‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 38 sur 80 · CLXXII · texte numérisé non relu

CLXXII

Le jugement immédiat est le jugement de Xexistence [Dascyns). Le sujet y est posé dans l'universel qui est son prédicat, et qui exprime une qualité immédiate et par suite sensible (1). 1) Le jugement positif est« l'individuel est le particulier » (w2). Mais, d'un autre côté, l'individuel nest pas le particulier; ou, pour parler avec plus de précision, celte qualité particulière (3) ne répond pas à la nature concrète du sujet. De là, "2) le jugement négatif.

REMARQUE

Lorsque la logique enseigne que des jugements qualitatifs, tels que la rose est rouge, ou elle nest pas rouge,

(1) Les intuitions et les représentations immédiates et sensibles rentrent dans ce jugement.

(2) Dans la Grande Logique, le premier jugement est: « l'Individuel est Vunicerse!. C'est là en effet le jugement le plus immédiat et le plus indéterminé, dont le jugement qualitatif est la première détermination. Du reste, ce jugement e>t iudiqué § clxvi. Pour la déduction de ces jugemeutSj vojcz paragraphe suivant.

(3; Einzelne Qualittit. Le prédicat qui est une qualité particulière, ou, si l'on veut, qui n'est qu'une des qualités du sujet.

peuvent contenir la vérité, elle enseigne une des doctrines les moins admissibles. Ces jugements peuvent bien être exacts, mais seulement dans le cercle limité de la perception, de la représentation, et de la pensée finies. Et cette limitation vient du contenu qui étant fini ne peut exprimer la vérité (1). Mais le vrai a son fondement dans la forme, c'est-à-dire dans la notion concrète (2) et dans la réalité qui lui correspond. Et cette vérité ne se rencontre pas dans le jugement qualitatif.

Zitsatz. Dans la vie ordinaire la justesse et la vérité sont fort souvent considérées comme synonymes, ce qui fait qu'on y parle de la justesse comme si elle était la vérité. Mais la justesse ne se rapporte qu'à l'accord formel de notre représentation avec son contraire, bien que celui-ci puisse être différemment constitué. La vérité par contre est l'accord de l'objet avec lui-même, c'est-à-dire avec sa notion. Il pourra être exact de dire que quelqu'un est malade, ou que quelqu'un a volé. Mais un tel contenu n'est pas la vérité, parce qu'un corps malade ne s'accorde pas avec la notion de la vie, et que le vol est une action qui ne répond pas à la notion de l'activité humaine (o). On peut voir par ces exemples qu'un jugement immédiat où l'on

(1) Unwahrer ist : n'est pas vrai, c'est-à-dire ne contient pas la vérité concrète, la vérité dans le sens strict du mot.

(2) Gesetzten Begriffo : la notion posée, c'est-à-dire la notion qui n'est plus dans sa forme immédiate et virtuelle, mais qui s'est réalisée, a posé son contenu.

(3) Ces exemples ne nous paraissent pas bien choisis. Ainsi si la maladie est, comme elle l'est en effet d'après Hegel lui-même (Philosophie de la Nature), un moment de la notion de l'être vivant, elle contiendra la vérité tout aussi bien que la santé, par la raison même qu'elle est un moment de cette notion.

affirme une qualité abstraite d'un individu immédiat, quelque juste qu'il puisse être, ne saurait contenir la vérité, parce que le sujet et le prédicat n'y sont pas dans le rapport de la réalité et de la notion. — L'insuffisance du jugement immédiat vient en outre de ce que la forme et le contenu ne s'y correspondent pas. Lorsque nous disons : la rose est ronge, la copule est exprime l'accord du sujet et du prédicat. Mais la rose en tant que chose concrète n'est pas seulement rouge, elle est aussi odorante, a une forme spéciale et d'autres déterminations qui ne sont pas contenues dans le prédicat rouge. D'un autre côté, le prédicat en tant qu'universel abstrait, ne convient pas seulement à la rose. Il y a d'autres tleurs et en général d'autres objets qui sont également rouges. Ainsi dans le jugement immédiat le sujet et le prédicat, pour ainsi dire, se touchent sans se superposer. Il en est autrement du jugement de la notion. Lorsque nous disons : cette action est bonne, nous énonçons un jugement de la notion. On pourra remarquer au premier coup d'œil qu'ici il n'y a pas entre le sujet et le prédicat ce rapport lâche et extérieur qui a lieu dans le jugement immédiat. Tandis que dans ce jugement le prédicat est une certaine qualité abstraite qui peut convenir, comme elle peut ne pas convenir au sujet, dans le jugement de la notion au contraire le prédicat est, si l'on peut dire, l'âme du sujet, par laquelle celui-ci en tant que corps de cette âme, est complètement déterminé (1).

(1) Par cela même que dans la logique absolue la forme et le contenu sont inséparables, un changement de forme affecte à la fois la forme et le contenu; ce qui veut dire que les différentes formes de jugement n'ont ni la même signification, ni la même valeur objective. L'ancienne logique, qui ne voit dans ces formes que des formes purement subjectives et sans contenu

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