CCXIV
L'idée peut être conçue comme raison (et c'est ce qu'il faut entendre par raison dans l'acception strictement philosophique du mot), et, de plus, comme sujet-objet, comme unité de l'idéal et du réel, du fini et de l'infini, de l'âme et du corps, comme possibilité qui renferme en elle-même sa réalité, comme ce dont la nature ne peut être pensée sans l'existence, etc., parce qu'en elle sont contenus tous les rapports de l'entendement, mais dans leur retour infini sur eux-mêmes et dans leur identité.
REMARQUE
Démontrer que tout ce qu'on énonce de l'idée contient une contradiction, c'est une œuvre facile pour l'entendement. L'entendement est, si l'on peut ainsi dire, chez lui
(1) Fesle : fkes, rigides, qui ne passent pas, ne se fondent pas dans d'autres moments, et dans l'unité de l'idée.
dans ce travail, ou bien plutôt, c'est là un travail qui a déjà été exécuté dans l'idée. Et ici c'est le travail de la raison, travail qui n'est pas aussi aisé que celui de l'entendement (1). — Si l'entendement montre que l'idée se contredit elle-même, parce que, par exemple, le subjectif n'est que le subjectif, et que l'objectif lui est opposé, ou bien que l'être est autre chose que la notion, et qu'on ne peut, par conséquent, déduire celle-ci de celui-là, ou bien encore que le fini n'est que le fini et précisément l'opposé de l'infini, et qu'il ne saurait être identique avec ce dernier, et ainsi de même pour les autres déterminations, la logique montre plutôt le contraire, savoir, que le subjectif qui n'est que le subjectif, que le fini qui n'est que le fini, que l'infini qui n'est que l'infini, etc., ne possèdent point de vérité, qu'ils se contredisent et passent dans leur contraire, et que c'est ce passage et l'unité, où les extrêmes s'absorbent comme une apparence (Sckeiri) ou comme des moments, qui constituent leur vérité.
L'entendement qui s'applique à l'idée se trompe de deux façons : premièrement parce que les extrêmes de l'idée, qu'on les appelle comme on voudra, lorsqu'ils sont dans leur unité, il ne les prend pas dans le sens et dans la détermination suivant lesquels ils sont dans leur unité concrète, mais il continue de les prendre suivant leur forme abstraite, et comme ils sont hors de cette unité. Il ne méconnaît pas moins le rapport, et cela lors même que le rapport est expressément posé. C'est ainsi, par exemple,
(1) Car la raison ne pose pas la contradiction d'une façon extérieure et accidcntclle; et elle ne s'arrête pas non plus à la contradiction, mais elle montre la nécessité des contraires, ainsi que celle de leur unité.
qu'il ne fait point attention dans le jugement^ à la nature de la copule qui exprime que l'individuel, le sujet, n'est pas seulement l'individuel, mais l'universel. — Mais ce qu'affirme surtout l'entendement, c'est que penser ridée comme un être qui dans son identité avec lui-même se nie lui-même, comme un être qui renferme en lui-même la contradiction, n'est que le fait de la réflexion extérieure et qui n'atteint point l'idée. C'est là ce qu'affirme l'entendement. Mais cette affirmation est précisément le produit de sa réflexion. Dans le fait, ce n'est pas là un savoir qui appartienne en propre à l'entendement (1), mais l'idée elle-même est celte dialectique qui différencie éternellement l'identité et la différence, le sujet et l'objet, le fini et l'infini, l'âme et le corps, et c'est seulement ainsi qu'elle crée éternellement, et qu'elle est la vie et l'esprit éternels. C'est en passant, ou, pour mieux dire, en se superposant ainsi à l'entendement abstrait qu'elle est aussi raison éternelle. Elle est cette dialectique qui, en l'entendant de nouveau (2), élève cette sphère de l'entendement et de la différence au-dessus de sa nature finie et de la fausse apparence de l'indépendance de ses produits, et la ramène à l'unité. Comme ce double mouvement (3) ne tombe pas dans le temps, et qu'il ne s'introduit en lui ni séparation ni différence (autrement il ne serait de nouveau que l'entendement abstrait), ce double mouvement est l'intuition
(1) Eine dem Verslande eigene Weisheit : une sagesse qui soit propre à l'eniendement. Car c'est une sagesse, ou un savoir qui est dans la raison, mais qui y est d'une façon différente.
(2) En effet, la raison entend de nouveau (wieder verstandigt) et comme on doit l'entendre, ce qu'entend, mais incomplètement l'entendement.
(3) De différenciation et d'unification,
VÉRA. — Logique de Hegel. il» — 22
de soi-même dans son contraire ; c'est la notion qui s'est achevée elle-même dans son objectivité, c'est l'objet qui est finalité intime, subjectivité essentielle.
Les différentes façons de saisir l'idée, savoir, comme unité de l'idéal et du réel, du fini et de l'infini, de l'identité et de la différence, etc., sont plus ou moins des façons formelles, en ce qu'elles marquent un certain degré dé la notion déterminée. C'est la notion elle-même qui seule est libre et le vrai universel. Par conséquent, dans l'idée sa déterminabilité n'est qu'elle-même (1); c'est une objectivité où elle se développe, et se pose comme principe universel, et où sa déterminabilité n'est que sa propre déterminabilité, sa déterminabilité totale. L'idée est le jugement infini dont chacun des côtés est une totalité indépendante, et cela précisément parce que chacun d'eux est une totalité achevée, et qui est passée en même temps dans l'autre (2). Parmi les autres notions déterminées, il n'en est aucune dont les deux côtés offrent une totalité aussi complète que la notion elle-même et l'objectivité (3).
(1) C'est-à-dire dans la notion qui n'est plus simple notion, ou notion comme telle, mais qui est devenue idée, sa déterminabilité n'est plus une déterminabilité extérieure et qui lui est donnée, mais une déterminabilité qu'elle pose et qui ainsi est elle-même, et qui étant elle-même est, comme il est dit ci-dessous, une déterminabilité totale. Car dans l'idée tout est idéalisé, c'est-à-dire tout participe à l'unité concrète, à la totalité de l'idée, tout est dans l'unité.
(2) L'expression, est passée (iibergcgangen ist), veut marquer qu'ici il n'y a plus de passage d'un moment à l'autre, comme dans les sphères précédentes, et que le passage d'un terme à l'autre (qui est le rapport spécial des termes dans la sphère de Y être) et aussi la réflexion des termes de l'un sur l'autre (qui est leur rapport dans la sphère de Vessene) sont des rapports passés et qui ne sauraieut s'appliquer aux déterminatious de l'idée.
(3) C'est-à-dire la notion et l'objectivité qui ici se sont complètement compénétrées.
§ ccxv.
L'idée est essentiellement processus (1), parce que son identité n'est la libre et absolue identité de la notion qu'autant qu'elle est l'absolue négativité, et que par suite la dialectique est la forme de son existence (*2). L'idée se développe de telle façon que la notion, en tant qu'universel, qui est aussi l'individuel, se détermine comme objet et en opposition avec lui, et ramène ensuite par sa dialectique immanente cette existence extérieure, qui a sa substance dans la notion, à la subjectivité.
REMARQUE
Par là que l'idée a) est un processus, l'expression : l'absolu est V unité du fini et de l'infini, de la pensée et de l'être, etc., est, comme nous l'avons souvent fait observer, fausse; car l'unité exprime l'identité abstraite et immobile. Par là, b) qu'elle est sujet, cette expression est également
(1) ht ivesentlich Process : c'est-à-dire elle n'est pas l'unité immobile, abstraite et ville. En effet, de ce que l'idée est l'unité absolue, il ne faudrait pas se la représenter comme un principe immobile, et qui exclut toute contradiction et tout développement. Tout au coutraire, par cela même qu'elle est l'unité absolue, et qu'elle est la sphère de la pensée et de la liberté absolues, elle est aussi l'existence la plus riche, et qui contient les oppositions les plus profondes. Telle est la vie, par exemple, si ou la compare au mécanisme, au chimisme, et en général à toutes les déterminations précédentes. La vraie unité de l'idée consiste dans la faculté qu'elle a de se retrouver en toutes choses, et de ramener toutes choses à leur existence simple et absolue. — Et ainsi l'idée part ici aussi d'un état immédiat, qui contient l'universel et l'individuel, s'oppose ensuite à elle-même et se construit un monde objectif (monde qu'il ne faut pas coufondre avec l'objet proprement dit, l'objet séparé de l'idée), et enfin elle ramène ces deux termes à leur absolue unité.
(2) Dialektisch ist : elle (l'idée) est dialectiquement, ou dialectique*
fausse, car celte unité exprime Yen soi, l'élément substantiel (1) de la véritable unité. L'infini n'apparaît ainsi que comme simplement neutralisé avec le fini (2), et il en est de même du sujet à l'égard de l'objet, et de la pensée à l'égard de l'être. Mais dans l'unité négative de l'idée l'infini s'empare du fini et s'élève au-dessus de lui (3) ; et il en est de même de la pensée relativement à l'être, et de la subjectivité relativement à l'objectivité. L'unité de l'idée est la subjectivité, la pensée, l'infinité, qu'il faut distinguer de l'idée en tant que substance; de même qu'il faut distinguer cette subjectivité, celte pensée, celte infinité transcendante (4) de la subjectivité de la pensée, de l'infinité exclusive, où l'idée descend en se scindant, et en se déterminant (5).
Zusatz. L'idée, en tant que processus, parcourt dans son développement trois degrés. La première forme de l'idée est la vie. C'est l'idée sous sa forme immédiate. La seconde forme de ridée est la forme médiate ou de la différence. C'est l'idée en tant que connaissance, laquelle
(1) Das Substantielle : le moment abstrait de la substance, qui est un moment subordonné de l'idée, et qui relativement à l'idée comme telle ne constitue, par cela même, qu'un en soi {Ansicli), qu'une virtualité.
(2) C'est-à-dire que dans leur rapport le fini et l'infini ne se compénètrent pas d'une façon active, ce en quoi consiste le véritable inûni, mais qu'ils sont l'un dans l'autre à l'état neutre, et se neutralisant l'un l'autre.
(3) Greift das Unendliche ùber das Endliche hinùber. (i) Uebergreifende.
(5) C'est-à-dire que la vraie infinité n'est pas l'infinité de l'entendement, mais l'infinité spéculative, qui ne s'arrête pas à i'inûni exclusif et abstrait, à l'infini qui, par là que le fini demeure bors de lui et qu'il ne lui est que juxtaposé, est lui-môme un infini fini, ou le faux infini, mais qui s'élève au-dessus de l'opposition du fini et de l'infini, et qui s'y élève en les compénétrant et en les fondant l'uu dans l'autre dans l'unité de l'idée. Les mêmes considérations s'appliquent à la pensée et à la subjectivité.
NOTION. IDÉE. 3/|l
apparaît sous la double forme d'idée théorétique et d'idée pratique. Le processus de la connaissance a pour résultat le rétablissement de l'unité qui s'est différenciée (1), et c'est ce qui arnène la troisième forme, la forme de Vidée absolue, laquelle constitue le dernier degré de l'idée logique, degré qui en même temps se reconnaît et s'affirme comme le premier, et comme celui qui n'est que par luimême.
a. LA VIE.
§ CCXYI.
L'idée immédiate est la vie. La notion en tant que aine se réalise dans un corps. L'âme est, dans son rapport avec l'existence extérieure (2) du corps, l'universel immédiat en
(1) Le texte dit : l'unité enrichie (bereicherten) par la différence.
(2) Aeusserlichkeil : extériorité. — Le corps et les différentes parties du corps, les membres, qui constituent l'extériorité ou l'objectivité extérieure de l'âme. — Ici l'objet n'est plus l'objet tel qu'il existe dans sa notion propre et distincte — le monde mécanique et chimique, — mais c'est l'objet tel qu'il existe dans la vie, c'est-à-dire le corps. — Il faut distinguer la vie logique, ou, si l'on veut, la vie à l'état logique, de la vie telle qu'elle se produit dans la Nature, et de la vie dans ses rapports avec l'Esprit. La vie logique c'est la vie dans sa forme universelle et abstraite, et considérée indépendamment des formes multiples et limitées qu'elle revêt dans les sphères de la Nature et de l'Esprit. C'est la vie qui ne contient que les éléments logiques du sujet et de l'objet, tels qu'ils ont été élaborés par la finalité. Dans la Nature, elle suppose, outre les éléments logiques, toutes les déterminations et tous les rapports qui constituent cette sphère de l'existence, la matière, le mouvement, l'air, la lumière, etc. Et dans ses rapports avec l'Esprit, tantôt elle n'est qu'un moyen pour ce dernier, et tantôt elle est le signe et l'expression de l'Idéal. Aucun de ces rapports n'appartient à la vie logique ; car elle n'est, ni un moyen à l'égard de l'Esprit, ni un corps que l'esprit habite, ni un moment de l'idéal et de la beauté. Par conséquent, les expressions corps, membres, génération, etc., doivent être ici entendues dans leur sens universel et absolu — comme on entend, du reste, les autres catégories logiques,
3/f2 LOGIQUE. TROISIÈME PARTIE.
rapport avec lui-même, comme elle en est aussi la particularisation, de telle façon que le corps n'exprime d'autres différences que les déterminations de la notion ; et enfin elle (1) est aussi l'individualité en tant que négativité infinie. C'est la dialectique de son objectivité extérieure (2) où les différents éléments de la vie qui apparaissent comme indépendants, sont ramenés à la subjectivité, de telle façon que les membres ne sont l'un à l'égard de l'autre que des moyens et des fins momentanés, et que la vie qui commence en se spécialisant (3) est dans son résultat l'unité négative qui est pour soi, et qu'elle ne fait que s'envelopper en elle-même dans son existence corporelle (i). — La
l'être, la sub&tance, la cause, etc. — et sans y faire entrer des données, ou représentations expérimentales, psychologiques, anthropologiques et autres.
(1) L'âme, ou la notion en tant que âme.
(2) Seiner auseinanderseyenden Objektivitdt.
(3) Anfangliche Besonderung : la spécialisation, ou parlicularisation qui commence, qui est le commencement; les différences qui sont ramenées à l'unité dans le résultat.
(4) Sien in der Leiblichkeit als dialektischer nur mit sich selbst zusammenschliesst. Littéralement : par sa dialectique elle n'enveloppe (concluait, conclusion d'un syllogisme) dans sa corporalité qu'elle-même. — La finalité, par la fusion et l'identification des éléments du monde objectif, ou des objets, a amené l'idée, dont le premier degré est l'âme, et l'âme, eu tant que simple vie. La vie se compose de trois éléments, ou de trois moments. Elle est d'abord vie subjective et indéterminée (l'universel abstrait), elle s'objective et se particularise dans le corps (particulier), et enfin elle ramène ces deux moments à leur unité dans l'individualité de l'être vivant. C'est là, en effet, vivre. Et chaque instant de la vie se compose de ces trois moments, c'est-à-dire de ce désir, de ce mouvement instinctif du sujet qui porte l'être vivant à s'objectiver, et à produire ainsi la réalité et l'individualité concrète de son existence. D'où il suit aussi que la vie est inséparable de tel être vivant (voy. § ccxxn). Pour bien saisir ce paragraphe et les paragraphes suivants, il ne faut pas oublier que les rapports précédents de la notion n'ont plus d'application dans la sphère de la vie, nous voulons dire qu'ils se trouvent dans la vie comme des moments subordonnés, et que la vie combine conformément à sa nature. Par exemple, le corps n'a pas des parties, mais des
NOTION. IDKR. 3/j.S
vie est ainsi essentiellement l'être vivant, et, suivant sa forme immédiate, tel être vivant. La détermination qui fait la fmité dans celte sphère c'est que, par suite de l'immédiatité de l'idée, l'âme et le corps sont séparables. C'est là ce qui amène la mort de l'être vivant. Mais ce n'est qu'autant que l'être vivant est mort que l'âme et le corps sont des parties différentes.
Zusatz. Les différents membres du corps ne sont ce qu'ils sont que par leur unité et dans leur rapport avec elle Une main coupée, par exemple, est une main suivant le nom, mais non suivant la chose, ainsi qu'Aristote l'a déjà remarqué. — Du point de vue de l'entendement on considère ordinairement la vie comme un mystère et comme incompréhensible. Mais par là l'entendement ne fait qu'avouer son impuissance et sa fmité. La vie est si peu incompréhensible (1) qu'en elle nous avons bien plutôt devant nous la notion elle-même, et l'idée qui existe comme notion, l'idée immédiate. Mais c'est là aussi ce qui fait
membres, qui sont liés par une unité bien plus profonde que le tout et les parhes. Comme il constitue l'état extérieur de la vie, le corps peut retomber dans la sphère dos rapports mécaniques, mais alors c'est comme être inorganique, ce n'est plus comme être vivant qu'il existe. C'est parce qu'on néglige ces différences qu'on se pose, relativement à l'âme et à la vie, des questions qui n'ont pas de sens dans cette sphère. Telle est la question de savoir où est le siège de l'âme ou de la vie. Ce qu'il faut dire de l'Ame, c'est qu'elle est partout et nulle part, ou, si l'on veut, qu'elle est présente dans chaque élément, dans chaque point de l'être vivant, et que c'est précisément cette ubiquité qui fait l'unité de l'être vivant, ou, pour mieux dire, l'être vivant lui-même 3e demander où est le siège de l'âme, c'est d'abord se représenter l'âme et le corps comme simplement juxtaposés ; c'est ensuite placer l'âme dans tel point du corps, comme on placerait un objet dans tel point de l'espace; c'e>t enûn cousidérer l'action réciproque de l'âme et du corps comme une action purement mécanique.
(1) Unbegreiflich, au-dessus de la notion — Begriff.
o/[/l LOGIQUE. — TROISIÈME PARTIE.
Imperfection Jle la vie (î). Celte imperfection consiste en ce qu'ici la notion et la réalité ne correspondent pas encore complètement l'une à l'autre. La notion de la vie est l'âme, et l'âme a pour sa redite le corps. L'âme, pour ainsi dire, s'épanche (w2) dans le corps, ce qui fait qu'elle n'est d'abord qu'âme sensitive, et qu'elle n'est pas encore l'être libre pour soi (3). Le processus de l'être vivant consiste ensuite à surpasser cette sphère où il est comme emprisonné, et ce processus qui est lui aussi un triple processus a pour résultat l'idée sous forme de jugement, c'est-à-dire l'idée de la connaissance.
§ CCXYÏI.
L'être vivant est le syllogisme dont les moments sont eux aussi des systèmes et des syllogismes (§§ cxcvw, cci, cevu), mais des syllogismes actifs, des processus, et qui ne constituent qu'un seul processus dans l'unité de l'être vivant. L'être vivant est ainsi un processus où il s'enveloppe en lui-même à travers trois processus.
§ CCXVIII.
\). Le premier processus est le processus de l'être vivant au dedans de lui-même, et où l'être vivant se partage et fait de son corps son objet, sa nature inorganique. Ccile-ci en tant qu'extériorité relative (i) se différencie elle-même,
(1) G'cst-à-dire son inrmédiatité.
(2) ht ergossen : est épanchée, est comme à l'état diffus dans le corps.
(3) Freies fiir-sich-seyn : le libre étre-pour-soi.
(1) Ats das relatives Aeusserliche : en tant que chose extérieure relativement : c'est-à-dire que le corps qui ici dans re processus jonc par rapport à la vie
et pose l'opposition de ses moments, lesquels se compénètrent et s'assimilent les uns les antres, et se conservent en se produisant eux-mêmes. Mais cette activité des membres n'est que l'activité indivisible (1) du sujet à laquelle reviennent ses produits, de telle sorte que c'est seulement le sujet qui est produit dans ces derniers, c'està-dire c'est seulement le sujet qui s'y reproduit (w2).
Zusatz. Le processus de l'être vivant au dedans de luimême s'accomplit dans la nature à travers trois moments, savoir : la sensibilité, Y irritabilité et la reproduction. En tant que sensibilité, la vie n'est qu'un rapport simple avec elle-même; c'est l'âme qui est présente partout dans son corps, et pour laquelle l'extériorité des éléments du corps n'a pas de réalité (puisqu'elle est partout). En tant quirritaàilité, la vie se partage elle-même (c'est le moment objectif, ici les membres); et, en tant que reproduction (l'action réciproque des membres, des fonctions, etc.), elle se ranime sans cesse à travers les différences internes des membres et des organes. L'être vivant n'est que ce processus qui se renouvelle sans cesse au dedans de luimême.
le rôle de nature inorganique, constitue le moment de l'extériorité objective, mais de l'extériorité qui n'est pas l'extériorité inorganique proprement dite — l'extériorité mécanique et chimique — mais de l'extériorité inorganique relative à la vie et qui est façonnée par la vie.
(1) Eine : l'activité une.
(2) C'est le processus de formation — la construction de la figure — de l'être vivant. Cf. sur ces processus, Philosophie de la Nalure, § cccklii, et notre commentaire.