XXXIV
La deuxième partie contient la psychologie rationnelle ou pneumatologie\ qui traite de la nature métaphysique de l'âme, c'est-à-dire de l'esprit qu'on y considère comme une chose (l).
REMARQUE
L'on y examine la question de l'immortalité de l'âme dans la partie où l'on traite de la composition, du temps, du changement qualitatif, et de l'accroissement et du décaissement quantitatifs.
Znsatz. La psychologie rationnelle a été ainsi appelée par opposition à l'observation empirique des manifestations de l'ame. La psychologie rationnelle considère l'âme dans sa nature métaphysique, telle qu'elle est déterminée par la pensée abstraite. Ce qu'elle se propose, c'est de connaîlre la nature intime de l'âme, telle quelle est en soi, c'est-à-dire telle qu'elle est pour cette pensée. — Aujourd'hui c'est bien moins de l'âme que de l'esprit qu'il est question dans la philosophie. L'esprit se distingue de l'âme. Celle-ci est, pour ainsi dire, l'intermédiaire entre l'esprit et le corps, elle est le lien qui les unit. L'esprit est, en tant que âme, plongé dans la vie corporelle, et l'âme est le principe vivifiant du corps (2).
(!) Als Ding. Voyez ci -dessous Zusatz.
(2) Voyez, sur ce point, Philosophie de l'Esprit.
Cette métaphysique considère l'âme comme chose. Mais chose est une expression très-équivoque. Par chose nous entendons d'abord uneexistence immédiate, unêtrequenous nous représentons sensiblement. Et c'est en ce sens que l'on a parlé de l'âme. On a demandé d'après cela où l'âme a son siège. Mais, en se représentant l'âme comme ayant un siège, on se la représente dans l'espace et d'une façon sensible. C'est aussi parce qu'on se la représente comme une chose qu'on pose la question si elle est simple ou composée. Cette question a surtout une importance par son rapport avec l'immortalité de l'ârne, en ce qu'on considère la simplicité comme une condition de l'immortalité. Mais, dans le fait, la simplicité abstraite est une détermination qui répond à l'essence de l'âme tout aussi peu que la composition.
Pour ce qui est de la psychologie rationnelle dans son rapport avecla psychologie empirique, la première l'emporte sur la dernière en ce qu'elle se propose de connaître l'esprit par la pensée, et de démontrer aussi l'objet pensé (1), tandis que la psychologie empirique part de la perception, et n'énumère et ne décrit que ce que lui fournit cette dernière. Mais, si l'on veut penser l'esprit, il ne faut pas être si roide à l'égard de ses déterminations particulières. L'esprit est activité dans le sens où les scolastiques ont dit que Dieu est Yactuositè absolue (2). Mais si l'esprit est actif, il
(1) Das Gedachte. C'est-à- dire qu'elle ne se propose pas seulemeot de connaître l'esprit parla pensécen général, mais par la pensée démonstrative.
(2) Absolute Acluosi'tit. Acte ne rend pas exactement Aciuositiit, qui exprime mieux le mouvement, l'énergie de l'acte lui-même. Nous avons donc laissé l'expression du texte.
doit se manifester. Il ne faut donc pas le considérer comme un ens sans processus, à l'instar de l'ancienne métaphysique qui sépare son existence interne sans processus de son existence externe (1). C'est dans sa réalité concrète, dans son énergie qu'on doit le considérer, et cela de telle façon, qu'on y saisisse ses manifestations externes comme déterminées par sa vie interne.