‹ Logique de HâegelChapitre 103 sur 134 · CV · texte numérisé non relu

CV

Cette propriété qu'a le quantum d'être en lui-même hors de lui-même fait sa qualité ; c'est dans cette extériorité (1) qu'il est précisément ce qu'il est (2), et qu'il est en rapport avec lui-même : on y trouve réunis l'extériorité, c'est-àdire l'être quantitatif, et l'être- pour-soi, c'est-à-dire l'être qualitatif. — Le quantum ainsi posé en lui-même constitue le rapport quantitatif. C'est une déterminabilité qui est tout aussi bien un quantum immédiat, l'exposant, qu'une médiation, c'est-à-dire le rapport d'un quantum avec un autre : on y a les deux côtés du rapport qui en même temps n'ont pas une valeur suivant leur valeur immédiate, mais seulement dans ce rapport.

Zusatz. Le progrès infini quantitatif apparaît d'abord comme un mouvement où le nombre va sans cesse au delà de lui-même. Mais en l'examinant déplus près on voit que dans ce progrès la quantité revient sur elle-même, car ce qui y est contenu suivant la pensée c'est en général la détermination du nombre par le nombre; et c'est ce

(1) Dièses Aeusserlichseyn : c'est-à-dire l'extériorité telle qu'elle a lieu ici dans le quantum, et qui constitue précisément le rapport quantitatif.

(2) Le texte dit : es ist eben es selbst : le quantum est précisément luimême : c'est-à-dire il atteint à sa réalité, à sa nature véritable.

qui amène le rapport quantitatif. Lorsque, par exemple, nous disons, 2 : 4, nous avons deux grandeurs qui n'ont pas une valeur dans leur état immédiat comme tel, mais seulement dans leur rapport réciproque. Mais ce rapport (l'exposant du rapport) est lui-même une grandeur qui se distingue des deux grandeurs mises en rapport en ce que, avec son changement change le rapport lui-même, tandis que le rapport est indifférent au changement des deux côtés, aussi longtemps que l'exposant ne change pas. Ainsi à la place de 2 : h nous pouvons mettre 3:6, sans que le rapport change, car l'exposant 2 demeure le même dans les deux cas (1).

(1) Le degré est la quantité déterminée, un quantum. Ce n'est pas cependant un quantum qui a le multiple en lui-même, mais qui est bien plutôt une multiplicité, c'est-à-dire uue quantité où le multiple se trouve réuni dans une détermination simple. Lorsqu'on parle de 10, 20 degrés, on ne veut pas désigner par là une quantité qui est une somme ou un nombre particulier, mais le 10e et le 20e degré, ou uue quantité qui a atteint ce degré, et qui contient la détermination des nombres 10, 20, mais qui la contient comme un nombre qui a été supprimé, et qui lui est extérieur. De même que 20 comme grandeur continue contient les 20 uns comme grandeur discrète, de même un degré contient les uns comme une quantité continue qui forme cette multiplicité simple. C'est le 20e degré, qui n'est que le 20e degré ; mais qui n'est le 20e degré que par l'intermédiaire des 20 uns, qui cependant se distinguent de lui, et sont autre cbose que lui. Par conséquent, dans le degré se réalise cette détermination de la quantité où une grandeur n'est elle-même que parce qu'elle est autre chose qu'elle-même, et qu'elle n'est elle-même qu'en étant autre chose qu'elle-même. Ainsi une grandeur appelle une autre grandeur, un degré un autre degré, une limite une autre limite. D'où l'on voit que non-seulement une quantité peut changer, mais qu'elle doit nécessairement changer; qu'elle n'est pas une limite qui est, mais une limite qui devient. C'est ce devenir qui amène d'abord le progrès de la fausse infinité quantitative. Et, en effet, le progrès, la série infinie n'est que la répétition indéfinie de cette contradiction que renferme le quantum, qui, tout en ayant une limite, va au delà de la limite, et qui, partant, est indifférent à toute limite. Il est l'expression de cette contradiction, mais il n'en est pas la solution. L'entendement cherche cette solution dans l'infiniment

DOCTRINE DE l'ÊTRE. QUANTITÉ. 469

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