‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 62 sur 80 · CCIII · texte numérisé non relu

CCIII

L'extériorité de ces deux processus, c'est-à-dire la réduction des objets différenciés à un produit neutre, et la différenciation des objets indifférents ou neutres où ces objets apparaissent comme indépendants l'un à l'égard de l'autre, cette extériorité mon Ire la finité de ces deux processus, en ce qu'ils passent dans un produit où ils sont supprimés. Mais, d'un autre côté, ce processus montre aussi que le moment immédiat des objets différenciés n'a pas de réalité (3). Par cette négation du moment extérieur et immédiat, où, en tant qu'objet, elle était descendue (4), la notion se trouve posée dans sa liberté et pour soi en face

(1) AU spannende Trennung.

(2) C'est-à-dire qu'on u'a plus ici les objets à l'état immédiat comme dans le premier processus, mais qu'où a des objets neutres, des objets où le premier processus a déjà eu lieu.

i'3) AU nichtige darstelll : le processus représente (le moment immédiat de l'objet) comme chose vaine, qui n'est pas, puisque ce moment est annulé dans le processus.

(4) Versenkt : plongée, enfoncée; en ce sens que cette extériorité et cette immédiatité qui, en se reproduisant dans le processus chimique, s'opposent à la fusion complète des objets, constituent comme une dégradation de la notion en tant que notion.

de ce moment; en d'autres termes, elle se trouve posée comme but.

Zusatz. Le passage du cbimisme au rapport léléologique réside en ceci, que les deux formes du processus chimique se suppriment l'une l'autre (1). Ce qui en résulte c'est l'affranchissement de la notion qui n'existait quen soi (w2) dans les sphères chimique et mécanique, et qui existant maintenant par là comme notion pour soi, est le eut (3).

(1) Ed effet, le premier processus est supprimé par le second, ou passe dans ie second, mais le second revient aussi au premier, par là qu'il ramène l'élément immédiat et indépendant. Mais en même temps le mouvement alterné de ces deux processus fait disparaître le côté extérieur et immédiat des objets, montre, comme il est dit ci-dessus, que ce côté n'a pas de réalité.

(2) En tant que notion.

(3) Il ne faut pas perdre de vue que la notion va se concentrant de plus en plus en elle-même pour atteindre à l'unité et à la simplicité de sou existence. Le mécanisme, le chimisme et la téléologie sont les trois degrés qui préparent et amènent cet état. Dans le mécanisme, la notion s'élève jusqu'au centre et aux rapports de centralité, et par le développement de ces rapports elle engendre dans l'objet cette différence et cette tension qui constituent le chimisme. Le processus chimique, en développant et en réalisant cette tension, élève la notion à la finalité. Le point de départ — la présupposition — du chimisme consiste, comme on l'a vu § cxicx, dans la présence d'objets immédiats, distincts et en même temps virtuellement identiques. Cette identité virtuelle ou cette tension suppose un principe commun qui est les deux objets sans être aucun d'eux en particulier; c'est-à-dire elle suppose un principe neutre, mais un principe qui ici n'est qu'un principe abstrait ou la possibilité de leur unité. Tels sont, par exemple, l'eau dans la nature, les signes en général, et plus particulièrement le langage dans les choses de l'esprit, autant que cette catégorie trouve son application dans l'esprit. Avec cette réserve, le rapport des sexes, l'amour, l'amitié rentrent aussi dans cette catégorie. Lorsque ce principe agit sur les objets chimiques, leur unité virtuelle se réalise, passe du la possibilité à l'acte; mais par^ela même, l'état de tension où ces objets se trouvaient est annulé. Ce qui sort, par conséquent, de ce premier degré du processus chimique est un produit neutre, c'est-à-dire un produit où les extrêmes ne sont plus des objets distincts, et où ils ont perdu avec leur tension les propriétés qu'ils possédaient, mais où ils gardent cependant leur aptitude à revenir a leur état d'indépeu-

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