‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 9 sur 80 · CXXIV · texte numérisé non relu

CXXIV

L'existence en se réfléchissant sur une autre existence se réfléchit sur elle-même. Ces deux moments sont inséparables. La raison d'être est leur unité d'où est sortie l'existence. L'existence contient, par conséquent, la relativité et ses rapports multiples avec d'autres existences, et se réfléchit sur elle-même en tant que raison d'être. Existant ainsi, elle est chose (Ding).

REMARQUE

La chose en soi qui joue un si grand rôle dans la philosophie kantienne, on la voit ici se produire telle qu'elle est, savoir, comme constituant le moment de la réflexion sur soi, moment où on la fixe en regard de la réflexion sur un autre et des déterminations diverses. Et c'est de cette chose vide qu'on fait le fondement de ces déterminations (1).

(1) La chose en soi ou le noumène, cet objet transcendant qui, suivant Kaut, échappe à la pensée, échappe à la pensée précisément parce qu'il n'est que a chose en soi, ce moment vide de la chose, où l'on fait abstraction de toute détermination, de tout rapport et de tout contenu. Après

DOCTRINE DE l' ESSENCE. RAISON DE l' EXISTENCE. 57

Zusatz. On peut bien accorder que la chose en soi ne saurait être connue, »si par connaître on entend la connaissance d'un objet dans sa déterminabilité concrète, car la chose en soi n'est que la chose complètement abstraite et indéterminée. D'ailleurs, comme on parle de la chose en soi, on peut avec tout autant de raison parler de la qualité en soi, de la quantité en soi, ef en général de toutes les catégories, considérant ainsi ces catégories dans leur moment immédiat et abstrait, c'està-dire en y faisant abstraction de leurs développements et de leur déterminabilité interne. Ce n'est donc que le fait arbitraire de l'entendement que cette fixation de la chose dans son en soi. Mais on a l'habitude d'appliquer cet en soi au contenu des choses de la nature, aussi bien qu'à celles de l'esprit. C'est ainsi qu'on parle de l'électricité ou de la plante en soi, comme de l'homme ou de l'état en soi. croyant marquer par cet en soi la nature vraie et spéciale de ces objets. Mais il en est de ces objets comme de la chose en soi en général ; c'est-à-dire que, lorsqu'on s'arrête à l'en soi des objets, on ne les saisit pas dans leur vérité, mais sous la forme exclusive d'une simple abstraction. L'homme en soi, par exemple, est l'enfant dont la tâche consiste à ne pas demeurer dans cet en soi abstrait et enveloppé, mais à faire que ce qu'il est d'abord seulement en soi — savoir un être libre et raisonnable — - le devienne aussi pour soi. De même l'État en soi est l'État non développé, patriarcal,

avoir supprimé dans la chose toute détermination, ou, ce qui revient au même, après l'avoir présupposée comme un objet indéterminé, il est évident qu'on ne pourra rien affirmer d'elle, et que tout ce qu'on pourra en dire appartiendra au sujet, et non à la chose même.

où les fonctions politiques qui sont contenues dans la notion de l'Etat n'ont pas encore atteint leur forme constitutive et rationnelle. On peut aussi considérer le germe dans le même sens comme la plante en soi. On voit par ces exemples combien on se trompe lorsqu'on croit que l'en soi des choses, ou la chose en soi, soit un objet inaccessible à notre connaissance. Toutes choses sont d'abord en soi. Mais ce n'est nullement à cet en soi qu'elles s'arrêtent. Et de même que le germe qui constitue l'en soi de la plante n'est le germe que pour se développer, de même la chose en général va au-delà de son simple en soi, en tant que réflexion sur elle-même, se réfléchit sur un autre qu'ellemême, et acquiert ainsi des propriétés.

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