‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 35 sur 80 · CLXVIII · texte numérisé non relu

CLXVIII

Le jugement constitue le moment de la finité, et la finité des choses consiste en ce qu'elles sont des jugements, c'est-à-dire en ce qu'en elles se trouvent réunies leur existence [ihr Daseyn) et leur nature générale — leur corps et leur âme — (sans cela elles ne seraient pas) et aussi en ce que ces deux moments n'y sont pas seulement distincts, mais qu'ils peuvent y être séparés.

§ CLXIX.

Dans le jugement abstrait : l'individuel est l'universel, le sujet, en tant qje ternie négatif et qui est en rapport

avec lui-même, est le terme immédiatement concret (1), et le prédicat est le terme abstrait et indéterminé, l'universel. Mais comme ils sont réunis par la copule est, le prédicat doit contenir dans son universalité la déterminabilité du sujet. L'universel ainsi déterminé est le particulier, qui pose l'identité du sujet et du prédicat ; et puisqu'il est ainsi dans un état d'indifférence à l'égard de la forme de tous les deux, il fait le contenu du jugement (2).

REMARQUE

Le sujet a d'abord sa détermination expresse et son contenu dans le prédicat; considéré en lui-même il n'est qu'une simple représentation, ou un mot vide. Dans les jugements « Dieu est l'être le plus réel; l'absolu est identique à lui-même, » Dieu, l'absolu ne sont que de purs mots. C'est seulement le prédicat qui exprime ce qu'est le sujet. Celui-ci peut bien être une existence concrète, mais ce n'est pas par cette forme de jugement qu'il peut être connu et déterminé. Cf. § xxxi. (Voy. plus loin §§ clxxh, clxxiii.)

Zusatz. Lorsqu'on dit : le sujet est ce dont on affirme un certain terme, et le prédicat est le terme affirmé, on dit quelque chose de très-superficiel et qui n'apprend rien de

(!) Immédiatement , parce quMl n'y a pas encore de médiation ; concret } parce que le prédicat ne constitue qu'une de ses déterminations ou propriétés.

(2) Et, en effet, l'unité du jugement est dans le rapport des deux termes. Ce rapport constitue un contenu particulier soit qu'on considère l'universel (le prédicat) comme déterminé par l'individuel (le sujet), soit qu'on considère l'individuel comme déterminé par l'universel. Le particulier ou le contenu est; par conséquent, indifférent à la forme de tous les deux, puisqu'il est tous les deux.

bien spécial sur leur différence. Le sujet est, d'après sa notion, d'abord l'individuel, et le prédicat l'universel. Ce qui s'accomplit dans le développement ultérieur du jugement c'est que le sujet cesse d'être l'individuel purement immédiat, et le prédicat l'universel purement abstrait. Le sujet et le prédicat jouent le rôle le premier du particulier et du général, et le second du particulier et de l'individuel. C'est ce changement qui a lieu sous le nom de sujet et de prédicat dans les deux côtés des jugements.

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