CXXI
La raison d'être est l'unité de l'identité et de la différence, elle est la vérité de ce qui s'est produit comme différence et identité. C'est la réflexion sur soi qui est tout aussi bien réflexion sur un autre que soi, et réciproquement. C'est l'essence posée comme totalité (1).
lui-même. L'identité abstraite n'est pas la \\e(Lebendigkeit, la vitalité), mais la vie n'est que là où le négatif est enveloppé dans le positif, et où l'être sort de lui-même et pose lui-même son changement. Un être n'est vivant qu'autant qu'il contient la contradiction, et sa force consiste à recevoir en lui la contradiction et à s'y maintenir... Ce qui meut le monde eu général est la contradiction, et il est risible de dire qu'on ne peut penser la contradiction. Ce qu'il faut dire à cet égard c'est que les choses ne s'arrêtent pas à la contradiction, etque celle-ci se détruit elle-même. Mais la contradiction annulée n'est pas l'identité abstraite, car l'identité abstraite n'est elle-même qu'un côté de l'opposition. Le résultat immédiat qu'amène l'opposition, en tant que contradiction, est la raison d'être qni contient l'identité ainsi que la différence comme deux moments qu'elle enveloppe, et qui ne sont plus en elle que deux moments subordonnés. — Voyez aussi Grande Logique, Liv. II, lre partie, p. 68 et suivantes, où l'on trouvera, p. 52, des considérations importantes sur le positif et le négatif mathématiques. . (l) Der Grund ist das Wesen als Totalitiit gesetzt. Grund signifie fondement, raison, principe, dans le sens où l'on dit qu'il y a un fondement, une raison, un principe pour toutes choses. Tout ce qui est a une raison d'être. C'est là le principe connu sous le nom de principe de raison suffisante. Ainsi l'on pourrait dire : Tout ce qui est a une qualité, il est identique et différent, égal et inégal, etc., et il a une raison d'être. Cependant, eu se représentant ainsi le Grund, on ne s'en ferait qu'une notion incomplète ; car, d'abord, en disant tout, ou toutes choses, ou présuppose les notions du tout et de c/iosesqu'on n'a pas encore ici. Ensuite, trompé par la faculté représentative, ou par l'imagination, on risque de voir dans tout et dans choses des déterminations plus concrètes, telles que la cause, la substance, et peut-être des choses de la nature et de l'esprit. Ce qu'il faut dire, par conséquent, c'est que l'être est devenu Yessence, et que celle-ci est devenue ici le fondement, ou la raison d'être, ou le principe. (Je me servirai indifféremment de l'une ou de l'autre expression, suivant les exigences de la langue.) Le principe de la raison suffisante lui-même n'exprime qu'imparfaitement le Grund, Car,
REMARQUE
Le principe de la raison d'être s'exprime ainsi : « Tout a sa raison suffisante. «C'est-à-dire, la véritable essence d'une
ainsi que le fait remarquer Hegel (voy. plus loin, p. 46), « lorsqu'on parle d'une raison suffisante, le prédicat suffisant est superflu, ou il dépasse la catégorie de la raison d'être. Il est superflu, si l'on veut exprimer par là que le fondement est apte à fonder (begrunden, rendre raison), car le fondement n'est tel que parce qu'il peut fonder. Lorsqu'un soldat s'échappe du champ de bataille pour sauver sa vie, il agit, il est vrai, contrairement au devoir ; mais il ne faudrait pas conclure de là que la raison qui l'a déterminé à agir ainsi n'était pas suffisante, car autrement il serait resté à son poste. On doit remarquer, à cet égard, que si, d'un côté, toutes les raisons sont suffisantes, d'un autre côté, aucune raison, en tant que raison, n'est suffisante, et cela parce que, ainsi qu'on l'a fait remarquer plus haut, la raison d'être n'a pas encore ici un contenu déterminé pour soi, et que, par conséquent, elle n'est pas la raison qui agit par elle-même et qui produit {Selbsthdtig und hervorbringend), elle n'est pas, en d'autres termes, la Notion. — La logique formelle emploie cette notion sans la déduire, et sans en déterminer la vraie signification. Elle pose bien en principe qu'il faut rechercher la raison d'être des choses, mais elle ne nous dit pas ce qu'est la raison d'être. Et si elle dit que la raison d'être, ou le principe, est ce qui a une conséquence, elle ne nous explique ni le principe ni la conséquence. Car lorqu'on demande ce que c'est qu'une conséquence, elle répond qu'une conséquence est ce qui a un principe, ou ce qui découle d'un principe. — Quant à la raison suffisante, telle qu'elle a été entendue par Leibnilz, il est évident que c'est un principe qui dépasse ce moment de la logique, et qu'il appartient à une détermination ultérieure. (Cequese proposait Leibnilz, c'était de démontrer l'insuffisance des explications fondées sur le point de vue purement mécanique, et il entend plutôt par raison la cause. Car, en mettant en présence les causes efficientes et les causes finales, il enseigne qu'il ne faut pas s'arrêter aux premières, mais atteindre aux dernières. D'après cette distinction, la lumière, la chaleur, l'humidité, seraient les causes efficientes, et non la cause finale de la plante, laquelle cause n'est autre chose que la notion même de la plante. « (Voy. Zusatz et § suivant.) » — Par conséquent, la raison d'être n'est ici que la raison d'être. Elle n'est ni la forme, ni la cause, ni la substance, etc., lesquelles sont des déterminations ultérieures de la logique. Il faut donc se la représenter comme ce moment où l'essence sert de la contradiction. L'essence se contredit pour passer dans le fondement ou la raison d'être (Gehen zu Grunde). Et la raison d'être est une totalité en ce qu'eile constitue un nouvel état immédiat où se trouvent enveloppés tous les moments précédents. — Voy, § suiv.
DOCTRINE DE L'ESSENCE. RAISON DE L'EXISTENCE. ft3
chose ne consiste pas en ce que celle-ci est déterminée comme identique avec elle-même, ou comme différente, ou comme purement positive ou purement négative, mais en ce qu'elle a son être dans un autre qui, dans son identité avec lui-même, fait son essence. Celle-ci ne constitue pas non plus une réflexion abstraite sur soi, mais sur un autre que soi. La raison d'être est l'essence qui a fait retour sur elle-même (1) ; et l'essence est essentiellement raison d'être, et elle n'est raison d'être qu'autant qu'elle est raison d'être de quelque chose, d'un autre qu'elle.
Zusalz. — Lorsqu'on dit de la raison d'être qu'elle est l'unité de l'identité et de la différence, on ne doit pas entendre par unité l'identité abstraite, autrement nous aurions bien une autre dénomination, mais, suivant la pensée, nous aurions de nouveau cette identité de l'entendement que nous avons reconnue comme fausse (2). Par conséquent, pour éviter cette confusion, on pourrait aussi dire que la raison d'être n'est pas seulement l'unité, mais la différence de l'identité et de la différence. Ainsi la raison d'être, qui se produit d'abord comme suppression de la contradiction , constitue par là une nouvelle contradiction. Gomme telle, elle n'est pas, cependant, une détermination qui se fixe immobile en elle-même, mais elle se repousse plutôt elle-même. La raison d'être n'est raison d'être qu'autant qu elle est raison d'être de quelque chose. Et ce qui sort d'elle est elle-même; ce en quoi réside le formalisme de la raison d'être. La raison d'être et ce dont elle est la raison d'être constituent le même
(1) In sich seiende Wesen : l'essence qui est dans sol.
(2) Als unirhare : comme non vraie : c'est-à-dire on aurait l'identité abstraite dont il a été question § cxv.
hk LOGIQUE. — DEUXIÈME PARTIE.
contenu, et leur différence est la simple différence de la forme du rapport avec soi, et de la médiation ou position (1). Lorsque nous cherchons la raison des choses, nous nous plaçons au point de vue de la réflexion dont il a été question plus haut (§ cxu, Zusatz), Nous voulons voiries choses en quelque sorte de deux façons, d'abord sous leur forme immédiate, et ensuite dans leur raison où elles ne sont plus de cette façon immédiate. Et autre n'est pas non plus la loi de la pensée qui est connue sous le nom de principe de raison suffisante, par laquelle on exprime précisément qu'on doit considérer les choses comme médiatisées. D'ailleurs, la logique formelle en posant cette loi donne un fâcheux exemple aux autres sciences. Car tandis qu'elle leur prescrit de ne pas accorder une valeur à leur contenu sous sa forme immédiate, elle, de son côté, pose des lois de la pensée sans les déduire, et sans montrer leur médiation. Si le logicien a le droit d'affirmer que notre faculté de penser est ainsi constituée qu'en toutes choses on doit chercher la raison, le médecin, lorsqu'on lui demande pourquoi un homme qui tombe dans l'eau se noie, aura aussi le droit de répondre que l'homme est ainsi fait qu'il ne peut vivre sous l'eau. De même, le jurisconsulte à qui l'on demande pourquoi le coupable est puni, pourra répondre que la société civile est constituée de telle façon que le crime ne saurait y demeurer impuni. Mais quant à la logique, lors même qu'on n'y tiendrait pas compte du devoir qu'elle a de démontrer cette loi de la pensée, elle devrait de toute façon répondre à la question : quedoit-on entendre par raison d'être
(1) Gesetzseyns : de l'êlre-posé.
des choses {Grand), L'explication ordinaire, qu'elle est ce qui a une conséquence (1), paraît être au premier coup d'œil plus claire et plus précise que la détermination de la notion telle qu'elle s'est produite ci-dessus (2). Mais si l'on insiste, et que l'on demande : qu'est-ce qu'une conséquence? et qu'on réponde que la conséquence est ce qui a une raison, on verra que la précision de cette explication vient de ce qu'on y présuppose ce qui ici se produit comme résultat du mouvement des pensées précédentes. Or l'œuvre de la logique consiste précisément à démontrer que les pensées purement représentées, et qui parla même ne sont pas saisies dans leur notion et démontrées, sont des degrés de la pensée qui se détermine elle-même; ce par quoi elles sont à la fois entendues et démontrées. — Dans la vie ordinaire, et aussi dans les sciences finies, on se sert souvent de cette forme de la réflexion, croyant atteindre par son application la nature spéciale de l'objet que l'on examine. Mais si, d'un côté, on ne peut rien objecter contre cette façon de considérer les choses qui se présente comme le moyen le plus naturel de connaître, on doit, de l'autre, remarquer aussi qu'elle ne saurait complètement satisfaire ni sous le rapport théorétique ni sous le rapport pratique ; et cela parce que la raison d'être ne possède pas encore un contenu déterminé en est pour soi, ce qui fait que, lorsque nous considérons les choses sous ce point de vue nous n'atteignons que la différence formelle de l'immédiatité et de la médiation. Observe-t-on, par exemple, un phénomène électrique, et en demande-t-on la raison d'être? Si l'on répond quel'élec-
(1) Der Grund sey dasjenige was eine Jelge hat.
(2) C'est-à-dire § 121.
l\6 LOGIQUE. — DEUXIÈME PARTIE.
tricité est la raison d'être de ce phénomène, on aura simple ment changé ce même contenu que l'on avait sous forme immédiate en la forme d'une existence interne. —Cependant la raison d'être n'est pas une détermination simplement identique avec elle-même, mais elle contient aussi la différence, et par suite on peut assigner plusieurs raisons à un seul et même contenu. Et cette diversité de raisons peut, suivant la notion de la différence, aller jusqu'à l'opposition sous forme de raisons d'être qui se produisent;;^?' et contre le même contenu. Que l'on considère, par exemple, une action, le vol : on a là un contenu où l'on peut distinguer plusieurs côtés. On a par là violé la propriété ; mais le voleur poussé par la nécessité y a aussi trouvé le moyen de satisfaire ses besoins ; et il peut aussi arriver que celui qui est volé ne fasse pas un bon usage de ses biens. Maintenant il est juste que la violation de la propriété qui a lieu ici soit le point de vue décisif devant lequel les autres doivent s'effacer. Seulement ce n'est pas dans le principe de la raison d'être que réside ce point décisif. 11 est vrai que, suivant la façon ordinaire de concevoir cette loi de la pensée, en parlant d'elle, ce n'est pas seulement de la raison d'être, mais de la raison suffisante que l'on entend parler; et l'on pourrait ainsi croire que relativement à l'action que nous venons de citer comme exemple, outre la violation de la propriété) il y a les autres points de vue que nous avons indiqués qui sont bien aussi des raisons d'être. Seulement ces raisons d'être ne seraient pas suffisantes, Mais il faut remarquer â ce sujet que lorsqu'on parle d'une raison suffisante, ce prédicat est superllu, ou il est tel qu'il va au delà de la catégorie de la raison d'être comme telle. Et ce prédicat est superflu*
DOCTRINE DE L'ESSENCE. RAISON DE L'EXISTENCE. l\l
c'est une tautologie, si l'on doit seulement entendre par là que la raison d'être peut rendre raison (1), parce que la raison d'être n'est telle qu'autant qu'elle a ce pouvoir. Lorsqu'un soldat s'enfuit du champ de bataille pour conserver sa vie, il agit contre son devoir. Mais on ne saurait dire que la raison qui l'engage à agir ainsi n'est pas suffisante, car autrement il resterait à son poste. Il faut dire, en outre, que si, d'un côté, toutes les raisons sont suffisantes, de l'autre, aucune raison comme telle ne l'est, et cela parce que, comme nous venons de le faire observer, la raison d'être n'a pas encore un contenu déterminé en et pour soi, et par suite elle n'est point active et n'engendre point par elle-même (2). Ce contenu déterminé en et pour soi et partant actif par lui-même nous le rencontrerons par la suite dans la notion. Et c'est la notion qu'a en vue Lcibnitz lorsqu'il parle de la raison suffisante, et qu'il veut qu'on considère les choses sous ce point de vue. Ce que Leibnilz a devant les yeux en énonçant cette loi est cette façon purement mécanique de concevoir les choses dont même aujourd'hui on est si épris, et qu'il déclare ajuste titre insuffisante. C'est, par exemple, une façon purement mécanique de concevoir le processus organique de la circulation du sang que de le ramener à la contraction du cœur; comme ce sont des théories mécaniques celles qui enseignent que la fin de la peine consiste à mettre le coupable dans l'impuissance de nuire, ou à intimider, ou qui en donnent d'autres raisons extérieures semblables. Et Ton fausse dans le fait la pensée de Leibnilz lorsqu'on croit
(1) Der Grund (ist) die Fahigkeit zu begriinden.
(2) SelbslthtUig und hervorbringend.
qu'il a voulu s'en tenir à un point de vue si pauvre que ce principe formel de la raison d'être. La façon de concevoir qu'il a voulu inculquer est bien le contraire de ce formalisme, qui, lorsqu'il s'agit de la connaissance spéculative, s'en tient à de simples raisons. Leibnitz place à cet égard les causas efficientes et les causas finales les unes en face des autres, et exige qu'on ne s'arrête pas aux premières, mais qu'on s'élève aux dernières. Suivant cette différence, la lumière, par exemple, la chaleur, l'humidité seraient bien les causœ efficientes, mais elles ne seraient nullement les causœ finales de la croissance de la plante, la causa finalis n'étant précisémeent autre chose que la nolion même de la plante. — Ici on peut aussi faire remarquer que le point de vue de la raison d'être spécialement dans son application au droit et à la morale, est le point de vue et le principe de la sophistique. Lorsqu'on parle de la sophistique on a généralement l'habitude d'y voir un procédé qui n'a pour objet que de corrompre la justice et la vérité et de représenter les choses sous un faux jour. Mais cette tendance n'appartient pas exclusivement aux sophistes dont le point de vue n'est autre que celui du raisonnement (1). Les sophistes parurent chez les Grecs à une époque où ces derniers ne s'en rapportaient plus à l'autorité et à la coutume touchant les choses de la religion et de la moralité, et où ils éprouvaient le besoin de s'élever par la pensée à la conscience des choses qui devaient avoir une valeur pour eux. Les sophistes allèrent au-devant de ce besoin en enseignant à rechercher les différents points de vue sous lesquels
(1) Ce mot doit être entendu dans le sens de dispute, ou dans le sens où Ton dit de quelqu'un qu'il est raisonueur, ergoteur.
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on peut considérer les choses, lesquels différents points de vue ne sont d'abord que des raisons d'être. Or comme la raison d'être, ainsi que nous l'avons remarqué, ne possède pas encore un contenu déterminé en et pour soi, et qu'on peut trouver des raisons d'être pour l'immoralité et l'injustice tout aussi bien que pour la moralité et la justice, il dépend du sujet, de l'intention et du point de vue individuel de se décider pour l'une ou pour l'autre raison, et d'accorder une valeur à l'une plutôt qu'à l'autre. Par là le fondement objectif de tout ce qui a une valeur absolue, et de ce qui est reconnu par tous se trouve sapé ; et c'est ce côté négatif de la sophistique qui a attiré justement sur elle cette mauvaise réputation que nous venons de rappeler. Socrate, on le sait, a combattu les sophistes. Cependant il ne les a pas combattus en opposant simplement à leurs raisonnements l'autorité et la coutume, mais bien plutôt en démontrant par la dialectique combien on est faible sur le terrain des simples raisons d'être, et en faisant valoir par contre le juste et le bien, l'universel en général ou la notion de la volonté. Lorsque de nos jours, non-seulement dans les discussions portant sur les choses temporelles, mais aussi dans la chaire sacrée, on emploie souvent de préférence cette façon de raisonner, et que, par exemple, on allègue toutes les raisons possibles pour éveiller la reconnaissance envers Dieu, Socrate aussi bien que Platon ne se feraient pas faute de déclarer comme sophistique un pareil procédé, car, comme nous l'avons dit, dans la sophistique on ne considère pas avant tout le contenu, qui peut être toujours vrai, mais la forme des raisons par lesquelles on peut tout défendre, maison peut aussi tout attaquer. Dans un temps de
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critique et raisonneur comme le nôtre il n'est pas nécessaire d'être allé bien loin pour trouver une bonne raison à toute chose, et même à ce qu'il y a de plus mauvais et de plus absurde. Tout ce qu'on détruit clans le monde on le détruit avec de bonnes raisons. Lorsqu'on est entraîné sur ce terrain, on est d'abord obligé de battre en retraite. Mais dès qu'on a fait l'expérience de ce que valent ces bonnes raisons, on fait la sourde oreille, et on ne se laisse plus imposer par elles.
§ GXXIJ.
L'essence est d'abord apparence (1) et médiation en elle-même. En tant que totalité de la médiation, son unité avec elle-même est maintenant posée comme un moment où la différence est supprimée, et avec- la différence la médiation. On a ainsi ramené un état immédiat, ou l'être, mais l'être qui se trouve médiatisé par la suppression (2) de la médiation. C'est là l'existence réfléchie (3).
REMARQUE
La raison d'être n'a pas encore un contenu déterminé en et pour soi, elle n'est pas le but, et par suite elle n'agit ni ne produit ; seulement une existence sort d'elle. La raison
(1) Scheinen : apparaître.
(2) Das Aufheben.
(3) Existenz, à la différence du Daseyn. Voyez § exiv, remarque. — Ainsi l'essence apparaît d'abord et se médiatise dans l'identité et la différence, et elle se pose ensuite comme totalité de l'identité et de la différence dans la raison d'être, laquelle ramène un nouvel ét;it immédiat, mais immédiat d'uue immédiatité concrète, d'une immédiatité en laquelle, comme dit le texte, se trouve supprimée et contenue à la fois (c'est le sens de Aufheben) la médiation. Ce nouvel état immédiat, ou cette nouvelle immédiatité, est Vexislence réfléchie, ou de la réflexion* Voyez pages suiv., et § cxxv.
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d'être déterminée n'a qu'une valeur formelle. C'est une délerminabilité en tant qu'elle est pensée comme étant en rapport avec elle-même, comme une affirmation à l'égard de l'existence immédiate qui s'y rattache. Par cela même qu'elle est la raison d'être on peut dire d'elle qu'elle est bonne; car le bien, considéré abstraetivement, n'est autre chose qu'une simple affirmation (1 ), et toute détermjnabiliîé qu'on peut convenablement affirmer d'une certaine façon, est bonne. On peut, par conséquent, trouver une raison d'être pour toutes choses, et une bonne raison d'être (par exemple un bon motif) peut produire un effet, comme il peut ne pas le produire, peut avoir une conséquence, ou n'en pas avoir. Un principe d'action qui produit un effet ne le produit que parce que la volonté, par exemple, vient s'y ajouter, lui communique l'activité et en fait une cause (2).
(1) Denn Gut heisst ganz abstrakl auch nicht mehr als ein Affirmatives. Littéralement : car tout à fait abstraetivement, bon ne signifie qu'une chose affirmative. C'est-à-dire que la raison d'être n'est pas le bien, car le bien constitue une détermination plus haute de la logique (§ ccxxxm); mais que s» l'on considère le bien d'une façon abstraite, on pourra dire de la raison d'être qu'elle est bonne, parce que tout ce qui peut s'affirmer est bon et que la raison d'être d'une chose est une affirmation de la chose On pourrait aussi dire : La raison d'être est un élément, une détermination du bien, mais elle n'est pas le bien. Voyez note suiv.
(2) L'essence est la raison d'être, on pourrait ajouter, de toutes choses. Mais il est plus exact de dire qu'ici elle n'est que la raison d'être qui fait le passage à des déterminations ultérieures, à l'existence réfléchie, à la chose, a la réalité, etc. La raison d'être est ce tertium quid du principe de l'exclusion du troisième terme dont l'ancienne logique se sert, non pour concilier et expliquer la contradiction, mais puur la supprimer. La raison d'être est 1 identité, mais l'identité pour soi, en laquelle se sont absorbées toute différence et toute opposition. Elle est, par conséquent, la raison d'être du negatil tout aussi bien que du positif, ou, si l'on veut, le positif et le négatif ont tous les deux une raison d'être, et, en tant qu'ayant une raison
b. l'existence réfléchie.