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LA PROLONGATION DE LA FAMILLE

Comment se fait-il que les enfants qui devraient perpétuer la famille à travers les âges ont sitôt oublié les leçons des aïeux? C'est que, graines légères emportées par le vent aux quatre coins du pays, rien ne les attache plus au sol qui les a vues naître ; l'arbre qui les a portées s'est écroulé, brisé par la vieillesse, et la terre où il gît a été vendue à l'encan...

C'est pourquoi les traditions s'en vont et, pourtant, il faut des traditions à notre société. Livrée aux fantaisies des individus qui passent, elle s'affole et s'égare... Son activité fébrile n'est que de l'anarchie ; elle devient « la chose » des sociétés secrètes qui, elles, ne meurent pas, mais conservent, avec un soin jaloux, les traditions funestes de leur philosophie sociale... C'est (si paradoxal que cela puisse sembler), c'est la force de la tradition qui les rend si puissantes dans la société civile, dont elles ont fait leur fief.

Si l'Eglise est, pour nous, la gardienne fidèle de traditions séculaires et fécondes, la société civile doit aussi trouver dans son sein les organismes qui lui assureront la continuité de la pensée et faciliteront sa marche, lente peut-être, mais assurée, vers un progrès certain. Or, la famille est le premier de ces organismes et son importance prime même celle de la corporation et de la cité. Tous nos efforts doivent tendre à la rendre plus forte et à lui permettre de se perpétuer dans le souvenir des siens...

Comment prolonger la Famille?

1° par le « livre de famille ».

On sera peut-être surpris de nous voir mettre l'ouvrage suivant au nombre des études qu'il importe de connaître. C'est que le livre de famille, qu'on appelait naguère le Livre de raison et dont il nous reste de remarquables exemples, bien connus des historiens et des érudits, est d'une grande utilité pour conserver les traditions familiales. Il n'est peut-être pas

LA FAMILLE ?>?j~]

de moyen plus simple et plus heureux de faire comprendre aux époux chrétiens toute la beauté, toute la grandeur, toutes les joies et toute la responsabilité de leur mission.

Le livre de M. de Ribbe, trop oublié, fera du bien à ceux qui le liront; l'auteur, qui a le souci de la clarté, émeut par la simplicité et la sincérité de son langage :

Ribbe (Charles de). — Le Livre de famille. — Tours, Marne, in-12, 1879, in- 16 de vi et 283 p. — Prix : 2 fr.

Les livres de raison : Nécessité actuelle des livres de raison. Du rétablissement des livres de raison.

Un livre de raison d'après les modèles : Préambule. Photographie de famille. Dates des anniversaires.

Le Passé : La famille et ses histoires. Les ancêtres. Les parents.

Le Présent : Le ménage et son administration. Les personnes. Notes autobiographiques. Le mariage. Naissances des enfants. Journal des éducations. Etablissement des enfants. Principaux événements domestiquas. Les Biens : état des biens; la maison paternelle; la terre de famille; l'atelier ou l'usine.

V 'A venir : Indication du lieu où est déposé le testament et de sa date. Conseils aux enfants. Abrégé des conseils que les parents laissaient autrefois par écrit dans leur Livre de raison : Religion. Piespect des Parents. Livre de raison de la famille. Les bonnes mœurs. Les spectacles. La lecture. Le jeu. Le travail. La simplicité et la modestie. Prendre un état. L'union entre les frères. Les aînés et les cadets. Avoir un véritable ami. Le dévouement au prochain et les rapports sociaux. Le mariage. Le bonheur domestique. L'éducation des enfants. Les serviteurs et subordonnés. Le ménage et l'épargne domestique. Quelques règles importantes. Le testament. Le respect du testament et la pensée domestique. Dernières recommandations.

« Toute famille qui se respecte a ou doit tendre à avoir une his- « toire et elle se dirige dans ce but.

« Le Livre de raison était le gardien de cette histoire. Par lui, « les générations se succédaient, en ajoutant sans cesse au trésor de « vérités pratiques déjà consacré par leurs devanciers. Les volumes, « où se conservait ce trésor, fînissaieut par formerde très précieuses « collections et c'est ainsi que, sous l'égide des deux grands res- « pects, celui de Dieu et celui du père, grâce encore à l'attachement « dont était l'objet la maison paternelle, des familles, souvent rao- « destes, ont pu, sans privilèges, sans titres et sans fiefs d'aucun « genre, par la seule puissance des mœurs, se perpétuer pendant « plusieurs siècles dans le même pays et avec les mêmes vertus » (pp. 14 et i5).

fluence des lois successorales sur l'expansion de la race. Paris, Société d'Economie sociale, igo3, in-8 de 16 p. Prix : o fr. 5o. — Le Play : Réforme sociale, déjà citée. — Et surtout :

Albert (G.). — La Liberté de tester, droit naturel, économie politique, histoire, législation comparée, étude critique du système français. Paris, Larose, 1895, in-8 de 825 p. Prix : 12 fr.

Ce dernier auteur, après avoir rappelé une maxime, extraite d'un testament du xvie siècle : « Tout enfant qui se fie au bien de son père ne mérite pas de vivre », ajoute : « La liberté de tester fait lentement son chemin dans les masses et amènera dans notre Code civil, plus promptement qu'on ne le suppose, une réforme demandée par tous et dont plusieurs codes étrangers nous ont donné l'exemple. »

Comment prolonger la Famille?

4° par sa participation plus effective à la vie publique.

Enfin, il faudrait que la famille participât d'une façon plus effective à la vie publique. Naguère, nos institutions étaient si chrétiennes qu'elles avaient revêtu un caractère patriarcal extrêmement prononcé; la famille était alors l'unité sociale. On comptait les feux beaucoup plus que les individus.

Aujourd'hui, l'Etat ne prétend connaître que l'individu; la famille est devenue pour lui une abstraction tout à fait négligeable. Ceux dont les enfants prolongent l'existence ne sont pas plus intéressés aux affaires publiques que ceux dont les espoirs s'arrêtent au terme de leur vie. L< t imardeur qui passe a les mêmes droits que la famille qui reste. La roulotte vaut le foyer et l'égoïsme vaut la vertu.

C'est un non-sens.

Il est de notre devoir de le dénoncer au peuple, car il ne convient plus que la famille soit tenue en marge de la société, qui tire d'elle la vie et la prospérité. Il faut rendre à la famille ses droits civiques pour favoriser le maintien des traditions

familiales et pour faire bénéficier la Cité de leur bienfaisance féconde et pacificatrice.

La besogne sera dure ; nous aurons contre nous les individualistes, qui méconnaissent ses droits, et les socialistes, qui ne veulent aucune entrave à la toute-puissance de l'Etat. Ne nous en plaignons pas; notre programme n'en sera que plus clair et plus vives peut-être seront aussi les sympathies des foules.

Malheureusement, nous ne connaissons aucun travail sur ce sujet; il nous semble pourtant qu'il y aurait un intéressant travail à faire sur la Famille et la vie publique.

En l'attendant, nous relirons les auteurs cités au cours de ce chapitre pour y découvrir les premier éléments de cette étude.

Et maintenant que nous connaissons les bases solides sur lesquelles la Providence a voulu établir la Famille, ainsi que les droits et les devoirs de ceux qui la composent, nous allons étudier la Corporation, qui permet au chef de famille de défendre les siens contre ïa misère et d'apporter au foyer l'aisance et la joie.

fluence des lois successorales sur l'expansion de la race. Paris, Société d'Economie sociale, 1903, in-8 de 16 p. Prix ; o fr. 5o. — Le Play : Réforme sociale, déjà citée. — Et surtout :

Albert (G.). — La Liberté de tester, droit naturel, économie politique, histoire, législation comparée, élude critique du système français. Paris, Larose, 1895, in-8 de 825 p. Prix : 12 fr.

Ce dernier auteur, après avoir rappelé une maxime, extraite d'un testament du xvie siècle : « Tout enfant qui se fie au bien de son père ne mérite pas de vivre », ajoute : « La liberté de tester fait lentement son chemin dans les masses et amènera dans notre Code civil, plus promptement qu'on ne le suppose, une réforme demandée par tous et dont plusieurs codes étrangers nous ont donné l'exemple. »

Comment prolonger la Famille?

4° par sa participation plus effective à la vie publique.

Enfin, il faudrait que la famille participât d'une façon plus effective à la vie publique. Naguère, nos institutions étaient si chrétiennes qu'elles avaient revêtu un caractère patriarcal extrêmement prononcé; la famille était alors l'unité sociale. On comptait les feux beaucoup plus que les individus.

Aujourd'hui, l'Etat ne prétend connaître que l'individu; la famille est devenue pour lui une abstraction tout à fait négligeable. Ceux dont les enfants prolongent l'existence ne sont pas plus intéressés aux affaires publiques que ceux dont les espoirs s'arrêtent au terme de leur vie. L< t imardeur qui passe a les mêmes droits que la famille qui reste. La roulotte vaut le foyer et l'égoïsme vaut la vertu.

C'est un non-sens.

Il est de notre devoir de le dénoncer au peuple, car il ne convient plus que la famille soit tenue en marge de la société, qui tire d'elle la vie et la prospérité. Il faut rendre à la famille ses droits civiques pour favoriser le maintien des traditions

familiales et pour faire bénéficier la Cité de leur bienfaisance féconde et pacificatrice.

La besogne sera dure ; nous aurons contre nous les individualistes, qui méconnaissent ses droits, et les socialistes, qui ne veulent aucune entrave à la toute-puissance de l'Etat. Ne nous en plaignons pas; notre programme n'en sera que plus clair et plus vives peut-être seront aussi les sympathies des foules.

Malheureusement, nous ne connaissons aucun travail sur ce sujet; il nous semble pourtant qu'il y aurait un intéressant travail à faire sur la Famille et la vie publique.

En l'attendant, nous relirons les auteurs cités au cours de ce chapitre pour y découvrir les premier éléments de cette étude.

Et maintenant que nous connaissons les bases solides sur lesquelles la Providence a voulu établir la Famille, ainsi que les droits et les devoirs de ceux qui la composent, nous allons étudier la Corporation, qui permet au chef de famille de défendre les siens contre ïa misère et d'apporter au foyer l'aisance et la joie.

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