‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 61 sur 89 · S XL · texte numérisé non relu

S XL

Philosophie critique.

La philosophie critique a cela de commun aver l'empirisme, qu'elle considère l'expérience comme l'unique fondement de la connaissance* Mais pour elle la connaissance s'arrête au phénomène et n'atteint pas la réalité (1).

Cette philosophie part d'abord de la distinction (l<-s éléments que l'analyse démêle dans l'expérience, à savoir, la malijrc de la sensation ef ses rapports géne* raux. L'intuition sensible ne contenant, ainsi que nous l'avons remarqué '$ précéd.), 'que des éléments individuels et variables , on y établit comme fait als factum) que l'universalité et la nécessité sont des conditions essentielles de l'expérience ; et comme ces éléments n'ont pas leur source dans l'expérience, on les fait venir de la spontanéité de la pensée. Ce sont ce qu'on appelle des éléments à priori. Ces déterminations de la pensée, ou notions de l'entendement, forment l'élément objectif 2 y de la connaissance ex-

(I) Wohrhetten, vérité*. Hegel emploie indistinctement les mots vérité et réalité, ce qui est conforme k son point de vue sabrant lequel la pensée et l'idée constituent la réalité, et la plus haute réalité. Ici la vérité, c'est ce que.Kant appelle la cho$e~eu-goi ou le immène.

(1) Die Objcctivilat. L'objectivité , c'est-à-dire les formes subjectives suivant lesquelles les objets, ou la matière fournie par

périmentale; ils expriment des rapports et donnent naissance à des jugements synthétiques à priori, c'està-dire aux rapports primitifs des contraires (1).

Montrer que les déterminations de l'universalité et de la nécessité sont les éléments de la connaissance, ce n'est qu'indiquer un fait qui ne réfute pas le scepticisme de Hume. La philosophie de Kant constate seulement un fait, et Ton peut dire, en se servant du langage ordinaire de la science, qu'elle s'est bornée à donner une nouvelle explication de ce fait (2) .

l'expérience est perçue par le sujet. D'après Kant, ces formes ou ces lois sont objectives en ce sens qu'elles sont universelles et nécessaires pour la perception de l'objet, mais non en ce sens qu'elles constituent un élément intégrant de l'objet luimême.

(4) Cette remarque s'applique plus particulièrement aux jugements synthétiques de la catégorie de relation, ou aux analogies ,de l'expérience, comme Kant les appelle, où les contraires, cause et effet, substance et phénomène, se trouvent primitivement réunis.

(2) Autre chose est déduire les lois de la pensée et montrer que ceslois sont à la fois le principe de la connaissance et de l'existence du particulier et de l'expérience, autre chose est se borner à rechercher par l'analyse les éléments nécessaires et universels de la connaissance. Dans le premier cas, l'on montre la nécessité et la réalité objective des principes et de leurs rapports avec l'expérience ; dans le second cas, l'on constate seulement ce fait, à savoir : que dans tout acte intellectuel il y a un élément contingent et relatif, et un élément nécessaire et absolu. C'est ce à quoi se borne la philosophie de Kant, et voilà pourquoi elle ne réfute pas le scepticisme de Hume ; car pour le réfuter il faudrait établir la réalité objective des principes de l'intelligence.

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