S XLVI
L'on éprouve cependant le désir de connaître cette identité ou cette chose en soi. Connaître, c'est posséder la science du contenu déterminé d'un objet. Mais un contenu déterminé a de nombreux rapports avec lui-même et avec d'autres objets. Pour déterminer
(0 Voy. J xLn.
(2) Conf . rem. du paragraphe précédent. — En effet , Vincùndé'^ tionnel ou la chose-en-soi de Kant, c'est l'indéterminé, et comme une répétition de cette identité abstraite et vide du moi qu'il donne comme mhstrat aux catégories. C'est 'parce qu'il s*est représenté l'inconditionnel comme indéterminé et purement identique que Kant est arrivé à cette conclusion qu'il échappe à la pensée et qu'il est un objet transcendant, c'est-à-dire un objet absolument séparé du monde, et n'ayant avec le monde aucun rapport de nature et d'essence.
l'absolu ou le nournène, la raison n'a d'autre moyen que les catégories. Mais, lorsqu'elle les applique à cet objet, elle se dépasse elle-même, die devient transcendante.
REMARQUE
Ici l'on arrive à la seconde partie de la critique de la raison, et cette seconde partie est bien plus importante que la première. La première, comme nous l'avons précédemment montré, établit que les catégories ont leur source dans l'unité de la conscience de soi; que, par conséquent, la connaissance par les catégories n'a aucune signification objective, et que la valeur objective qu'on leur attribue n'est qu'un certain état du sujet (§ xl, xli). Sous ce rapport, la csitique de la raison pure n'est qu'un idéalisme timide et subjectif, qui n'atteint pas le contenu de la connaissance, qui ne s'occupe que des formes abstraites de la pensée subjectives ou objectives, mais qui, au fond, ne sort pas du sujet, et réduit toute connaissance à une connaissance subjective. Cependant, dans la recherche relative à l'application que la raison fait des catégories à la connaissance de leur objet, on est amené à parler, bien qu'imparfaitement, de leur contenu, ou du moins il y a là une occasion qui peut conduire à en parler, n est intéressant de voir comment Kant juge l'application des catégories à la connaissance de Tinconditionnel,* c'est-à-dire à la métaphysique. Nous allons
UVTRODUGTION D£ HEGEL. 38St
exposer et apprécier ici son procédé en peu de mots.