LE MOUVEMENT SYNDICAL
Les auteurs qui précèdent nous ont apporté quelques précisions sur l'organisation du travail et nous savons maintenant que le syndicat en est l'élément le plus indispensable.
« Le syndicat, lisons-nous en effet dans le Guide social (2) est l'embryon de l'organisation professionnelle, mais il n'est pas encore, aux yeux de la loi, le représentant de la profession. Dans l'esprit des militants, comme dans la pensée d'un nombre grandissant de sociologues, il doit le devenir, il l'est. Il est, dit Henri Lorin, « la conscience agissante de la collectivité ».
(1) Martin-Saint-Léon : l'Organisation professionnelle de l'avenir. Paris, Vitte, igo5, in-8 de 35 p. Priai : i fr. — Bazire : le Mouvement syndical des caiho-
' ligues sociaux. Paris, Rondelet (Vitte), 1900, in-8 de 38 p. Prias : 1 fr. — jay (Raoul) : Organisation du travail par les syndicats professionnels. Paul Larose, 189/4-1895, in-8 de 4o p. Prix : 2 fr. — Zamanski ; l'Action sociale dans l'Assoc. cathol. de la Jeunesse Française (déjà cité p. 276).
(2) Guide social, 1910, p. 1/44.
Bien plus grand même, en un sens, que le syndicat patronal, nous apparaît le syndicat ouvrier : tandis que le syndicat patronal ne représente, d'ordinaire, que des intérêts personnels et matériels, — dans l'état présent, — le syndicat ouvrier représente souvent un réformisme tendant à établir des institutions sociales meilleures. Dans un article sur le Dynamisme de l'idée syndicale, M. Henri Lorin nous montre les syndicats « comme les points d'émergence, au sein de la cité politique, des sociétés professionnelles naturelles en travail d'organisation ». Chacun des syndicats est un essai de représentation des intérêts de la collectivité professionnelle d'employeurs ou de salariés, à laquelle il se rattache, ainsi que du besoin de celle-ci de sortir de l'anarchie pour arriver à un régime d'ordre et de justice.
L'initiative, dont les groupements syndicaux « ont fait preuve, le but général qu'ils se proposent et les tendances organisatrices qu'ils manifestent les qualifient » pour parler au nom de la profession. « Dans la réalité, le syndicat est comme le gouvernement provisoire de la profession en mal d'une organisation démocratique. »
Le syndicat est exposé à dévier, si l'on méconnaît la nécessite de sa tâche et la légitimité de son action. Il faut donc lui faciliter son œuvre positive et le traiter en « agent de construction sociale », sinon il deviendra un facteur de destruction, à cause précisément des obstacles qu'on lui opposera.
De par leur nature, « les syndicats sont les centres de cristallisation autour desquels doit venir s'ordonner la masse encore chaotique du monde du travail ».
Le Syndicat.
/v~ Pour avoir quelques idées précises sur les syndicats, on consultera donc soit le Manuel social, soit les Guides sociaux de V Action Populaire.
On relira aussi le livre de Duthoit : Vers l'Organisation professionnelle, surtout les chapitres intitulés : « Le Fait et le Droit syndical; leur répercussion sur le Droit Individuel,
w* On ne manquera pas de se procurer :
Diligent (Victor). — Les Orientations syndicales. — Paris, Bloud, 19 io, in- 16 de 248 p. — Prix ; 3 fr.
Les auteurs cités dans les pages précédentes se sont principalement attachés à tracer le tableau de l'organisation professionnelle rêvée. L'étude de M. V. Diligent, tout en restant profondément doctrinale, est plus objective, c'est-à-dire qu'il étudie les théories et systèmes qui se partagent actuellement la faveur des sociologues, les classe, les critique sans acrimonie et prend parti pour \eprogramme syndical des catholiques sociaux. M. Diligent a su unir harmonieusement les faits et la doctrine. C'est un bon travail qui sera lu par tous ceux qui cherchent sur la ques" tion syndicale un livre de fonds, en même temps qu'une direction et une mise en place de nos doctrines. L'auteur a su se garder des exagérations démagogiques et il a pu faire, dit M. Boissard, « une condensation lumineuse et complète des doctrines syndicales des catholiques sociaux ».
Le mouvement syndical ouvrier : quelques-unes de ses causes et de ses conséquences.
Les orientations syndicales : Les idées syndicales de Waldeck-Rousseau. Les théorie* des « Catholiques Sociaux ». Le syndicalisme révolutionnaire. Les courants syndicaux. L'avenir du syndicalisme français.
Documents : Statistique syndicale. Le budget d'une puissante fédération française : la Fédération des travailleurs du Livre. Un projet de convention collective.
« Si le terme de « syndicaliste » s'applique à une école dans la « mesure ou l'importance théorique et pratique qu'elle attache à « l'association professionnelle, on peut, sans exagération ni scru- « pule, le donner à l'école dite des Catholiques sociaux...
« Cette école vit et s'affirme. Elle dresse chaque année ses chaires « ambulantes dans l'une de nos grandes villes et les auditeurs vien- « nent, par centaines, suivre studieusement ses leçons. Pendant la « semaine annuelle que ses organisateurs et l'opinion baptisèrent de « sociale, elle expose, par le détail précis, ses théories cohérentes. « Et l'effort de pensée qu'elle témoigne chez les maîtres, l'influence « qu'elle manifeste sur les disciples, lui méritent l'attention loyale de « tous ceux qui étudient l'orientation syndicale dans notre pays...
[Et ailleurs] : « Toute l'économie du système tient... dans la brève
« formule qui pourrait servir de devise aux catholiques sociaux, « l'association libre dans la profession organisée. »
[Ce systèmej... « en mettant de l'ordre dans l'anarchie présente,... « créerait de la liberté. En organisant la liberté, il la rendrait possi- « ble. Et il permettrait sans doute de réaliser, entre les éléments « divers qui concourent à la production, cet équilibre harmonieux « qui accompagne la justice et prépare la paix.... » (p. n3).
~~ On aura un travail facile à s'assimiler, dans le compte rendu des Semaines sociales d'Amiens de igoô, consacrées à l'étude du syndicat, (i) et surtout dans l'opuscule suivant, qu'il faut répandre :
La Question syndicale, au Congrès de Châlons (7, 8, 9, 10 mai 1903), 3e édit. — Paris, Association catholique de la Jeunesse Française, in-6, s. d. [1906]. — Prix : o fr. 65.
C'est une très bonne et très pratique mise au point de la question syndicale. Cette étude est intéressante, non seulement par la doctrine très sûre qu'on y trouve, mais aussi parce qu'elle constitue une bonne partie du programme social de la puissante Association catholique de la Jeunesse Française, et, conséquemment, des catholiques sociaux :
Le Syndicat, condition nécessaire de l'organisation du travail et des réformes ouvrières (par Jean Lerolle). — La situation syndicale (par J. Gellé). — De la capacité de posséder et de faire des actes de commerce (par H. de Saint-Pern). — Le contrat collectif du travail (par Zamanski). — Les conseils de travail (par de Marans). — Les services syndicaux (par F. Lacoin).
« Les décrets de 1791 ont, avec les corporations, supprimé toute
« organisation professionnelle. En brisant les vieux cadres , non
« seulement ils ont détruit l'ancienne organisation, d'ailleurs vieillie, « mais ils ont interdit jusqu'à la possibilité d'en reconstruire un « autre. Ils ont laissé, face à face, ouvrier et patron, sans lien entre « eux, sans règle pour définir leurs rapports. Ils ont individualisé le « travail. Et pendant cent ans le « laisser faire » a été le principe « dominant de la politique sociale.
« Qu'en est-il résulté?
« Il en est résulté que ,dans la lutte économique, le faible a été « impitoyablement broyé par le fort...
(1) Extrait de la Démocratie chrétienne, pp. 129-200. Edité aujourd'hui à Pé» ronne, chez Doal, imprimeur-éditeur. Prix o fr. 75.
« De toute nécessité il faut donc reconstruire une organisation du tf travail...
A moins de tout abandonner à l'arbitraire de législateurs trop sou- «. vent incompétents, l'organisation du travail doit nécessairement « avoir pour base le syndicat; non pas le syndicat faible et embryon- « naire que nous connaissons, mais le syndicat puissant et riche, « muni de tous ses organes et jouissant de tous ses droits... »
(Rapport de Jean Lerolle, pages 2 et 10.)
~~ Enfin on ne saurait trop répandre, dans l'élite ouvrière, l'excellente brochure suivante, à laquelle nous n'hésitons pas à consacrer quelques lignes :
Jean (0.). — Le Syndicalisme, son origine, son organisation, son but, son rôle social, — Reims, Action Populaire, 19 10, in-12 de 79 p. — Prix ; 1 fr.
Les Corporations au Moyen-Age : La loi Chapelier (1791). Ses conséquences au point de vue ouvrier de 4791 à 1884. La loi de 1884 et ses améliorations possibles. Législation sociale. Le syndicat, organe de pacification et d'organisation. Le Syndicat et les coopératives de production et de consommation ; et la vie professionnelle de l'ouvrière; et la Mutualité. L'esprit syndical.
«t Dans les débuts d'un syndicat, les premiers syndiqués risquent souvent d'être les victimes de leur apostolat... Pour acheter l'amé- « lioration du sort des générations futures, sinon la sienne, il faut « des efforts, des angoisses, des douleurs et des luttes; aux heures « où naît une organisation syndicale, il faut des âmes assez trem- « pées pour accepter ces efforts, ces angoisses, ces douleurs et ces « luttes, même sans la certitude d'en ressentir personnellement un « résultat matériel futur, mais dans la grande et généreuse pensée « de préparer un avenir meilleur à celles qui viendront par la suite. « Aux premières heures d'une organisation professionnelle, il faut « des apôtres » (p. 65).
Syndicats neutres ou syndicats chrétiens ?
Si l'accord est unanime sur la nécessité de l'organisation syndicale, les avis, par contre, ont été assez longtemps partagés sur la tactique qu'il convient de suivre pour organiser la corporation et faire pénétrer nos idées sociales dans la classe ouvrière. Convient-il de ne former qu'un syndicat unique pour toute la profession ? Faut-il, alors, pénétrer dans les
syndicats rouges pour en changer l'esprit ? Devons-nous, au contraire, fonder des syndicats chrétiens? Problème délicat.
Pour nous, nous croyons que les syndicats chrétiens peuvent parfaitement vivre et prospérer en France; nous pensons même que c'est encore le meilleur moyen de faire vraiment oeuvre féconde. Mais il faudrait que leur doctrine soit assez forte pour déborder la vie sociale et pour s'épanouir en vertus civiques. On ne saurait aujourd'hui organiser le travail sans réformer l'Etat. Il faut donc que l'ouvrier catholique possède la plénitude de la doctrine et que ses espérances s'élèvent jusqu'à la Cité nouvelle... C'est à lui, en effet, qu'il appartient de manifester, dans la société moderne qui l'a méconnue, l'unité providentielle de l'être social, et de supprimer toutes les cloisons étanches qui, en le sectionnant, l'atrophient. L'église, l'atelier, la cité doivent communier dans une même foi et dans une même pensée. Il faut être ouvrier dans la corporation, chrétien dans la confrérie, citoyen sur la place publique.
Des conseils, venus de haut, ne nous montrent-ils pas la route à suivre ? La constitution d'un syndicat neutre, dit, en effet, le cardinal Mercier, archevêque de Malines, « serait la méconnaissance d'une obligation essentielle de la vie chrétienne, et, le plus souvent, une duperie... » Et Pie X écrivait en 1910 au président des Unions Professionnelles italiennes : « Il n'est ni loyal ni digne de dissimuler, en la couvrant d'une bannière équivoque, la profession du catholicisme, comme si c'était une marchandise avariée et de contrebande. Avec l'idée de justice chrétienne, très large et dangereuse, on ne sait jamais jusqu'où on pourrait aller, par suite de l'esprit des ligues qui adhéreraient et par le fait des personnes qui pourraient être appelées à la direction. »
D'ailleurs, si le syndicat est catholique par son recrutement et par son esprit, il est professionnel dans son but immédiat et rien ne pourrait empêcher les corporations chrétiennes de s'unir, s'il le fallait, aux autres associations professionnelles pour des revendications communes.
Certes, nous savons bien que si, en théorie, le syndicat doit être chrétien, l'application de ce principe est actuellement
soumise à une foule de ménagements et d'atténuations qui réclament, certes, une grande prudence. Pourtant, il faudra bien en arriver là, si nous voulons restaurer Tordre social chrétien. ** A défaut d'un bon et définitif travail sur cet important sujet, on lira :
Boissieu (Gte H. de). — Le Mouvement des syndicats ouvriers chrétiens en Belgique. Reims, Act. Popul.,et Paul Lecoffre [s. d.], in-16 de 32 p. Prix : o fr. a5. — Rutten (le P.) et J. Arendt : Pourquoi et comment nous voulons des syndicats chrétiens (Rapport sur le mouvement syndical chrétien belge en igog). Gand, Librairie Pop., rue du Lac, in-i6, 1909. Prix : 1 fr. « Malheureusement, dit le Mouvement social (1), le P. Rutten, pour prouver qu'il faut des syndicats chrétiens, se contente d'établir qu'il est juste et utile que les ouvriers se groupent en syndicats. Il omet, semble-t-il, de nous dire pourquoi il faut que ces syndicats soient chrétiens. » — Glaverie (Ch.) : Syndicat des employés du Commerce et de l'Industrie [ou syndicat catholique dit « des Petits carreaux »]. Reims, Act. Pop. et Paris, Lecoffre [s. d.], in-16 de 3a p. Prix : o fr. a5. — Lire aussi le Bulletin l'Employé, organe dudit syndicat : Mensuel : i4 bis, Boulevard Poissonnière, Paris, et surtout l'Annuaire du même syndicat. — Enfin, on trouvera dans les Guides sociaux des considérations intéressantes et des enquêtes précises sur les syndicats catholiques et sur leur développement en France et à l'étranger.
Syndicats mixtes et contrats collectifs.
Faut-il faire des syndicats mixtes?
Oui, avait répondu naguère le comte de Mun, convaincu que l'organisation sociale ne pouvait normalement aboutir à un constant état de lutte entre le Capital et le Travail.
Mais l'expérience a prouvé que le syndicat mixte ne pouvait s'implanter chez nous. Les ouvriers veulent traiter avec le patron d'égal à égal et le syndicat mixte leur a paru porter atteinte à leur indépendance. Ils n'ont pas tout à fait tort. Les syndicats mixtes, assez nombreux il y a dix ans, principalement dans le Nord, diminuent généralement chaque année (2).
(1) Cf. Revue de l'Action Pop u laire^ janvier 1910, pp. 22 et suiv. (2 j 21 sept. 1909.
LA PROFESSION 35y
Il n'y faut plus songer, du moins sous la forme désuète que nous lui connaissons.
Le syndicat mixte fut-il donc une erreur ?
Oui, si on envisage seulement le mode d'accord qu'il était entre le Capital et le Travail.
Non, si on s'en tient à Vidée qui présida à sa création. Ce sera même un des meilleurs titres du comte de Mun à la reconnaissance de la démocratie que d'avoir deviné et proclame que le salut était là...
Les événements semblent en effet apporter au comte de Mun une éclatante revanche et son idée se trouvera réalisée sous une forme à laquelle il n'avait peut-être point songé.
Le contrat collectif, en effet, aboutira aux mêmes résultats que le syndicat mixte, mais avec une ampleur et une valeur organique insoupçonnées.
Voici d'ailleurs, sur ce sujet, l'opinion de M. de Mun :
« Mais qu'est-ce que cette substitution du débat collectif au débat individuel, sinon l'idée corporative qui fait son chemin, avec toutes ses conséquences, aussi impérieuses pour les ouvriers que pour les patrons, peut-être encore aussi mal comprises des uns que des autres?
« Derrière le contrat collectif, c'est toute l'organisation professionnelle qui s'avance. Elle n'en est qu'à ses premiers pas* Ces essais, encore chaotiques, d'accord entre les représentants des patrons et des ouvriers, ne sont, eux-mêmes, qu'une ébauche de contrat, imparfaite et encore imprécise. Il y manque la garantie de la durée, la certitude qu'il sera, qu'il pourra être fidèlement observé de part et d'autre.
« Il n'y aura de garantie pour les contrats que lorsque les syndicats auront véritablement pris corps, acquis la notion de leur responsabilité, par i'extension de la capacité civile, et lorsqu'une organisation professionnelle, générale et légale, aura donné, à tous les travailleurs, une représentation commune.
« Nous n'en sommes pas là. Il faudra, pour y arriver, que l'anarchie individualiste ait porté tous ses fruits, et ouvert les yeux les plus obstinément fermés. Mais « la vérité est en marche ». Elle se fera jour. Les contrats collectifs, d'abord tem-
poraires., recevront une durée plus prolongée. Destinés seulement, au début, à apaiser les conflits, ils serviront bientôt à les prévenir. Les délégations improvisées qui les concluent se transformeront, peu à peu, en commissions permanentes, et la chimère, qui nous fut tant reprochée, alors qu'elle prenait, il y a trente ans, la forme absolue du syndicat mixte, deviendra la réalité, en s'adaptant, par les conseils communs de délégués patronaux et ouvriers, aux conditions actuelles de Pindustrie. « Ainsi se fera, par la chute progressive de la forteresse individualiste, la lente et nécessaire édification du régime corpo" ratif (i). »
Le Contrat collectif.
Comme, dans la pratique, le contrat collectif constituera la principale manifestation de la vie syndicale et qu'il sera le meilleur et bientôt Tunique moyen de régulariser et de pacifier les rapports du Capital et du Travail, à tel point qu'il s'identifiera, sur ce terrain, avec l'association corporative, nous n'hésitons pas à nous y arrêter ici. Signalons donc tout de suite le court et substantiel travail de :
Jay (Raoul). — Qu'est-ce que le contrat collectif de travail? — Paris, Bloud, 1908, in-16 de 64 p. — Prix : o fr. 60.
On connaît assez les qualités de méthode et de précision que l'auteur apporte dans ses travaux pour qu'il soit inutile de faire davantage l'éloge de ce travail, d'une doctrine irréprochable et d'une concision remarquable.
« Pour nous, le rôle essentiel du contrat collectif de travail, c'est « de régler la concurrence entre ouvriers comme la concurrence entre « patrons.
« La coalition ouvrière, l'entente des ouvriers ne peut que régler « la concurrence entre ouvriers, la coalition patronale ne peut que « régler la concurrence entre patrons. Le contrat collectif lie et « solidarise les deux réglementations » (p. a3).
<( Autant il serait excessif de faire du contrat collectif une panacée a universelle, autant il serait, en somme, injuste de méconnaître l'in-
(1) Comte de Mun, dans Peuple Français, 21 sept. 1909.
LA PROFESSION 35q
« fiaence favorable que ce contrat peut avoir pour la paix sociale » jl (p. 62).
On lira aussi :
Boissard (A.) : Contrat de Travail et Salariat. Introduction philosophique, économique et juridique à l'étude des conventions relatives au Travail dans le régime du salariat. Paris, Bloud, 1910, in-16 de 33o p. Prix : 3 fr. 5o — et Bureau (P.): Le Contrat de travail et le rôle des syndicats professionnels. Paris, Alcan, 1902, in-8 de 276 p.- Prix: 6 fr. : Net et hardi, ton tranchant qui ne souffre pas de réplique. Les enquêtes menées par l'auteur et la puissance de sa vision autorisent sans doute cette assurance. — Et, encore Raynaud (Barthélémy). Le contrat collectif de travail. Paris, Rousseau, 1901, in-8 de xiii-365 p. Prix : 8 fr. Ce livre a le grand avantage de présenter une vue d'ensemble. L'histoire du contrat collectif, les problèmes économiques et juridiques y sont successivementétudiés,mais ce livre, comme celui de Bureau, est déjà un peu ancien, car ils traitent d'une matière où les livres vieillissent vite. — Voir aussi: Claes (le R. P.): Le Contrat collectif de travail, sa vie juridique en Allemagne, Bruxelles, Dewit, 19 10, in-8 de xxviii-468 p. Prix : 7 fr. 5o (port en sus).
~~ On trouvera, dans les études précédentes, d'excellentes pages relatives à l'association patronale ,car le contrat collectif suppose l'organisation des patrons comme organisation des ouvriers. « Le droit pour les patrons, dit M. Duthoit, et pour les ouvriers de se coaliser, le droit, pour les uns et pour les autres, de cesser ou de faire cesser collectivement le travail marque une première étape dans la voie de la réaction contre l'individualisme. Désormais les ouvriers ont la possibilité de limiter leur concurrence, de se solidariser, en refusant, de concert, certaines conditions de travail. Les patrons ont, de même le pouvoir d'agir en commun pour résister par le lock~ ont aux prétentions de leur personnel. Mais, de part et d'autre, la solidarité ne se manifeste qu'en vue d'une guerre offensive. Ne pourra-t-elle pas se traduire aussi par l'organisation de l'état de paix? » Et M. Duthoit répond par l'affirmative.
Mais il ne faudrait pas que l'association patronale ne soit envisagée par nous que sous la forme actuelle des cartells ou trusts. C'est ce que M. Martin-Saint-Léon a fort bien démon-
tré dans un ouvrage dont la documentation, très fournie, est de première main et dont la doctrine est très sûre : Martin- Saint-Léon : Cartells et Trusts, 3e édit. — Paris, Lecoffre, 1909, in- 12 de x et 266 p. — Prix : 2 fr.
« La vérité économique et sociale sur cette grave question des « ententes industrielles se trouve donc, à notre avis, à une égale dis- « tance des deux théories extrêmes, dont l'une célèbre ces organisa- « tions comme le produit d'une évolution inéluctable et nécessaire- « ment bienfaisante alors que l'autre les dénonce et les condamne « sans aucune distinction. L'harmonie des forces productives est en « soi l'un des facteurs du progrès industriel. Mais le monopole, tel « que tend à le créer le trust américain, n'est pas autre chose que « l'exploitation du faible par le fort » (p. 253).
Le Syndicat obligatoire.
Cette grave question est loin d'être au point et, à défaut d'une bonne étude sur ce sujet, nous aurons encore recours au comte de Mun,dont nous rappellerons l'opinion, exprimée au lendemain de sévices mortels exercés par des grévistes sur des ouvriers qui « voulaient travailler» et à propos d'une décision du Tribunal de Toulouse.
« De là à proclamer le syndicat obligatoire, il n'y a qu'un pas, et même il est franchi. En fait, le juge toulousain a mis à néant la fameuse formule de Waldeck-Rousseau, invoquée par tous les défenseurs du régime d'anarchie que la liberté du travail couvre de son pavillon : « Le droit de travailler d'un ouvrier est aussi sacré que le droit de quatre-vingt-dix-neuf autres à faire grève. »
Je crains de scandaliser un très grand nombre de mes contemporains, si je dis que cette formule me paraît la négation même du principe social, en vertu duquel les intérêts individuels doivent être subordonnés au bien commun.
Pourtant, c'est mon opinion. La vie sociale, d'ailleurs, et, par exemple, la vie nationale, repose presque entièrement sur le sacrifice des volontés particulières à la volonté générale. .
Y a-t-il des intérêts collectifs dont les représentants, gardiens des règles professionnelles, peuvent légitimement exiger
le respect? S'il y en a, par quels moyens ce respect peut-il être sauvegardé, sans que des individus, s'arrogeant le droit de l'imposer, et laissant « le gorille reparaître », s'abandonnent à de lâches et criminelles violences? Voilà la double question qu'il faudra bien se décider à aborder, quand on aura suffisamment maudit la tyrannie syndicale... »
Et Vogelsang , de son côté, déclare que l'organisation du métier doit se faire « en corporations obligatoires ». «Il n'y a pas, ajoute-t-il, d'autres moyens de réveiller l'esprit d'autonomie chez un peuple énervé par l'absolutisme et qui a perdu toute habitude de la liberté et toute pratique de la responsabilité. »
Telle est bien, d'ailleurs, la doctrine des catholiques sociaux dont il est bon de rappeler la formule : le syndicat libre dans la corporation obligatoire, ou plus exactement,... dans le corps professionnel obligatoire, ce qui revient à dire que, si la loi doit autoriser les ouvriers d'un même métier à se grouper selon les affinités qui peuvent résulter de leur foi, de leur doctrine, de leurs intérêts, des circonstances et des lieux, elle ne saurait désormais tolérer leur isolement. L'ouvrier sera obligé de se syndiquer, mais il pourra choisir son syndicat.
On lira, sur ce sujet, dans Raoul Jay : La Protection légale des travailleurs, cité plus loin, les pages qui traitent de l'insuffisance de l'organisation professionnelle libre et de l'organisation professionnelle publique (pp. 409 et suiv.) et on consultera aussi l'opuscule, également cité, de Henri Lorin : l'Organisation professionnelle et le Gode du Travail.
De l'organisation corporative des classes moyennes.
Les pages que nous avons consacrées à l'organisation professionnelle seraient incomplètes si nous n'envisagions ici que la corporation ouvrière. La société, ne l'oublions pas, est un organisme d'une complexité infinie et si l'on veut faire œuvre pratique et durable, il faut tenir compte de ses rouages
multiples et savoir en reconnaître la place et l'importance.
Or, le salariat n'est pas la forme unique du travail.
Il y a, en effet, à côté des ouvriers, une autre classe de travailleurs qu'il serait injuste d'oublier. Nous voulons parler des petits industriels, des petits commerçants, des petits fermiers et de tous ceux qui, par le travail, s'élèvent insensiblement à la petite bourgeoisie et constituent ce qu'on appelle aujourd'hui les « classes moyennes ». Ceux-là, aussi, peinent du matin au soir et quelquefois tard dans la nuit ; s'ils ne sont point assuettis à la servitude qui semble peser sur les salariés, ils nej sont pas, cependant, dispensés de lutter pour leur vie ou pour celle des leurs et la lutte qu'ils soutiennent est plus âpre et plus angoissante encore parce qu'elle s'augmente de l'incertitude du lendemain et du poids de lourdes responsabilités. Ne remplissent-ils pas aussi une véritable fonction sociale, d'une évidente nécessité, puisque la coopération, malgré ses immenses ambitions, n'ose encore entrevoir ce jour lointain où toutes les transactions courantes s'absorberont en elle ?
Ces professions, elles aussi, ont des droits à revendiquer, des intérêts à défendre, des devoirs à remplir et l'association seule, peut satisfaire à toutes ces exigences. Là encore, le libéralisme économique a fait faillite. La concurrence sans frein a eu pour conséquence, non seulement la diminution des salaires de ceux que les petits patrons emploient à leur service, non seulement la durée exagérée du travail, mais aussi le développement exagéré des grands magasins, l'avilissement du métier et la ruine de celui qui l'exerce, mais encore le triomphe de la pacotille ; mais enfin la falsification des denrées et, par suite, une atteinte grave à la santé publique.
Il n'est que temps de renoncer à ces doctrines décevantes pour mettre de l'ordre dans ces professions, pour assurer aux petits patrons la sécurité du lendemain, pour faciliter l'honnêteté des transactions et pour rendre aussi plus aisée l'organisation de la classe ouvrière, organisation qui ne saurait se réaliser pleinement que par l'organisation simultanée de tous les éléments du travail. L'ordre appelle l'ordre. Les syndicats ouvriers ont déclanché un nouveau mécanisme social dont
il n'est plus possible, grâce à Dieu, d'arrêter le mouvement.
Les catholiques, et plus particulièrement les catholiques sociaux, ont donc le devoir de s'intéresser davantage à l'amélioration du sort de ces travailleurs. C'est une question qui déborde le terrain économique où l'on voudrait la confiner et qui revêt un caractère nettement social. 11 y a là tout un monde à organiser et à soustraire à l'emprise d'un libéralisme usé et d'un égoïsme coupable.
D'ailleurs, depuis quelques années, ces laborieux semblent se réveiller à la vie sociale. Les « classes moyennes », dont les lisières, sans doute, sont aujourd'hui mal définies, prennent conscience d'elles-mêmes. Déjà à Paris, à Limoges et ailleurs, leurs corporations interviennent dans la vie publique pour y jouer, du premier coup, un rôle considérable. Si quelques catholiques, mêlés à des notoriétés de tous les partis, leur ont apporté l'appui de leur expérience et de leur talent, il convient que nous travaillions mieux encore à l'éducation sociale de la petite bourgeoisie en lui rappelant les principes de la justice et en élaborant, pour elle, s'il y a lieu, une doctrine plus chrétienne et un programme plus précis, susceptible de concilier, bien qu'ils semblent souvent en opposition, les intérêts des classes moyennes et ceux de la classe ouvrière. Nous y trouverons, plus tôt qu'on ne pense, la récompense de nos efforts.
Enfin, ce mouvement n'est-il pas, lui aussi, un retour à l'ancienne organisation du travail ? Et ne sont-ce pas les petits industriels, les petits commerçants, les petits laboureurs qui ont fait la richesse de la France ? C'est un titre suffisant à notre reconnaissance.
C'est pourquoi, évitant de nous confiner dans la théorie, nous voudrons aider pratiquement les commerçants, détaillants et fermiers à se défendre et à s'organiser, c'est-à-dire à fonder des associations de production et de vente ainsi que des coopératives d'achat ; nous les aiderons encore à créer en commun des écoles et des cours professionnels, des « unions économiques » pour lutter contre la concurrence, des offices de placement, des caisses de crédit, etc. Et en faisant tout cela, nous ferons vraiment œuvre sociale.
A défaut d'une étude d'ensemble, écrite dans cet esprit, nous renvoyons, d'abord, aux ouvrages suivants:
Lambrechts (H.). Le Problème social de la petite bourgeoisie. Bruxelles, Schepens, 1899, in-8 ^e *9 Pag"es> Prix : o,5o. Renoud (Léon) : Les Souffrances sociales des classes moyennes: Semaine sociale de Fribourg, 1910 (pp. 373-419); excellent et très sûr, bonne bibliographie. — Martin-Saint-Léon : Le Petit commerce : Sa Lutte pour la vie. Paris, Lecoffre 191 1, in-12 de xii-291 p. Prix: 2 fr. Etude originale et nouvelle qu'on lira avec beaucoup de profit. — V. Brants : La Petite industrie contemporaine. Paris, Lecoffre, in-i 2 de vn-23o p. Prix: 2 fr.
<vw Si Ton veut des publications d'un caractère plus docu" mentaire, il faut consulter :
Les Enquêtes sociales de l'Office du Travail (Demander le catalogue chez Berg-er-Levrault, Paris). — Les comptes-rendus des Congrès internationaux de la petite bourgeoisie tenus à Anvers (1899); à Namur (1901) et édités à Bruxelles, chez Schepens, 1900, in-8. — Le compte-rendu du 1er Congrès international des classes moyennes, urbaines et rurales, tenu à Liège en igoô et édité à Bruxelles, chez Schepens, 1906, 2 vol. in-8. Prix : i5 fr. — Le Bulletin officiel de la Confédération des groupes du commerce et de l'industrie de France. Paris, Bourse du Commerce, et i5, rue Réaumur. — La revue : Les Etudes fiscales et sociales, Organe de /'Association de défense des classes moyennes. Paris, 21, Place de la Madeleine. — Le Bulletin de l'Institut international pour l'étude du problème des classes moyennes. Bruxelles, ioi,rue du Commerce. — On consultera ces publications avec prudence, car on pourra y rencontrer des opinions qui ne s'accordent pas toujours avec les doctrines du catholicisme social.
DES AMÉLIORATIONS QUE LE SYNDICAT, SECONDÉ PAR L'ETAT, PEUT APPORTER AU RÉGIME DU TRAVAIL
Le syndicat organisera donc le travail; c'est sa fonction naturelle. Naguère, l'homme eut recours à la philosophie individualiste pour se soustraire aux abus des corporations
dégénérées; aujourd'hui, l'homme confie aux corporations le soin de réprimer les abus de l'individualisme.
Instruits par l'expérience, nous saurons, sans doute, nous garder désormais des exagérations doctrinales et retrouver la justice et la paix dans un meilleur équilibre de nos droits et des droits de la Société. Ce sera l'œuvre de demain.
Aujourd'hui, il importe d'abord d'assurer à l'ouvrier le pain de chaque jour et ce résultat ne sera atteint que par les réformes profondes qu'il convient d'apporter dans le régime du travail. Or, le syndicat, secondé par l'Etat, sera le principal agent de cette transformation. Nous allons voir ce qui a déjà été fait dans ce sens et ce qui reste à faire.
Nous estimons, en effet, que notre livre serait incomplet s'il ne pouvait fournir, à ceux qui voudraient pousser plus avant leurs études, les éléments suffisants pour les diriger dans leurs recherches. Si les livres que nous allons mentionner peuvent généralement être lus avec confiance, on n'oubliera pas, cependant, que c'est aux ouvrages cités plus haut qu'il faudra se reporter pour posséder la vraie doctrine.
Voyons donc quelles sont les principales réformes susceptibles d'améliorer l'exercice souvent trop pénible de la profession et d'en atténuer les risques immédiats et lointains.
Les réformes qui devront faire l'objet des préoccupations syndicales portent d'abord sur V apprentissage, puis sur la rétribution du Travail, et sur sa Durée, sur la misère imméritée des faibles qui en sont les pitoyables victimes, sur ses risques et enfin sur ses luttes.
Nous verrons, dans un dernier article, comment le syndicat, qui, par la pratique régulière du contrat collectif, peut déjà tant faire pour la paix industrielle et pour la paix sociale, peut encore en hâter l'avènement, en suscitant une législation ouvrière plus rationnelle et plus juste et en assignant comme terme à ses efforts la promulgation d'un Code du Travail.
Etant donnée l'extrême multiplicité des cas à envisager pour une même question, la diversité des solutions proposées et le manque de travaux de synthèse, qui d'ailleurs vieilliraient très vite, nous serons obligé d'indiquer souvent sous chaque rubri-
que, plusieurs livres dans lesquels ceux qui s'intéressent à ces questions trouveront tous les éclaircissements désirables.
Le Travail et l'apprentissage.
Tout le monde est d'accord pour dénoncer la « décadence de l apprentissage ». On y voit « le principe morbide d'un mal qui, bientôt généralisé, affectera l'organisme économique du pays tout entier». M. Martin- Saint-Léon a précisément écrit, sur cette question, une excellente et substantielle plaquette, qui n'est que le tirage à part d'une conférence faite à la Semaine sociale de Marseille (1908).
On ne saurait mieux poser le problème et y apporter une meilleure solution. C'est une étude à lire et à répandre :
Martin-Saint-Léon. — La Crise de l'Apprentissage et la Réforme de renseignement professionnel. — Lyon, Chronique sociale de France, in-8 de 20 p. — Prix ; o fr. 75.
« Je n'insiste pas [dit l'auteur, en terminant] sur le principe de « l'obligation, principe que j'ai admis comme nécessaire... Nous ne « serions pas des catholiques sociaux si nous laissions fuir une si « belle occasion de plaider, à nouveau, à propos de l'organisation « d'un service d'intérêt public aussi considérable, la cause de l'orga- « nisation professionnelle du travail. L'enseignement professionnel « ne doit pas être un rouage bureaucratique de plus, il doit être « organisé par ceux-là mêmes à qui il doit bénéficier. Les syndicats « professionnels, ouvriers ou patronaux, seront tout naturellement « les principaux agents de cette organisation, mais ils ne la monopo- « Useront pas » (p. 17).
<w* Consulter aussi, en plus des courts travaux de V. Bettencourt et de Gellé (i) les solides ouvrages suivants :
Paquier (J.) : L'Enseignement professionnel en France, son histoire, ses différentes formes, ses résultats. Paris, Colin, 1908, in-16 de 342 p. Prix : 1 fr. — Soit encore: Savoy (Emile) : L'Apprentissage en Suisse. Fribourg, 19 10, in-8 de \iii-13H) p. lu ix : 10 fr. — ISsoit surtout Gagninacgi : L'Ins-
(1) Betteîïcoort (Victor): la Question de Vajiprentissage, Reims, Art. Popul., et Paris. in- 1 6 de 32 p. Prise : o fr. 2D. — Gellé : VApprentissai
l'enseignement professionnel, dans les Condition* de Travail de La jeunesse ouvrière. Paris, Jeum sse catholique. Prix : 3 Fr. 5o.
truction professionnelle de l'ouvrier. Paris, Rousseau, 19 10, in-8 de 4o8 p. — Prix: 8 fr.
Le Travail et sa rétribution.
La rétribution du Travail est le nœud de la question ouvrière. La paix sociale ne régnera vraiment que lorsque la justice aura pénétré les contrats du Travail et permis à l'ouvrier de vivre avec la dignité à laquelle il a droit.
Le salaire, la participation aux bénéfices sous quelque forme que ce soit, même sous la forme des actions de travail, la coopération, les retraites ouvrières, sont aujourd'hui les principaux modes de rétribution que peuvent revendiquer les travailleurs.
Le salaire. Le régime du salariat est-il destiné à disparaître, comme quelques-uns le prétendent? Se maintiendrat-il en s'améliorant? Le salaire doit-il être vital, familial même? L'Etat, d'accord avec les corps de métiers, doit-il en fixer le minimum? Autant de questions d'un intérêt considérable qu'il faudra bien résoudre quelque jour?
Sur le salaire en général, on consultera les auteurs cités plus haut, particulièrement le Cours du P. Antoine et l'étude de Garriguet : Le Salaire. Paris, Bloud, 19 10., in- 12 de 64 p. Prix : o fr. 60. — On lira aussi les conférences faites aux Semaines Sociales sur le minimum de salaire, par le P. Antoine (Bordeaux, igog), par l'abbé Mény (Bordeaux, 1909), par Raoul Jay (Rouen, 19 10). — Sur le salaire vital, par Henri LoRiN,dans son opuscule déjà cité : V Organisation projessionnelle de l'avenir et le Code du Travail.
La Participation aux bénéfices. Ce mode de rétribution ne mérite ni les enthousiasmes qu'il a suscités, ni les malédictions qu'il a encourues. Quoi qu'il arrive, le Travail s'organisera; c'est là le point capital ; après, les corporations exigeront, s'il leur plaît, la participation aux bénéfices... En attendant, ceux que la participation « endormira » seront toujours une exception... Nous citerons trois travaux :
A défaut de l'étude de Trombert, aujourd'hui épuisée (i), on lira : i° Un partisan : Payer : — La Participation aux bénéfices, Etude historique, critique et documentaire. Préface de E. Vallè. Paris, Rivière, 191 1, in-i2de îol^-p.Prix : o fr. 75.
20 Un hésitant : Vanlaer (Maurice). — La Participation aux bénéfices, étude théorique et pratique. — Paris, Rousseau, 1898, in-8 de 3 10 p. — Prix : 6 fr.
« La participation est une forme du patronage; elle n'est pas tou- « jours la meilleure » (p. 273).
3° Un adversaire : Bureau (Paul). — L'Association de l'ouvrier aux profits du Patron et la participation aux bénéfices.— Paris, Rousseau, 1898, in-8 de xix-322 p. — Prix: 6fr.
« En définitive, la participation aux bénéfices se propose d'attein- « dre un triple but : intéresser l'ouvrier à son travail, l'associer au « profit global de l'entreprise, faire régner la paix sociale. » — Or, « il existe d'autres moyens plus directs et plus sûrs de parvenir aux « mêmes résultats » (p. 227).
Enfin on pourrait lire aussi la brève critique qu'en fait Bois- SARD(déjà cité) dans Contrat de travail et salariat, pp. 3 12-326.
La Coopération. La coopérative de production, qui supprime tout intermédiaire et dont les membres sont à la fois les employeurs et les employés, paraît offrir, à première vue, une des solutions les plus séduisantes de la rétribution du travail. En fait,elleadéjà donné, en maintes circonstances, d'excellents résultats, dans les campagnes principalement, et chaque fois que le travail n'exige pas l'agglomération des ouvriers, c'està-dire une direction ferme que les coopératives industrielles sont souvent impuissantes à assurer. Quoi qu'il en soit, la coopération, sous toutes ses formes, est appelée à jouer un rôle considérable dans l'organisation économique de demain et à ce
(1) Trombert, Guide pratique de la participation aux bénéfices. Paris, Guillaumin, 1892, in-8 de 353 p. — Il est regrettable que l'auteur réprimande respectueusement, au nom de la morale laïque, Léon XIII, d'avoir déclaré « que la religion seule, avec ses dogmes sacrés et ses préceptes divins, possède le droit d'imposer aux consciences la justice dans sa perfection et les lois de la charité avec toui ses dévouements »>.,
LA PROFESSION 36o,
titre elle méritait de figurer en bonne place dans notre travail. On lira donc, sur ce sujet, les quelques pages que le P. Antoine lui consacre dans son Cours, et on consultera les Guides sociaux, qui, chaque année, en parlent longuement. Enfin, on se procurera les ouvrages cités plus loin de Haghin, Hubert- Valleroux, Gide, Corréard, etc., que nous mentionnons avec plus de détails dans notre chapitre sur Y Action sociale.
Les Retraites ouvrières. Sur les retraites ouvrières, que nous considérons comme le dernier stade du salaire, on se reportera d'abord aux travaux parus avant la promulgation de la loi:
Saint-Aubert (Gast. de) : L'Assurance contre l'invalidité et la vieillesse en Allemagne. Paris, Larose, 1900, in-8 de iv-3g9 p. et 100 d'annexé. Prix: 12 fr. (épuisé). — Boissard: — La Question des retraites ouvrières (Semaine sociale d'Orléans, igo5) — soit : Gailhard-Bangel (H. de) : Les Retraites ouvrières, l'assistance aux vieillards et aux infirmes. Discours prononcés àla Chambre des Députés en igoiigo3-igo5-igo6. Introduction et notes de Joseph Dusart. Pré/ace du comte Albert de Mun. Paris, Chevalier et Rivière, 1906, in- 12 de xliv-324 p. Prix : 3 fr.
Il n'est pas inutile, croyons-nous, de faire remarquer que tous ces auteurs eurent le mérite de se prononcer pour l'obligation à une époque où cette opinion pouvait sembler téméraire.
« Il y a [dit Joseph DusartJ un principe que M. le comte de Mun « a proclamé lui-même dès 1886, auquel Mgr Freppel a souscrit et « dont la nécessité n'a cessé d'être affirmée par l'éminent professeur « de la Faculté de droit, M. Jay. M. Gaston de Saint-Aubert et « moi l'avons soutenu à notre tour en plus d'une occasion depuis a bientôt six ans, et, pour ma part, je lui reste fidèle malgré toutes « les oppositions qu'il a rencontrées et qu'il rencontre encore, c'est « le principe de l'obligation en matière d'assurance ouvrière... » (p. xxv).
C'est aujourd'hui chose faite, mais la Loi sur les retraites ouvrières, si elle a sanctionné le principe de l'obligation, n'est pas organique, comme l'aurait désiré M. de Gailhard-Bancel
3j<) LA VIE SOCIALE
et la plupart des catholiques sociaux. On y viendra sans doute... En attendant, on consultera les commentaires de la loi du 6 avril 1910, pour en tirer, bien qu'elle ne soit guère viable, tout le parti possible. Nous lirons donc :
Boissvud. — Les Retraites ouvrières et la loi du 6 avril
1910 (Semaine sociale de Rouen, igio). — Si l'on veut un commentaire pratique de cette loi, il faut lire l'étude suivante, très consciencieuse et très sûre, comme tout ce que publie l'Action Populaire: Hacuin et Agasse : Les Retraites ouvrières : Commentaire pratique de la Loi. Reims, Action Populaire, et Paris, Noël, 191 1, in-12 de 180 p. Prix ; 1 fr.5o ; — ou Alibert (Raphaël) : Commentaire pratique de la loi du 5 arïil 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes et du règlement d'administration publique du 26 mars igu. — Paris, Rousseau, igu, in-8 de 214 pages. Prix : 2 fr.
Le Travail et sa durée.
Voyons maintenant si la journée de travail n'est pas souvent d'une trop longue durée et si les salariés n'ont pas droit à plus de repos pour refaire leurs forces affaiblies et pour vivre davantage avec leur intelligence et avec leur âme.
La journée de Travail. On consultera sur ce sujet le livre suivant, mais on n'oubliera pas, en le lisant, que la durée du travail dépend de causes multiples et qu'elle peut ou même qu'elle doit varier suivant le métier, le pays, la saison, et aussi selon l'âge et le sexe des travailleurs :
Lecoo (M.). — Vers la journée de huit heures. — Paris, Chevalier, 1906, in-12 de iG5 p. — Prix : 2 fr.
« L'Etat [déclare l'auteur], devra également intervenir pour empê- « cher une exploitation inutile, dangereuse et injuste. S'il arrive, « disait très sagement Léon XIII, « que les patrons écrasent les trace vailleurs sous le poids de fardeaux iniques ou déshonorent en eux « La personnalité humaine par des conditions indignes et dégradante tes; qu'ils attentent à leur santé par un travail excessif et hors de « proportion avec leur âge et leur sexe; dans tous ces cas, il fautabso- « lument appliquer, dans de certaines limites, la force et l'autorité des
LA PROFESSION $Jl
« lois. Il importe donc que tous, producteurs et consommateurs, puis- « sances individuelles ou puissances collectives, s'unissent en vue « de diminuer la durée du travail qui est imposée au prolétariat >» (p. 160).
~v On lira également :
Du même auteur: La Journée de huit heures: Paris, Rivière, in- 12 de 224 p. Prix : 2 fr. — Rist (Gh.) : La Journée de travail de l'ouvrier adulte en France et sa limitation par la loi. Paris, Larose, 1898, in-8 de xn-363 p. Prix ' 8 fr.— Voir aussi divers travaux de Strohl, Fagnot, Artaud, Alfassa, l'abbé Lemire, etc., édités par Y Association nationale française pour la protection légale des travailleurs (1).
Le Repos hebdomadaire a Cette loi, si chrétienne dans ses principes et dans ses effets, a déjà donné lieu à de nombreux commentaires :
Armbruster(L.). — Le Repos hebdomadaire, commentaire de la loi du i3 juillet igoô. 2e éd., précédée d'une étude sur les modifications proposées à la loi par Alex. Zevaès, député. Préface de F. Dubief. — Paris, Berger-Levrault, 1909, in- 12 de xvii-4i5 p. — Prix : 5 fr.
« Cette loi [écrit M. Dubief ] permettra à l'ouvrier et à l'employé, « au bout du dur labeur de la semaine, de retremper leurs forces et « leur courage dans l'atmosphère vivifiante de la maison où se trou- « vera réunie, dans la joie des douces intimités, la famille tout entière, « en ce même jour, consacré déjà par l'usage, c'est-à-dire le Diman- « che. On applaudit à la reconstitution de l'unité de la famille ou- « vrière et au vœu de la loi qui réalise ce que Macaulay appelle, dans « son admirable éloquence, « le grand travail de réparation de la « machine humai ne, celui qui rend, pour toute la semaine de labeur, « l'intelligence plus vive, l'âme plus courageuse, et le corps plus « vigoureux » (p. xv).
(1) Strohl et Fagnot : la Réglementation hebdomadaire dans la durée du travail : le repos d'i samedi. — Artaud : la Protection légale de remployé. — Lemire (Abbé) : la Réglementation de la durée du travail dans les mines. — Fagnot, Héraud et Stsohl : la Durée légale du travail; la modification à apporter à la loi de igoo. — Alfassa : Contrôle de la durée du travail, etc. — On trouvera, sur toutes les questions qui touchent au travail, dans les volumes édités : par VA ssociation nationale française pour la protection légale des travailleurs, \ des séries de courtes et intéressantes études signées par des sociologues réputés, j mais appartenant à des écoles différentes (Paris, 5, rue Las Cazes, et chez Alcan. 1 Pria; du vol. 3 fr. 5o. — Chaque étude se vend séparément o fr. 6o).
Le Travail et ses risques.
Le Travail comporte des risques contre lesquels l'ouvrier, livré à lui-même, n'avait pu jusqu'à ce jour se prémunir. Ici encore, l'action de l'Etat, éclairé par l'association corporative, peut produire d'excellents résultats et atténuer ces risques dans une large mesure. Arrêtons-nous aux deux principaux, les accidents du Travail et le chômage.
Les Accidents du Travail. Nous recommandons le sérieux travail suivant, très suffisant :
Serre (Ed.). — Les Accidents du Travail : Commentaire de la loi du g avril i8g8 modifiée par tes lois des 22 mars igo2 et 3i mars igoo, suivi d'une étude comparative de la législation étrangère. 3e éd. entièrement revue et mise au courant de la jurisprudence. — Paris, Berger-Levrault, 1906, in-8 de vu-653 p. — Prix : 8 fr.
w». Signalons encore :
Sachet (Ad.) — Traité théorique et pratîgue de la législation sur les accidents du Travail. Paris, Larose, 5e édit., 1909, 2 vol. in-8 de 55o p. environ. Prix : 20 fr. Travail très complet et d'une consultation facile. — Enfin, citons aussi un opuscule, sorte de manuel léger à l'usage des petits patrons et des ouvriers : Auché (Louis) : Les Accidents du Travail. Paris, Larousse, in-8 de 126 p., s. d. [vers 1906]. Prix : o fr. 90.
Le Chômage. On ne manquera pas de lire les pages remarquables écrites par Duthoit sur le Chômage dans son livre cité : Vers l'organisation professionnelle — et on lira aussi Varlez : les Formes nouvelles de l'assurance contre le chômage, dont nous parlons plus loin dans notre chapitre : V Action sociale, à propos des institutions d'assurances contre le chômage.
Le Travail et ses misères.
Les progrès du machinisme ont enlevé la femme au foyer
LA PROFESSION 3j3
et l'ont jetée dans les usines et dans les magasins. Ce n'est pas le lieu d'examiner si le salaire de l'homme ne devrait pas suffire, presque entièrement, à la subsistance des siens. Mettonsnous en présence des faits et voyons si le travail de la femme ne pourrait pas être moins pénible et mieux rétribué.
Le Travail au rabais. On aura une excellente étude d'ensemble sur ce sujet, en lisant le livre suivant, qui constitue le meilleur et le plus complet des travaux écrits jusqu'à ce jour sur la concurrence déplorable que les ouvriers se font entre eux. En effet, les femmes, les enfants, les étrangers, les orphelins, les assistés, les soldats, les prisonniers, les ouvriers amateurs et en chambre menacent à la fois le salaire et l'emploi des ouvriers organisés. On lira donc, à titre documentaire :
Gemahling (Paul). — Travailleurs au rabais. La lutte syndicale contre les sous-concurrences ouvrières. — Paris, Bloud, 1910, in-8 de 432 p. — Prix : 7 fr. 5o.
Cet ouvrage, qui est d'une information très étendue et d'une documentation très riche, constitue un excellent instrument de travail qui sera très utile à tous ceux qui s'intéressent à ces importantes questions :
~~ Le Travail à domicile. On sait, d'autre part, quels sont les abus déplorables du travail à domicile et ses conséquences funestes. La femme, presque toujours, en est la première et la principale victime. De nombreux auteurs, et particulièrement des catholiques, ont hardiment dénoncé l'énormité du travail, la dérision des salaires, les souffrances et les misères qui en résultent, et même la désorganisation que ce labeur d'esclave apporte dans la famille ouvrière. On lira donc l'excellent travail de \: Boyaval (Paul) : La lutte contre le sweating-system ; le minimum légal du salaire. Paris, Alcan, 19 t 2, in-8 de 717 p., 12 fr. ; — l'Enquête [par départements] de l'Office du Travail [sur] le travail dans la lingerie. Paris, Berger- Levrault? 3 vol. in-8 de 700 à 800 p. Prix : le vol. 5 fr. — ainsi que l'Exposé des motifs du Projet de loi du comte de Mun sur le salaire minimum pour le travail à domicile. Paris, Ch. des Députés, 191 1, in-4 de 23 p. — On y ajoutera :
3y4 la vil: sociale
Meny (Abbé) : Travail à bon marché : Enquêtes sociales : préface de l'abbé Lemire, 2e édit., in-iG de xxiv-236 p. Paris, lîloud, 1908. Prix : 2 fr. (épuisé). — Du même auteur : Travail à domicile. Paris, Rivière, iQ,io,in-8 de 460 p. Prix : 8 fr.
Le Travail des femmes. A défaut d'un travail d'ensemble sur ce sujet, d'un intérêt si considérable mais d'une matière si complexe, nous recommanderons quelques études auxquelles on voudra bien se reporter :
Duthoit: Le Travail de la femme dans l'industrie, dans son livre déjà cité : Vers l'organisation professionnelle . — Gonnard : La Femme dans l'industrie. Paris, Collin, 1906, in-12 de iv-2,85 p. Prix: 3 fr. 5o. — Poisson (Ch.) : Le Salaire des femmes. Paris, Librairie des Saints-Pères, 1906, in-12 de /410 p. Prix : 3 fr. 00. — D'Hausson ville : Salaires et misères des femmes, Paris, Galmann-Lévy, 1900, in-18 (lexxni-3i4 p. Prix : 3 fr. 5o (épuisé).
Le Travail des enfants. La défense de l'enfant devrait faire l'objet de nos plus vives préoccupations. C'est bien, certes, d'offrir à sa jeune intelligence l'enseignement de nos écoles et à son âme, déjà inquiète, l'abri tranquille de nos patronages, mais quand nous avons fait cela, avons-nous accompli tout notre devoir?
Non — car le mal et la souffrance guettent encore l'enfant dont il faut protéger l'innocence contre la promiscuité des ateliers et défendre la vie contre les exigences d'un labeur qui n'est pas de son âge. Et c'est une tâche qui doit nous être douce. C'est pourquoi, pour mieux la remplir, nous lirons les études suivantes :
Martin Saint-Léon : Le Travail de nuit des enfants dans l'industrie française (Rapport fait en 1906 à Y Association internationale pour la protection légale des travailleurs). Paris, Alcan,ioo6, in-16 de 55 p. Prix: o fr. 60 — Du même auteur: L'Age d'admission des enfants au travail industriel et le travail de demi-temps (Rapport fait kY Association nationale française pour la protection légale des travailleurs). Prix: o fr.Go. — Alfassa(G.) : Note sur le travail indus-
triel des enfants {Rapport fait à V association internationale . ..ibid. Paris, Alcan, igo8,in-i8 de 37 p. Prix : o fr. 60 — Malauzat (Alb.) : Le Travail de nuit des enfants dans les usines à feu continu. Rochechouart.Dupanier frères, 1909, in-8 de 240 p. — Prix : 5 fr.
« La cause des enfants est entre toutes intéressante , car elle est « une de celles où les droits de la justice et les intérêts du progrès « social sont le plus visiblement confondus... Le jour est proche ou « il faudra que, bon gré mal gré, l'industrie se passe du travail des « enfants » (p. 234).
~~ Enfin, on pourrait consulter également: Les Conditions de travail de la jeunesse ouvrière. Paris, Jeunesse catholique, 1905, in-i6de vii-i35 p. Prix: o fr. 65 (épuisé).
Le Travail et ses luttes.
Si le travail, de sa nature, comporte des risques, il n'est pas dans Tordre des choses qu'il ait à soutenir, chaque jour, des luttes violentes pour défendre ses droits, mais il devrait être organisé de telle façon que la justice puisse découler du jeu régulier des institutions professionnelles.
La (jrève,C8LT nous ne nous arrêterons pas au sabotage, que nous réprouvons, la grève, disons-nous, est l'arme de guerre des travailleurs ; les tribunaux de conciliation et d'arbitrage en sont, provisoirement, les gages de paix.
Les Grèves. Nous lirons sur ce sujet plusieurs conférences faites aux Semaines sociales : La Grève devant la conscience,par le P. Antoine (Bordeaux, 1909). — Le Fait de grève et le droit de grève, par Boissard (Bordeaux, 1909). — La Régularisation de la grève par les institutions professionnelles de Droit public, par Boissard (Bordeaux 1909). — Enfin, on se reportera au Cours d'Economie sociale du P. Antoine et on se procurera le travail, plutôt historique, de :
Seilhac Léon de). — Les Grèves. — Paris, Lecofïre, 1903, in-12 de vn-207 p. Prix : 2 fr.
Sur les grèves de fonctionnaires étudiées au point de vue doctrinal, voir Guide social de igio, pp. 2i6-25o.
V arbitrage. « La masse qui ne pense pas, dit Vogelsang, et ceux qui trouvent leur avantage dans l'anarchie, ceux aussi qui se livrent à l'espoir de courber l'Etat et la Société sous le joug* de la ploutocratie et de ses satellites, vantent toutes sortes de palliatifs. Un de ces petits moyens est l'établissement légal des conseils de conciliation. Quand bien même ces tribunaux d'arbitrage, composés d'ouvriers et de patrons, seraient armés du pouvoir exécutif..., ils n'auraient qu'une utilité passagère ou même nulle. Il ne suffit pas de chercher à déraciner les conséquences d'un principe faux, il faut écarter ce principe faux lui-même. Il faut que le patron soit empêché, par une organisation ad hoc de la société, de contribuer lui-même à la ruine du prix et de la qualité de sa production. »
Sous ces réserves, peut-être exagérées, on lira le travail, un peu objectif, de :
Fromont de Bouaille. — Conciliation et arbitrage, — Paris, Leconre, 1905, in- 12 de 228 p. — Prix : 2 fr.
L'auteur n'est pas partisan de l'arbitrage obligatoire. On mettra au point par les Guides sociaux et par les auteurs déjà cités.
Telles sont, avec les moyens de les réaliser, les améliorations essentielles qu'il convient d'apporter au régime du travail et dont le syndicat doit être le principal artisan.
Mais il convient qu'il soit, aujourd'hui surtout, secondé par l'Etat, c'est pourquoi nous traiterons de la législation ouvrière dans les pages qui vont suivre.