‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 40 sur 80 · P) JUGEMENT DE LA RÉFLEXION · texte numérisé non relu

P) JUGEMENT DE LA RÉFLEXION

§ GLXXIV.

L'individuel posé comme individuel (qui s'est réfléchi sur lui-même) dans le jugement a un prédicat à l'égard duquel le sujet, en tant qu'il est en rapport avec lui-même, demeure en même temps comme un terme qui se diffé-

d'ordinaire présenté par la logique formelle comme une sorte de curiosité qui n'a pas de sens. Et cependant il est loin de n'être qu'une simple forme accidentelle de la pensée subjective, car il est le résultat auquel aboutit la dialectique des jugements précédents (les jugements positif, et simplement négatif) dont il met en évidence la finité et l'insuffisance. Comme exemple objectif du jugement négatif infini, on peut citer le crime. Celui qui commet un crime, le vol, par exemple, nie le droit, et c'est parce qu'il a nié le droit comme tel, ou le droit en général, qu'il est non-seulement tenu de rendre ce qu'il a volé, mais qu'il est puni. Dans les causes civiles, au contraire, on a un exemple du jugement simplement négatif, car ce qu'on y nie ce n'est pas le droit en général, mais tel droit particulier. On s'y comporte comme dans le jugement, « celle fleur n'est pas rouge, » par lequel on nie cette couleur particulière de la fleur, et non la couleur en général, car la fleur peut être bleue, jaune, etc. La mort peut aussi être considérée comme uu jugement négatif infini, à la différence de la maladie'qui n'est qu'un jugement simplement négatif. Ce qui est arrêté ou nié daus la maladie ce n'est que telle ou telle fonction, tandis que dans la mort le corps et l'âme se séparent, suivant l'expression ordinaire, c'est-à-dire, il n'y a plus de rapport entre le sujet et le prédicat. » — Du reste, la signification objective, ou les exemples de ces jugements sont fournis par la sphère de l'être comme par celle de l'essence. Ainsi, le jugement l'individuel est l'universel, c'est le quelque chose, VEtwas, qui a des qualités, c'est la chose, le Ding, avec ses propriétés, ou bien le réel (Wirckliches) avec ses possibilités multiples, ou la substance avec ses accidents. D'où l'on déduit facilement la réciproque, à savoir, l'universel est l'individuel, ou, les diverses qualités sont quelque chose, etc. Seulement, parmi ces exemples, le plus approprié est le premier, en ce qu'il appartient à la sphère de l'être ou de la simple qualité, tandis que dans les autres la forme qualitative du jugement se reproduit, mais combinée avec d'antres éléments et d'autres déterminations.

rencie de lui (1). — Dans Y existence (2), le sujet n'est plus un terme immédiatement qualitatif, mais il a un rapport et une connexion avec d'autres termes, avec un monde extérieur. Par conséquent, l'universel a ici reçu la signification de ce rapport. Utile, dangereux, pesant, acide, ou bien encore, désir, etc., en fournissent des exemples.

Zusatz. Le jugement de la réflexion se distingue en général du jugement qualitatif en ce que son prédicat n'est plus une qualité immédiate, abstraite, mais il est ainsi constitué que le sujet se trouve mis par lui en rapport avec autre chose que lui-même (3). Lorsque nous disons : cette rose est rouge, nous considérons le sujet dans son individualité immédiate, sans rapport avec autre chose. Faisons-nous au contraire un jugement tel que celui-ci : cette plante est salutaire? nous considérons le sujet, la plante, comme étant en rapport par son prédicat, la salubrité, avec autre chose — avec la maladie qu'on guérit par son moyen. Il en est de même des jugements : ce corps est élastique ; cet instrument est utile ; cette peine inti~mule, etc. Les prédicats de ces jugements sont en général des déterminations réfléchies, par lesquelles on va au-delà

(1) Le texte dit : als ein Anderes bleibl : demeure (le sujet) comme un autre, comme autre chose : ce qui ne veut point dire qu'ici il y a un rapport moins intime entre le sujet et le prédicat, mais au contraire qu'il y en a un plus intime, et plus concret que dans le jugement qualitatif, ainsi que cela est expliqué par ce qui suit. Le sujet, en effet, dans son rapport avec lui-même, ne demeure autre que son prédicat, ou, comme nous avons traduit, ne se différencie de son prédicat que parce que celui-ci a agrandi sa sphère audelà de sa nature qualitative.

(2) Eœistenz , qu'il faut entendre ici dans le sens spécial déterminé

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