‹ Logique (volume 2)Chapitre 16 sur 46 · LE CONTINT ET L'ABSOLU · texte numérisé non relu

LE CONTINT ET L'ABSOLU

tence de l'une ou de l'autre, car elle les connaît l'une et l'autre séparément. ^Nlais elle ne cherche pas à les saisir par la même unité, les sachant incommensurables ; elle s'arrête devant leur mystérieux rapport. Demandez aux mathématiques : Quel est le rapport du fini à l'infini ? Elles vous répondent d'une manière sublime : Ce rapport est zéro. C'est-à-dire qu'il n'existe aucun nombre qui le puisse exprimer , qu'il est positivement en dehors de toute quantité. Mais pour cela , la science niet-elle l'un des deux termes? En aucune sorte. Bien moins encore essaie-t-elle d'assurer que l'un des deux est identique à l'autre , que l'un n'est qu une transformation ou une puissance de l'autre, conmie quand le panthéisme affirme que le monde n'est qu'une transformation ou une puissance de Dieu. Le jour où la philosophie aussi reconnaîtra des incommensurables , et renoncera au raisonnement perpétuel et coutiuii, ce jour-là elle sera guérie d'une infirmité séculaire qui entravait tous ses mouvements. Dégagée de l'esprit sophistique et raisonneur, qui l'isolait de la vie réelle , elle prendra une fécondité toute nouvelle, comme il est arrivé aux sciences , lorsqu'elles ont cessé de chercher la quadrature du cercle, la pierre philosophale, et le mouvement perpétuel. Déjà, Bossuet a su traiter

ainsi la question de la liberté et de la prescience divine : « Attachez-vous, dit-il, à l'une et l'autre « vérité , quoique vous ne puissiez les concilier par « la logique. Tenez ferme les deux anneaux extrè- « mes, quoique vous ne puissiez en saisir le lien. » Suivons cette voie, qui est celle du bon sens , et celle de la vraie science. Reconnaissons, déterminons scientifiquement les points impénétrables au raisonnement, les termes entre lesquels le syllogisme ne peut passer, et cette démonstration sera une innnense découverte.

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