‹ Logique de HâegelChapitre 82 sur 134 · LXXIV · texte numérisé non relu

LXXIV

Il faut marquer encore en peu de traits la nature générale de cette forme de connaissance immédiate. Il faut dire d'abord que c'est cette forme même qui, étant une forme exclusive, rend son contenu exclusif, et partant fini. De Yuniversel elle en fait un élément exclusif, une abstraction, de telle sorte que Dieu y est réduit à l'essence indéterminée. Mais Dieu n'est esprit qu'en tant qu'il se médiatise luimême en lui-même. C'est seulement ainsi qu'il est un être

concret et vivant, qu'il est esprit. Par conséquent, la connaissance de Dieu, en tant qu'esprit, contient une médiation. Du particulier elle en fait un élément qui est simplement, qui n'est en rapport qu'avec lui-même. Mais le particulier consiste précisément à être en rapport avec un autre que lui-même. Ainsi par cette forme le fini se trouve posé comme un élément absolu. Par là que cette forme, en tant que forme absolument abstraite, est indifférente à l'égard de tout contenu, et que, précisément pour cette raison, elle peut les tous recevoir, les déterminations les plus opposées, le bien comme le mal, tout lui sera également bon. C'est seulement en considérant qu'il n'est pas indépendant, et qu'il est médiatisé par une autre détermination, que le particulier se trouve placé dans sa sphère véritable, dans la sphère de la finité. Et en le considérant ainsi, par là que le contenu entraîne avec lui une médiation, on a une connaissance qui. elle aussi, contient une médiation. Quant au vrai, le contenu ne saurait être connu qu'autant qu'il ne se trouve pas médiatisé avec un terme autre que lui, et qu'il n'est pas un contenu fini, mais qu'il se médiatise lui-même, et qu'il est ainsi l'unité de la médiation et de l'immédiatité (1). — Ainsi cette doctrine qui se flatte de s'être affranchie de la connaissance (inie, de l'identité de l'entendement de l'ancienne métaphysique, et de la théorie de l'explication, ne fait que poser elle-même en principe et en critérium du vrai cette même immédiatité, c'est-à-dire

(1) Carie vrai, soit le vrai en général, soit, et plus encore, la vérité absolue, est l'unité du moment immédiat et du moment médiat. Par conséquent, la médiation n'est en lui qu'une médiation avec lui-même, ou, ce qui revient au même, la médiation n'est en lui qu'un moment subordonné.

le rapport abstrait avec soi, l'identité abstraite. Pensée abstraite (forme de la métaphysique de la réflexion) et intuition abstraite (forme de la science immédiate) sont une seule et même chose.

Ziisatz. Lorqu'on maintient la forme immédiate dans un état d'opposition avec la forme médiate, on n'a qu'une forme exclusive, et cette exclusivité se communique à tout contenu qui se trouvera ramené à cette forme. L'immédiatité est en général un rapport abstrait avec soi, et partant une identité abstraite, l'universel abstrait. Par conséquent, lorsqu'on se représente l'universel en et pour soi sous la forme immédiate, on n'a que l'universel abstrait, et considéré de cette façon, Dieu n'est que l'essence tout à fait indéterminée. Que si l'on parle dans cette doctrine de Dieu comme esprit, ce n'est là au fond qu'un mot vide, car l'esprit, en tant que conscience, et conscience de soi, implique de toute façon une différenciation, une différenciation d'avec soi-même, et d'avec un autre que soimême, et partant une médiation.

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