‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 28 sur 80 · CLXI · texte numérisé non relu

CLXI

Le mouvement de la notion n'est pas un passage (1), il n'est pas non plus une réflexion (-2), mais un développement,

(1) Uebergehen, comme dans la sphère de l'être.

(2) Scheinen, l'apparaître dans la réflexion, comme dans la sphère de l'essence.

en ce que les différences y sont immédiatement posées comme identiques entre elles et avec le tout, et que la détermination y. existe librement à la façon de la notion entière (1).

Zusatz. Le passage d'un terme à un autre est le processus dialectique qui a lieu dans la sphère de l'être, et la réflexion d'un terme sur l'autre est celui qui a lieu dans la sphère de l'essence. Le mouvement de la nolion est, par contre, un développement par lequel ne se trouve posé que ce qui est déjà contenu en soi dans la chose. Dans la nature c'est la vie organique qui répond à la sphère de la notion. Ainsi, par exemple, la plante se développe de son germe. Celui-ci contient la plante entière, mais d'une façon idéale, et il ne faudrait pas concevoir son développement comme si les différentes parties de la plante, la racine, la tige, les feuilles, etc., étaient déjà contenues réellement dans la plante, mais seulement à l'état de parties infiniment petites. C'est là l'hypothèse de l'emboîtement des germes, hypothèse dont le défaut consiste en ce qu'on y considère comme ayant une existence réelle ce qui n'existe d'abord qu'idéalement (2). Ce qu'il y a de vrai dans cette hypothèse c'est que dans son processus la notion ne sort pas d'ellemême, n'ajoute rien de nouveau à son contenu, et qu'il ne

(1) Die Beslimmtheit als ein freies Seyn des ganzen Begriffes ist : la dèterminabilité est comme un être libre de la notion entière : c'est-à-dire que dans ud moment, dans une détermination de la notion se retrouve la notion entière. Et ainsi la notion n'est pas limitée, et, pour ainsi dire, emprisonnée daus ses déterminations, mais elle existe dans chacune d'elles dans sa liberté.

(2) In ideeller Weise : d'une façon idéale : c'est-à-dire comme un moment de l'idée, dont la réalité, l'existence concrète ne s'accomplit que par l'addition d'autres moments.

se produit en elle qu'un changement de forme. C'est cette vertu de la notion de n'être qu'un développement d'ellemême à tous ses degrés qu'on a aussi en vue lorsqu'on parle des idées innées, ou lorsqu'on ne voit, comme Platon, dans tout savoir qu'un souvenir. Car, on ne doit pas entendre par là que le contenu de la conscience qui a reçu l'enseignement se trouve déjà primitivement dans cette même conscience sous sa forme déterminée et développée. Le mouvement de la notion doit être considéré, pour ainsi dire, comme un jeu (Spiel). Le terme, que la notion pose, n'est pas en réalité un terme autre qu'elle. C'est là ce qu'enseigne la doctrine chrétienne, lorsqu'elle dit que Dieu a créé le monde, lequel demeure vis-à-vis de lui comme un être autre que lui, mais qu'il a aussi engendré un fils de toute éternité en qui il demeure comme en lui-même en tant qu'esprit {In welchem er ah Geist bei sich selbstist.) — Yoy. plus bas, § clxv.

Page 1