‹ Logique de Hegel (volume 2)Chapitre 57 sur 72 · S LV · texte numérisé non relu

S LV

• c) Dans la critique du jugement réfléchissant, Voû

suppose l'existence d'un entendement intuitif, c'està-dire, d'un entendement où le particulier qui n'a qu'une existence contingente à l'égard du général, (l'identité abstraite) (1) et qui ne peut en être déduit, est cependant déterminé par le général, ce qui a lieu dans les produits de Tartet delà nature organique (2).

n n'est pas le bi^, ce bien concret et réel, cpii doit se manifester et se réaliser à travers les oj^ositions de la Nature et de TEsprit.

(\ ) Cest une identité abstraite en ce sens qa'ellene contient pas la^Uflérence.Yoy. Légume, IV part» et mon Introd., eh. XI, p. 93.

(3) Suivant Kant,les lois de la raison théorètique n*ont qu'une valeur formule et subjective ; et les lois de la raison pratiquée ont, au contraire, une application et un sens objectifs. Mais la r^son spéculative et la raison pratique, qui sont d'abord séparées, se trouvent réunies dans le jugement réfléchissant^ qui consiste à rattacher des événement^ et des produits contingents et particuliers à un principe général. Le principe suprême du jugententt réfiéiikissant est le principe de finaUté^ D'après ce principe^ l'on suppose l'existence objective d'un entendement qui agit

308 ifrmODucnoN db hegel.

REMARQUE

La critique du jugement a cela de remarquable, que Kant s'y est élevé jusqu'à Vidée. Un entendement intuitif, une finalité intérieure, etc. y ne sont autre chose que l'universel dans sa forme concrète. C'est seulement ici que la philosophie kantienne prend un caractère vraiment spéculatif. Plusieurs, et nommément Schiller, ont cherché dans l'idée de Tart le moyen de sortir des abstractions de l'entendement, et l'unité de la pensée et de la représentation sensible (i). D'autres ont cherché cette unité dans l'intuition et la cobsdence de la vie, de la vie naturelle et de la vie intellectuelle. Mais les produits de l'art, ainsi (pie l'jndi-

avec conscience, qui dispose et fa^nne intérienrement les êtres en vue d'nne fin. Cette finalité se manifeste principalement dans la natore chez les êtres vivants et organiques, et dans Tesprit chez les produits de l'art. Car dans Fart on part de la réaUté objective de Tidée, et de rappropriation de l'œuvre d'art à sa manifestation. Ainsi, Tidée de finalité n*est plus ici une simple forme de la pensée, mais eUe a une valeur objective et pratique. Cependant, Kant finit par retomber dans son premi^ point de "vue, et par nier qu'il y ait une finalité réelle dans le monde. Yoy. plus bas, $$ lth et lx, sut )sl finalité et Vidée ^ Si GCiv et suiv., et sur la réfUsnen en général. Logique^ n* part.

(1) Conf. les écrits de SchiOer sur l'esthétique. Cest un point de vue analogue à celui de Schellmg. Yoy. mon bitroéL à te PhUatOfMe de Hegel, ch. I**.

vidualité vivante^ sont limités quant à \mt contenu (1).

Chez Kant, au contraire, le postulat de Tharmonie de la nature, ou de la nécessité et de la fin de la liberté, et ce principe que la fin du monde se trouve réalisée dans les choses, présentent l'idée comme embrassant la totalité du contenu. Mais la pensée timide de Kant recule devant cette haute idée de finalité et de sa réalisation objective, et maintient la séparation de la notion et de la réalité. Cependant les êtres vivants et organiques, ainsi que les produits de Tart, prouvent, même dans le champ de Texpérience, la réalité de l'idéal. Les réflexions de Kant, à ce sujet, sont propres à élever Tesprit à la vraie connaissance de ridée.

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Ici Kant établit entre le général qui est l'objet de Tentendement , et le particulier qui est Tobjet de rintuition, un tout autre rapport que dan§ sa doctrine de la raison théorètique et de la raison pratique. Mais il n'y pose pas en principe que le vrai réside dans ce rapport et dans cette unité , lesquels sont plutôt donnés par lui tels qu'ils se produisent dans Texpérience et les manifestations finies. Cette expérience

(1 ) Car ils ne contiennent qu'imparfaitement Tidée. Voy. luirod. à la Philosophie de Hegel, ch. YI^ $ iv.

310 INTRODUCTION M HBGBL.

^t^ d'une part^ dans le sujet, le signe de génie^ le* quel consiste dans la faculté de produire des idées esthétiques, c'est-à-dire des libres représentations de l'imagination dont Tobjet est la manifestation d'une idée, et qui provoquent la réflexion, bien qoe leur contenu ne soit pas ramené à une notion, et qu'il ne puisse y être ramené ; elle est, d'autre part, le signe du goût qui consiste dans le sentiment de Taccord de la libre représentation ou intuition extérieure de ridée et des lois de Tentendement.

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