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La critique de cette troisième position qug prend la pensée pour arriver à la vérité , ne pouvait être faite que suivant le procédé qui est conforme à la doctrine de la science immédiate ^ c'est-à-dire on
(4 ) Cest là, »n effet, ce qui constitue là connaissance spéculative. Ces remarques ont une grande importance dans la penséa de Hegel, puisque la nécessité du moment immédiat et du moment médiat de la connaissance , ainsi que leur indivisibilité, constituent la méthode spéculative. La forme et le contenu sont d'ailleurs inséparables dans la connaissance absolue. Voy. mon Introd., ch. XII.
(2) PaisquH ni Tune ni l'autre ne peuvent concilier la forme médiate et la forme inmiédiate de la connaissance. La métaphysique de la réflexion est la métaphysique qui va d'une déter^ minationàrautre sans pouvoir les concilier. Voy. sur la réflexion^ logique, !!• partie,
344 INTRQDUCnOIC DE HEGEL.
n'a pu établir que comme fait (1) Terreur de cette doctrine, qui prétend qu'il y a une connaissance immédiate, une connaissance qui ne contient pas de médiation, soit que cette médiation soit un rapport de l-objet de la connaissance avec un autre objet, soit que ce rapport de l'objet se trouve dans sa propre nature. On a également établi comme fait ce qu'il y a d'erroné dans Topinion que la pensée s'arrête à des déterminations qui, étant marquées d'une médiation (2) — des déterminations finies et conditionnées — ne trouvent pas dans cette médiation même la suppression de la médiation. Que la connaissance se compose de ces deux éléments, d'un élément médiat et d'un élément immédiat, c'est là un fait dont la logique ou, pour mieux dire, la philosophie tout entière offre un exemple.
s LXXVI.
Si Ton -considère le point de départ, Ton verra que la doctrine de la science immédiate l'a ramené à celui de la philosophie cartésienne. Dans les deux Ton pose en principe :
1"* L'indivisibilité de la pensée et de Tétre du sujet
(\) FakUschy^SiTce qu'on ne peut démontrer rigoureusement la vérité ou Terreur en dehors de la science. Tout ce qu'on peut faire, c*est montrer latérite ou la fausseté du fait.
(2) n veut dire que le moment médiat et le moment immédiat 30iit inséparables, et qu'ils sont dpnnés Tun d^ois Tî^utre,
INTRODUCTION DE mSKL' ' 345
penisant, le Cogito, ergo sum^ la conscience qui révèle immédiatement Tétre, la réalité^ l'existence du moi. Descartes déclare formdlement (1) que, par pensée, il entend la conscience, et que cette indivisibilité est la connaissance première, la connaissance la plus évidente, et qui, par conséquent, n'a pas besoin d'être démontrée ;
* 2*" L'indivisibilité de la pensée de Dieu est de son existence, de sorte que la pensée de Dieu contient son
existence, laquelle est nécessaire et éternelle (2) ;
(0 Principes pMlos»^ 1,9.
(2) Descartes, Princ. phU.^ I, 15 : Magis hoc (Eus summe perfectum) existere credet, si atiendat, nullius alterius rei idsam apud se inveniriy in qua eodem viodo necessariam eaistentiam contineri ammadvertat;'--intelUget, illam ideam exhibere veram et inmutabilem naturam, quœque non potest non existere, cum necessaria existeatiain eo contineatur. — Les développemeuts qu'il y ajoute, et auxquels il a donné la forme d'une preuve, ne changent pas la valeur de cette proposition fondamentale. Spinoza pose également en principe que Tessence, c'est-à-dire la pensée abstraite de Dieu, contient l'existence. Il définit d'aboid Dieu catisa sfd, parce qu'il est un être cujus essentia involvit existentiam : sive id cujus natura non potest condpi nisi existens, définition qui repose sur le principe de l'indivisibilité de la notion et de Tétre. Mais quelle est la notion dont le signe est de né pouvoir être séparée de l'existence? Ce n'est pas la notioQ des choses finies, car le caractère distinctif des existences finies c'est la contingence. Que chez Spinoza la 41* proposition, Dieu existe nécessairement^ et la 20% Vemtence et l'essence sont en Dieu une seule et même chose, soient suivies d*une preuve,' ce n'est là qu'un procédé formel et superflu de celui qui démontre. Cette démonstration : Dieu est la substance et là seule substance; mais la 9ubst(inee est causa st^, donc Dieu existe nécessairement, équivaut à
346 noRCHMionoN bb hbgel.
3"" Quant aux choses extérieures , avoir la connais^ sance. immédiate de leur existeuce, c'est en avoir la connaissance sensible ; mais c'est là à peine une connaissance. Ce qu'il importe de savoir^ c'est que la connaissance immédiate des choses extérieures n'est qu'illusion et erreur, qu'il n'y a pas de réalité dans ces choses, et qu'elles ne sont que des existences contingentes, transitoires, et qu'une simple apparence, des existences qui ont pour propriété essentielle de pouvoir être séparées de leur notion et de leur es*sence,