‹ Logique (volume 3)Chapitre 29 sur 37 · II · texte numérisé non relu

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rinfiniment petit. On attend les législateurs de l'atoiiie, comme on a les législateurs des astres.

Rien ne me semblerait plus utile, en physique, que de méditer ces questions, dût-on se borner à les poser.

Quoi qu'il en soit, une fois rattachées à la géométrie et au calcul, la physique et la chimie se rattacheront plus haut encore.

Je ne crains nullement d'affirmer, conformément à ma thèse générale sur la science comparée, qu'il faut remonter par la physique et la chimie, à travers les mathématiques, jusqu'à la philosophie, et jusqu'à la théologie : la philosophie et la théologie, du reste, étant certainement comparables et mutuellement pénétrables.

Si nous croyons, comme l'affirme un esprit distingué qui entre dans cette voie ' , que « toute science « qui s'isole se condamne à la stérilité; » que « cette philosophie qui continue à la fois les gran-

« des traditions de Descartes , de Leib-

« niz, est capable de passe?' la frontière, et d 'ente trer sur le terrain de la physique:» nous croyons de même c[ne la physique aussi est aujourd'hui •capable de monter plus haut, et que cette tenta-

* M. ll(^nri-Martin, Philosophie spiritualiste de la nature.

tive de physique et de philosophie comparées est, comme le dit encore le même auteur, « une tenta- « tive qui, un jour ou l'autre, doit réussir ^ »

Il faut en venir à comprendre ce qu'il y a sous cette théorie universelle des ondes, sous ces formes sphéroïdales qui sont partout, sous cette loi générale de la raison inverse du carré des distances, ce qu'il y a enfin dans toute force. Il faut savoir s'il est vrai et visible en physique, comme cela est visible en psychologie, que Dieu opère en tout ce qui opère; que l'attraction, la lumière, la chaleur, sont des effets de la présence de Dieu, produits par lui comme cause première, et radicalement impossibles sans son action perpétuelle. Il faut voir si cette vérité théologique n'est pas impliquée dans cette étrange propriété du mouvement et de la propagation des forces, leur persistance iiidé finie, sans fatigue ni altération^ de sorte que le rayonnement d'une force quelconque se conserve toujours tout entier à quelque distance du centre que l'onde soit parvenue. Il faut savoir si on ne peut pas dire que Dieu, par là, a pris soin de marquer son infinité dans la force, comme il a pris soin, ditBossuet, de marquer son infinité dans nos

' Philosophie spiritualiste de la nature. Préface, p. xxii.

idées ; si dès lors on ne peut pas apercevoir le eoté de la force cpii est de Dieu, comme on aperçoit, en psychologie, le coté de la raison et des idées qui est donné de Dieu; comme en effet on doit finir par distinguer, dans tout ce qui est créé, le fini, qui est le créé lui-même, et l'indispensable présence de 1 incommunicable infini, qui porte et soutient le fini.

Je vais plus loin; je crois, avec l'auteur déjà cité, qui en a montré quelque chose, « à l'accord des (c conclusions léeritimes de la méthode rationnelle « en pliilosophie et dans les sciences naturelles « avec les enseignements chrétiens sui' la nature « de Dieu, sur sa providence et sur la création '. :»

Et pour vous dire le foud de ma pensée qui, au premier al)ord, pourra choquer bien des esprits, je suis très-convaincu qu'il est yjossible d'entreprendie d'une manière véritablement scientifique, ce cpii a été déjà vaguement entrepris tant de fois, je veux dire d'appliquer à toute la physique et même à toutes les sciences, l'idée qui inspira Kepler dans sa merveilleuse découverte du monde astronomique, et qu'il indique dans son chapitre : « Du reflet de la Irinité dans la sphère. » De

' Philosopnic ;<i).riiualislc' de la nature. Préface, xx.

LES SOLiIlCES. 389

adimibratione Trinitatis in. spJiœiico. Si la splière on ses dérivés sont partout, si cette forme renferme, en effet , quelque vestige , quelque ombre du grand mystère, il s'ensuit donc qu'il y a partout vestige de la Trinité, comme l'affirmait Kepler, d'après la théologie catholique.

Et, pour ce qui est de la physique en particulier, je ne dirai pas avec les Allemands, ni avec Lamennais, dans son Esquisse dune philosophie^ « que « toute force, quelle qu'elle soit, est un écoulement « du Père, un don qu'il fait de lui-même ; que « toute intelligence, toute forme, quelle qu'elle « soit ( notamment la lumière ), est lui écoulement « du Fils, un don qu'il fait de lui-même; que c( toute vie (notamment le calorique) est un écou- « lement de l'Esprit, un don qu'il fait de luia même ', » et que, ]>ar conséquent, les trois forces de la nature sont les personnes divines. Nous dirons que si tout ce panthéisme est absurde, il renferme pourtant une vérité qu'il défigure, savoir : l'uinverselle présence de Dieu, et son action universelle, et la signature en toute chose de son indivisible Trinité, ce que saait Paul touchait quand il disait : « Nous sommes en lui, vivons en lui, et

* Lamennais. Esquisse d'une philosophie^ t. i, p. 338.

ce nous mouvons en lui.» In ipso vivimus, movemuf et sumus.

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