‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 15 sur 80 · C. LE RAPPORT · texte numérisé non relu

C. LE RAPPORT

§ cxxxv.

1). Le rapport immédiat est celui du tout et des parties. Le contenu est le tout et est composé départies (la forme), le contraire de lui-même. Les parties se différencient les unes des autres et constituent l'élément indépendant. Et cependant elles ne sont parties que dans l'identité de leur rapport réciproque, ou qu'autant qu'elles forment un tout par leur ensemble. Mais l'ensemble est l'opposé et la négation des parties.

Zusatz. Le rapport essentiel est le mode déterminé, et absolument général de l'existence du phénomène (2). Tout ce qui existe est en rapport, et ce rapport constitue le vrai de toute existence. Par là ce qui existe n'est pas pour soi

parce qu'elles ne sont, au fond, que deux faces d'une seule et même essence. La différence entre ces deux mondes est la différence du moment immédiat et du moment médiat et réfléchi. Si Ton considère le moment immédiat de l'existence, on aura le monde phénoménal. Si l'on considère le moment médat on aura le moment suprasensible. En d'autres termes, si Ton considère le simple être des phénomènes on aura le monde phéuoménal. Si l'on considère les phénomènes dans leur totalité et dans leur rapport on aura le monde suprasensible. Or, par cela même que l'essence conserve ici ces deux formes, on n'a pas encore l'identité de ces deux mondes, mais seulement leur rapport essentiel, — YVesenlliche Verhàl'niss.

(1) C'est-à-dire rapport essentiel ou d'essence, ou suivant l'essence, que, comme on l'a vu (§ cxxxm), Hegel appelle aussi rapport absolu, ou simplement, comme ici, le rapport, c'est-à-dire le rapport véritable, ou dans le sens strict du mot. Car deux termes sont vraiment en rapport lorsqu'il le sont par leur essence. Et ce rapport est aussi le rapport absolu, parce qu'il n'est pas encore la notion, mais il y louche et fait avec la réalité (§ cxui) le passage de la sphère de l'essence à celle de la notion.

(2) Le texte a seulement : des Erscheinens : de l'apparaître phénoménal.

d'une façon abstraite, mais seulement dans l'autre, et dans cet autre il est en rapport avec lui-même; et le rapport absolu est l'unité du rapport avec soi-même et du rapport avec l'autre.

Le rapport du tout et des parties est un rapport faux (1) en ce sens que la notion et la réalité n'y coïncident pas. La notion du tout consiste à contenir des parties. Mais lorsqu'on pose le tout tel qu'il est suivant sa notion, c'està-dire lorsqu'on le divise en parties, il cesse d 'être le tout. Il y a sans doule des choses qui correspondent à ce rapport, seulement elles sont par cela môme des existences inférieures et imparfaites. 11 faut rappeler à cet égard que lorsque dans une explication philosophique il est question du faux, il ne faut entendre la chose que comme si le faux n'existait pas. Un mauvais état, ou un corps malade peuvent bien exister, mais ces objets sont faux, en ce que leur notion et leur réalité ne correspondent pas l'un à l'autre. — Le rapport du tout et des parties est le rapport immédiat qui par cela même se rapproche le plus de l'entendement réfléchissant, et auquel celui-ci s'arrête lorsqu'il s'agit cependant de rapports plus profonds. Ainsi, par exemple, on ne doit point considérer les membres et les organes d'un corps vivant comme s'ils étaient de simples parties, car ce qu'ils sont ils le sont dans leur unité, et en se différenciant l'un l'autre. C'est sous le scalpel de l'anatomisle que les membres et les organes deviennent de si nples parties. Mais dans cet état ce n'est plus à un corps vivant, c'est à un cadavre que l'on a affaire. On ne veut pas dire par là qu'on

M) Unirahr : mparfait. Voy. ci-dessous.

ne doit pas décomposer ainsi le corps vivant, mais seulement que le rapport extérieur et mécanique du tout et des parties est insuffisant pour saisir la vie organique dans sa vérité. Et cette insuffisance est bien plus grande encore lorsqu'il s'agit de l'esprit et des sphères diverses du monde spirituel. Bien que la psychologie ne parle pas expressément des parties de l'âme ou de l'esprit, cependant, par là qu'elle suit les procédés abstraits de l'entendement, elle s'en tient au fond à ce rapport fini; c'est-à-dire les diverses formes de l'activité de l'esprit, qu'elle appelle forces et facultés, elle les considère dans leur isolement, elle se borne à les énumérer et à les décrire en les juxtaposant.

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