‹ Logique de HâegelChapitre 98 sur 134 · XCVI · texte numérisé non relu

XCVI

a.) Uétre-pour-soien tant qu'il constitue un rapport avec lui-même est un être immédiat (1), et entant qu'il constitue un rapport négatif avec lui-même il est Y être -pourvoi déterminé, l'un (2), l'être en lui-même sans différence, et qui par suite éloigne de lui son contraire (3).

Zusatz. L'être-pour-soi est la qualité achevée, et contient comme tel Y être et Y existence comme ses moments idéaux. En tant que être, l'être-pour-soi est le rapport simple avec soi-même, et en tant qu'existence, est l'être déterminé. Cette déterminabilité n'est plus la déterminabilité finie du quelque chose dans sa différence d'avec Yautre, mais la déterminabilité infinie qui renferme en elle la différence comme supprimée.

L'exemple le plus proche de l'être-pour-soi nous l'avons dans le moi. Nous nous savons, en tant que nous existons, à la fois comme différents d'autres êtres existants, et comme

(1) Ist Unmittelbarkeit : est immédiatité. C'est le moment immédiat de l'ètre-pour-soi.

(2) Furskhseyendes, Eins. Littéralement : Vétanl-pour-soi, l'un, l'un qu'il faut distinguer de l'unité (Ein/ieif) qui, comme on le verra plus loin, est la réunion de plusieurs uns.

(3) Das in sich selbst Unterschiedslose damit das Anderes aus sich Ausschliessende. — Ainsi l'ètre-pour-soi est d'abord l'être-pour-soi, et il n'est que l'être-pour-soi. C'est là sa première affirmation, son moment immédiat, son immédiatité. Mais dans ce moment immédiat il contient aussi un rapport négatif avec lui-même, il est, comme dit le texte, en tant que rapport du négatif avec soi-même, car c'est ainsi qu'il n'est pas Vétre-pour un-autre {seyn- fur- Anderes), mais qu'il est pour soi. Il est, par conséquent, l'être pour soi qui est, l'être pour soi déterminé, l'un. Comme tel il est d'abord l'être-pour-soi sans différence, et qui exclut, repousse Vautre, sou contraire.

en rapport avec eux. Mais nous savons en outre que cette circonscription de l'existence va se concentrer dans la forme simple de l'être-pour-soi. Lorsque nous disons : moi, nous exprimons un rapport infini et en même temps négatif avec nous-mêmes. On peut dire que si l'homme se distingue de l'animal, et par là de la nature en général, c'est qu'il se sait comme moi, ce qui veut aussi dire que les choses de la nature n'atteignent pas à l'être-pour-soi, mais que renfermées dans l'existence elles sont seulement pour autre chose (1). — Maintenant, il faut aussi concevoir l'être pour-soi en général comme idéalité, tandis que l'existence a été désignée précédemment par le nom de réalité. En général on considère l'idéalité et la réalité comme deux déterminations placées avec une égale indépendance l'une en face de l'autre, et l'on dit d'après cette manière de les concevoir qu'en dehors de la réalité (2) il y a aussi une idéalité. Cependant l'idéalité n'est pas quelque chose qui existe hors et à côté de la réalité, mais la notion de l'idéalité consiste expressément en ceci, qu'elle est la vérité de la réalité, ce qui veut dire que la réalité se produit elle-même comme idéalité en posant ce qu'elle est en soi (3). On ne doit pas, par conséquent, s'imaginer qu'on a rendu à l'idéalité ce qui lui appartient lorsqu'on accorde simplement que la réalité n'est pas le tout, et qu'il faut aussi reconnaître qu'il y a hors de la réalité une idéalité aussi. Une telle idéalité qui serait à coté, ou qui se tiendrait même eonstam-

(1) Fur Anderes : et qu'elles ne sont pas pour elles-mêmes.

(2) Ausser der Realitiit : en dehors de la réalité, ou outre la réalité.

(3) C'est-à-dire en posant sa finité, et en s'absorbant aiosi elle-même dans l'idéalité.

DOCTRINE DE l'ÈTUE. — QUALITÉ. Û33

ment au-dessus de la réalité ne serait dans le fait qu'un mot vide. L'idéalité n'a un contenu qu'en étant le contenu de quelque chose. Et ce quelque chose n'est pas un ceci ou un cela indéterminé, mais l'existence déterminée comme réalité, existence qui, considérée en elle-même et fixée dans ses limites, n'a point de vérité. On a eu raison en un certain sens de se représenter la différence de la nature et de l'esprit de cette façon que la détermination fondamentale de la première serait la réalité, tandis que l'idéalité constituerait la détermination fondamentale du second. Seulement la nature n'est pas une sphère fixe, achevée, qui existe pour soi, et qui pourrait être sans l'esprit, mais c'est au contraire dans l'esprit qu'elle atteint son but et sa vérité ; et, à son tour, et précisément pour cette raison, l'esprit n'est point une sphère abstraite placée au delà de la nature, mais il n'est esprit véritable, et ne s'affirme comme tel qu'autant qu'il contient et absorbe en lui la nature. Nous devons rappeler à ce sujet la double signification de notre mot allemand aufkeben.Ce mot veut dire d'abord supprimer, nier, et c'est en ce sens que nous disons qu'une loi, une disposition, a été supprimée. Mais nous l'entendons aussi dans le sens de aufbewahren, conserver, et, c'est ainsi que nous disons d'une chose qu'elle a été bien conservée. On ne doit pas considérer cet usage que fait le langage du même mot dans ce double sens, positif et négatif, comme un fait accidentel, et l'on ne doit pas non plus lui en faire un reproche comme si cela pouvait donner lieu à une confusion, mais il faut au contraire y reconnaître l'esprit spéculatif de notre langue qui s'élève au-dessus des divisions et des abstractions de l'entendement.

VÉRA. — ■ Logique de Hegel. i. — 28

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