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LA FEMME

C'est l'Eglise qui défend la femme contre l'homme en proclamant qu'elle n'est ni une fleur que l'on cueille au hasard des chemins, ni un jouet que l'on abandonne quand il est brisé ; c'est l'Eglise qui, la première, protégea son intelligence et se réjouit de sa culture; c'est l'Eglise qui, par l'indissolubilité du mariage, l'éleva à la dignité qu'on voudrait lui ravir; c'est elle qui veille sur l'épouse pour la préserver des caprices amers du cœur et des faiblesses irréparables de la chair; c'est elle qui convie la mère à partager l'autorité paternelle pour en adoucir la rudesse; c'est l'Eglise, enfin, qui,aujourd'hui,voudrait arra-

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cher la femme à l'usine pour la rendre au foyer, et c'est aussi l'Eglise qui, demain, soutiendra toutes les revendications susceptibles de lui concilier le respect, de faciliter sa tâche providentielle, d'assurer ses droits et de la soustraire, en un mot, à une infériorité en bien des points injustifiée.

Les catholiques n'accompliraient donc pas leur devoir s'ils négligeaient de prendre en main, une fois encore, la défense de celle pour qui le christianisme a déjà tant fait. La cruauté du capital, la décadence de la morale, l'orgueil de la pensée préparent un nouvel asservissement de la femme. Détachée du foyer où elle trouve respect et protection, la femme, instrument de plaisir et ouvrière au rabais, sera nécessairement vaincue par l'homme et tout l'ordre social en sera bouleversé.

Bebel, le célèbre socialiste allemand, n'a garde de prêter une

oreille distraite aux doléances de la femme, lui qui, dans un

de ses discours, s'écriait : « Messieurs, là où se portera la

femme pour le grand mouvement social, là sera la victoire»

n'en doutes pas... »

La question féminine ne mérite donc ni notre ironie ni notre indifférence, mais elle fera, au contraire, l'objet de nos plus vives préoccupations, quand nous aurons lu les ouvrages qui traitent de cet important sujet. Nous ferons ainsi le départ entre les exagérations et les justes revendications du féminisme contemporain.

La Femme : ses droits et ses devoirs.

Nous recommanderons, tout d'abord, une œuvre d'une doctrine très sûre qui devrait être davantage répandue parmi nous :

RôsLER(leP. Aug.). — La Question féminine examinée au point de vue de la nature, de l'histoire et de la rév tion. Traduction de J. de Rochay. Paris, Perrin, 1899, in-12 de xxxiv~4o6 p. — Prix ; 3 fr.5o.

Exposé et signification de lu question féminine. Quelle est la place assignée à la femme par la nature ?

Ce que nous apprend Vhistoire sur le rôle de la femme dans Vhumanitè : La femme dans la civilisation antique; chez les peuples barbares : chez les monothéistes non chrétiens avant ou en dehors de l'Evangile.

La femme dans le Christianisme : La femme aux premiers temps de l'Eglise. La femme dans la chrétienté depuis l'invasion des barbares jusqu'à la Renaissance. La femme dans les temps modernes depuis la Renaissance jusqu'à nos jours. L'influence de la révolution religieuse du xvic siècle sur la condition de la femme. Influence du naturalisme actuel sur la situation sociale de la femme.

Ce que nous enseigne la révélation sur la place que doit occuper la femme dans l'humanité : Nécessité de cette révélation. L'ordre des rapports entre l'homme et la femme établis dès le commencement. Restauration de l'idéal féminin et le salut de la femme par la Rédemption.

Conclusion. Les états modernes et la société actuelle. Bourgeoisie libérale travaillant pour le compte du socialisme. Impiété des sociétés modernes. Mariages civils, mariages mixtes. Côté faible de la démocratie sociale. Le retour aux principes chrétiens conservés par le christianisme, seul moyen de salut.

« Le g-enre humain n'est constitué que par l'union des deux sexes, « lesquels forment un tout complet lorsqu'ils perpétuent leur race : « c'est pourquoi, dans la vie sociale, les devoirs de l'homme et de la « femme diffèrent d'une manière essentielle, tandis que, dans la a propagation et l'éducation du g"enre humain, les deux sexes se « fondent en une unité parfaite. En l'homme seul ou en la femme «c seule, dit Riehl, l'idée de l'humanité n'est pas complète, c'est le « couple qui constitue le Microsmos.

« Les socialistes, eux, considèrent l'homme et la femme, dans l'hu- « manité, comme deux individualités toujours indépendantes, devant « chacune se suffire à soi-même et vivre à côté l'un de l'autre, sou- « vent même en commun, mais sans jamais se fondre ni s'unifier. « Ce système équivaut à Yalomisation des forces sociales, l'humanité « ne gardant plus que l'apparence d'un tout unique.

« Le christianisme... proclame la valeur et l'indépendance indivi- « duelle de l'homme et de la femme plus hautement que ne sauraient « le faire les socialistes, mais, quand il s'agit deson union avec l'homme, « il s'appuie sur l'ensemble des conditions naturelles pour donner à « ce dernier la prépondérance et assurer ainsi l'unité de la famille « sans laquelle la société devient impossible. On réclame une réforme « contre les abus qui causent la misère si révoltante delà femme pau- « vre contemporaine et, au lieu de chercher pour elle le soulagement, '< on aggrave ses maux par une fausse et dangereuse émancipation- « Quant à la femme des classes riches, on lui promet aussi l'affran- « chissement de tous ses devoirs et on l'entraîne au fond d'un gouffre « insondable.

« Hélas! les femmes n'écoutent que trop volontiers ces nouveaux « apôtres dont les flatteries les égarent; c'est à elles, surtout.que nous « nous adressons : nous allons leur montrer, pièces en mains, quels « sont leurs véritables droits. Nous aussi, nous combattons pour elles « et nous prétendons mieux les émanciper delà tyrannie des sociétés « actuelles que ne saurait le faire l'Ecole socialiste... » (p. xxxm).

Le Féminisme rationnel.

~~ On pourrait compléter l'étude du P. Rosier, très doctrinale et d'une orthodoxie rigoureuse, par l'ouvrage de Turgeon, professeur d'économie politique à la Faculté de droit de l'Université de Rennes. Les idées de l'auteur sont généralement justes et pondérées et son livre a des précisions que le livre du P. Rosier ne pouvait avoir :

Turgeon (Ch.). — Le Féminisme français, 2* édition. — Paris, Larose, 1907, 2 volumes in-12 de iv-48q et m-5oo p. — Prix: 7 fr.

Emancipation individuelle et sociale de la femme : Tendances et aspirations féministes. Groupements et manifestations féministes. Emancipation intellectuelle de la femme. Emancipation pédagogique de la femme. Emancipation économique de la femme.

Emancipation politique et familiale de la femme ; Emancipation électorale de femme. Emancipation civile de la femme. Emancipation conjugale de la femme. Emancipation maternelle de la femme. Précisions et conclusions.

... « Droit au respect, droit à la vérité, droit à la science, sans « exception, ni restriction, droit au travail, droit au suffrage, droit « à l'autorité familiale elle-même dans la mesure où ces droits s'ac- « cordent avec l'intérêt social et l'unité du gouvernement domes- « tique, tel est l'élargissement de puissance et de dignité que nous « avons revendiqué pour la femme. Mais, en revanche, nous croyons « avoir démontré que, poussé plus loin, le féminisme la découron- « nerait des privilèges de son sexe et affranchirait l'homme de ses « devoirs de traditionnelle protection » (t. II, p. l^o).

~~ Lire également le chapitre consacré par Boissier à la Situation de la femme à la fin de V Empire Romain dans son livre déjà cité : La Religion romaine, et consulter encore les ouvrages suivants :

Sertillanges (le P. D.) : Féminisme et Christianisme. Paris, Lecoffre, 1908, in-12 de 343 p. Prix : 3 fr. 5o. — Spalding (Mgr) : L'Éducation supérieure des femmes. Traduit de l'anglais par l'abbé F. Klein: Paris, Bloud, in-16 de 64 p., 191 1. Prix : 0,60. — Dupanloup (Mgr) : Les Vocations différentes de la femme : L'union complète. Le célibat. La vie religieuse. La direction. Lettres diverses publiées par Mgr Chapon. Paris, Lethielleux, 1908, in-12 de iv-286 p. Prix : 3 fr. — Du même auteur : Lettres sur l'éducation des Filles et sur les études qui conviennent aux femmes dans le monde, 7e édit. Paris, Téqui, 1907, in-12 de xv-467 p. Prix : 4 fr. — Lamy (Et.) : La Femme de demain ; la femme et le savoir, la Jemme et les penseurs; la femme et renseignement de l'Etat. Paris, Perrin, 1901, in-16 de 289 p. Prix : 3 fr. 5o.

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