‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 9 sur 89 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

principes fondamentaux de la logique, qui ne se trouve dans Yorgamim d'Aristotc ; et tous ceux qui voudront accorder une attention sérieuse et désintéressée à ces matières admettront, je crois, avecmoi, que Yorganum d'Aristote surpasse toutes les théories logiques qui l'ont suivi par retendue, la profondeur et la justesse de ses recherches, et par le caractère scientifique dont il est marqué. Quant à Yorganum de Bacon, l'illusion si longtemps caressée et admise comme un fait incontestable, qu'il nous fournit une méthode nouvelle et des procédés logiques inconnus à Aristote et aux philosophes de l'antiquité , cette illusion a été dissipée par la critique moderne et par une connaissance plus approfondie et plus exacte de la philosophie ancienne (1).

Le défaut commun de toutes les théories logiques, de la théorie aristotélicienne comme des autres, mais plus de celles-ci que de la première, ainsi que je le montrerai par la suite, l'erreur qui a empêché les auteurs de ces théories d'établir la logique sur des bases vraiment rationnelles, et qui vicie, pour ainsi dire, l'édifice entier, il faut la chercher dans le principe même d'où ils sont partis, je veux dire dans la manière dont ils ont conçu cette science. Car ils ont tous considéré la logique comme une science purement formelle , c'est-à-dire comme une science dont l'objet consiste à analyser et à décrire

(1) Voy., sur ce point, un écrit que j'ai publié en anglais : Inquiry into spéculative and expérimental science. Londres, chez Longmau.

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