REMARQUES PRÉLIMINAIRES
les formes purement subjectives de la pensée, formes qui ont une signification et une valeur pour ce qui concerne l'intelligence et ses opérations , mais qui ne sont liées par aucun rapport objectif et consubstantiel avec les choses que nous pensons et que nous connaissons avec leur concours.
C'est là la notion que les philosophes se sont généralement formée de la logique , et en partant de cfc point de vue, ils ont mutilé cette science , ils Font dépouillée, si Ton peut ainsi dire, de sa substance, et ils n'ont laissé qu'une pure forme, qui, par cela même qu'elle a été séparée de sa substance, et qu'elle a été considérée, indépendamment des choses réelles et concrètes, est loin d'être une forme vraiment rationnelle et un instrument de la. vérité. Et, il faut bien le dire, depuis Aristote jusqu'à nos jours on croirait que les logiciens, au lieu d'agrandir et de compléter le champ des recherches marqué par le philosophe grec, ne se sont appliqués qu'à le rétrécir, à en retrancher quelques-unes de ses branches essentielles et à le réduire ainsi à son minimum. De là les distinctions arbitraires et superficielles de la vérité métaphysique et de la vérité logique, de la raison et du raisonnement, de la logique, comme science des simples possibilités, et de la métaphysique , comme science des réalités étemelles et absolues, distinctions qui, d'une part, brisent l'unité de l'intelligence, et avec l'unité de l'intelligence l'unité des choses, et qui, de l'autre, ont fait de la logique une sorte de caput mortuum , où