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L'expression, pensées objectives, indique que le but de la philosophie n'est pas renfermé dans la connaissance d'un objet absolu. Mais elle montre en même temps qu1l y a une opposition entre la pensée
(1) Vngeisiigem. Cest-à-dire qu'on ne voit dans la pensée, et les pensées que des éléments, des réalités subjectives, et qa'ainsi on s'habitue à ne reconnaître une réalité objective qu^aux choses placées hors de Tesprit.
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et l'objet^ et c'est là le problème qui occupe la philosophie de notre temps et qui en fait l'intérêt et Timportance. Si l'opposition des déterminations de la pensée est insoluble^ c'est-à-dire si ces déterminations sont finies, elles sont inadéquates à la vérité absolue, et la vérité demeure étrangère à la pensée.
La pensée qui ne produit que des déterminations finies et qui n'en peut sortir, est l'entendement dans le sens strict du mot. La finité des déterminations de la pensée doit être entendue de deux manières. Ces déterminations sont finies lorsqu'elles n'ont qu'une valeur subjective et qu'elles ont leur contraire dans l'objet ; elles le sont aussi lorsque leur contenu se trouve limité par suite de leur opposition réciproque, et plus ancore avec l'absolu.
Nous allons examiner les différentes manières dont on a envisagé le rapport de la pensée avec son objet. Cet examen nous conduira .au point de vue de la logique et en facilitera la connaissance.
Dans ma Phénoménologie de l^ Esprit, qui forme la première partie du système de la connaissance, j'ai pris l'Esprit à sa plus simple apparition ; je suis parti de la conscience immédiate afin de développer son mouvement dialectique jusqu'au point où commence la connaissance philosophique, dont la nécessité se trouve démontrée par ce mouvement même. MatîsTon ne pouvait se borner, dans cette recherche, à étudier le développement formel de la conscience , car le point de vue de la connaissance philosophique ren-
T. I, il
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ferme la matière la plus riche et la plus concrète, et, par conséquent, cette recherche présupposait comme résultat l'apparition des formes concrètes de la conscience, delà morale, de Tart et de la religion. Voilà pourquoi ce qui fait le contenu et l'objet pro{»*e dé la connaissance philosophique se trouve comme par anticipation dans ce développement purement formel de la conscience. Et ce développement devait s'accomplir, pour ainsi dire, à Tinsu de la consdence elle-même, parce que ce contenu ne forme que son élément immédiat et virtuel (1).
(4) Dans sa Phénoménologie de V Esprit ^ qu'il a appelée son voyage de découverte, Hegel passe en revue tous les éléments et tous les états de la conscieuce, et il en suit les développements formels depuis Tétat le plus simple, ou la conscience immédiate, comme il l'appelle, état où Ton se borne à affirmer l'existence sensible et extérieure des choses, à travers des états plus complexes et plus réfléchis, jusqu*au moment où se produit la con* naissance philosophique. Mais comme il n'y a que la connaissance vraiment philosophique—et par connaissance philosophique Hegel entend la connaissance spéculative— qui peut déterminer la nature et le sens intime des choses, toutes les recherches faites en dehors de cette connaissance, et par conséquentla PAénoméno* logie de l'Esprit , ne peuvent dépasser les limites de la forme de la conscience et de ses développements* Seulement, comme dans le cours de ces recherches, on voit apparaître parmi les élé* ments de la conscience, la religion, Part, etc., qui constitoent d*une manière spéciale l'objet et la matière de la connaissance philosophique, Ton est obligé d'en parler, et d'anticiper ainsi sur cette connaissance. C'est là aussi ce qui explique pourquoi, dans l'ensemble du système, la Phénoménologie n'est plu» qu'un moment de l'idée, ou uo degré de l'existence de l^e^rlt»
INTRODUCTiON DE HS6ËL. 259
Cet examen préalable y auquel nous allers nous livrer, a Finconvénient de n'être qu'une exposition historique et critique. Mais il a aussi l'avantage de contribuer à ramener aux déterminations simples de la pensé les diverses opinions sur la nature de la connaissance, de la croyance, etc., et qu'on considère cotnme exactes et complètes. B n'appartient cependant qu'à la logique d'assigner à ces déterminations leur place et leur signification véritable (1)«
FRESffER RAPPORT M LA PENSÉE AVEC SON OBIET (2).