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L'ENFANT

La peur de l'enfant est un des plus puissants dissolvants des familles et des peuples. Jean-Jacques Rousseau, lui-même, disait : « Pour moi, je m'étonne qu'on méconnaisse un signe aussi simple ou qu'on ait la mauvaise foi de n'en pas convenir. Quelle est la fin de l'association politique? C'est la conservation de la prospérité de ses membres. Et quel est le signe le plus sûr qu'ils se conservent et prospèrent? C'est leur nombre et leur population. N'allez-donc pas chercher ailleurs ce signe si disputé. Toutes choses d'ailleurs égales, le gouvernement sous lequel, sans moyens étrangers, sans naturalisations, sans colonies, les citoyens peuplent et se multiplient davantage est infailliblement le meilleur. Celui sous lequel un peuple diminue et dépérit est le pire(i). » Tout récemment, enfin, M. Deherme, qui n'est pas des nôtres, signalait éloquemment le danger que court notre race et ses paroles sonnent comme un glas...

« Croissez et multipliez . »

A l'heure où des théories néfastes et criminelles se font jour partout et pénètrent dans nos foyers, il est bon et il est sage

(1) Rousseau, édit., H. Joly, p. 139.

de rappeler, à ceux qui l'auraient oublié, l'ordre du Christ : « Croissez et multipliez. »

Alors nos familles chrétiennes, nombreuses et prospères, pourront réaliser l'ordre social chrétien puisque les autres auront tari pour elles les sources de la vie...

Sur ces graves questions de natalité, nous ne saurions trop recommander la pastorale du cardinal iJ/eraer, citée plus haut (p. 3i3), avec les commentaires du Dr Desplats et du P. Vermeersch et l'étude très courte, mais très substantielle, que M. Baijard a consacrée à la natalité, en se basant sur des documents et sur des statistiques irréfutables. Le tableau qu'il trace n'en est que plus navrant.

Bayard. — La Peur de l'enfant. Avec lettre-préface de M. Paul Bourg et. — Paris, Maloine, 1907, in-8 de 55 pages, carte et graphique. — Prix : o fr. 60.

Bien-être et devoir. Une journée à Bougival. La disette d'enfants. Du bien-être non équilibré par le bien-vivre. Applications aux divers milieux. Le vice français. Les corrupteurs. Objections scientifiques et autres.

De quelques palliatif s. Le remède décisif. De la religion des gens du monde ; de la religion tout court. L'organisation de la famille. Bien de famille. Assurance. Du mariage et de la misère dorée. Règles mo» raies. La maternité à la mode. « Sauver la France en soi. »

Géographie statistico-morale. Foi et natalité.

« Loin d'appliquer la religion à refaire de la race, voici qu'on « persécute prêtres et religieux, qu'on chasse Dieu de l'école, de « l'hôpital, de l'armée, de la justice, du cimetière, de l'église. On ne « sait que faire pour flatter le peuple : partout, on surexcite ses bas «instincts de jouissance, d'envie, de haine de toute supériorité. « Plus de devoirs, rien que des droits; plus de Dieu, rien que du « plaisir ; plus d'enfants, rien que de l'amour. Si l'œuvre s'achève, « l'ange de la France pleurera bientôt sur un cimetière...

« Seuls, peuvent sauver le pays, les chrétiens, s'il en reste. A eux « de multiplier la vie; à eux de faire des énergies et des croyances ! »

*~ Il est nécessaire de compléterpar le travail extrêmement intéressant du Dr J. Bertillon :

La Dépopulation de la France, ses conséquences, ses causes; mesures à prendre pour la combattre. Paris, Alcan, 1911,111-8 de 346 p. Prix : 6 fr., et par les livres suivants :

Ract (Abbé Cam.) : Natalité. Préface de G. Fonsegrive. Paris, Poussielgue, 1901, in-8 de 4i2 p. Prix : 4 fr. — Gilleuls (des) : La Population. Paris, Lecoffre, 1902, in-12 de vn-207. Prix : 2 fr. — Deherme : Croître ou Disparaître. Paris, Perrin, 19 10, in-12 de m-324 p. Prix : 3 fr. 5o, et enfin, Deslandres : Le Problème de la population (Semaine sociale de Rouen, 1910).

Comment élever nos enfants.

Le premier devoir des parents chrétiens est de travailler, sans se lasser, à l'éducation de leurs enfants. C'est à eux qu'il appartient d'épier l'éveil de leur sensibilité, de leur apprendre à distinguer le bien du mal, de comprimer avec douceur et fermeté les mauvais instincts qui s'éveillent en eux, de favoriser les meilleurs penchants de leur nature, d'exciter leur énergie, d'ouvrir leur intelligence, de former leur jugement, de purifier leur cœur, de les aider, en leur donnant le goût du travail, à découvrir leur vocation, et à « faire leur chemin » dans la vie.

Et pour cette tâche, lourde évidemment mais intéressante et joyeuse entre toutes, la Providence nous a spécialement doués. Pourtant, quelques-uns d'entre nous voudront peut-être connaître, pour mieux s'acquitter de leur mission, les sages conseils que des personnes expérimentées ont notés dans des livres excellents. Ceux-là liront, sur l'éducation du premier âge, le léger ouvrage de l'abbé Julien :

Du berceau à l'école, ou l'éducation dans la famille. Paris, Retaux, 1898, in-16 de 238 p. — Prix : 3 fr. Et surtout le livre si intéressant et si utile de :

Nicolay(E. de) : Les Enfants mal élevés, 32e édition. Etude psychologique, anecdotique et pratique, Paris, Perrin, 1909, in-8 de vn-53o p. Prix: 3 fr. 5o.

~* Nous pourrons ensuite consulter, sur Péducation proprement dite, les sérieux travaux mentionnés ci-dessous :

Dupanloup (Mgr). — De l'Éducation. 12e édit. Paris, Téqui, 1897, 3 vol. in-12 de xxvin et 4o5, 607 et 632 p. — Prix ; 10 fr. 5o.

Cet ouvrage, bien que vieux, est encore le meilleur et le seul livre de fonds que nous puissions recommander. La longue expérience de Mgr Dupanloup, son esprit large et pénétrant, sa parfaite connaissance des âmes le désignaient tout spécialement pour étudier cet important sujet. Nous connaissons des livres plus récents, remarquables à bien des points de vue — tel les livres de M. Compayré, par exemple — mais ces livres ignorent la morale chrétienne et M. Compayré comprendra notre choix, lui qui déclare tristement que l'école sans Dieu est une école qui n'a point de morale. Ne fait-il pas ce pénible aveu : « Nous couchons à la belle étoile... » — On ne s'étonnera donc pas « qu'un évêque dont la vie presque entière (dit Mgr Dupanloup en parlant de lui-même) s'est passée à élever la jeunesse, qui a consacré à cette grande œuvre de laborieuses études et un long dévouement, vienne entretenir ses contemporains de l'éducation, c'est-à-dire du grand art de faire des hommes. » Ajoutons, enfin, que l'homme d'action trouvera, dans le dernier volume, de très sages conseils qu'il ne saurait trop méditer.

T. /. — De V éducation en général : De l'enfant et du respect qui est

dû à la dignité de sa nature. Des moyens d'éducation. De l'enfant

et du respect qui est dû à la liberté de sa nature. Des diverses sortes

d'éducation.

T. II. — De l'autorité et> du respect dans l'éducation : Le père, la

mère et la famille. L'instituteur. L'enfant et la loi du respect. Le

condisciple et l'éducation publique.

T. III. — Les hommes d'éducation .' Les supérieurs, les maîtres. Des

difficultés radicales de l'éducation des enfants. De quelques grands

moyens d'édu«ation.

« Il m'a semblé trop triste de désespérer d'un pays dont l'intelli- « gence est naturellement si belle, le cœur si haut, les instincts si « généreux et le bon sens toujours supérieur à ses légèretés. Sans « cloute, le peuple français peut se laisser éblouir, égarer, mais il « sait revenir à la raison par ses égarements mêmes; une grande et « forte éducation peut lui rendre encore ce sens ferme et élevé, ce « sens chrétien qui en fait le premier peuple du monde et qui lui a fera retrouver son antique prospérité dans ses premières vertus » (p. xxvn).

« Nous avonsvoulu [ditM.Baudrillart]« remettre en lumière quel- % ques idées et quelques figures qui rendent sensibles aux amis et

« aux ennemis ce que, dans l'enseignement public etdansl'enseigne- « ment privé, les*catholiques du xixe siècle ont fait » (p. vu).

Que faire de la vie ?

Trop souvent la carrière choisie ne correspond pas suffisamment aux aptitudes ou aux capacités des jeunes gens, car ce choix est, maintes fois, fait à la légère. Les parents sont les premiers coupables; ils ne s'en préoccupent qu'au dernier moment et, comme le temps presse, on ne fait pas d'enquête sérieuse et l'enfant décide de sa vie, au petit bonheur.

Il faut que les parents étudient bien le caractère, les aptitudes et les qualités de l'enfant, qu'ils se renseignent bien sur les carrières qui peuvent s'offrir à son activité ou à son zèle, qu'ils les lui fassent connaître de façon à éveiller sa curiosité, à découvrir ses goûts, à faciliter et à hâter sa décision. De bons livres devront leur faciliter cette besogne. Au nombre de ceux-ci mentionnons d'abord un modeste ouvrage, susceptible pourtant de donner au jeune homme d'excellentes indications générales. On n'y cherchera donc pas des précisions sur les carrières diverses qui le sollicitent, mais des « conseils d'ami » sur les meilleures routes à suivre :

Bitot (Abbé). — Que faire de la vie? Paris, Retaux (aujourd'hui Téqui), in-12 de 25 1 p. — Prix : 2 fr. 5o.

~~ On trouvera aussi, dans un livre d'Hanotaux, des idées générales sur l'enseignement et sur les grandes écoles, sur les carrières les plus utiles et sur celles qui exigent plus particulièrement l'énergie et toutes les autres qualités qu'on peut demander à la jeunesse française. C'est ce qui en fait l'intérêt. La thèse de l'auteur, qui se rapproche assez de celle de Demolins, est juste et s'inspire des intérêts des familles, des intérêts de la jeunesse et des intérêts de la patrie. On lira donc :

Hanotaux. — Du choix d'une carrière (16e mille). Paris,

Flammarion, 1908, in-18, vm et 332 p. — Prix : 3 fr. 5o.

« N'étant pas du métier, quelques libertés me seront permises. Je

« dirai tout haut ce que beaucoup de nos amis, peut-ôtre, pensent « tout bas. Le public est gent moutonnière. Il suit les chemins tra- « ces. Mais, si une voix l'arrête et lui fait faire un retour sur lui- « même, il s'étonne souvent d'avoir si patiemment piétiné dans ses « ornières, dont il avait lui-même, depuis longtemps, la lassitude et « le dégoût...

u A mon avis, tout le mal vient de la scolarité..

« Savoir est peu de chose ; vouloir, agir, voilà ce qui importe » (pp. 3 et suiv.)

^~ Enfin, nous aurons sur toutes les carrières des renseignements pratiques d'une exactitude rigoureuse, en consultant les livres suivants. Et d'abord :

Bettencourt (Victor). — Du choix d'une carrière indépen* dante. — Paris, Poussielgue, 1903, in-8 de vu et 3o8 p. — Prix : 3 fr.

L'auteur a voulu soustraire les énergies catholiques à la dure poigne de l'Etat, c'est une idée excellente qu'on ne saurait trop approuver. Les carrières tranquilles n'apportent généralement qu'un bien-être tout à fait relatif et, parfois, l'Etat exige de ses employés le sacrifice de leur pensée et de leur liberté d'action. C'est vraiment dommage que tant d'activités catholiques aient été domestiquées et perdues pour nous. Pourtant, il serait injuste, croyons-nous, de nier l'influence heureuse exercée par ceux d'entre nous qui occupent de hautes fonctions publiques. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage de M. Bettencourt est consciencieusement composé, les renseignements qu'il fournit sont exacts et complets; ils seraient au point, si l'auteur nous donnait, de son livre, une édition nouvelle.

Carrières agricoles et industrielles : L'Agriculture. L'Institut agronomique. Institut agricole de Beauvais. L'Ecole des Haras. Les écoles catholiques d'agriculture d'Angers et de Paris. La profession agricole.

V Industrie : L'Ingénieur à l'Ecole centrale des arts et manufactures. Institut de chimie appliquée. Ecole supérieure d'électricité. Industrie textile [institut technique Roubaisien], Industrie métallurgique [institut catholique des arts chrétiens de Lille]. La profession industrielle.

Carrière libérale : Le droit. Le notariat. La médecine. Avoués. Greffiers. Commissaires priseurs. La médecine. La médecine militaire. La médecine des colonies.

Carrière coloniale : Ecole coloniale. Commissariat de marine. Douanes chinoises. La colonisation. La Tunisie. Le Tonkin. Madagascar. Le Canada.

Conclusion : L'enseignement professionnel des classes aisées : Institut agricoles provinciaux. Ecoles supérieures industrielles. Instituts coloniaux.

« L'avenir est aux carrières indépendantes, aux carrières produc- « trices. Les agriculteurs, les industriels, les commerçants, voilà, « avec les médecins, les avocats, les ingénieurs, les hommes à in- « fluence. Que cette élite soit chrétienne, et, bien vite, la France aura « recouvré son ancienne foi... » (p. vi).

~~ Nous pouvons compléter par Massé (Daniel) : Pour choisir une carrière, guide pratique pour l'accès à toutes les professions : Paris, Larousse, s. d., in- 12 de xxn et 426 p. Prix : 4 fr. 5o. Nous trouverons dans ce livre, où le fonctionnarisme occupe une large place, des renseignements copieux, disposés avec ordre. Nous consulterons aussi un autre ouvrage, traitant plus spécialement de l'enseignement primaire et mis au point chaque année: Annuaire Vuibert, in-12 de 1.200 pages environ. — Paris, Nony. — Prix: 4fr.5o

La Vocation.

Sans entrer dans les discussions récentes dont la nature de la vocation sacerdotale a été l'objet, nous nous contenterons de signaler deux opuscules de l'abbé Guibert, bien faits pour éclairer les âmes indécises. D'abord, à ceux qui se croiraient appelés au sacerdoce, nous conseillons :

Guiber.t (Abbé J.). — Conseils sur la vocation à la jeunesse chrétienne. — Paris, Poussielgue, 1907, in-18 de 124 p. — Prix : o fr. 60.

Ces conseils ont été écrits pour ceux qui croient avoir la vocation religieuse. L'auteur, qui connaît bien l'âme des jeunes, a su traiter ce sujet si délicat avec un tact rare et une discrétion remarquable. Les âmes inquiètes et tourmentées y trouveront un guide sûr.

Origine de la vocation. Etude de la vocation. Lès signes de la vocation. L'attrait. L'aptitude. La santé. L'esprit. La volonté. Le cœur. Coinment répondre à la vocation.

(( Des pensées d'hommes ont fait leur entrée dans votre âme. Vous « sentez que la vie n'est pas un jeu, qu'il serait criminel d'en dissi- « per les forces, qu'il faut la mettre à profit pour gagner son pain et « plus encore pour gagner le ciel, aussi cherchez-vous avec plus « d'anxiété à résoudre le problème d'importance capitale : que ferai- « je de ma vie?

« C'est principalement aux heures de calme, quand tout fait silence « dans votre âme, par exemple, durant les insomnies du soir ou « dans le recueillement des offices religieux, que la question se pose « plus pressante » (pp. 7 et 8).

'w* Pour les éducateurs, voir, du même auteur : La Culture des vocations. — Paris, Poussielgue, 1906, in-12 de 200 p. — Prix : 1 fr. 5o.

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