S XL
La philosophie peut aussi avoir pour fondement un autre besoin de l'esprit qui, en tant qu'esprit
(4) La philosophie étant une science absolue, ne peut être justifiée par aucune autre science* Elle doit, par conséquent , se justifier elle-même. S'il en est ainsi, cette justification ne saurait se troa/er en dehors des recherches philosophiques, ni au commencement, ni à la fin, ni dans une partie de ces recher^ ches, Mais la philosophie, la connaissance et leur justification se font, se développent et se complètent en môme temps. C'est là le sens de ce paragraphOi
INTRODUCTION DE HEGE2.. 223
doué de sensibilité, d'imagination, de volonté, n'a pour objet que des êtres sensibles, des représentations et des fins diverses, et qui, en opposition avec ces formes de son existence et de ces objets, éprouve le besoin de satisfaire à ce qu'il y a de plus intime en lui, c'est-à-dire, à sa pensée, et de Télever à ce degré où il n'a qu'elle pour objet. C'est ainsi que l'esprit se saisit lui-même dans le sens le plus profond du mot, parce que son principe, le fond pur et identique de son être, c'est la pensée. C'est clans ce travail, dans ces évolutions, que la pensée tombe dans la contradiction, et s'égare, pour ainsi dire, dans l'opposition du sujet et de l'objet, ce qui fait qu'au lieu de se saisir dans son principe, elle demeure comme engagée dans son contraire. Mais ce n'est là qu'un résultat de l'entendement, en face duquel s'élève un plus haut besoin de la pensée, besoin fondé sur ce que la pensée ne s'abandonne pas elle-même, si l'on peut ainsi parler, et que même dans cet état de déchéance dont elle a conscience, elle demeure fidèle à ellemêmq, jusqu'à ce qu'elle parvienne à trouver en ellemême la solution de ces oppositions.
REBIAEQUE.
Que la dialectique soit une loi constitutive de la pensée , et que, comme entendement, la pensée se nie et se contredise elle-même, c'est là un des points essentiels de la logique. La pensée logique, désesp^
ranl de pouvoir tirer d'elle-même la conciliation des oppositions où elle s'est placée, s'adresse à l'esprit, à qui il appartient de fournir la solution de ces oppositions sous une autre forme (1).
Dans ce mouvement de la pensée, qui n'est au fond qu'un retour de la pensée sur elle-m^e, il semble que celle-ci ne devrait pas toinber dans cette sorte de misologie dont Platon eut un exemple devant lui(2), et prendre une attitudehostile vis-à-vis d'ellemême, ainsi que cela a lieu dans cette prétendue connaissance immédiate qu'on présente comme la seule forme légitime sous laquelle la vérité existe dans la conscience (3) .