CXLII
(2) Il faut entendre ici par devoir (Sollen) ce qui doit être. En effet, l'entendement, en séparant l'idée des choses, enlève l'être, la réalité au monde. En ce sens, on ne peut pas dire que le monde est ce qu'il doit être.
à l'appui de laquelle il invoque volontiers l'état clés sociétés, comme si le monde n'était pas, et qu'il eût à attendre la réalisation de cette notion pour être ce qu'il doit être. Mais s'il était ce qu'il doit être, que deviendrait l'importance du devoir? Lorsque l'entendement se trouve en présence d'objets, d'événements et de circonstances extérieurs, vulgaires et transitoires, qui, d'ailleurs, peuvent avoir, eux aussi, pour un temps et dans une sphère bornés, une importance très-grande, bien que relative; il a raison de se plaindre de trouver dans ces objets des caractères qui ne sont point d'accord avec les déterminations générales et légitimes de la pejrsée (1). Qui est si peu avisé pour ne pas remarquer autour de soi un grand nombre de choses qui ne sont pas ce qu'elles devraient être ? Mais on a tort de transporter ces choses et leur devoir être dans le domaine de la philosophie. L'objet de celle-ci est l'idée, et l'idée n'est pas aussi impuissante, que son être ne consiste pas à être réellement, mais seulement à devoir être; et, partant, l'objet de la philosophie est une réalité où ces objets, ces événements, ces circonstances, etc., ne forment que le côté superficiel et extérieur des choses.