‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 75 sur 80 · CCXL1I · texte numérisé non relu

CCXL1I

Le développement de la seconde sphère réalise ce que celle-ci contient (4) à son point de départ; c'est-à-dire il conduit le rapport des différences jusqu'au point où la con-

(1) Erhah ihren Redit : reçoit ce qui lui est dû, ce qui lui appartient. En effet, ce qui appartient à la sphère de l'être c'est de passer dans celle de de l'essence, et d'y passer parce qu'elle est déjà virtuellement l'essence. Et ce qui appartient à la sphère de l'essence c'est de revenir à la sphère de l'être; car l'essence est l'essence précisément parce qu'elle enveloppe en elle la détermination de l'être.

(2) Sich zur Totalitiït v ilendel : s'achève pour et avec la totalilè. C'està-dire que chaque différence est elle-même, et en elle-même elle est aussi un moment du tout, de sorte que en se développant elle-même et en ellemême, elle se complète pour et dans le tout.

(3) Sich zur Einheit mit dem andern bethatigt : elle (l'une des deux différences) coopère avec l'autre (différence) pour V unité. Nous avons traduit pour réaliser l'unité. L'expression du texte est plus large et plus complète. Car en disant pour l'unité Hegel n'a pas seulement entendu dire que les deux différences se combinent pour réaliser l'unité, mais aussi et surtout qu'elles se combinent comme deux moments de l'unité, et où l'unité se réalise elle-même comme unité.

(4) En soi ou virtuellement.

tradiction se produit dans chacune d'elles considérée en elle-même, et se produit comme progrès infini, lequel aboutit à ce résultat c), savoir, que le terme différencié est posé tel qu'il est dans la notion. Il nie le premier terme, et en tant qu'identique avec le premier, il se nie lui-même. De là l'unité dans laquelle ces deux premiers termes sont comme deux termes idéaux et comme moments, comme des termes supprimés, c'est-à-dire aussi comme des termes conservés (1). La notion qui de cette façon, en partant de son moment immédiat (2), est, par l'intermédiaire de la différence et de sa suppression, rentrée en elle-même, est la notion réalisée, c'est-à-dire la notion qui dans son unité pour soi pose et contient ses déterminations (3). — C'est

(1) C'est da rapport de causalité qu'il est ici question. Comme on Ta vu, ce rapport aboutit, d'une part, au progrès de la fausse infinité, et, de l'autre, à la notion. Ce rapport réalise ou pose pour soi ce qui n'était qu'en soi dans le rapport abstrait de Videnlité et de la différence, ou, pour mieux dire, dans les rapports précédents, en ce que dans la causalité les termes différenciés ne se réfléchissent plus l'un sur l'autre, comme dans les rapports précédents, mais chaque terme — cause et effet — pris séparément se réfléchit sur lui-même, et, eu se réfléchissant sur lui-même en lui-même, il se réfléchit sur l'autre. On a ainsi la contradiction complètement développée, c'est-à-dire la contradiction où les termes se contredisent eux-mêmes en eux-mêmes, ce qui fait précisément le passage de la sphère de l'essence à celle de la notion. Dans la notion, ces deux premiers termes {dièse beiden Ersten), comme a le texte, c'est-à-dire les deux différences précédentes (ici la cause et V effet, et par suite toutes les différences et tous les rapports précédents), sont comme termes idéaux et comme moments (als ideel uni Momenle), c'est-à-dire comme moments que l'idée a posés et traversés, et qu'elle a traversés en les absorbant en elle-même, ce qui fait qu'ils sont en elle, comme ils peuvent y être, c'est à-dire comme moments. (C'est ainsi qu'ils sont à la fois supprimés et conservés (aufgehobene und aufbewahrle.)

(2) Anskhseyn : l'être-en-soi — virtualité — qu'on peut considérer comme un état immédiat et abstrait relativement à Y ètre-pour-soi.

(3) Das Geselztseyn seiner Bestimmungen in seinem Fiirsichseyn enlhallend : contenant l'étre-posé de ses déterminations dans son être-pour-soi ;

l'idée pour laquelle, en tant que principe absolument premier (1) (dans la méthode) (*2) cette fin (3) n'est que l'évanouissement de l'apparence suivant laquelle le commencement serait un moment immédiat et un résultat (4). C'est la connaissance que l'idée est une totalité, et la seule totalité.

§ CCXL1IÏ.

De cette façon, la méthode n'est pas une forme extérieure, mais l'âme et la notion du contenu, dont elle ne se distingue qu'en ce que les moments de la notion sont ainsi constitués qu'ils peuvent apparaître aussi en eux-mêmes dans leur déterminabilité comme étant la totalité de la notion (5). Mais par là que celte déterminabilité ou ce

c'est-à-dire que la notion, ou, pour mieux dire, l'idée n'est dans son unité véritable, elle n'est en tant qu'idée qu'en posant ses déterminations, et en les posant en elle-même et comme moments d'elle-même.

(1) AU absolut Erstes : en tant qu'absolument premier — primum, to

TTfCDTOV.

(2) Car c'est seulement suivant et dans la méthode qu'elle est telle, et peut être saisie comme telle, c'est-à-dire comme l'absolument premier.

(3) Diess Ende : la fin à laquelle on est arrivé ici.

(4) En effet, ['apparaître — Schein — le rapport purement réfléchi des termes ne s'évanouit, absolument parlant, que dans l'idée, et dans l'idée absolue et spéculative. Hors de cette idée, le Schein pénètre dans tous les rapports, dans les rapports de l'idée elle-même, de l'idée en tant que vie et connaissance finie. Par conséquent, la pensée purement réfléchie ne peut saisir le commencement et la fin dans l'idée et dans l'unité de l'idée, mais, tout en établissant un certain rapport entre eux, elle pense le commencement comme un moment immédiat, c'est-à-dire elle le peuse comme s'il n'était pas médiatisé, posé par l'idée, ou, ce qui revient au même, comme s'il n'était pas un moment de l'idée, et elle pense l'idée comme un simple résultat, c'est-à-dire comme quelque chose qui découle de ce qui n'est pas elle-même. Cf. sur ce point Philosophie de l'Esprit, §§ 573-578, et notre commentaire.

(5) Dans le mouvement de l'apparence et de la phéooménalité (Schein und Erscheinung)) chaque sphère, ou chaque détermination de l'idée, en s'affir-

38i LOGIQUE. TROISIÈME PARTIE.

contenu est revenu avec la forme à l'idée, celle-ci se représente (1 ) comme un tout systématique, comme une seule et même idée, dont les moments particuliers sont tout aussi bien virtuellement celle même idée qu'ils amènent par la dialectique de la notion l'unité simple pour soi de l'idée (2). — De celle façon, la science s'achève elle-même (3) en saisissant la nolion d'elle-même comme notion de l'idée pure pour laquelle est l'idée (ù).

mant dans ses limites, afGrrne une matière, un contenu, une réalité autre que celle de ridée. Mais comme elle n'est qu'un moment de l'idée, et qu'ainsi l'idée entière est virtuellement en elle, elle s'affirme en même temps comme totalité de la nolion. C'est la monade de Leibnitz qui représente l'univers.

(1) Sich darslellt. C'est, en effet, une nouvelle représentation que l'idée donne d'elle-même dans sa sphère absolue.

(2) Das einfache Fùrsichseyn der Idée. C'est, en effet, dans cette représentation que l'idée donne d'elle même, comme idée une et absolue, que s'accomplit et peut seulement s'accomplir l'unité absolue, c'est-à-dire l'unité de la forme et du contenu, de l'être et de la pensée, du sujet et de l'objet, etc.

(3) Schliesst : conclut, termine, atleint son but.

(4) Als (den Bcgriff) derreinen Idée, fur welche die Idée ist. Il y a la notion de l'idée, ou de l'idée en tant que notion, et l'idée proprement dite, ou la notion réalisée; ce qui revient à dire que la notion est le moment immédiat, la sphère immédiate de l'idée elle-même. Mais on peut aussi appeler la notion idée pure eu ce sens que, en tant que notion, l'idée est encore idée immédiate, qu'elle ne s'est pas encore déterminée, développée. Or, par cela même que l'idée pure est l'idée immédiate, ou peut dire que l'idée réalisée, l'idée absolue, ou simplement l'idée dans le sens strict du mot, est pour l'idée pure ; ce qui, en employant d'autres expressions, revient à dire que l'absolu n'est pas l'absolu hors des choses et sans les choses dont il est l'absolu principe, et qu'il n'est non plus l'absolu pour soi qu'autant qu'il est aussi l'absolu pour les choses. Et c'est là aussi la science absolue. La science absolue est la science systématique, c'est-à-dire la science qui saisit l'immédiat et le médiat, le commencement et la fin, la notion ou l'idée pure et l'idée réalisée comme une seule et même idée, et qui expose, développe et représente cette idée suivant sa nature essentielle et absolue.

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