‹ Logique de Hegel (volume 2)Chapitre 61 sur 72 · S LXV · texte numérisé non relu

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Cependant cette doctrine ne se borne pas à établir que la connaissance médiate, considérée en ellemême, ne contient pas le vrai. Le point qu'elle s'attache particulièrement à démontrer, c'est qu'il n'y a que la connaissance immédiate qui peut le contenir. Mais en excluant la connaissance médiate, elle ne fait que retomber dans la imétaphysique de l'entendement, et, par conséquent, dans la sphère des contradictions, des rapports extérieurs et des déterminations incomplètes et finies au-dessus desquels elle prétend s'élever. Nous ne nous étendrons pas sur ce point. Nous nous bornerons, dans cette introduction, à considérer cette science immédiate comme un fait et au point de vue de la réflexion extérieure (t). C'est la logique qui traite de la forme immédiate et de la forme médiate de la connaissance. La philosophie de

(f ) C'est-à-dire que c'est à la science elle-même, et à mesure

qu'elle se déyeloppe,àâémoDtrerrinsafQsancede cette doctrine, puais qu'ici on ne peat le faire que (f uœ pian|ère extér{eare.

ftSO INTRODUCTION DE UtOBL.

la science immédiate ne veut point considérer les choses suivant leur nature ^ c'est-à-dire suivant leur notion. Car c'est en se plaçant à ce point de'vue que Ton est conduit à la médiation^ et parla à la connais- .sance. Ce point de vue trouve sa place naturelle dans la logique , dont la seconde partie qui traite de Ye$sence a pour objet de montrer comment se produit lunité de la forme immédiate et de la forme médiate de la connaissance (t).

s LXVI.

Admettons que la connaissance immédiate doiv« être considérée comme un fait. Par là on se placera dans le domaine de l'expérience et des phénomènes psychologiques.

Nous rappellerons d'abord, à ce sujet, ce fait de l'expérience la plus vulgaire, à savoir que les connaissances qu'on sait être le résultat des recherches les plus complexes, se présentent immédiatement à lesprit de celui à ^nielles sont devenues familières. Le mathématicien , le savant a à sa disposition des solutions auxquelles il n'est arrivé que par une longue analyse. Tout homme instruit trouve immédiatement

(\) £Ma7 der VnmitUlbarkéit wnd der Vermitthmg. Et; en effet, la première partie traite de YÊtre immédiat^ et la seconde de VEssence^ qui forme comme une médiation entre la première et la troisième, ou la notion.

cnnoDucnoN db heobl. 331

dans son edpi:ît une foule de points de vue et de principes qui sont le produit de la réfleidon et d'une longue expérience ; et la facilité que nous apportons dans une science, un art et une œuvre mécanique^ consiste précisément à trouver immédiatement ces connaissances y ces formes de Factivité^ ainsi que les moyens d'exécution extérieure. Dans tous ces cas, nonnseulement la connaissance immédiate n'exclut pas la connaissance médiate, mais elle en est le produit et le résultat.

On peut aussi constater cette connexion dans les choses les plus ordinaires , dans l'existence, par exemple. L'existence immédiate est^ en effet, insq>a* raUe d'une médiation. Les germes et les parents sont des existences primitives et immédiates par rapport aux produits et aux enfants qu'ils engendrent. Mais les germes et les parents sont aussi engendrés, et, si l'on fait abstraction de la médiation qui a amené leur existence, les enfants se trouvent dans un état immédiat, puisqu'ils sont. Que je sois à Berlin, c'est là un fait immédiat, mais je n'y suis que par suite d'un voyage, etc.

S LXYIL

Pour ce qui concerne la connaissance immédiate de Dieu, du juste, du bien, quelque nom qu'on lui donne, qu'on Tappelle instinct^ idée primitive et innée , sens commun^ raison naturelle, c'est un fait

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attesté par Texpérieiice universelle qu'elle n'arrive à la conscience qu'à la condition Se l'éducation et du développement de rintelligence. Lia réminiscence platonicienne suppose cette condition, et le baptême^ bien qu'il soit un sacrement, contient ToMigation ultérieure d'une éducation chrétienne. Nous voulons dire par là que la religion et la moralité, bien qu'elles soient fondées sur une croyance et une connaissance immédiate, supposent une médiation, c'està-dire le développement, rexercice et l'éducation de nos facultés.

A l'égard des idées innées. Ton fait une objection tirée de Topposition de déterminations incomplètes. Cette opposition consiste en ce que, d'un côté, l'âme se trouverait immédiatement en rapport avec des notions générales, tandis que, d'un autre côté, ce rapport semblerait ne s établir que par l'intermédiaire des objets et des représentations extérieures. On objecte à la théorie des idées innées que, s'il en était ainsi, tous les hommes devraient connaître ces idées, par exemple le principe de contradiction. Cette objection repose sur un malentendu. Car. lorsqu'on dit que ces déterminations générales de la pensée sont innées, on ne prétend pas qu'elles se trouvent dans l'esprit sous la forme d'idées et de représentations accompagnées de conscience. Mais on a raison d'adresser cette objection à la philosophie de la connaissance immédiate qui parle de ces déterminations comme si elles étaient présentes à l'iptelligence,

LVrRODUCnON DE HEGEL. 333"

Cette philosophie accordera peu^êlFO qu'une éducatioa chrétienne ou religieuse est nécessaire pour raflermissement des croyances religieuses*. Mais alors on ne voit pas pourquoi elle contesterait cette nécessité pour toute espèce de croyance, ou bien il faudra dire qu'elle ignore qu en reconnaissant la nécessité d'une éducation , elle reconnaît la nécessité d'une connaissance médiate.

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