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CHAPITRE V L'Action sociale

Hier, nous pensions savoir et voici que la lecture de quelques livres nous a révélé que nous ne savions presque rien... Aujourd'hui, nous comprenons mieuxla beauté et la nécessité de l'Eglise, nous saisissons bien la portée de la philosophie et son influence sur le monde, nous avons une connaissance plus exacte des vastes problèmes qui se posent à l'intelligence humaine et nous apprécions, comme il convient, l'excellence de la solution chrétienne.

Toutes nos sympathies vont désormais à ceux qui, appuyés sur l'Evangile et sur la tradition, ont résolu de combattre les doctrines néfastes de la Révolution et d'établir, sur des bases plus stables, une société nouvelle, plus accueillante et plus hospitalière.

La doctrine catholique sociale nous apparaît, en effet, avec une netteté et une précision remarquables. Naguère, oubliée et méconnue, elle a, maintenant, ses docteurs, ses revues, ses journaux, ses orateurs, ses propagandistes; elle a ses œuvres, elle a la faveur croissante des intellectuels. Aujourd'hui, elle jette en silence les bases de l'organisation sociale chrétienne; demain peut-être, elle aura les sympathies des foules; demain, ille sera le refuge de la société désemparée.

C'est pourquoi, confiants en la fécondité de notre doctrine, devant les ruines qui s'accumulent sous nos yeux attristés, un vif désir de rétablir la cité sur des assises plus solides nous saisit. Vraiment, nous nous sentons plus dignes d'agir parce que nous sommes devenus les ouvriers conscients de l'inévitable restauration.

Puisque nous avons iaisséà nos penseurs le soin de retrouver les grandes lignes de la cité future, nous travaillerons à établir des foyers vivants et féconds dans les limites qu'ont tracées nos maîtres. Laissons-les préparer, en silence, l'édification de la maison commune et l'organisation du corps de ville charge de faire régner l'ordre et la paix ; et nous, simplement, sans arrière-pensée, la conscience tranquille et les yeux sur l'avenir, amenons, dans l'enceinte choisie, les familles égarées et assoiffées de vérité et de justice. Guidées par nous, elles reprendront le chemin oublié des sources de la vie et elles y puiseront sans compter. Nous pourrons alors donner à la cité reconstituée de nouvelles coutumes et de nouvelles franchises.

Nous étudierons bientôt, d'une façon plus approfondie, les rapports de l'homme avec la cité et nous adapterons les institutions politiques à la nouvelle structure économique et sociale. Pour l'instant, attachons-nous à reconstituer les éléments de l'ordre social : la famille et la corporation, faisons l'éducation chrétienne du peuple puisqu'il est le nombre, puisqu'il est la puissance, puisqu'il a le droit d'élever qui lui plaît à la souveraineté. Quand nous aurons ainsi rendu à la société ces organismes providentiels, le peuple créera — d'instinct — la Cité chrétienne.

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