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Le besoin dfe trcHiver une réalité concrète vis-à-vis des théories abstraites de l'entendement , qui ne sait passer de ses généralités indéterminées à la détermination et au particulier, de substituer cette réalité à de pures possibilités, et de démontrer toutes choses, sans sortir du domaine du fini et de la méthode qui lui est applicable, a produit l'empirisme, qui, au lieu
(1) En effet, ce ne sont ni des attributs finis ni des attributs infinis. Ce ne sont, par conséquent, que des Représentations vagues et indéterminées— que des mots. Sur la vraie et la fausse infinité, ou Finfini de la raison spéculative et Tinfini de renten"" demept, voy, l409ifme.
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de chercher le ^rai dans la pensée, le demande à Fexpérience, aux phénomènes externes ou internes.
S XXXVIIL
L'empirisme a d'abord ce point de commun avec la jnctaphysique, à savoir, qu'il fonde comme elle sa foi en ses définitions, en ses hypothèses et en la réalité de leur contenu, sur des représentations, c'està-dire, sur un <y>ntenu qui a pour fondement Texpérience. 11 faut distinguer la simple aperception de l'expérience ; car l'empirisme donne au contenu de Faperccption, du sentiment et de l'intuition, une forme générale, la forme des principes, des lois, etc. Seulement il ne reconnaît ^ ces déterminations générales, à la détermination de la force, par exemple, d'autre signification, ni d'autre réalité que celles qui leur viennent des aperceptions externes, et il prétend que toute leur valeur repose sur leur accord avec les phénomènes. Au point de vue subjectif, le principe que la conscience trouve dans l' aperception du phénomène son objet propre et immédiat et sa certitude, donne à la connaissance empirique un appui solide.
HEM ARQUE.
Un principe important est au fond de l'empirisme, à savoir, qull n'y a de vrai que le réel et ce qui tombe sous l'aperception. Ce principe est opposé au principe
LNTRODUCTION DE HEGEL. 273
du devoir dont la réflexion s'enorgueillit, et du haut duquel elle regarde avec dédain la réalité , et ce qui est, bien que ce principe, qui exprime une réalité indéfinie et qu'on ne peut atteindre (1), n'ait son existence et son siège que dans Tentendement subjectif.
De même que Tempirisme, la philosophie spéculative ne reconnaît que ce qui est (2). Elle ne reconnaît pas, par conséquent, ce qui doit être et qui n'est pas.
En le considérant au point de vue subjectif, on trouve aussi , dans l'empirisme l'important principe de la liberté, qui consiste en ce que Thomme peut apercevoir par lui-même celles de ses connaissances qui ont une valeur réelle, et qu'il se retrouve luimême, pour ainsi dire, dans ces connaissances (3).
Mais l'empirisme, qui est conséquent avec lui-même, en renfermant le contenu de la connaissance dans les limites du fini, est nécessairement conduit à nier Tiniini en général, ou du moins sa connaissance et. ses
{\) Mit ein^n Jetiseits.Le Jetisdts et le Diessdts^ Yau delà et Yen deçà sont deux expression^ du vocabulaire hégélien qui désignent en général une abstraction vide ou une indétermination» laquelle pouvant se produire à Tun des deux côtés , ou déterminations de ridée, place Tidée tantôt au delà, et tantôt en deçà de son point véritable.
(2)Voy. Svu.
(3) Cest-à-dire que chacun peut faire l'expérience des connaissances qui se produisent dans sa conscience , les produire à volonté pour s*y reconnaître soi-même, et pour y re* connaître sa nature et son activité, ce qui constitue sa liberté. Voy., sur la signification de ce mot, p. 232.
â?4 INTRODUCTION DE HEGEL.
déterminations , et à réduire toute pensée à une ab-^ Btraction vide^ à une généralité et à une identité purement formelle. L'erreur fondamentale où tombe tout empirisme scientifique, c'est qu'il emploie les catégories métaphysiques de la matière, de la force^ de l'unité, de la pluralité, de l'universel, de Tinflni, etc. Il lie entre elles ces catégories, y supposé et y applique Jes formes du syllogisme, et tout cela sans savoir qu'il admet ainsi lui-même une connaissance métaphysique ; ce qui fait qu'il emploie et unit ces catégories sans discernement et sans avoir la coniscience de ces opérations.