‹ Logique de HegelChapitre 103 sur 137 · S CLXXXVII · texte numérisé non relu

S CLXXXVII

Par la second^ figure on conclut le particulier du général, qui sort de la conclusion de la première déterminé par l'individu et qui prend ici la place du sujet immédiat. Par la conclusion de la seconde, le général est posé comme particulier, et par conséquent , comme constituant le moyen des extrêmes qui sont ici le particulier et l'individuel . C'est la troisième figure, B — A — E.

BEMAAQUE.

Les figures du syllogisme (Aristote n'en reconnaît avec raison que trois ; car la quatrième y a été ajoutée parles philosophes postérieurs, et elle n'a aucun fondement) se trouvent placées dans la logique ordinaire, l'une à côté de 1* autre, sans qu'on ait songé à montrer la nécessité de leur filiation, ni leur signification et leur valeur. Il ne faut pas, par conséquent, s'étonner si Ton aconsidéré ces figures comme ne constituant qu'un pur formalisme. Mais , en réalité, elles ont un sens bien plus profond; car elles reposent sur cette nécessité qui fait que chaque moment du syllogisme devient,

272 LA SaENCE DE LA NOTION.

en tant que détermination de la notion elle-même, le syllogisme entier et le principe de la médiation (1). Quant aux recherches qui ont pour objet de déterminer quelles sont les propositions qui donnent un mode concluant dans les différentes figures, si elles doivent être universelles, négatives, etc., elles ne constituent qu'une sorte de procédé mécanique, qui n*a ni importance réelle, ni une signification rationnelle, et qu'on a, avec raison, laissé tomber dans l'oubli.

Pour justifier l'importance de cette recherche et du syllogisme de l'entendement en général , on peut , il est vrai, s'appuyer sur Aristote. Mais outre ces dé-

(1) « Le sens objectif des figures du syllogisme est en général, dit Hegel {Grande Encyclop,, § clxxxvu), que toute chose rationnelle (ailes VermnftigeJ est un triple syllogisme, de telle façon que chacun de ses membres occupe tour à tour la place d'extrême et de moyen. C'est ce qui a lieu surtout dans les trois membres de la connaissance philosophique, je veux dire la Logique, la Nature et l'Esprit. Ici la nature est d'abord le moyen, le membre qui enveloppe les extrêmes. La nature, ce tout immédiat, se développe par et dans les deux extrêmes, l'idée logique et l'esprit. Mais, à son tour, l'esprit n'est esprit qu'autant qu'il est médiatisé par la nature. Et ainsi l'esprit, cet être individuel et actif, devient un moyen dont la nature et l'idée logique sont les extrêmes. Mais l'esprit trouve et reconnaît l'idée logique dans la nature, et par là il s'élève à son essence. Ici c'est l'idée logique qui est moyen, lîlle est la substance absolue de l'esprit comme de la nature, elle est l'universel qui pénètre toutes choses. Ce sont là les membres du syllogisme absolu. » —Voy. sur ce point Plûl.deVEsprit, §§ dlxxiv et suiv., et mon Introd., vol. !•% ch. XIIetXlIL

ierminations de la pensée, Aristote a recherché et décrit bien d'autres formes de l'esprit et de la nature ; et par la manière dont il concevait les notions métaphysiques, et les notions des choses naturelles et spirituelles, il était si éloigné de considérer les formes du syllogisme de l'entendement comme le critérium et le fondement du vrai, qu'on peut dire qu'il ne serait jamais parvenu à découvrir une seule de ces notions s'il avait dû suivre dans ses recherches les lois de l'entendement. Dans les nombreuses et profondes investigations auxquelles il se livre, il cherche avant tout à saisir la notion par la pensée spéculative , et ce syllogisme de l'entendement dont il avait d'abord tracé les lois, Une le laisse point pénétrer dans cette sphère (1).

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