‹ Logique de HâegelChapitre 58 sur 134 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

D'un côté, c'est par les catégories que la simple aperception atteint a l'objectivité, à l'expérience, mais, d'un autre côté, ces notions en tant que simples unités de la conscience subjective sont conditionnées par une matière donnée, et en elles-mêmes elles sont des notions vides, et elles n'ont leur application et leur usage que dans l'expérience, dont l'autre élément, les déterminations de la sensibilité et de l'intuition, est lui aussi un élément subjectif.

Zusalz. Enseigner que les catégories sont en ellesmêmes des éléments vides, c'est enseigner une doctrine qui n'est pas fondée en raison en ce que de toute façon, par là qu'elles sont déterminées, les catégories ont leur contenu. Ce contenu ne tombe pas, il est vrai, sous la perception sensible, ce n'est pas un contenu qui soit dans l'espace et dans le temps. Seulement ce n'est pas là un manque, mais bien plutôt une perfection. C'est ce que reconnaît la conscience ordinaire elle-même, lorsque, par exemple, elle dit d'un livre ou d'un discours que son contenu est d'autant plus riche qu'il renferme plus de pensées, de résultats généraux, etc.; et que, par contre, elle n'accorde pas de valeur à un livre, disons à un roman, où l'on a entassé

en un côté objectif, et qu'après l'avoir ainsi scindée, elle arrive à la conclusion que l'objectif, la vérité objective n'est pas. Ainsi toutes ses recherches tournent sur le subjectif, l'objectif et l'être des choses. Mais le simple être, la simple existence des choses, c'est ce qu'il y a en elles de plus abstrait et de plus vide, et l'on n'est pas bien avancé, lorsqu'on dit d'une chose qu'elle est, ou qu'elle n'est pas. Le temps lui-même, qui est un des moments les plus abstraits de la nature, l'emporte sur l'être. Et quant à la distinction du subjectif et de l'objectif, elle n'a pas d'importance, car le contenu est tout aussi bien l'un que l'autre, ce qui revient à dire que le subjectif et l'objectif ne sont que deux moments subordonnés de l'unité véritable et absolue.

des situations, des événements individuels et d'autres traits semblables. Parla la conscience ordinaire reconnaît, elle aussi, que la nature du contenu exige quelque chose de plus que la matière sensible. Ce plus ce sont les pensées, et ici d'abord les catégories. — A ce sujet il faut aussi remarquer que la doctrine suivant laquelle les catégories seraient des notions vides a ceci devrai, savoir, qu'il ne faut pas s'arrêter à elles et à leur totalité, — l'idée logique, — mais, pour ainsi dire, aller en avant, et s'élever aux sphères réelles de la nature et de l'esprit. Il ne faudrait pas, cependant, se représenter cet aller en avant comme si par là l'idée logique recevait un contenu étranger et qui lui vient du dehors, mais comme un mouvement engendré par l'activité propre de l'idée logique qui se développe et se détermine ultérieurement comme nature et comme esprit.

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