‹ Logique de Hegel (volume 2)Chapitre 52 sur 72 · S XLVII · texte numérisé non relu

S XLVII

a) Le premier principe inconditionnel que Ton examine est Tâme (§ xxxiv). Je me reconnais constamment dans ma conscience o) comme sujet déterminant , b) comme principe individuel et simple, c) comme principe qui demeure un et identique sous la multi-plicité des phénomènes dont j'ai conscience, d) comme principe pensant qui me distingue des choses qui sont hors de moi.

REMARQUE

L'on pourrait dire que le procédé de Vancienne métaphysique consistait à mettre à la place de ces déterminations empiriques, des déterminations rationnelles (1) et dès catégories d'où naissent ces quatre propositions : a) Vâmeest une substance; h) die est une substance simple; c) elle est^ dans les différents mo-merUs de son existence, numériquement identique; d) elle ne soutient pas des rapports d'espace.

{{) Denkbestimmiungen, déterminations de la pensée. CesdétermK nations ont un caractère plus rationDel que celles de Kant, en ce sens que les quatre propositions qui sont basées sur elles offrent un certain enchainement, et sont le résultat d'une déduction, tandis que celles de Kant sont le produit d*un procédé purement empirique.

286 iNTaoDucnoN db raoBL.

Kant fait remarquer qu'ici l'on confond deux déterminations distinctes, à savoir, des déterminations empiriques avec les catégories (Paralogisme) ^ et qu'on n'est pas fondé à conclure l'une de l'autre, et à mettre Tune à la place de Tautre (1).

L'on voit que cette critique n'est autre chose que cette remarque de Hume, signalée plus haut (S xxxii), que les déterminations rationnelles, l'universel et le nécessaire, ne se rencontrent pas dans la perception sensible, et que l'expérience en diffère psu* son contenu ainsi que par sa forme.

Pour que la pensée pût trouver sa justification d^s l'expérience, il faudrait pouvoir montrer qu'elle coïncide parfaitement avec la perception sensible.

Dans sa critique de la Psychologie raliomuUe, pour prouver qu'on ne peut affirmer ni la substantialité ni la simplicité et l'identité du moi , ni riiKl^[ien« dance que c^uirci conserve dans ses rapports avec le monde matériel, Kant s'appuie sur ce* que les déterminations de l'âme, que Texpérienoe interne nous révèle dans la conscience, ne sont pas exactement les mêmes que celles qu'y produit la pensée» Et cependant Kant lui-même a prétendu précédemment qu'il n'y a de connaissance expérimentale qu'autant que la perception sensible est pensée, en d'autres termes.

{%) Ainsi) par exemple^ de ce que Ton pense i*anité dé Tàme, Ton n*6st pas fondé à affirmer son unité réelle, puisque cette unité n*est pas attestée par Texpériencei

INTRODUCTION DE HEGEL. â87

qu'autant que les détenninations de la perception sont transformées en déterminations intellectuelles.

De toute manière^ il feut regarder comme une heureuse conséquence de la critique kantienne que les recherches philosopliiques sur l'esprit et sur l'âme aient été débarrassées des catégories et des questions touchant sa simplicité ou sa composition, ou sa maté* rialité, etc. (1).

Pour l'entendement vulgaire lui-même, ce qui ftdt l'insuffisance de ces formes, ce n'est pas qif elles soient de simples pensées, mais plutôt des pensées qui ne contiennent pas la vérité absolue (2).

(1) On prétend fonder certaines vérités, telles que riminor* talité de i*â^e, l'identité du moi, sur la simplicité de l'âme. Mais , au fond , Tàme n'est ni pins ni moins simple, ni plus ni moins composée que le corps ; car le corps n'est pas plus que rame un agrégat d'éléments fortuits, mais un être un et simple «omme Tàme, un être qui, comme l'âme, possède des laeuHés différentes, et qui, comme l'âme, passe par des développements divers et successifs. Il y a donc parité, à cet égard, entre l'âme et le corps; de sorte que si l'on dit que l'âme est simple, le corps le sera aussi, ou si l'on dit que le corps est composé, l'âme le sera égalemeni et au même titre : leur diff^r^ce, il faut, par conséquent, la chercher ailleurs.— Kant ayant démontré l'insuffisance des preuves fondées sur la simplicité de l'âme, a par là débarrassé la science de ces catégories. C'est là le sens de ce passatge. Conf. Introd. à là PML de Hegel, ch. V, § ii, et ch. VI, § m, et Grcmde Encyclopédie, Corollaire, p. 401.

(2) L'entendement vulgaire ne refuse pas une efficacité et une réalité à ces formes de la pensée. Seulement il croit qu'elles ne contiennent pas toute la réalité. Comme , suivant Hegel, le général et le particulier^ ainsi que la hogique et la NiUure^, sont insé*

288 LMRODUCTION D£ U£G£L.

S'il n'y a pas une parfaite correspondance entre la pensée et le phénomène, l'on pourra choisir entre l'une ou l'autre, et voir où est l'insuffisance et le défaut. Dans Tidéalisme de Kant, le défaut est dans la raison et la pensée, parce que celles-ci ne sont pas adéquates à la perception sensible et aux données de la conscience qui se renferme dans cette sphère, et qu'on ne retrouve pas la pensée dans le phénomène. Quant au contenu de la pensée en elle-même, il n'en est jlbint question.

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