L'évolution vers l'indissolubilité. Les vicissitudes de l'indissolubilité. Les apôtres du divorce. En marche vers l'union libre. Les conséquences du divorce : quelques statistiques.
La constitution conjugale ; Contrat civil ou contrat moral. L'essence du lien conjugal. Quelques corollaires. Les altérations de l'institution.
« Réduire le mariage au caprice des sens et proclamer la légiti- « mité de l'union libre, c'est détruire la famille, c'est autoriser les « plus graves désordres moraux, c'est ramener l'humanité à la pro- « miscuité barbare, c'est aller au rebours de l'évolution que l'his- « toire du mariage nous montre s'être faite du multiple au simple, « c'est rétrogader vers l'animalité.
« Pour une raison cohérente : il n'y a pas de milieu stable.. . ; ou « l'union libre ou le mariage. L'union libre réduit l'homme aux ins- « tincts et le ramène aux mœurs de la bête. C'est donc en dehors « d'elle, en dehors des irrationnalités du divorce, que se trouve l'u- « nion véritable du couple humain, la seule qui mérite le nom de « mariage... »
[Et l'auteur de conclure] : « Comme dans nos recherches, nous « n'avons fait entrer aucun dogme, aucune théorie préconçue, mais « seulement des constatations et des raisonnements de l'expérience et « de la raison, il nous paraît bien s'ensuivre que les doctrines de l'E- « glise, auxquelles nous aboutissons ainsi, reposent sur un substra- « tum solide et rationnel.... » (pp. 35o et suiv.)
LA FAMILLE 3l5
Enfin, on trouvera clans le petit livre suivant d'excellents conseils que nous lirons avec beaucoup d'intérêt. L'auteur, sans faire ouvertement appela la morale évangélique, proclame cependant que les jeunes gens doivent être chastes et les époux fidèles. A l'heure où une morale trop relâchée prétend légitimer toutes les fantaisies de l'amour, il est bon que des voix s'élèvent pour nous rappeler la splendeur du mariage chrétien et l'impérieuse nécessité de la constance.
Le bonheur est au foyer et c'est une folie que de se laisser entraîner, par caprice ou par dépit, par plaisir ou par vanité, dans les sentiers faciles des passions adultères qui enivrent la chair et meurtrissent la conscience. La tendresse sereine de l'épouse vaut mieux que la hantise des lèvres volées.
Nous lirons donc :
Nast (Alb.). — Mariage et préjugés. Edition nouvelle. — Paris, G. Grès (3 bis, place de la Sorbonne), ig 10, in- 12 de 221 p. — Prix : 2 fr. 5o
« Le désordre moral est contraire à l'intérêt de la société (p. 220).
« L'indissolubilité sexuelle... donne à la vie son maximum d'inten- « site morale et fait en quelque sorte de la famille le plus beau « champ d'expérience des vertus sociales (p. 100).
« La fidélité suppose, chez ceux qui s'aiment, une résolution ferme « et raisonnée de respecter la foi jurée et par conséquent la volonté « de lutter, s'il le faut, contre les sollicitations pernicieuses, contre « les désirs adultères qui peuvent assaillir les sens ou l'esprit. La fi- « délité, comme l'a bien remarqué M. Fonsegrive, est une œuvre de « raison... Si deux époux s'aiment véritablement non pour leurs « corps seulement, mais pour leur esprit, mais pour leur cœur, si des « souvenirs nombreux et chers, comme des liens puissants, les rat- « tachent l'un à l'autre, si, enfin, de petites têtes leur rappellent à « tout instant leurs promesses de jadis, alors il leur sera facile de « ressaisir leur chair et de concentrer leurs sentiments... (p. n).
« La conscience de tels devoirs, sans diminuer en eux la force de « leur amour, les placera fièrement au-dessus des préjugés injustes « et leur donnera le courage de marcher à l'encontre. Songeant sans « cesse au bonheur de leurs enfants, les appréciations stupides ou « méchantes des autres ne les atteindront jamais. Et plus tard, quand « ils seront bien vieux, il leur sera doux d'évoquer le passé dans « l'attente sans effroi de la mort. Le glas funèbre n'aura point d'ac- « cents désespérés. Mais, tout joyeux, il tintera dans les airs, car il
(( sera l'expression solennelle de la reconnaissance sociale, à l'heure « où les vieillards, ne mourant qu'à demi, commencent à revivre dans « leur postérité » (p. 102).
Pourquoi les catholiques doivent réclamer la suppression du (( mariage civil ».
On ne manquera pas de lire avec attention l'étude suivante, trop peu connue, qui fut présentée comme thèse de Doctorat à l'Ecole de Droit et qui mérita la médaille d'or, au grand scandale de certains professeurs de cette Ecole, qui reprochèrent vivement à leurs collègues, MM. Ghénon, Pillet et Piedelièvre, d'avoir donné la plus haute récompense à une thèse qui combattait résolument une des plus belles conquêtes de la Révolution : le mariage civil...
Lemaire (René). — Le Mariage civil. Etude historique et critique. — Paris, Larose, igoi,in-8 de 226 p. — Prix : [\îr.
Lé caractère mixte du mariage : naturel, religieux, civil : Le conflit des lois civile et religieuse. Leur accord avant le mariage civil. dre phase : La confusion des pouvoirs civil et religieux. 2e phase : L'accord des deux pouvoirs. 3e phase : Le mariage civil.
Le mariage civil : Les antécédents directs du mariage civil. La théorie gallicane et le mariage des protestants. L'avènement du mariage civil. La Révolution et le Code civil.
Critique du mariage civil : — Critique légale : Violation de la liberté de conscience et de culte dans la personne des époux, dans la personne des ministres de la religion. — Critique morale : La prédominance du mariage civil est un danger pour la société ; il a été prédit, l'histoire atteste qu'il faut l'enrayer et comment il faut l'enrayer .
Le Divorce dans ses rapports avec le mariage civil : Le divorce, s'il n'est pas la conséquence obligée du mariage civil, lui est uni par une très étroite corrélation. La faillite du mariage.
La réforme nécessaire : Il faut un système comportant une célébration unique, qui puisse être, au gré des parties, soit religieuse^soit civile...
« Ce serait.... par la religion catholique, c'est-à-dire par la reli- « gion de la très grande majorité des Français, la restauration du « mariage indissoluble, indissoluble cette fois, non plus dans le rela-
LA FAMILLE 3 Ie]
« tif et par « loi de police », mais dans l'absolu et par prescription a divine...
« Le mariage religieux, restauré comme nous le demandons, « exercerait donc une action préventive très salutaire pour tout le « monde : pour celui à qui serait faite la proposition de mariage a civil, parce qu'il serait immédiatement fixé sur les sentiments qu'il « inspire ; pour celui à qui la pensée viendrait de le faire, parce que « ce serait à lui-même la révélation d'un choix mauvais, unavertis- « sèment contre de trop faciles illusions ; pour la société enfin, qui « gagnerait grandement à ces unions sérieusement conclues...
« La société a besoin de familles solides, basées, non sur la volupté « qu'ont divinisée le roman et le théâtre et dont il faut, sans fausse « pudeur, leur laisser le honteux monopole, mais sur l'amour que « sanctifie l'Eglise, sur l'amour, qui ne recule point devant les abné- « gâtions et les sacrifices, sur l'amour qui sait être le devoir. Vieilles « banalités que tout cela! C'est là, pourtant, qu'est le salut de la « société et si l'on veut que ces idées et ces sentiments reprennent « sur la famille leur salutaire influence, il faut qu'elles commencent « par s'affirmer sans entraves sur les époux au jour même où la « famille est fondée. Glorifions ce « mariage devoir »; d'origine « divine, qui est au-dessus des railleries et que sa célébration reli- « gieuse restaurée soit le signal de la restauration de la société » (pp. 217 et suiv.).
v~ On pourrait répandre un opuscule du même auteur : Mariage civil et divorce, deux éléments de ruine sociale. — Paris, Bloud, 191 1, in- 16 de 64p. — Prix: o fr. 60.