‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 64 sur 89 · XLIII · texte numérisé non relu

XLIII

Les catégories donnent une valeur objective (1) à la pure intuition sensible, et une forme à l'expérience. Mais, d'un autre côté, comme elles ne sont que des éléments subjectifs de la conscience, elles ont leur condition dans une matière étrangère qui vient s'y ajouter. En elles-mêmes elles sont vides de tout contenu, et elles n'ont leur application et leur usage que dans l'expérience, dont l'autre élément, l'intuition sensible, a une valeur purement subjective.

I S XLIY.

Par conséquent les catégories ne peuvent être des déterminations de l'absolu, puisque l'absolu ne tombe ' pas sous l'intuition, et l'entendement ou la connaissance par les catégories ne saurait saisir les choses m soi.

REMARQUE

La chose en soi, — > et sous cette dénomination l'on comprend aussi l'esprit, Dieu, etc., — est l'objet où Ton fait abstraction de tout ce qui le rend saisissable à la conscience, de tout élément sensible, comme de

(4) Cest-à dire, elles sont la condition nécessaire de la perception des objets. Voy, $ xu.

toute pensée déterminée. L'on voit aisément qu'il ne reste , après cela , qu'une pure abstraction , un être vide qui recule indéfiniment et échappe à la pensée, une négation de toute représentation, de tout sentiment et de toute pensée définie. Mais on peut faire, àcet égard, cette réflexion bien simple, à savoir quece caput mortuum est lui-même un produit de la pensée, de la pensée qui forme cette abstraction pure , ou du moi vide qui se donne pour objet cette identité également vide, La détermination négative, qui contient comme objet cette identité abstraite, se trouve énumérée parmi les catégories de Karft, et elle est tout aussi bien connue que cette identité vide. On doit, par conséquent, s'étonner d'entendre si souvent répéter qu'on ignore ce qu'est la chose en soi; car il n'y a pas de connaissance plus facile que celle-là (1).

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