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D un autre côté, il est important de se bien pénétrer de ce principe , que le contenu de la philosophie n'est autre que celui qui se produit dans le domaine de r esprit vivant pour former le monde, le monde extérieur et le monde intérieur de la conscience ; en d'autres termes, que le contenu de la philosophie est la réalité même. La conscience immédiate (2) de ce contenu, nous l'appelons expérience. Une observation attentive du monde distingue déjà ce qui , dans le vaste domaine de l'existence interne et externe, n'est qu'une apparence fugitive et insignifiante d'avec ce qui a une vraie réalité. Comme la philosophie ne diffère que par la forme de la conscience vulgaire, et de la manière dont elle saisit ce contenu, elle doit montrer l'accord de la
réalité et de l'expérience. Sans doute, cet accord peut
(l) Il fait allusion & la doctrine de Jacobi. Voyez plus bas, S ui et suivants.
{*) Dos mtchstc ftwiittfetyN, c'est-à-dire, la première connais* sauce, la connaissance qui n'a pas encore été élaborée par la pensée réfléchie.
210 introduction de hegel.
être regardé comme une justification extérieure d'une doctrine philosophique , mais Ion peut aussi, à un point de vue supérieur, poser en principe que b fin la plus haute de la science consiste k opérer, par la connaissance de cet accord, la conciliation de la raison réfléchie, et de la raison vulgaire et de l'expérience.
REMARQUE
L'on trouve dans la préface de ma Philosophie du Droit,]). 19, ces propositions : Ce qui est rationné est aussi réel, et ce qui est réel est aussi rationnel .Ces propositions bien simples ont été vivement attaquées, et elles ont paru extraordinaires à ceux-là mêmes qui, sans reconnaître le principe religieux, ne repoussent pas la philosophie. Il n'y a pas lieu, d'ailleurs, d'en appeler ici à la religion, car la doctrine de la divine Providence renferme d'une manière explicite ces propositions. Maison ce qui concerne leur signification, pour la bien saisir, il faut se pénétrer de ce principe que Dieu est la réalité la plus haute et la seule réalité, et que, relativement à la forme , l'existence c*t en partie apparence et en partie réalité. Dans la vie ordinaire, tous les événements, Terreur , le mal et tout ce qui appartient à cet ordre de choses, ainsi que toute existence passagère et périssable, sont accidentellement appelés des réalités. Et même, aux yeux de la conscience vulgaire , c'est une exagération
que de considérer une existence contingente comme une réalité, car une telle existence n'a que la valeur d'une possibilité , laquelle peut être aussi bien que n'être pas. Mais, lorsque j'ai parlé de réalité, il était bien aisé de comprendre dans quel sens j'ai employé cette expression, puisque dans ma Logique (1), j'ai traité de la réalité, et que non-seulement je l'ai distinguée du contingent, qui a, lui aussi, une existence, mais de Y être, de Y existence et d'autres déterminations- Plusieurs opinions s'élèvent contre la r&lité de la raison. D'une part, l'on ne voit dans les idées et l'idéal que des êtres chimériques, et dans la philosophie qu'un système de ces fantômes. D'autre part, l'idéal est considéré comme quelque chose de trop excellent pour avoir une réalité, ou bien encore comme ne pouvant la produire. Mais la séparation de la réalité et de l'idée plaît surtout à l'entendement qui prend les rêves de ses abstractions pour des êtres véritables, et qui est fier de sa notion du devoir (2), à l'appui de laquelle il invoque volontiers l'état des sociétés, comme si le monde n'était pas, et qu'il eût à attendre la réalisation de cette notion pour être ce qu'il doit être I Mais s'il était ce qu'il doit être , que