S XIX
La logique est la science de l'idée pure , de l'idée dans l'élément abstrait de la pensée.
REMARQUE
Ce qu'on peut dire relativement aux notions qui forment le contenu même de la philosophie, et sur lesquelles on discourt cependant d'avance, à savoir que ce sont des notions que Ton s'est faites d'après une vue de l'ensemble, s'applique aux considérations contenues dans ces remarques préliminaires (t).
(4) Vorbegriff, Anticipation sur la notion. Hegel veut dire que chaque notion, chaque détermination, pour être bien comprise, doit être vue à sa place naturelle, et dans le développement in-
244 RTHODUCTION DE HEGEL.
On peut dire que la logique est la science de la pensée, de ses déterminations et de ses lois. Hais ici la pensée n'est que la détcrminabilité ou l'élément universel, où l'idée se trouve à l'état d'idée logique. L'idée n'est pas la pensée purement formelle, mais la pensée qui développe elle-même l'ensemble de ses lois et de ses déterminations, déterminations qu'elle se donne et qu'elle trouve en elle-même (1).
La logique est la science la plus difficile, en ce qu'elle n'opère pas sur des intuitions, ou , comme la géométrie, sur des représentations abstraites , mais sensibles, mais sur de simples abstractions (2), et qu'elle exige la faculté et l'habitude de contempler la pensée pure, de s'y arrêter et de s'y mouvoir. D'un autre côté, elle peut être considérée comme la science la plus facile, en ce que son objet c'est la pensée et ses déterminations ordinaires, qui sont, en même temps, les plus simples et les plus élémentaires. On peut dire aussi qu'elles sont les plus connues ; c'est
terne de la science ; mais que cependant ces considérations préliminaires, tout en ayant ici un caractère exotérique, sont tirées d'une vue de l'ensemble.
(I) C'est-à-dire que ridée n'est pas une simple forme subjective, mais la pensée qui a une valeur objective, qui tire d'ellemême ses propres lois, qui sont les lois des choses, et que c'est ainsi qu'elle est la Logique, la Nature et l'Esprit.
(2; En effet, la géométrie n'étudie pas l'idée dans sa plus haute abstraction, mais l'idée dans l'espace avec ses déterminations et ses formes limitées, qui tombent dans la sphère de la faculté représentative, et de l'intuition sensible. Voy. J suiv.
Yètre et le non-être, c'est la dêterminabilitê, la grandeur, Yèlre en soi, Yètrepoitrsoi, l'un, plusieurs, etc. C'est cependant cette connaissance qui rend plus difficile l'étude de la logique. Car, d'une part, on est facilement porté à croire qu'il n'y a aucune utilité à s'occuper des choses que Ton connaît déjà, et, d'autre part, il faut travailler à s'en fairo une toute autre notion, ou, pour mieux dire, une notion opposée à celle qu'on en avait d'abord.
Quant à son utilité, la logique est utile, parte qu'elle contribue à l'éducation de l'intelligence, quel que soit d'ailleurs le but que Ton se propose, et quelle y contribue en l'exerçant dans la connaissance des lois de la pensée. Car elle est la pensée de la pensée, ou la science de la pensée pure.
Mais comme la logique est la forme absolue de la mérité, ou, pour mieux dire, la vérité pure, elle ne doit pas seulement être étudiée en vue de son utilité. Ce qu'il y a de plus important, de plus libre et de phis indépendant est aussi le plus utile. Et c'est ainsi qu'on doit envisager Futilité do la logique. Elle a donc un bien plus grand prix qu'un simple exercice formel de la pensée.