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Le syllogisme est l'unité de la notion et du jugement. Il est la notion en tant qu'identité simple à laquelle sont revenues les différences du jugement : il est le jugement en ce qu'il est en même temps posé dans la réalité, c'est-
artificielles de notre pensée subjective. Car en face de cette manière d'entendre la notion il y a sa nécessité, sa nature universelle et absolue qui montre sa valeur et sa signification objectives. Du reste, nous verrons ces déterminations se reproduire dans le monde objectif. — Le premier jugement est un jugement immédiat. C'est le jugement assertoire. Comme il sort de la sphère de la nécessité, ses termes sont liés par un rapport nécessaire, de telle sorte que le prédicat doit exprimer le rapport de la réalité du sujet, de sa déterminabilité et de ses propriétés avec la notion. Exemples : « Cette maison est bien ou mal bâtie; cette action est bonne. » Mais le sujet est ici une individualité concrète qui a une nature propre par laquelle il se distingue du prédicat. Cela fait que, bien que le sujet doive coïncider avec le prédicat, ce rapport peut exister, mais il peut aussi ne pas exister. Lorsque j'affirme que cette action est bonne, je n'affirme pas, il est vrai, qu'elle n'est bonne que dans ma pensée subjective, mais qu'elle est bonne objectivement. Mais par cela même que le rapport du sujet et du prédicat n'est ici qu'un rapport immédiat, et que le sujet (l'action) se distingue par là du prédicat ei garde sa nature et ses propriétés individuelles (l'intention de l'agent, les circonstances qui l'ont déterminée, etc.), ce rapport peut exister, mais il peut aussi ne pas exister. C'est là ce qui amène le jugement problématique, Le caractère problématique du jugement ne peut pas porter sur le prédicat, car le prédicat possède sa nature universelle et objective, mais sur le sujet qui apparaît comme un élément contingent vis-à-vis du prédicat. Et cependant le sujet doit avoir un rapport avec le prédicat, et ce rapport doit être conforme à la nature du prédicat, car ce n'est qu'à ce titre qu'il est sujet. Lorsque je dis : « Celte maison est bien bâtie », elle peut, il est vrai, n'être pas bien bâtie, et cependant elle doit être bien bâtie, et elle n'est une vraie maison qu'autant qu'elle est bien bâtie; ce qui veut dire qu'il y a dans le sujet deux éléments, un élément contingent, subjectif et individuel, les circonstances et les conditions extérieures qui font qu'il n'est pas ce qu'il doit être, et un élément essentiel et objectif, ou sa nature générale (le genre,
à-dire dans la différence de ses déterminations (1). Le syllogisme est l'être rationnel et tout être rationnel (2) .
REMARQUE
Ordinairement on reconnaît bien dans le syllogisme la forme de l'être rationnel, mais une forme subjective, et comme s'il n'y avait entre elle et un contenu rationnel, tel qu'un principe, ou une action rationnelle, ou l'idée, etc., aucun rapport. On parle à tout propos de la raison, et c'est à elle qu'on en appelle, sans se demander ce qu'est sa déterminabilité, ce qu'elle est; et ce que l'on se demande encore moins c'est ce que c'est que conclure (3). Dans le fait, le syllogisme formel en use avec la raison d'une façon si peu rationnelle qu'on ne voit pas en quoi il se rattache au contenu de la raison. Mais comme un contenu rationnel
la maison) qui exige qu'il soit ce qu'il doit être. C'est là ce qui amène la question de savoir si le sujet est ce qu'il doit être, et fait ainsi passer le jugement problématique, dans le jugement apodictique. Vaclion qui a telle propriété, qui est faite de telle manière, est juste. «La maison qui remplit telles conditions est bien bâtie. » C'est ce caractère, cette propriété de l'action ou de la maison qui fait que le prédicat convient ou ne convient pas au sujet. Par là se trouve rétablie l'unité de la notion, qui n'est plus ici la notion abstraite et immédiate, mais la notion concrète, et qui a posé toutes les déterminations du jugement. On a, par conséquent, 1° le sujet, sa manière d'être et le prédicat. Ici le rapport des termes n'est plus la copule abstraite est, mais un élément concret, une propriété, un principe (Grund), exprimant ce qui doit être, ou la nécessité de ce rapport; 2° ce principe est un élément essentiel du sujet. Mais il est aussi un élément essentiel du prédicat. Et ainsi le sujet (V individuel), le prédicat (Vuniversel) et le principe (le particulier), n'ont plus qu'un seul et même contenu qui part du sujet et, pour ainsi dire, va au prédicat par le principe. C'est là ce qui amène le passage du jugement apodictique au syllogisme.
(1) Car c'est la différence des déterminations ou les différentes déterminations qui constituent l'être réel et concret, ou la réalité.
(2) Der Schluss ist das Vernùnftige und Ailes Vernimftige.
(3) Das Schliessen.
n'est tel que par la déterminabilité qui fait que la pensée est raison, un contenu ne saurait être un contenu rationnel que par la forme syllogistique. — Or le syllogisme n'est rien autre chose que la notion réelle telle qu'elle est posée et exprimée dans ce paragraphe, et qui dans sa réalité est d'abord notion formelle (v. § 182). Par conséquent, le syllogisme est le fondement essentiel de toute vérité, et la définition de l'absolu est maintenant : « [absolu est le syllogisme », détermination qui sous forme de proposition peut être ainsi énoncée : Toutes choses sont un syllogisme. Toute chose est une notion, et son existence est la différence de ses moments, de telle façon que sa nature générale se donne une réalité extérieure en se particularisant et en se posant comme être individuel par un retour négatif sur elle-même. Ou bien réciproquement : l'être réel est l'individuel qui s'élève par le particulier à l'universel, et se pose comme identique avec lui-même. — L'être réel est un, mais il ne l'est que par la différenciation des moments de la notion, et le syllogisme est le mouvement circulaire où s'accomplit la médiation de ses moments, médiation par laquelle il se pose comme un.
Zusatz. « On accorde ordinairement au syllogisme la même valeur que celle qu'on accorde à la notion et au jugement, c'est-à-dire on ne le considère que comme une forme de notre pensée subjective, en ajoutant que le jugement trouve son fondement dans le syllogisme. Le jugement aboutit bien au syllogisme. Seulement le passage du jugement au syllogisme n'est pas le fait de notre pensée subjective, mais c'est le jugement lui-même qui se détermine comme syllogisme, et qui revient par là à l'unité de la
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notion. C'est le jugement apodietique qui amène ce passage. Dans ce jugement, on a X individuel qui par sa nature particulière se met en rapport avec Yimiversel. Le particulier apparaît ici comme moyen terme entre l'individuel et l'universel, et c'est là le point de départ du syllogisme, dont les développements ultérieurs, considérés au point de vue formel, consistent en ce que l'individuel et l'universel doivent prendre chacun la place du particulier, et amener ainsi le passage de l'état subjectif à l'état objectif de la notion. »