‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 41 sur 80 · CXXIII · texte numérisé non relu

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(3) Auf Anderes : c'est-à-dire avec un terme autre que celui qui constitue son individualité qualitative.

de l'individualité immédiate du sujet, sans cependant atteindre encore à sa notion. — C'est surtout dans le cercle de ce jugement que se meut le jugement ordinaire. Plus l'objet dont il s'agit est concret, et plus nombreux sont les points de vue qu'il offre à la réflexion ; ce qui n'épuise pas cependant sa nature spéciale, c'est-à-dire sa notion.

§ GLXXV.

1) Le sujet, l'individuel en tant qu'individuel (dans le jugement singulier) est l'universel. 2) Dans ce rapport, il s'est élevé au-dessus de sa singularité. Cet élargissement de sa sphère est une réflexion extérieure, la réflexion subjective, d'abord la particularité indéterminée. (Le jugement particulier, qui est immédiatement un jugement aussi bien négatif que positif; — l'individuel s'est partagé, il est en rapport en partie avec lui-même, en partie avec un autre.) 3) Quelques soni l'universel. Le particulier a ainsi atteint l'universel. Ou bien, l'universel déterminé par l'individuel est la totalité (la communauté (1), l'universel ordinaire de la réflexion.

Zusatz. Le sujet déterminé comme universel dans le jugement singulier va au-delà de lui-même en tant que simple individu. Lorsque nous disons : cette plante est salutaire, ce jugement implique qu'il n'y a pas seulement que cette plante qui le soit, mais qu'il y en a aussi d'autres

(I) Allheit, GemeinschaftUchkeit. La collection des individus, ou la généralisation ordinaire qui ne saisit pas la notion dans son unité et dans sa simplicité, mais qui rassemble et unit les termes d'après leurs caractères extérieurs et en fait un (ont. Et ainsi Ton a le cet (dièses), les quelques (einige) et la totalité, qui forment les trois moments du ugement réfléchi. Voy. paragraphe suivant.

2/l6 LOGIQUE. — TROISIÈME PARTIE.

qui le sont ; ce qui donne le jugement particulier: quelques plantes sont salutaires; quelques hommes sont inventifs, etc. Par la particularité l'individu immédiat perd son indépendance et entre en rapport avec d'autres. L'homme en tant que cet homme n'est plus cet homme purement individuel, mais il est à côté d'autres hommes, et il est ainsi l'un d'entre eux. Mais il est par cela même compris dans l'universel, et est supprimé par lui. Le jugement particulier est aussi bien négatif que positif. Si quelques corps sont élastiques, les autres ne sont pas élastiques. — C'est ici qu'a lieu le pnssage à la troisième forme du jugement de la réflexion, c'est-à-dire au jugement de la totalité. (Tous les hommes sont mortels ; tous les métaux sont des conducteurs électriques.) La totalité est cette forme de l'universel à laquelle s'arrêle d'abord ordinairement la réflexion. Les individus y forment le substrat, et c'est notre fait subjectif qui les rassemble et les détermine comme tout. L'universel apparaît ici comme un lien extérieur unissant les individus qui subsistent par eux-mêmes et qui par suite sont dans un état d'indifférence réciproque. Mais dans le fait l'universel est la raison et le fondement, la racine et la substance de l'individu. Si nous considérons Caius, Titius, Simpronius et les autres habitants d'une ville ou d'une contrée, ce qui fait qu'ils sont tous des hommes, ce n'est pas simplement quelque chose qui leur est commun, mais c'est leur nature générale, leur genre, et tous ces individus ne seraient point sans ce genre. Il en est autrement de cet universel superficiel qui n'a d'universel que le nom, et qui dans le fait vient comme s'ajouter du dehors à tous les individus et leur est commun. On a observé que

les hommes, à la différence de l'animal, ont cela de commun entre eux, c'est d'être pourvus de lobes d'oreille. Il est clair cependant que s'il y en avait qui en fussent privés, leur nature propre, leur caractère, leurs aptitudes, etc., n'en seraient pas affectés, tandis qu'il serait absurde de penser que Caius pourrait n'être pas homme, et être cependant brave, instruit, etc. Ce que l'homme individuel est dans le particulier il ne l'est que parce qu'il est avant tout homme comme tel, et qu'il l'est dans sa nature générale, qui n'est pas quelque chose qui serait outre d'autres qualités abstraites et de simples déterminations réfléchies, et à côté d'elles, mais qui bien plutôt pénètre et enveloppe en elle-même toute détermination particulière.

§ CLXXYI.

Par là que le sujet est en même temps déterminé comme universel, l'identité du sujet et du prédicat, ainsi que la détermination du jugement elle-même, se trouvent posées comme indifférentes. Cette unité du contenu, en tant qu'unité de l'universel qui est identique avec la réflexion sur soi négative du sujet, fait du rapport du jugement un rapport nécessaire.

Zusatz. Ce passage du jugement réfléchi de la totalité à celui de la nécessité est attesté par notre conscience ordinaire elle-même. C'est ainsi que nous disons : ce qui convient à tous convient au genre, et il est pour cette raison nécessaire. Dire tous les hommes, toutes les plantes, etc., revient à dire /'homme, la plante, etc. (1).

(1) Dans le jugement qualitatif qui est le jugement immédiat, les transformations du jugement portent surtout sur le prédicat, parce que c'est le

•y) JUGEMENT DE LA NÉCESSITÉ.

§ GLXXVII.

Le jugement de la nécessité en tant qu identité du contenu, dans sa différence, 1° contient dans le prédicat, d'un

prédicat qui y détermine le sujet, lequel y apparaît comme formant le substrat, l'élément fixe de ses déterminations. Ce jugement peut donc être appelé un jugement d'inhérence. Mais comme à travers le mouvement du jugement qualitatif l'individuel s'est élevé à l'universel, ce qui fait qu'il se réfléchit essentiellement sur lui, les transformations du jugement portent ici sur le sujet, et c'est au contraire le prédicat qui constitue l'élément fixe et essentiel du jugement. Ce jugement peut donc s'appeler jugement de suhsomplion. Voici maintenant la déduction de ces jugements. Et, d'abord, on n'a plus ici l'indwîduel et Vuniversel immédiats et abstraits, mais l'individuel et l'universel médiats et concrets, et dont les caractères, aussi bien que le rapport, sont essentiels et réfléchis. Et ainsi on n'a plus l'individuel en général,— la rose en général, — ayant un caractère indéterminé, — le rouge ou le blanc, etc., — mais on a tel ou cet individu (ein dièses, un cet, un tel) ayant un caractère essentiel et déterminé ; de sorte que le premier jugement est ici « cet individu est essentiellement Vuniversel ; cette plante est essentiellement salutaire ». C'est là le jugement singulier. Comme ici aussi il y a disproportion entre le sujet et le prédicat, on pourrait croire que ce jugement donne immédiatement « cet individu n'est pas Vuniversel », ainsi que cela a lieu dans le jugement qualitatif. Mais comme les termes sont ici liés par un rapport essentiel, la disproportion n'existe pas entre le sujet entier et le prédicat, mais entre cette partie du sujet qui marque la singularité du jugement ; de sorte que la négation affecte ici la singularité du sujet, et non le sujet entier. Et ainsi cet appelle le non cet (nicht dièses) ; « celte plante est salutaire » appelle l'autre jugement, « ce n'est pas seulement celte plante qui est salutaire », ou ce qui revient au même, « il y a d'autres plantes, ou quelques plantes qui sont salutaires » . C'est là le jugement particulier. Mais les quelques appellent nécessairement les non-quelques, et, par conséquent, le jugement particulier est tout aussi bien un jugement négatif que positif. « Quelques sommes sent heureux » appelle « quelques hommes ne sont pas heureux ». Par conséquent, le jugement particulier est un jugement indéterminé en ce qu'on ne peut pas dire à quelle partie du sujet convient le prédicat. Cependant, dans les quelques individus on a déjà un contenu général qui n'est ni Caius, ni Pierre, ni Antoine, mais le contenu commun des quelques individus. En outre, en examinant le jugement singulier, on voit que le rapport

NOTION. NOTION SUBJFXTIVE. 249

côté, la substance ou nature du sujet, l'universel concret, le genre; — d'un autre côté, par là que cet universel renferme en lui la déterminabilité en tant que déterminabilité négative, ce jugement contient la déterminabilité essentielle et exclusive (1), Y espèce; — jugement catégorique.

du sujet et du prédicat est essentiel et déterminé. Celte plante est salutaire. Or les quelques du jugement particulier sont la collection de cet individu, de cet autre individu, etc. C'est là ce qui amène le jugement universel, qui est ici le jugement de la totalité (Allheit) ; tous, ils sont tous les individus. L'universel qu'on a ici est l'universel de la réflexion extérieure, en ce qu'il est un agrégat, ou un composé d'individus qu'on considère comme existant par eux-mêmes et indépendamment de l'universel, et qu'on ne lie que par un lien supcrflciel et extérieur. Cependant, l'expression tous les hommes contient plus qu'une collection indéterminée, ou qu'une pluralité indéfinie d'iudividus. Ce qu'elle contient, c'est l'unité du rapport des individus et des quelques individus dans l'unité même du terme dans lequel ils sont enveloppés. Tous les hommes sont tous des hommes, parce que Vhomme est en eux, et qu'ils sont dans l'homme, de même que les membres d'une cité, ou les citoyens ne sont tels que par l'unité de la cité dont ils font partie. A l'expression, tous les hommes, on doit donc substituer Vhomme, à l'unité collective, l'unité simple ou le genre. Par là le jugement de la réflexion est devenu le jugement de la nécessité. « On a, dit Hegel, un exemple de cette universalité indéterminée dans l'analyse mathématique, lorsque le développement d'une fonction, d'un polynôme, est considéré comme plus général que son développement dans un binôme, parce que le polynôme contient plus û'individus (les membres de la série) que le binôme. Pour représenter la fonction dans sa forme universelle, il faudrait un pantonome, l'infinité achevée. Et comme une telle expression est impossible, on se contente du polynôme. Mais, en réalité, le binôme est déjà le panlonome; car le pantonome ne serait que la méthode ou la règle, suivant laquelle on devrait déterminer le rapport et l'enchaînement des membres de la série. Or, ce rapport est déterminé par le binôme, car c'est une seule et même fonction que l'on a au fond dans le développement de la série. La méthode ou la règle est le vrai universel. Et c'est la règle qui se reproduit et se répète dans le développement d'un polynôme, de sorte que l'addition des membres n'ajoute rien à son universalité. » Grande Logique, science de la notion, lre part., ch. h, p. 97.

(1) Ausschliessende : excluante, qui exclut d'autres déterminabilités. C'est dans ce sens que nous employons ici le terme exclusif, qui en français n'a pas exactement la même signification.

2° Les deux termes de ce jugement ont une existence substantielle, et ils constituent ainsi deux réalités indépendantes (1) qui ne sont liées que par une identité intérieure, de telle façon cependant que la réalité de l'un n'est pas seulement son être, mais l'être de l'autre (2). C'est le jugement hypothétique.

3° Dans ce jugement où la notion, tout en étant extérieure à elle-même (3), pose son identité intérieure, l'universel est le genre qui demeure identique avec lui-même dans son individualité exclusive. Le jugement où l'universel se pose, d'une part, comme universel, et, d'autre part, comme ensemble de ses déterminations distinctes et particulières, ou comme genre qui se partage en ses espèces, et qui est en même temps leur unité (4), est le jugement disjonctif. L'universalité déterminée comme genre, et puis comme ensemble de ses espèces, est par là posée et déterminée comme totalité (5).

Zusatz. Le jugement catégorique (l'or est un métal, la

(1) Selbstundiger Wirklichkeit. Et, en effet, bien que les termes de ce jugement soient ainsi constitués que l'un ne puisse subsister sans l'autre, ils demeurent cependant comme deux réalités indépendantes,— substance et ac cidents, cause et effet, — qui ne sont encore liées que par un rapport virtuel et intérieur, et dont l'unité n'est pas encore posée.

(2) C'est-à-dire que l'un appelle l'autre, et que, par conséquent, l'être de l'un est en même temps l'être de l'autre, mais qu'ils ne forment pas encore un seul et même terme.

(3) An dieser Entausserung des Begriffs. Elle devient extérieure à ellemême, puisqu'elle prend la forme hypothétique où cependant se trouve l'unité intérieure ou virtuelle des deux termes. Voy. paragraphe suivant.

(4) Le texte dit : Deren Entweder-Oder eben so sehr als Soivohl-Als, die Gatlung ist. Littéralement : dont le genre est ceci ou cela, comme aussi tout aussi bien ceci que cela.

(5) Totalitat: qu'il faut distinguer de la totalité collective, YÂllheit du § précédent.

rose est une plante) est le jugement immédiat de la nécessité, et il correspond dans la sphère de l'essence aux rapports de substance. Toutes choses sont un jugement catégorique, c'est-à-dire ont une nature substantielle qui constitue leur fondement permanent et invariable. C'est lorsque nous considérons les choses sous le point de vue de leur genre, et comme déterminées par la nécessité, que nous commençons à porter un jugement véritable sur elles. On doit signaler comme résultat d'une éducation logique défectueuse que des jugements tels que : Y or est cher, Y or est un métal, soient placés dans la même catégorie. Que l'or soit cher, cela concerne un rapport extérieur de l'or avec nos inclinations, nos besoins, le prix d'achat, etc., et l'or n'en demeure pas moins ce qu'il est, lors même que ce rapport extérieur change, ou est supprimé. Le métal au contraire constitue sa nature substantielle , sans laquelle rien de ce qui pourrait être en lui ou être affirmé de lui ne saurait subsister. 11 en est de même du jugement : Caius est un homme. Ce que nous énonçons par là c'est que tout ce que Caius peut être n'a une valeur et une signification qu'autant qu'il correspond à sa nature substantielle, à sa nature d'homme. — Cependant le jugement catégorique est un jugement imparfait en ce que le particulier n'y est pas encore affirmé. Ainsi, par exemple, l'or est bien un métal, seulement l'argent, le cuivre, le fer, etc., sont également des métaux, et la métallité comme telle est indifférente à l'égard de la particularité de ses espèces. C'est là ce qui amène le passage du jugement catégorique au jugement hypothétique, qui est exprimé par cette formule : Si A est, B est. Nous avons ici le même passage que

nous avons rencontré précédemment, du rapport de substance au rapport de causalité. Dans le jugement hypothétique apparaît la déterminabilité du contenu comme médiatisée, comme dépendant d'un autre terme, et c'est là précisément le rapport de cause et d'effet. La signification du jugement hypothétique est celle-ci : savoir, que par lui l'universel se trouve posé dans ses moments particuliers,, ce qui nous conduit à la troisième forme du jugement de la nécessité, au jugement disjonctif. A est, ou B, ou C, ou D. L'œuvre d'art poétique est ou une œuvre épique, ou une œuvre lyrique, ou une œuvre dramatique. La couleur est ou jaune, ou bleue, ou rouge, etc. Les deux côtés du jugement disjonctif sont identiques. Le genre est la totalité de ses espèces, et la totalité des espèces est le genre. Cette unité de l'universel et du particulier est la notion, et c'est la notion qui fait maintenant le contenu du jugement (1).

(1) L'universel auquel ou est ici parvenu est le genre. Le sujet s'est ainsi affranchi des déterminations du jugement de la réflexion en allant du jugement singulier par le jugement particulier, et l'unité collective qui n'est qu'une forme de la fausse infinité à la vraie unité, à l'unité déterminée, au genre. Au lieu de tous les hommes, on a Vhomme ; au lieu de tous les métaux, on a le métal. Le genre se trouve déjà contenu en soi ou virtuellement dans le jugement de la réflexion. Le jugement singulier et le jugement particulier, le cet homme et le quelques hommes, contenaient déjà l'homme, et le genre n'a fait que poser ce qui était virtuellement contenu dans ces termes. Comme le genre est l'universel concret, l'universel qui enveloppe tous les termes précédents, il n'est plus un terme inhérent au sujet, ni une propriété individualisée, ni une propriété du sujet en général, mais il renferme dans sa substance toutes ces propriétés. En tant qu'il constitue cette identité réfléchie et négative avec lui-même, il est essentiellement sujet, mais il n'est pas pour cela subordonné (subsumé) à son prédicat. Et c'est là ce qui le distingue du jugement de la réflexion. Ce jugement est essentiellement le jugement de la subsomption. Le prédicat est l'universel qui existe vis-à-vis du sujet comme sou caractère, ou sa détermination essentielle; et le sujet est un phénomène essentiel du prédicat. C'est le rapport du phénomène et de la loi

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