S XXXVI
La quatrième partie, la théologie naturelle, ou rationnelle, examine la notion de Dieu ou sa possibilité, la preuve de son existence et ses attributs.
LNTKODUCTION DB HEGEL. 869
REMARQUE
a) Dans cette recherche réfléchie sur Dieu, il s'agit surtout de savoir quels sont les prédicats qui con- Tiennent ou ne conviennent pas à ce que nous nous représentons comme Dieu. Ici la réalité et son contraire se présentent comme formant une opposition absolue. D'où il suit que la notion de Dieu, telle que la conçoit l'entendement, demeure une abstraction vide de l'essence indéterminée, le produit mort de l'analyse moderne (1).
6) La preuve de la connaissance finie renverse , pour ainsi dire, la nature de la chose qu'elle veut démontrer. Car elle exige un principe objectif de l'existence de Dieu , et elle représente en même temps Dieu comme ne pouvant s'offrir à la pensée que par un intermédiaire autre que lui. Cette preuve, qui repose sur le principe de l'identité fourni par l'entendement, échoue lorsqu'il s'agit de trouver un passage du fini à l'infini. Ainsi, ou elle ne peut affranchir Dieu de l'être fini et positif du monde, et, en ce cas, Dieu demeure la substance immédiate des choses ; c'est le panthéisme. Ou bien elle laisse Dieu comme une existence objective en face du sujet ; et, en ce cas, Dieu est un être fini. C'est le dualisme (2).
(I) Cest-à-dire que l'analyse, en séparant Dieu du monde, ou en supprimant en lui les contraires, le mutile et loi enlève une partie de sa réalité.
(t) n appelle finie la connaissance qui ne saisit pas l'unité des
c) Les attributs, qui devraient être déterminés et différenciés, deviennent, eux aussi, par suite de cette conception de Dieu, des notions abstraites et vides, des essences indéterminées. Mais comme l'on pose Dieu et le monde l'un en face de l'autre, et qu'on leur accorde à tous les deux une existence réelle, on est obligé de les lier par différents rapports. Ces rapports, ce sont les attributs ■*— la justice, la bonté, la puissance, la sagesse, etc. — lesquels, par cela môme qu'ils sont en communication avec les choses finies, doivent participer, eux aussi, delà nature finie ;
choses» C'est la connaissance de l'entendement qui, en se fondant sur le principe de l'identité, sépare les déterminations opposées, et ne sait trouver un passage de Tune à l'autre, et s'élever par là au-dessus de la contradiction. Ainsi, dans la preuve de l'existence de Dieu, il commence par poser la notion de l'infini onde l'unité absolue, etc. Mais comme, pour lui, cette notion n'est pas Dieu, elle n'est qu'un intermédiaire entre Dieu et lui. Et cependant la plus légère attention suffît pour faire voir que la notion ne pourrait servir d'intermédiaire entre Dieu et lui, si elle ne tenait à la fois de tous les deux; Ensuite, lorsqu'il s'agit de faire l'application de cette notion, l'entendement, en se fondant tonjours sur le principe de l'identité abstraite, ou il sépare complètement Dieu des choses, ou bien il fait de Dieu leur substance immédiate. Dans le premier cas, l'on a deux êtres indépendants et infinis, c'est-à-dire \& dualisme; dans le second, Dieu et les choses ne faisant qu'un, ou, pour parler avec plus de précision, Dieu étant les choses mêmes, on a le panthéisme. Mais la véritable preuve* de l'existence de Dieu consiste à montrer Dieu dans l'unité de son idée, dans cette unité où la logique et la nature se trouvent identifiées et élevées à leur existence absolue dans l'esprit. Conf. § exem et mon htirod., ch. XHI.
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et cependant il faut qu'Us soient infinis. À ce point de vue, il n'y a d'antre moyen d'échapper à la contradiction que d'avoir recours à cette solution obscure de l'agrandissement quantitatif des attributs, à l'aide duquel on les pousse jusqu'à l'indétermination, et à ce qu'on a appelé le senmm eminenliorem. Mais, de cette manière, on les réduit en réalité à une pure abstraction, ou, pour mieux dire, on ne laisse que de purs mots (1).
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Empirisme.