LOCALISATION DANS LA POUDRE DE GRAINE DE « LATHYRUS NIGER BERNH
Nous avons pulvérisé quelques graines, récoltées en 1932, au mortier de fer jusqu’à obtention d’une poudre très fine, et nous en avons traité une petite portion par le réactif de Steimetz [37] (Nota).
Les débris des téguments nous sont apparus colorés en brun dans certaines de leurs cellules (mélanogénèse). La poudre des cotylédons était formée de grandes cellules bourrées de gros grains d’amidon à hile allongé et ramifié, colorés en violet.
NOTA. — Réactif pratique pour l’analyse des coupes végétales par Emile Sreimerz [37]
Hydraterde Cchloral ee 45 »
Alun de fer ammoniacal. . . . 4 » Sulfate-d'aniline re 120) TO TE NUS NN TANT En 0, 40 Rouge soudan III. . . . . : . 0,10.
Alcool AN Re 40 ce Éau-distilée ee ME are 25 ce Glycérine pure #4... 2 20 30 ce
Mode opératoire strict.
Dissoudre d’une part le choral, l’alun de fer dans 10 cc. d’eau distillée. Dissoudre d'autre part l’iode dans l’alcool, et enfin, le sulfate d’aniline dans 15 cc d’eau distillée (à chaud). Mélanger ces trois solutions froides, puis ajouter la glycérine et enfin le rouge soudan. Mélanger convenablement et laisser en contact pendant vingt-quatre heures, en agitant de temps en temps. Filtrer et conserver dans un flacon brun et bien bouché,
À première vue, l’arbutoside semblait se localiser uniquement dans les téguments.
Mais la microsublimation de poudre de graine décortiquée nous a donné ensuite un sublimat &’hydroquinol. Guidé par cette expérience, nous avons cherché à localiser botaniquement l’arbutoside dans les cotylédons privés de leurs téguments. Nous avons fait alors une série d'essais sur la poudre de graine dépourvue de son enveloppe.
Une première portion, traitée par l’aniline, ne donna aucune coloration. Un autre échantillon, traité par le réactif de Steimetz, montra la coloration violette des tissus de réserve amylacée.
Nous avons ensuite soumis une autre partie de la poudre à l’action de quelques gouttes d’acide chlorhydrique au dixième durant une dizaine de minutes; nous avons traité directement sur la lame l’échantillon ainsi préparé par quelques gouttes d’aniline, ce qui nous a permis de constater, contre les parois intérieures des cellules, une condensation de couleur vert foncé due à la quinhydrone. La partie centrale de la cellule était remplie de gros grains d’amidon.
Le même échantillon de poudre, traité par l’acide chlorhydrique et repris non plus par l’aniline, mais par le réactif précité, a fourni des résultats identiques (action du sulfate d’aniline du réactif).
Le perchlorure de fer officinal, qui contient des traces d’acide chlorhydrique, donne directement sur la poudre de cotylédons décortiqués la coloration verte.
L’addition d’acide nitrique au tiers donne cette même condensation fragmentaire dans les cellules.
En résumé, il semble bien que dans la graine, comme dans la tige, les feuilles, etc., il n’y ait pas d’hydroquinol libre. Cet hydroquinol, provenant de l’arbutoside, n’apparaîtra qu'après dédoublement de l’hétéroside par les acides.
L’arbutoside dans les graines se trouve donc localisé : dans les cotylédons, au niveau des membranes des cellules de réserve de la graine et dans les téguments, où le glucide, chez les échantillons âgés, a subi le dédoublement fermentaire entraînant la mélanogénèse.
Nous vérifierons ultérieurement cette localisation botanique par la microsublimation de ces différents
tissus.