‹ Logique de HâegelChapitre 59 sur 134 · XLIV · texte numérisé non relu

XLIV

Il suit de là que (1) les catégories ne sauraient être des déterminations de l'absolu, car l'absolu ne tombe pas sous l'aperception. Et, quant à l'entendement ou à la connaissance par les catégories, elle est impuissante à saisir les choses en soi.

REMARQUE

Pur h chose en soi (et sous cette dénomination on comprend aussi l'esprit, Dieu, etc.), on entend l'objet où l'on fait abstraction de tout ce qu'il est pour la conscience, de toutes les déterminations du sentiment, ainsi que de toutes les pensées déterminées qui s'y rapportent. Il est aisé de voir ce qu'il

(1) Suivant Kant.

en reste. Ce qu'il en reste, c'est une pure abstraction, l'être absolument vide, et toujours déterminé comme un être qu'on ne peut atteindre, comme une négation de la représentation, du sentiment, de la pensée déterminée, etc. Et il est aussi aisé de voir que ce caput mortuum est luimême le produit de la pensée, et précisément de la pensée qui recule (1) jusqu'à l'abstraction pure, du moi vide qui se donne pour objet cette identité vide de lui-même. La détermination négative, que reçoit celte identité abstraite en tant qu'objet, se trouve aussi rangée parmi les catégories kantiennes, et elle est quelque chose d'aussi connu que cette identité vide (2). — On doit d'après cela s'étonner d'entendre si souvent répéter qu'on ne sait ce qu'est la chose en soi; car il n'y a rien de plus facile à connaître qu'une telle chose.

Page 1